Dissuasion et défense

  • Mis à jour le: 19 Nov. 2020 16:06

L'OTAN est une alliance politique et militaire dont la mission principale est d'assurer la protection des populations de ses pays membres et de promouvoir la sécurité et la stabilité dans la région de l’Atlantique Nord. L'Alliance doit être en mesure de faire face, de manière simultanée, à toute la gamme des défis et menaces actuels et futurs, d'où qu'ils viennent. Elle renforce sa posture de dissuasion et de défense à la lumière du nouvel environnement de sécurité, en constante évolution.

 

Points principaux

  • L’environnement de sécurité n’a jamais été aussi complexe et exigeant depuis la fin de la Guerre froide, d’où la nécessité accrue pour l’OTAN de veiller à ce que sa posture de dissuasion et de défense soit crédible et efficace.
  • Face à la pandémie de COVID-19, l’Alliance met en œuvre des mesures fortes pour limiter la propagation du virus et réduire au maximum les risques pour son personnel. Les forces armées des pays de l’OTAN jouent un rôle vital à l’appui des initiatives nationales civiles menées à travers l’Alliance, tout en restant prêtes à faire face à toute éventualité.
  • L’OTAN reste confrontée à des défis et à des menaces émanant de l'est et du sud, d'acteurs étatiques et non étatiques, de forces militaires, et d'attaques terroristes, cyber ou hybrides. En particulier, les actions agressives de la Russie compromettent la sécurité euro-atlantique et l’ordre international fondé sur des règles.
  • Le plan d’action « réactivité » (RAP), lancé en 2014, a sensiblement renforcé le dispositif de défense collective de l’Alliance.
  • En 2016, les dirigeants des pays de l’OTAN ont approuvé une posture de dissuasion et de défense renforcée ; la mesure la plus concrète prise suite à cette décision a été le déploiement de bataillons multinationaux en Estonie, en Lettonie, en Lituanie et en Pologne dans le cadre de la présence avancée.
  • En 2018, les dirigeants des pays de l’OTAN ont adopté l’initiative pour la disponibilité opérationnelle, grâce à laquelle davantage de forces nationales de haute qualité, aptes au combat et à niveau de préparation élevé pourront être mises à la disposition de l'OTAN.
  • L’OTAN continue d’adapter sa posture de dissuasion et de défense et d’accroître sa disponibilité opérationnelle, sa réactivité et son renforcement pour faire face à toutes les menaces, d’où qu’elles viennent.
  • L’OTAN et les Alliés restent attachés à la maîtrise des armements, au désarmement et à la non-prolifération.
  • La COVID-19 démontre que la résilience des Alliés est la première ligne de défense de l’OTAN. Depuis 2014, l’OTAN établit des directives devant permettre aux pays d’accroître leur résilience au regard de sept exigences de base et de réduire leurs vulnérabilités potentielles.

 

La défense collective reste la responsabilité première de l'Alliance, et la dissuasion est un élément central de la stratégie globale de l'OTAN, qui consiste à prévenir les conflits et la guerre, à protéger les Alliés, à préserver la liberté de décision et d'action, et à sauvegarder les principes et les valeurs qu'elle défend, à savoir la liberté individuelle, la démocratie, les droits de la personne et l'état de droit. Le dispositif de dissuasion et de défense de l’OTAN repose sur une combinaison appropriée de capacités nucléaires, conventionnelles et de défense antimissile, complémentaires les unes des autres, ainsi que sur un éventail de ressources civiles et militaires à l’appui de ces capacités et, plus généralement, de la posture de l’Alliance. L'OTAN garde en outre la liberté d'action et la souplesse nécessaires pour réagir à toute la gamme des défis grâce à une approche appropriée et adaptée, au niveau de force minimum.

Face à la crise liée à la COVID-19, l’OTAN protège son personnel militaire, facilite le transport aérien de matériel médical vital et exploite au mieux ses ressources pour apporter des réponses innovantes. Ses forces armées apportent au secteur civil un soutien pour ce qui concerne la logistique et la planification, les hôpitaux de campagne, les navires-hôpitaux, le transport de patients, le rapatriement de ressortissants nationaux, la désinfection des lieux publics et des postes frontières. Ces initiatives permettent d’accroître la résilience nationale des Alliés, sans toutefois amoindrir la disponibilité opérationnelle de l’Alliance. Pour que l’OTAN puisse continuer de faire face aux activités hybrides, ainsi qu’aux défis qui se poseront aux populations civiles de ses pays membres, il est important de prendre en compte les enseignements que les Alliés tirent de la pandémie.

Les actions agressives de la Russie, y compris la menace et l'emploi de la force au service d’objectifs politiques, représentent un défi pour l’Alliance et portent atteinte à la sécurité euro-atlantique et à l'ordre international fondé sur des règles. La Russie est devenue plus assertive, avec l'annexion illégale de la Crimée, la déstabilisation de l'est de l'Ukraine, le renforcement de son dispositif militaire à proximité des frontières de l'OTAN, ses actions hybrides, notamment ses campagnes de désinformation, et ses actes de cybermalveillance.

Au sud, les conditions de sécurité au Moyen-Orient et en Afrique se sont détériorées sous l'effet d'une combinaison de facteurs qui entraînent des pertes en vies humaines, alimentent les flux migratoires à grande échelle, et inspirent des attentats terroristes dans les pays de l'Alliance et ailleurs. 

Le plan d'action « réactivité » (RAP), lancé au sommet que l’OTAN a tenu au pays de Galles en 2014, a été un important facteur de changement dans la posture de dissuasion et de défense de l'Alliance. L’idée était de faire en sorte que l'Alliance soit prête à répondre rapidement et fermement aux nouveaux défis de sécurité émanant de l'est et du sud. Dans le prolongement du RAP, les chefs d'État et de gouvernement des pays de l'OTAN ont approuvé au sommet de Varsovie, en juillet 2016, une posture de dissuasion et de défense renforcée, qui offre à l'Alliance une large gamme d'options lui permettant de faire face à toutes les menaces, d'où qu'elles viennent, afin de protéger le territoire, les populations, l'espace aérien et les lignes de communication maritimes de ses pays. Par exemple, quatre groupements tactiques multinationaux ont été déployés en Estonie, en Lettonie, en Lituanie et en Pologne, et des mesures ont été prises pour renforcer la sécurité dans la région sud-est de l’Alliance. En outre, un certain nombre de mesures ont été prises pour adapter l’Alliance aux défis émanant du sud : renforcement des capacités, conduite d’exercices spécifiques, planification préétablie et mise sur pied, à Naples, du Pôle régional pour le sud, qui aide l’OTAN à comprendre la situation.

En 2018, au sommet de Bruxelles, les dirigeants des pays de l’Alliance ont réaffirmé leur détermination en adoptant l’initiative pour la disponibilité opérationnelle de l’OTAN (NRI), laquelle vise à renforcer encore la capacité de réaction rapide de l'Alliance, soit pour un renforcement des Alliés à l'appui de la dissuasion ou de la défense collective, y compris pour des combats de haute intensité, soit pour des interventions militaires rapides en cas de crise, au besoin. Depuis, les Alliés s’emploient à mettre en œuvre la NRI, ou ce que l’on appelle les « quatre 30 », puisqu’ils se sont engagés à mettre à disposition 30 bataillons mécanisés, 30 escadrons aériens et 30 navires de combat prêts à être employés dans un délai de 30 jours ou moins. L’Alliance continue d’adapter sa posture de dissuasion et de défense et d’accroître sa disponibilité opérationnelle, sa réactivité et son renforcement pour faire face à toutes les menaces, d’où qu’elles viennent, selon une approche à 360 degrés.

Pour sa part, la société civile joue également un rôle clé dans la mise en place des conditions propices aux activités de l’OTAN. Accroître la résilience en renforçant la capacité des sociétés à tenir bon face à toute la gamme des menaces et dangers fait partie intégrante de la posture de dissuasion et de défense de l’OTAN. La pandémie de COVID-19 souligne l’importance que revêt la résilience, notamment l’aptitude à gérer un grand nombre de victimes ou à garantir la continuité des chaînes d’approvisionnement civiles. Par ailleurs, la résilience a un impact sur la capacité de l’OTAN à conduire ses missions et sur la mobilité de ses troupes et de ses équipements. Pour arriver à une résilience globale, une étroite coopération civilo-militaire ainsi qu’une mobilisation de l’État et de la société à tous les niveaux sont indispensables.

L’OTAN a reconnu le cyberespace en tant que milieu d’opérations dans lequel elle doit se défendre aussi efficacement qu’elle le fait dans les airs, sur terre et en mer. Par ailleurs, les initiatives de dissuasion de l’Alliance seront renforcées par la création du Centre des cyberopérations en Belgique et par la formation d’équipes de soutien pour la lutte contre les pratiques hybrides, chargées de prêter assistance aux Alliés qui en ont besoin.

À la réunion des dirigeants qui s’est tenue à Londres en décembre 2019, l’OTAN a reconnu l’espace en tant que cinquième milieu d’opérations. Les informations recueillies et communiquées au moyen de satellites sont d’une importance critique pour les activités, les opérations et les missions de l’OTAN, notamment en matière de défense collective, de réponse aux crises et de lutte contre le terrorisme. En octobre 2020, les ministres de la Défense ont décidé l’établissement, à Ramstein (Allemagne), d’un centre spatial OTAN, qui servira d’enceinte privilégiée pour le partage de l’information et la coordination des initiatives des Alliés.

Les pays de l’OTAN sont extrêmement préoccupés par la mise en service, par la Russie, d’un système de missile à capacité nucléaire, qui compromet gravement la sécurité de l’Alliance et contrevient au traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI). En réponse, l’OTAN met en œuvre un ensemble de mesures équilibré, coordonné et défensif, qui assure la crédibilité et l’efficacité de son dispositif de dissuasion et de défense. Les Alliés n’ont pas l’intention de déployer de nouveaux missiles nucléaires à lanceur terrestre en Europe ni de s’engager dans une nouvelle course aux armements, et ils restent attachés à l’existence d’un système efficace de maîtrise des armements, de désarmement et de non-prolifération.

Les exercices restent partie intégrante du dispositif de dissuasion et de défense de l’OTAN, l’entraînement militaire étant une condition essentielle au maintien des niveaux de disponibilité opérationnelle et de la flexibilité des forces de l’Alliance. L’OTAN poursuivra ses efforts d’adaptation, notamment en ce qui concerne la présence avancée, la puissance aérienne interarmées et les forces maritimes, ou encore la cyberdéfense, la préparation du secteur civil et la lutte contre les menaces hybrides, y compris en coopération avec l'Union européenne. Les relations avec l’UE impliquent d’accroître la coopération et de garantir la complémentarité et l’interopérabilité des capacités développées afin d’éviter tout double emploi et de contribuer au partage des charges entre les deux rives de l’Atlantique.

L’engagement en matière d’investissements de défense, adopté par les dirigeants des pays de l’OTAN en 2014, demandait aux Alliés de cesser de réduire leurs budgets de défense et de se conformer à la directive OTAN recommandant de consacrer au moins 2 % de leur produit intérieur brut (PIB) à la défense dans un délai de dix ans. Les Alliés sont également convenus de chercher, dans les mêmes délais, à porter à 20 % ou plus la part de leurs dépenses de défense annuelles consacrée à l’acquisition de nouveaux équipements majeurs, y compris la recherche et développement y afférente. Enfin, les Alliés se sont engagés à veiller à ce que leurs forces terrestres, aériennes et maritimes soient conformes aux directives OTAN agréées en matière de déployabilité et de soutenabilité ainsi qu’aux autres métriques agréées et à ce que leurs forces armées puissent opérer ensemble de manière efficace, notamment par la mise en œuvre des normes et doctrines OTAN. Depuis 2014, les Alliés ont réalisé des progrès considérables s’agissant d’augmenter les dépenses de défense et d’investir dans des équipements majeurs. Les Alliés ne se contentent pas d’accroître la mise à disposition des capacités plus lourdes et du haut du spectre dont l’OTAN a besoin ; ils améliorent également la préparation, la déployabilité, la soutenabilité et l’interopérabilité de leurs forces. Toutefois, les menaces et défis de sécurité ne fléchissent pas et les investissements de défense restent essentiels pour que l’Alliance dispose des forces et des capacités dont elle a besoin.