L’environnement, un enjeu pour l’OTAN

  • Mis à jour le: 11 Jun. 2021 16:06

L’OTAN est consciente qu’elle se trouve face à de nombreux défis environnementaux, parmi lesquels les risques liés au changement climatique. L’Alliance cherche en particulier à réduire l’impact environnemental de ses activités militaires, à s’adapter et à accroître sa résilience face aux défis de sécurité qui découlent des changements environnementaux. Les Alliés ont entériné l’agenda sur le changement climatique et la sécurité en mars 2021 et les dirigeants des pays de l’OTAN approuveront à leur sommet de juin 2021 un plan d’action pour le mettre en œuvre.

Ein gewaltiger Haboob fegt über das Camp Castor in Gao/Mali bei der Mission MINUSMA, am 09.06.2019.

En 1969, reconnaissant pour la première fois la problématique environnementale, l’OTAN a créé le Comité sur les défis de la société moderne (CDSM). Jusqu’en 2006, lorsque les activités de ce comité ont été reprises par le programme OTAN pour la science au service de la paix et de la sécurité (SPS), le CDSM constituait une enceinte unique en son genre, où les pays de l’OTAN et les pays partenaires pouvaient échanger connaissances et expériences sur des sujets ayant trait à la société, à la santé et à l’environnement, qu’ils relèvent de la sphère civile ou de la sphère militaire.

Au fil des ans, les pays de l’Alliance ont créé différents groupes d’experts OTAN chargés d’étudier les défis liés à l’environnement sous des angles divers.

Aujourd’hui, l’Organisation mène les activités suivantes dans le domaine de l’environnement :

  • préparation et réponse aux catastrophes d’origine naturelle ou humaine ;
  • étude des conséquences du changement climatique ;
  • sensibilisation des officiers à tous les aspects de la problématique environnementale ;
  • soutien aux pays partenaires pour le renforcement de leurs capacités ;
  • amélioration de l’efficacité énergétique et diminution de la dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles ;
  • construction d’infrastructures respectueuses de l’environnement ;
  • protection de l’environnement contre les dommages causés par les opérations militaires ;
  • promotion de pratiques de gestion respectueuses de l’environnement sur les zones d’entraînement et lors des opérations ;
  • adaptation des moyens et des capacités militaires aux conditions climatiques extrêmes.

Toutes ces activités peuvent être classées dans deux grandes catégories :

  • la sécurité environnementale : étude des problèmes de sécurité liés aux milieux physique et naturel ;
  • la protection de l’environnement : protection des milieux physique et naturel contre les effets néfastes des activités militaires.
  • Sécurité environnementale

    S’appuyant sur une définition relativement large de la sécurité, qui reconnaît l'importance des facteurs politiques, économiques, sociaux et environnementaux, l’OTAN s'intéresse aux défis de sécurité liés à l'environnement, parmi lesquels figurent les conditions climatiques extrêmes, l’épuisement progressif des ressources naturelles et la pollution, qui peuvent in fine être à l’origine de catastrophes humanitaires, de tensions régionales et d’actes de violence.

    L'Alliance réfléchit à la meilleure manière de faire face aux risques environnementaux qui pèsent sur la sécurité en général ou qui ont des répercussions directes sur les activités militaires. Par exemple, des facteurs environnementaux ou autres peuvent compromettre l'approvisionnement énergétique des populations mais aussi des opérations militaires, ce qui fait de la sécurité énergétique un sujet de préoccupation majeur. Le risque que les phénomènes météorologiques spatiaux font peser sur la sécurité énergétique suscite, en particulier, de plus en plus de préoccupation.

    L’action de l’OTAN consiste également à aider les pays partenaires à éliminer leurs stocks vieillissants d'armes, de munitions et de restes de guerre non explosés, qui représentent un danger pour les personnes et l'environnement.

    L’OTAN travaille dans le cadre de son programme pour la science au service de la paix et de la sécurité (SPS), avec l’aide du Centre euro-atlantique de coordination des réactions en cas de catastrophe (EADRCC), et au travers de projets financés sur des fonds d’affectation spéciale du Partenariat pour la paix (PPP). Elle envisage de faire plus dans ce domaine, en accordant une attention particulière aux situations d’urgence civile, à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables et en s’attachant à consulter les organisations internationales compétentes et les experts en la matière afin de déterminer quels sont, pour elle, les enjeux du changement climatique.

    Renforcer la coopération internationale

    Dès 1969, le programme SPS de l’OTAN a commencé à subventionner des activités de coopération visant à remédier aux problèmes de sécurité environnementale, notamment ceux liés à la défense, dans les pays de l’Alliance. Depuis l'ouverture de ce programme aux pays partenaires, dans les années 1990, ces derniers ont inscrit la sécurité environnementale au premier rang de leurs priorités et ont demandé à l’OTAN de contribuer à la mise en place d’activités de coopération visant à trouver des solutions aux problèmes environnementaux représentant une menace pour leur sécurité et pour celle d’autres pays.

    Afin de mieux coordonner son action avec celle d’autres acteurs, l’OTAN s’est associée à cinq organisations internationales dans le cadre de l’Initiative Environnement et sécurité (ENVSEC) 1. Les participants à cette initiative s’attachent à lutter contre les menaces que les problèmes environnementaux font peser sur la sécurité dans quatre régions vulnérables (Europe du Sud-Est, Europe orientale, Caucase du Sud et Asie centrale). Dans un premier temps, l’Initiative a contribué à l’organisation, au niveau régional, de réunions au cours desquelles les parties intéressées (experts, responsables d’organisations non gouvernementales, pouvoirs publics et donateurs internationaux) ont dressé des cartes régionales mettant en évidence les problèmes revêtant un caractère prioritaire du point de vue la sécurité. Dans un second temps, l’Initiative a collecté des fonds pour remédier aux problèmes ainsi identifiés. Le programme SPS, quant à lui, a essentiellement contribué au renforcement des capacités au travers de projets dans le cadre desquels une aide a été apportée aux pays partenaires de l’OTAN : fourniture d’équipements, prise en charge de frais de déplacement, organisation d’activités de formation et octroi de bourses. (Pour de plus amples informations, on consultera le site www.envsec.rec.org.)

    Améliorer la capacité réaction aux situations d’urgence

    Par ailleurs, l’Alliance œuvre activement à la coordination des activités de préparation du secteur civil aux situations d'urgence dans un contexte de catastrophe environnementale. Pour ce faire, elle s’en remet essentiellement au Centre euro-atlantique de coordination des réactions en cas de catastrophe (EADRCC), mis en place suite aux tremblements de terre qui ont touché la Turquie et la Grèce à la fin des années 1990.

    Pour permettre une meilleure compréhension du rôle que les forces armées peuvent être appelées à jouer en cas de catastrophe, l’OTAN a organisé des consultations et des exercices d’élaboration de scénarios auxquels ont participé des experts militaires et civils, avec le soutien du programme SPS.

    Aider les partenaires à atténuer les risques environnementaux grâce au désarmement

    Dans le cadre de projets relevant du programme SPS ou de fonds d’affectation spéciale, l’Alliance aide les pays partenaires à réduire leurs stocks d’armes vieillissants, à éliminer leurs stocks de propergol altérés, à dépolluer les sols contaminés par des restes de guerre non explosés et à stocker leurs munitions de manière sûre. Si ces projets visent avant tout à contribuer au désarmement des pays de l’ex-URSS et à la réforme de leurs forces armées, ils permettent aussi de réduire les risques que ces substances dangereuses représentent pour l’environnement et pour les populations locales.

    Sécurité énergétique – Protection des infrastructures énergétiques critiques

    Les catastrophes naturelles (tremblements de terre, inondations, tempêtes, etc.), dont la survenue est très difficilement prévisible et qui perturbent le fonctionnement des infrastructures, sont de plus en plus susceptibles d’avoir des répercussions sur la sécurité énergétique, et l’OTAN est sensibilisée à cette problématique. La plupart des Alliés et des partenaires de l’OTAN sont tributaires de fournisseurs étrangers pour leurs approvisionnements énergétiques, qui passent par des réseaux de pipelines et de câbles qui traversent de nombreux pays. Dès lors, il est nécessaire qu’Alliés et partenaires réfléchissent ensemble aux moyens de réduire les risques de perturbation, y compris ceux liés à des phénomènes environnementaux.

    En ce qui concerne la sécurité énergétique, les Alliés sont convenus de discuter ensemble des risques les plus immédiats, d’échanger des informations, de faire progresser la coopération internationale et régionale, de travailler sur la gestion des conséquences et de contribuer à la protection des infrastructures critiques (Pour de plus amples informations, on consultera la page consacrée au thème « Le rôle de l’OTAN en matière de sécurité énergétique »).

    Depuis le début des années 2000, le programme SPS finance des projets qui explorent le lien entre infrastructures énergétiques et sécurité environnementale. On peut citer par exemple le projet pluriannuel intitulé « Chernobyl Dust Model », qui avait pour objet d’aider l’Ukraine à mettre au point une modélisation 3D réaliste de la poussière radioactive qui s’échappait du sarcophage endommagé de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Ce projet devait contribuer non seulement à accroître la sécurité des personnes amenées à travailler sur le site de la nouvelle enceinte de confinement, mais aussi permettre aux experts internationaux de mieux appréhender les défis liés à la mesure de la contamination et à la surveillance des zones contaminées.

    Efficacité énergétique dans le domaine militaire (énergie intelligente) et technologies innovantes

    Alors que les besoins en carburant allaient croissant dans le cadre des opérations et sachant que cette situation pouvait être à l’origine de risques majeurs pour la sécurité des convois de carburant et pour les forces armées, l’OTAN a lancé en 2011 une initiative de promotion de l’énergie intelligente, regroupant des représentants de l’Organisation et des experts nationaux des secteurs public et privé. Réunis au pays de Galles en 2014, les chefs d'État et de gouvernement des pays de l'Alliance ont déclaré ce qui suit : « nous allons [...] nous employer encore à améliorer de manière significative l'efficacité énergétique de nos forces armées, et nous prenons note à cet égard du cadre pour la défense verte ».

    La diversification des sources d’énergie est une façon parmi d’autres d’accroître l’efficacité opérationnelle et l’autonomie dans le cadre des missions. En faisant appel à différentes sources d’énergie, et notamment à des réseaux intelligents s’appuyant sur les énergies renouvelables et les technologies de stockage d’énergie, il est possible de maintenir pendant des périodes plus longues le niveau d’efficacité des activités menées en première ligne sans être tributaire des carburants classiques. Les systèmes intelligents, ainsi que les piles à hydrogène, présentent d’autres avantages: ils permettent par exemple de réduire les signatures acoustique et thermique et sont susceptibles d’être intégrés dans la prochaine génération de systèmes, plateformes et capacités militaires.

    Par ailleurs, l’OTAN continue de réfléchir à l’usage qui pourrait être fait de certaines technologies dans le cadre du développement des capacités ; elle étudie par exemple comment l’intelligence artificielle pourrait contribuer à la gestion de l’énergie dans les systèmes et plateformes militaires, ou de quelle manière les technologies de pointe pourraient contribuer à optimiser l’efficacité énergétique des systèmes de génération de puissance et de propulsion.

    Pour de plus amples informations sur l’éco-efficience énergétique et sur les travaux menés par l’OTAN pour mettre au point des capacités militaires faisant appel à des technologies et à des approches innovantes, on consultera le guide thématique de l’OTAN sur l’énergie intelligente.

    Répondre au changement climatique

    Alors que les conséquences du changement climatique deviennent de plus en plus visibles, les attentes vis-à-vis de l’action de l’OTAN dans ce domaine deviennent elles aussi plus grandes. Il est communément admis que le changement climatique est un multiplicateur de menaces, et qu’il convient donc d’en réévaluer l’impact sur les opérations et les missions. Il faut également tenir compte des conséquences de deuxième et de troisième ordre, comme les famines et les sécheresses, qui occasionnent la perte de terres arables et la diminution des moyens de subsistance des populations affectées, la raréfaction de l’eau et la nécessité de gérer les ressources en eau douce, les problèmes sanitaires, la diminution de la biodiversité et les problèmes d’ordre démographique. Le changement climatique va donc avoir des effets de plus en plus nets sur les zones où les forces militaires seront susceptibles d’intervenir, sur les conditions dans lesquelles ces opérations pourront avoir lieu et sur les types de mission : résolution de conflits et consolidation de la paix ou aide humanitaire et réaction aux catastrophes.

    Le changement climatique influe sur l’environnement opérationnel actuel et il en sera de même demain. Les forces armées devront ainsi veiller à conserver leur efficacité opérationnelle dans des conditions de plus en plus difficiles. Par exemple, la hausse des températures, associée à des modifications de la pression atmosphérique, peut avoir une incidence néfaste sur les performances des hélicoptères et sur la capacité de transport aérien. De même, pour prévenir le risque de surchauffe des aéronefs militaires et des bases aériennes, il est nécessaire d’accroître l’effort logistique et la consommation d’énergie. Par ailleurs, de nombreux itinéraires de transport empruntent des routes côtières, qui sont particulièrement vulnérables aux conditions météorologiques extrêmes. Non seulement cela représente un défi du point de vue de l’ingénierie et du développement de technologies, mais c’est également d’un élément à prendre en compte dans les scénarios de planification opérationnelle.

    Il est dès lors nécessaire, comme le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, l’a expliqué lors d’un discours donné en septembre 2020 sur le thème « L’OTAN à l’horizon 2030 », que l’Alliance adapte ses forces armées à un environnement de sécurité qui évolue sous l’effet du changement climatique. Il ne suffira toutefois pas de s’adapter : l’Alliance devra aussi chercher à réduire les émissions de ses forces armées. Des travaux importants ont déjà été menés à cet égard (voir ci-dessus la section consacrée à l’énergie intelligente), qui montrent que des forces armées plus écoresponsables et plus résilientes ne sont pas forcément moins efficaces sur le plan militaire. En effet, le recours à des technologies plus durables est une façon d’accroître l’efficacité opérationnelle et l’autonomie dans le cadre des missions. Dans cette optique, le secrétaire général a suggéré que « des objectifs non contraignants soient fixés pour aider les Alliés à réduire progressivement ces émissions ». Les pays de l’Alliance peuvent s’appuyer sur le cadre pour la défense verte, adopté en 2014, pour donner suite aux différentes propositions faites en la matière.

    En mars 2021, les ministres des Affaires étrangères des pays de l’OTAN ont entériné l’agenda de l’OTAN sur le changement climatique et la sécurité. Des travaux sont en cours en vue de l’élaboration d’un plan d’action, pour le sommet de l’OTAN de juin 2021.

  • Protection de l’environnement

    Les activités militaires ont souvent des effets indésirables sur l’environnement dans lequel elles se déroulent. L’une des responsabilités de l’OTAN est donc de protéger les milieux physique et naturel dans lesquels elle mène des opérations et des activités d’entraînement.

    Pour ce faire, ses pays membres ont adopté des réglementations pour la protection de l’environnement. Parmi les sujets couverts figurent la sécurisation des matières dangereuses (carburants et hydrocarbures notamment), le traitement des eaux usées, la réduction de la consommation de combustibles fossiles et la gestion des déchets, mais aussi la mise en place de systèmes de gestion de l’environnement dans le cadre des activités dirigées par l’OTAN. Pour atteindre les objectifs qu’elle s’est fixés, l’OTAN facilite l’intégration de mesures de protection environnementale dans toutes les activités militaires qu’elle dirige.

    Politiques et normes

    L’OTAN a commencé à établir sa propre politique de protection de l’environnement à la fin des années 1970, sous la forme d’un certain nombre d’orientations et de normes. Aujourd’hui, il est prévu que les forces dirigées par l’OTAN doivent « s’attacher à respecter en toute circonstance les principes et politiques ayant trait à l’environnement ».

    Actuellement, deux groupes OTAN sont chargés d’étudier les questions de protection de l’environnement et de promouvoir la normalisation et la coopération en la matière entre les pays de l’Alliance et les pays partenaires ainsi qu’entre différents organismes OTAN et organisations internationales, qui participent régulièrement aux travaux en tant qu’observateur :

    • le Groupe de travail Protection de l’environnement (EPWG), qui relève du Bureau de normalisation Interarmées du Comité militaire, lequel rend compte au Comité militaire ;
    • l’Équipe de spécialistes Efficacité énergétique et protection de l’environnement (STEEEP), qui relève du Groupe capacitaire maritime sur la construction navale et la mobilité maritime, lequel rend compte à la Conférence des directeurs nationaux des armements par l’intermédiaire du Groupe OTAN sur l’armement des forces navales.

    L’objet des travaux de l’EPWG est de réduire les effets néfastes que peuvent avoir les activités militaires sur l’environnement. À cet effet, le Groupe élabore des politiques, des documents de normalisation, des orientations et des bonnes pratiques pour la planification et la conduite des opérations et des exercices.

    La STEEEP a quant à elle pour mission d’intégrer la réglementation en matière de protection de l’environnement et d’efficacité énergétique dans les spécifications techniques relatives aux armements, équipements et matériels se trouvant à bord des navires ainsi qu’aux activités d’interface navire-terre des forces navales des pays de l’Alliance et des pays partenaires.

    Le travail réalisé par les groupes d’experts pendant des dizaines d’années a ouvert la voie à l’élaboration d’une politique générale intitulée « Principes et dispositions militaires OTAN en matière de protection de l’environnement » (MC 469), adoptée par le Comité militaire de l’OTAN en 2003 et mise à jour en 2011. Ce document décrit les responsabilités qui incombent aux commandants en matière de protection de l’environnement au cours de la préparation et de l’exécution d’activités militaires. Il indique en outre qu’« une harmonisation des principes et des dispositions concernant l’environnement s’impose pour toutes les activités militaires dirigées par l’OTAN ». Il dispose que les commandants OTAN doivent appliquer « les mesures de protection de l’environnement les mieux adaptées » afin de réduire l’incidence des activités militaires sur l’environnement. Le MC 469 est complété par plusieurs accords de normalisation OTAN (STANAG) et publications interalliées interarmées sur la protection de l’environnement (AJEPP), qui portent tous sur la protection de l’environnement dans le cadre des activités militaires dirigées par l’Organisation. On peut ainsi citer les documents suivants : Doctrine interarmées de l’OTAN relative à la protection de l’environnement au cours d’activités militaires dirigées par l’OTAN, Meilleures pratiques et normes en matière de protection de l’environnement dans les camps militaires lors d’opérations de l’OTAN et Meilleures pratiques en matière de protection de l’environnement pour la durabilité des zones d’entraînement militaires.

    Formation

    Pour que les normes environnementales en vigueur soient respectées, le personnel militaire doit suivre une formation adéquate. Si cette tâche relève essentiellement de la responsabilité des pays, l’OTAN a pour ambition de faire en sorte que les forces des Alliés reçoivent une formation commune au sujet de la protection de l’environnement et de l’efficacité énergétique. Le souci de la protection de l’environnement doit faire partie intégrante du quotidien des militaires et ceux-ci doivent être davantage responsabilisés. Pour cela, l’OTAN a désigné des officiers d’état-major chargés de faire de la protection de l’environnement une réalité aux niveaux stratégique, opératif et tactique. L’École de l’OTAN à Oberammergau et le Centre d’excellence pour le génie militaire proposent également des stages et des formations sur la protection de l’environnement.

    Recherche et développement

    L’Organisation OTAN pour la science et la technologie (STO) promeut et mène des travaux de recherche scientifique sur des questions techniques pointues qui se posent dans la sphère militaire, dont certaines sont en lien avec les problématiques environnementales. Les sous-comités techniques ou scientifiques de la STO, composés d’experts de l’OTAN et des États membres, cherchent ainsi des solutions plus écologiques en menant des études et des recherches donnant lieu à des rapports scientifiques. La STO travaille notamment sur la réduction du bruit et sur des munitions plus respectueuses de l’environnement. Son Centre pour la recherche et l’expérimentation maritimes (CMRE), situé à La Spezia (Italie), cherche à mesurer l’impact de l’environnement sur les opérations et inversement. Il a notamment réalisé une étude approfondie sur la manière dont les sonars affectent les mammifères marins, après quoi l’OTAN a établi un Code de conduite sur l’utilisation de sonars actifs destiné à assurer la protection des mammifères marins dans le cadre des activités maritimes de l’Alliance (MC 0547). Le réseau des spécialistes qui travaillent avec la STO est soutenu par le Bureau de soutien à la collaboration, installé à Paris (France). Pour de plus amples informations, on consultera les sites web www.sto.nato.int, www.cso.nato.int et www.cmre.nato.int.

    Dans le cadre du programme pour la science au service de la paix et de la sécurité (SPS), des experts des pays membres de l’OTAN et des pays partenaires réfléchissent à des règles de conduite et à des solutions techniques susceptibles de réduire l’empreinte environnementale et énergétique des activités menées par l’OTAN. Un atelier de recherche avancée a ainsi été organisé en vue de l’élaboration d’un manuel pour la fermeture des camps de l’OTAN et de la conception d’un modèle de camp écoresponsable. Ce modèle permet aux responsables de la planification des opérations de mieux comprendre l’incidence de ces dernières en termes de consommation d’eau et d’énergie ainsi que de production de déchets, et il propose des solutions techniques destinées à réduire l’empreinte environnementale et énergétique des opérations.

    Approche collaborative

    Les services et organismes de l’OTAN qui travaillent sur les questions environnementales collaborent activement avec d’autres organisations internationales, comme l’ONU et l’Union européenne. Ils sont aussi en rapport avec l’industrie, le monde universitaire et des organismes publics.