Commandement allié Opérations (ACO)

  • Mis à jour le: 29 Oct. 2018 09:40

Le Commandement allié Opérations (ACO) est responsable de la planification et de l'exécution de toutes les opérations de l’Alliance. Il se compose d'un petit nombre de quartiers généraux permanents ayant chacun un rôle spécifique. Le commandant suprême des forces alliées en Europe – ou SACEUR – est chargé du commandement général des opérations au niveau stratégique, responsabilité qu'il exerce depuis le Grand quartier général des puissances alliées en Europe, situé à Mons (Belgique) et plus communément appelé SHAPE.

 

 Points principaux

  • L'ACO, basé au SHAPE, près de Mons (Belgique), est responsable de la planification et de l'exécution de toutes les opérations militaires de l’Alliance. Il est dirigé par le SACEUR.
  • Il est capable de fonctionner à trois niveaux interdépendants : stratégique, opératif et tactique.
  • L'objectif général de l’ACO est de contribuer à la défense et à la sécurité des Alliés en maintenant l'intégrité du territoire de l'Alliance et en défendant le principe de la liberté des mers et les artères économiques vitales, et de préserver ou rétablir la sécurité des pays membres de l'OTAN.
  • L’ACO est l’un des deux commandements stratégiques qui se trouvent au sommet de la structure de commandement militaire de l'OTAN. L’autre est le Commandement allié Transformation, qui est chargé de faire en sorte que la structure et les capacités militaires de l’OTAN restent pertinentes, efficaces et crédibles dans un monde en rapide évolution.
  • L'ACO se compose de plusieurs quartiers généraux permanents qui opèrent aux niveaux stratégique, opératif et tactique, et qui peuvent compter sur des forces nationales affectées à l’OTAN pour des tâches et des rôles spécifiques permanents et/ou en cas de crise.
  • Structure du Commandement allié Opérations

    L’ACO est l’un des deux commandements stratégiques de la structure de commandement militaire de l'OTAN ; l'autre est le Commandement allié Transformation (ACT), qui, comme son nom l'indique, pilote la transformation de la structure, des forces, des capacités et de la doctrine militaires de l'OTAN. Avec les organismes qui leur sont subordonnés, ils forment ce que l’on appelle la structure de commandement de l'OTAN, dont la fonction première est de pouvoir faire face aux menaces pour la sécurité de l’Alliance et, en cas d'échec de la dissuasion, d’apporter une réponse militaire efficace à une attaque armée contre le territoire de n'importe quel Allié européen1 .

    Avant tout, la structure de commandement de l'OTAN joue un rôle essentiel s'agissant de préserver la cohésion et la solidarité au sein de l'Alliance, de maintenir et de renforcer le lien transatlantique – d’une importance vitale – et de promouvoir le principe d'un partage équitable, entre Alliés, des rôles, des risques et des responsabilités, ainsi que des avantages de la défense collective.

    L'ACO est un commandement à trois niveaux comprenant des quartiers généraux et des éléments de soutien aux niveaux stratégique, opératif et tactique. Il assure le commandement et le contrôle de quartiers généraux fixes et déployables, et aussi de forces interarmées et multinationales pour toute la gamme des opérations, missions et tâches militaires de l'Alliance. Les forces interarmées sont des forces qui viennent de deux armées ou plus (par exemple forces terrestres, navales ou aériennes) et qui opèrent sous un commandement unique ; les forces multinationales viennent de pays différents et opèrent sous commandement unique également.

    Au niveau stratégique, le SHAPE est à la tête de six commandements opérationnels, dont deux sont appuyés par des entités de niveau tactique (ou niveau de composante).

    Au sommet de Bruxelles, en 2018, les Alliés sont convenus de renforcer l’épine dorsale militaire de l’Alliance. Ils ont décidé d’établir un centre des cyberopérations, en Belgique, chargé d'assurer la connaissance de la situation et la coordination de l'activité opérationnelle de l'OTAN dans le cyberespace, un quartier général pour le commandement de forces interarmées de Norfolk, aux États-Unis, chargé de la protection des lignes de communication transatlantiques, et un commandement interarmées du soutien et de la facilitation, en Allemagne, chargé de garantir la liberté d’action et le maintien en puissance dans la zone arrière des troupes et des équipements devant rapidement accéder à l'Europe, la traverser et en sortir.  Ces nouvelles entités sont mises en place progressivement.

    Commandement de niveau stratégique : SHAPE

    Le SHAPE est un quartier général stratégique. Son rôle est de préparer, de planifier, de conduire et d'exécuter les opérations, missions et tâches militaires de l'OTAN pour réaliser les objectifs stratégiques de l'Alliance. De cette façon, il contribue à décourager toute agression et à préserver la paix, la sécurité et l'intégrité territoriale de l’Alliance.

    L'ACO est dirigé par le SACEUR, qui exerce ses responsabilités depuis le SHAPE. Traditionnellement, le SACEUR est un officier général de l’armée des États-Unis. Il a une double casquette puisqu’il est aussi le chef du Commandement des forces des États-Unis pour l'Europe, dont la zone de responsabilité est pratiquement identique à celle de l'ACO. Le SACEUR relève du Comité militaire, qui est la plus haute instance militaire de l’OTAN, placée sous l’autorité politique générale du Conseil de l’Atlantique Nord et du Groupe des plans nucléaires (NPG). Le Comité militaire est la principale source d'avis militaires pour le Conseil et le NPG.

    Commandements de niveau opératif : Brunssum et Naples

    Le niveau opératif comprend deux commandements de forces interarmées (JFC) permanents, l'un à Brunssum (Pays-Bas) et l'autre à Naples (Italie). Ces deux commandements sont prêts à assurer la planification, la conduite et le soutien dans la durée d'opérations de l’OTAN d’ampleur et de portée différentes dans toute la gamme des réponses militaires. Leur rôle est de gérer des opérations interarmées de grande envergure depuis leur emplacement fixe de Brunssum ou de Naples, ou depuis un quartier général déployé lorsqu'ils agissent directement sur un théâtre d'opération. Dans ce dernier cas de figure, le quartier général déployé, appelé QG de groupe de forces interarmées, est opérationnel pendant une période allant jusqu'à un an.

    Lorsqu'il n'est pas déployé, un JFC aide l'ACO à gérer les QG déployés pour des opérations, des missions ou des tâches, notamment l'entraînement et la préparation en vue des futures rotations. En déploiement, un JFC doit uniquement pouvoir commander une opération à la fois. Si certains éléments de ce JFC ne sont pas déployés, ils continuent d’appuyer d’autres opérations et missions.

    Par ailleurs, les deux commandements de force interarmées sont chargés des contacts avec les principaux partenaires et organisations régionales dans le cadre du soutien aux tâches et responsabilités du siège de l'OTAN, selon les directives du SACEUR. De plus, ils favorisent la coopération avec les partenaires participant aux opérations de l'OTAN, et ils aident les pays partenaires qui le souhaitent à préparer leur adhésion à l'Alliance.

    Commandements de niveau tactique : Izmir (terrestre), Northwood (maritime) et Ramstein (aérien)

    Le niveau tactique (ou de composante) comprend ce que l'on appelle des commandements de milieu (SSC) – terrestre, maritime et aérien. Ces commandements spécifiques (un par milieu) apportent leur expertise et leur soutien aux commandements de forces interarmées. Ils relèvent directement du SHAPE et sont placés sous le commandement du SACEUR.

    • Commandement terrestre - Quartier général du Commandement terrestre allié (QG du LANDCOM), à Izmir (Turquie) : ce commandement est chargé de fournir une capacité terrestre déployable de commandement et de contrôle à l'appui d'un commandement de forces interarmées menant une opération interarmées de très grande envergure. Il peut également fournir la capacité terrestre centrale pour une opération interarmées (de grande envergure ou non), ou encore une capacité déployable de commandement et de contrôle pour une opération terrestre. Le QG d'Izmir est par ailleurs le principal conseiller de l'Alliance dans le domaine terrestre, et il contribue au développement, à la transformation, à la coopération et aux activités d'ouverture dans son domaine d'expertise.
    • Commandement maritime - Quartier général du Commandement maritime allié (QG du MARCOM), à Northwood (Royaume-Uni) : ce commandement est chargé d'assurer le commandement et le contrôle pour la gamme complète des opérations et tâches maritimes interarmées. Depuis Northwood, il assure la planification, la conduite et le soutien d'opérations maritimes interarmées. Le QG du MARCOM est par ailleurs le principal conseiller de l'Alliance dans le domaine maritime, et il contribue au développement, à la transformation, à la coopération et aux activités d'ouverture dans son domaine d'expertise. Northwood est apte à assurer le commandement d'une petite opération maritime interarmées ou à jouer le rôle de composante maritime à l'appui d'une opération interarmées de très grande envergure.
    • Commandement aérien - Quartier général du Commandement aérien allié (QG de l'AIRCOM), à Ramstein (Allemagne) : ce commandement est chargé de planifier et de diriger la composante Air des opérations et missions de l'Alliance, ainsi que l'exécution des opérations et des missions de défense aérienne et antimissile de l'OTAN. Le QG de l'AIRCOM est par ailleurs le principal conseiller de l'Alliance dans le domaine aérien, et il contribue au développement, à la transformation, à la coopération et aux activités d'ouverture dans son domaine d'expertise. Sous réserve d'un soutien adéquat venant de l'intérieur et de l'extérieur de la structure de commandement de l'OTAN, le QG de l'AIRCOM peut assurer le commandement et le contrôle d'une opération aérienne interarmées de moindre envergure depuis son emplacement fixe (Ramstein), ou il peut jouer le rôle de commandement de composante aérienne pour les besoins d'une opération d'ampleur égale ou supérieure à celle d'une opération interarmées de grande envergure. Pour renforcer sa capacité, Ramstein dispose d'autres éléments de commandement et de contrôle aériens : deux centres multinationaux d’opérations aériennes (CAOC) et un centre déployable de commandement et de contrôle aériens (DACCC). Par ailleurs, pour tenir compte du retour d'expérience des opérations dirigées par l'OTAN, la structure des éléments aériens prévoit davantage de souplesse.

    C2 Air tactiques

    Pour mener à bien ses missions et ses tâches, le QG de l'AIRCOM (Ramstein) bénéficie du soutien de deux centres multinationaux d'opérations aériennes (CAOC), l'un à Torrejón (Espagne) et l'autre à Uedem (Allemagne), et aussi d'un centre déployable de commandement et de contrôle aériens (DACCC), situé à Poggio Renatico (Italie).

    • CAOC : les deux CAOC, en Espagne et en Allemagne, se composent de deux éléments : un centre fixe de défense aérienne (SADC) responsable de la police du ciel, et un centre déployable d'opérations aériennes (DAOC), qui soutient les opérations. Le DAOC est axé sur l'élaboration de plans de combat et sur la conduite d'opérations de combat. Il n'a pas de responsabilités territoriales attribuées en temps de paix, mais il vient appuyer le QG de l'AIRCOM lorsqu'il y a lieu.
    • DACCC : cette entité basée en Italie se compose de trois éléments. Tout d'abord, il comprend un DARS, ou entité déployable « centre de contrôle aérien/centre de production de la situation aérienne générale/centre de fusion des données capteur ». Le DARS est chargé du contrôle des missions aériennes, y compris les missiles sol-air, de la gestion et du contrôle de la circulation aérienne, de la surveillance aérienne de zone, de la production de la situation aérienne générale et d'autres fonctions de contrôle tactique. Ensuite, le DACCC comprend un DAOC, qui joue le même rôle qu'un CAOC. Enfin, il compte également une section Capteurs déployables, qui fournit des capacités de poursuite (radar et mesures de soutien électronique passives) pour la défense aérienne, qui sont déployables.

    Systèmes d'information et de communication

    Les systèmes d'information et de communication (SIC) se composent de deux entités : les capacités SIC déployables et les capacités SIC fixes.

    Le Groupe SIC OTAN, basé à Mons (Belgique), fournit à l'ACO un soutien pour les systèmes d'information et de communication déployables. Ce Groupe est responsable de la mise à disposition de toutes les capacités SIC déployables, et aussi de la planification et du contrôle des opérations et exercices SIC. Il joue le rôle d'autorité de coordination du soutien aux opérations pour ce qui est des services de commandement et de contrôle. La mise à disposition des capacités SIC fixes et centrales relève de la responsabilité de l'Agence OTAN d'information et de communication (NCIA), qui ne fait pas partie de la structure de commandement de l'OTAN.

    Le Groupe SIC OTAN est assisté par trois bataillons OTAN de transmissions, basés à Wesel (Allemagne), à Grazzanise (Italie) et à Bydgoszcz (Pologne), qui sont eux-mêmes soutenus par plusieurs éléments de taille plus limitée (modules SIC déployables) basés ailleurs.

    1. Alors que l'article 5 s'applique à l'intégralité de la zone du Traité de l'Atlantique Nord, on considère que la zone de responsabilité opérationnelle de la structure de commandement de l'OTAN ne couvre pas le territoire des États-Unis ni celui du Canada. Il ne s’agit pas de considérer que la structure de commandement de l'OTAN ne doit pas être en mesure d'aider les États-Unis et le Canada en cas d'attaque armée contre le territoire de ces Alliés, mais plutôt de reconnaître que les opérations défensives sur leur territoire seront menées, commandées et contrôlées conformément à des accords bilat