Dissuasion et défense

  • Mis à jour le: 08 Jul. 2021 09:14

L'OTAN est une alliance politique et militaire dont la mission principale est d'assurer la protection des populations de ses pays membres et de promouvoir la sécurité et la stabilité dans la région de l’Atlantique Nord. L'Alliance doit être en mesure de faire face, de manière simultanée, à toute la gamme des défis et menaces actuels et futurs, d'où qu'ils viennent. Elle continue de renforcer sa posture de dissuasion et de défense à la lumière du nouvel environnement de sécurité, en constante évolution.

 

  • L’environnement de sécurité n’a jamais été aussi complexe et exigeant depuis la fin de la Guerre froide, d’où la nécessité accrue pour l’OTAN de veiller à ce que sa posture de dissuasion et de défense soit crédible et efficace.
  • L'OTAN reste confrontée à des menaces et défis distincts, qui émanent de toutes les directions stratégiques, d'acteurs étatiques et non étatiques, de forces militaires, et d'attaques terroristes, cyber ou hybrides. En particulier, les actions agressives de la Russie compromettent la sécurité euro-atlantique et l’ordre international fondé sur des règles.
  • L’Alliance continue de renforcer sa posture de dissuasion et de défense à la lumière de l’évolution de l’environnement de sécurité. Deux concepts militaires fixent le cap à suivre concernant la poursuite de l’évolution de l’OTAN. Il s’agit du concept de dissuasion et de défense pour la zone euro atlantique, qui est axé sur l’emploi des forces pour assurer la dissuasion et la défense dès aujourd'hui, et du concept-cadre de l’OTAN sur la capacité à combattre, qui, quant à lui, énonce une vision destinée à orienter le développement des capacités de combat à long terme dont l’Alliance a besoin pour rester forte militairement aujourd’hui comme demain.  
  • La pandémie de COVID-19 démontre que la résilience des Alliés est la première ligne de défense de l’OTAN. L’Alliance s’emploie à mettre en œuvre des mesures fortes pour limiter la propagation du virus et réduire au maximum les risques pour son personnel. Les forces armées des pays de l’OTAN jouent un rôle vital à l’appui des initiatives nationales civiles menées à travers l’Alliance, tout en restant prêtes à faire face à toute éventualité.
  • En 2020, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a lancé l’initiative « OTAN 2030 », qui a conduit à l’instauration de mesures supplémentaires pour faire en sorte que l’Organisation reste forte militairement, qu’elle se renforce davantage encore sur le plan politique, et qu’elle adopte une approche de la sécurité qui s’inscrive dans une perspective plus globale.
  • Les Alliés européens et le Canada ont réalisé des progrès considérables s’agissant d’augmenter les dépenses de défense et d’investir dans des équipements majeurs, et ils œuvrent à un partage plus équitable des charges entre les membres de l’OTAN. Cette année sera la septième année consécutive de hausse de leurs dépenses de défense, dont le montant cumulé aura augmenté, d’ici la fin 2021, de 260 milliards de dollars depuis 2014.

 

Un environnement de sécurité en évolution rapide

L'OTAN est confrontée à l’environnement de sécurité le plus complexe qui soit depuis la fin de la Guerre froide. L’attitude de la Russie reste assertive et déstabilisatrice, et le terrorisme continue de représenter un défi mondial pour la sécurité et une menace pour la stabilité. Dans le même temps, la montée en puissance de la Chine modifie les rapports de force à l’échelle mondiale, ce qui n’est pas sans conséquence pour la sécurité, le respect des valeurs et le mode de vie des pays de l’Alliance. L’incertitude croissante partout dans le monde, les cybermenaces et menaces hybrides de plus en plus complexes et perturbatrices, et le rythme effréné de l’évolution technologique ont des incidences considérables pour l’Alliance.

Les actions agressives de la Russie, y compris la menace et l'emploi de la force au service d’objectifs politiques, représentent un défi pour l’Alliance et portent atteinte à la sécurité euro-atlantique et à l'ordre international fondé sur des règles. La Russie est devenue plus assertive, avec l'annexion illégale et illégitime de la Crimée (2014), la déstabilisation de l'est de l'Ukraine, le renforcement de son dispositif militaire à proximité des frontières de l'OTAN, ses actions hybrides, notamment ses campagnes de désinformation, et ses actes de cybermalveillance.

Au sud, les conditions de sécurité au Moyen-Orient et en Afrique se sont détériorées sous l'effet d'une combinaison de facteurs qui entraînent des pertes en vies humaines, alimentent les flux migratoires à grande échelle, et inspirent des attentats terroristes dans les pays de l'Alliance et ailleurs. 

Sauvegarder la liberté et la sécurité des pays membres

L’objectif essentiel et immuable de l'OTAN est la sauvegarde de la liberté et de la sécurité de tous ses membres par des moyens politiques et militaires. La défense collective est un principe au cœur même de l'Alliance, inscrit dans l'article 5 du traité de Washington. La toute première responsabilité de l’OTAN est d’assurer la protection et la défense du territoire et des populations de ses pays membres contre toute attaque, dans un monde où paix et sécurité ne peuvent être tenues pour acquises.

La dissuasion est un élément central de la stratégie globale de l'OTAN – prévenir les conflits et la guerre, protéger les Alliés, préserver la liberté de décision et d'action, et sauvegarder les principes et les valeurs qu'elle défend : la liberté individuelle, la démocratie, les droits de la personne et l'état de droit. La liberté des sociétés et l’ordre international fondé sur des règles sont subordonnés à une défense transatlantique crédible.

Le dispositif de dissuasion et de défense de l’OTAN repose sur une combinaison appropriée de capacités nucléaires, conventionnelles et de défense antimissile, complémentaires les unes des autres, ainsi que sur un éventail de ressources civiles et militaires à l’appui de ces capacités et, plus généralement, de la posture de l’Alliance. L'OTAN garde en outre la liberté d'action et la souplesse nécessaires pour réagir à toute la gamme des défis grâce à une approche appropriée et adaptée.

La résilience : premier élément de dissuasion et de défense

Accroître la résilience en renforçant la capacité des sociétés à tenir bon face à toute la gamme des menaces et dangers fait partie intégrante de la posture de dissuasion et de défense de l’OTAN. La pandémie de COVID-19 souligne l’importance que revêt la résilience, notamment l’aptitude à gérer un grand nombre de victimes ou à garantir la continuité des chaînes d’approvisionnement civiles. Par ailleurs, la résilience a un impact sur la capacité de l’OTAN à conduire ses missions et à préserver la mobilité de ses troupes et de ses équipements. Une coopération civilo-militaire étroite ainsi qu’une mobilisation de l’État et de la société à tous les niveaux sont indispensables pour parvenir à une résilience globale. Depuis 2014, l’OTAN fournit des directives devant permettre aux pays d’accroître leur résilience au regard de sept exigences de base et de réduire leurs vulnérabilités potentielles. Au sommet de Bruxelles de 2021, les dirigeants des pays de l’Alliance ont approuvé un engagement renforcé en faveur d’une meilleure résilience, qui présente les nouvelles mesures qui seront prises dans les années à venir. Les Alliés continueront de suivre une approche mobilisant le secteur public dans son ensemble s’agissant d’accroître la résilience de leurs sociétés et de répondre aux sept exigences de base de l’OTAN pour la résilience nationale. Par ailleurs, l’OTAN et les Alliés, dans les limites de leurs compétences respectives, maintiendront et renforceront la sécurité de leurs infrastructures critiques, de leurs industries clés, de leurs chaînes d'approvisionnement et de leurs réseaux d’information et de communication, y compris la 5G.

Par ailleurs, face à la crise liée à la COVID-19, l’OTAN protège son personnel militaire, facilite le transport aérien de matériel médical vital et exploite au mieux ses ressources pour apporter des réponses innovantes. Ses forces armées apportent au secteur civil un soutien pour ce qui concerne la logistique et la planification, les hôpitaux de campagne, les navires-hôpitaux, le transport de patients, le rapatriement de ressortissants nationaux, ainsi que la désinfection des lieux publics et des postes-frontières. Ces initiatives permettent d’accroître la résilience nationale des Alliés, sans toutefois amoindrir la disponibilité opérationnelle de l’Alliance. Pour que l’OTAN puisse continuer de faire face aux activités hybrides, ainsi qu’aux défis qui se poseront aux populations civiles de ses pays membres, il est important de prendre en compte les enseignements que les Alliés tirent de la pandémie.

Accroître la disponibilité opérationnelle, la réactivité et le renforcement de l’OTAN

Le plan d'action « réactivité » (RAP), lancé au sommet que l’OTAN a tenu au pays de Galles en 2014, a été un important facteur de changement dans la posture de dissuasion et de défense de l'Alliance. L’idée était de faire en sorte que l'Alliance soit prête à répondre rapidement et fermement aux nouveaux défis de sécurité émanant de l'est et du sud.

Dans le prolongement du RAP, les chefs d'État et de gouvernement des pays de l'OTAN ont approuvé au sommet de Varsovie, en juillet 2016, une posture de dissuasion et de défense renforcée, qui offre à l'Alliance une large gamme d'options lui permettant de faire face à toutes les menaces, d'où qu'elles viennent, afin de protéger le territoire, les populations, l'espace aérien et les lignes de communication maritimes de ses pays. Par exemple, quatre groupements tactiques multinationaux ont été déployés en Estonie, en Lettonie, en Lituanie et en Pologne, et des mesures ont été prises pour renforcer la sécurité dans la région sud-est de l’Alliance. En outre, un certain nombre de mesures ont été prises pour adapter l’Alliance aux défis émanant du sud : renforcement des capacités, conduite d’exercices spécifiques, planification préétablie et mise sur pied, à Naples (Italie), du Pôle régional pour le sud, qui aide l’OTAN à comprendre la situation.

Les exercices restent partie intégrante du dispositif de dissuasion et de défense de l’OTAN, l’entraînement militaire étant une condition essentielle au maintien des niveaux de disponibilité opérationnelle et de l’interopérabilité des forces de l’Alliance.

L’OTAN poursuit ses efforts d’adaptation dans tous les milieux et dans des domaines comme la préparation du secteur civil et la lutte contre les menaces hybrides, y compris en coopération avec l'Union européenne. Les relations avec l’UE impliquent d’accroître la coopération et de garantir la complémentarité et l’interopérabilité des capacités développées afin d’éviter tout double emploi et de contribuer au partage des charges entre les deux rives de l’Atlantique.

Au sommet de Bruxelles de 2018, les dirigeants des pays de l’OTAN ont rappelé qu’ils étaient déterminés à accroître la disponibilité opérationnelle, la réactivité et le renforcement de l’Alliance pour faire face à toutes les menaces, d’où qu’elles viennent, selon une approche à 360 degrés. Une initiative pour la disponibilité opérationnelle de l'OTAN a été lancée pour renforcer la capacité de réaction rapide de l'Alliance, soit pour un renforcement des Alliés à l'appui de la dissuasion ou de la défense collective, y compris pour des combats de haute intensité, soit pour des interventions militaires rapides en cas de crise, au besoin. Depuis lors, les Alliés se sont engagés à fournir 30 bataillons mécanisés, 30 escadrons aériens et 30 navires de guerre prêts à être déployés dans un délai de 30 jours ou moins, et ils s’emploient à atteindre et à maintenir le niveau de disponibilité opérationnelle voulu pour ces forces et à les organiser en formations plus grandes.

L’OTAN continue d’examiner les incidences, pour la sécurité, du développement par la Russie de son arsenal de missiles à capacité nucléaire, qui compromet gravement la sécurité de l’Alliance et contrevient au traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI). L’Alliance fait face en renforçant ses capacités conventionnelles modernes, en investissant dans de nouvelles plateformes – notamment des chasseurs de cinquième génération – et en adaptant ses exercices, son système de renseignement, et sa posture de défense aérienne et antimissile. Elle agit tout en veillant à ce que son dispositif de dissuasion nucléaire reste sûr, sécurisé et efficace. Dans le même temps, l’OTAN reste fermement attachée à l’existence d’un système de maîtrise des armements, de désarmement et de non-prolifération qui soit opérant, et elle continue d’appeler tous les acteurs, dont la Russie et la Chine, à œuvrer de manière constructive.

L’OTAN a reconnu le cyberespace en tant que milieu d’opérations dans lequel elle doit se défendre aussi efficacement qu’elle le fait dans les airs, sur terre et en mer. Par ailleurs, les initiatives de dissuasion de l’Alliance sont renforcées par la création du Centre des cyberopérations en Belgique et par la formation d’équipes de soutien pour la lutte contre les pratiques hybrides, chargées de prêter assistance aux Alliés qui en ont besoin.

À la réunion des dirigeants qui s’est tenue à Londres en décembre 2019, l’OTAN a reconnu l’espace en tant que cinquième milieu d’opérations. Les informations recueillies et communiquées au moyen de satellites sont d’une importance critique pour les activités, les opérations et les missions de l’OTAN, notamment en matière de défense collective, de réponse aux crises et de lutte contre le terrorisme. En octobre 2020, les ministres de la Défense ont décidé de créer un centre spatial OTAN à Ramstein (Allemagne). Ce centre servira d’enceinte privilégiée pour le partage de l’information, la coordination des initiatives des Alliés et le soutien aux opérations et aux missions de l’OTAN.

Au sommet de Bruxelles de 2021, les dirigeants des pays de l’OTAN ont non seulement réaffirmé leur volonté de poursuivre l’importante adaptation militaire entreprise par l’Alliance depuis 2014, mais ils ont également adopté, dans le cadre de l’agenda de réforme OTAN 2030, une série de propositions visant, entre autres, à renforcer la défense collective par la hausse du niveau de disponibilité opérationnelle, la modernisation des capacités et l’augmentation des investissements. Ils ont en outre rappelé leur détermination à continuer d’accroître la disponibilité opérationnelle des forces de l’OTAN et à poursuivre le renforcement et la modernisation de la structure de forces de l'OTAN de manière à répondre aux besoins actuels et futurs en matière de défense.

Préserver l’avance militaire et technologique de l'Alliance

L’Alliance continue de renforcer sa posture de dissuasion et de défense à la lumière du nouvel environnement de sécurité, en constante évolution. En 2021, l’OTAN a adopté deux concepts complémentaires qui fixent le cap pour la poursuite de son adaptation militaire, l’objectif étant qu’elle puisse préserver la paix aujourd'hui et se préparer à faire face, demain, à un environnement de sécurité de plus en plus imprévisible.

  • Le concept de dissuasion et de défense pour la zone euro-atlantique porte sur la réponse que les troupes, les capacités et les technologies existantes permettent d’apporter dans l’immédiat ou à court terme face aux menaces identifiées. Dans le prolongement d’un développement des moyens de renseignement et de connaissance de la situation stratégique, la mise en œuvre de ce concept aidera à renforcer la planification préétablie en vue de répondre à une crise ou un conflit potentiel, et elle permettra d’améliorer l'utilisation et l’organisation des forces et des capacités des Alliés dans tous les milieux d'opérations (terre, air, mer, cyberespace et espace). Elle permettra aussi d’accroître la capacité de l’OTAN à faire face à toute éventualité et de garantir un renforcement en temps voulu, tout en assurant un commandement et un contrôle plus efficaces.
  • Le concept-cadre de l’OTAN sur la capacité à combattre énonce une vision destinée à orienter le développement des capacités de combat à long terme dont l’Alliance a besoin pour rester militairement forte à l’avenir. Sa mise en œuvre permettra à l'Alliance d’adopter une approche plus proactive et plus prospective concernant l’adaptation militaire, et notamment d’intégrer de nouvelles méthodes d'analyse, d'organisation et d'action, garantissant ainsi que l’OTAN développera continuellement son avantage militaire et technologique, suivant l'évolution de la nature du conflit. Cela élargira l’éventail d’options stratégiques dont les décideurs disposent pour relever toute une variété de défis.

Maintenir son avance technologique est depuis toujours un facteur essentiel de l’aptitude de l’OTAN à assurer la dissuasion et la défense face à des adversaires potentiels. Les innovations dans les domaines de l’intelligence artificielle, des systèmes d’armes autonomes, des mégadonnées (big data) et des biotechnologies changent la donne en matière de combat. Pour faire en sorte de préserver son avance technologique, l’OTAN a approuvé, en février 2021, une stratégie de mise en œuvre pour les technologies émergentes et les technologies de rupture. L’Alliance jouera un rôle important en tant que forum de coopération sur divers aspects de ces technologies en rapport avec la sécurité.

Investir dans la défense

L’engagement en matière d’investissements de défense, adopté par les dirigeants des pays de l’OTAN en 2014, demandait aux Alliés de cesser de réduire leurs budgets de défense et de se conformer à la directive OTAN recommandant de consacrer au moins 2 % de leur produit intérieur brut (PIB) à la défense dans un délai de dix ans. Les Alliés sont également convenus de chercher, dans les mêmes délais, à porter à 20 % ou plus la part de leurs dépenses de défense annuelles consacrée à l’acquisition de nouveaux équipements majeurs, y compris la recherche et développement y afférente. Enfin, les Alliés se sont engagés à veiller à ce que leurs forces terrestres, aériennes et maritimes soient conformes aux directives OTAN agréées en matière de déployabilité et de soutenabilité ainsi qu’aux autres métriques agréées et à ce que leurs forces armées puissent opérer ensemble de manière efficace, notamment par la mise en œuvre des normes et doctrines OTAN.

Depuis 2014, les Alliés ont réalisé des progrès considérables s’agissant d’augmenter les dépenses de défense et d’investir dans des équipements majeurs, et ils œuvrent à un partage plus équitable des charges. En 2021, les Alliés européens et le Canada auront augmenté leurs dépenses de défense pour la septième année consécutive. Pour la fin de l’année, ces Alliés auront versé une contribution dont le montant cumulé aura augmenté de 260 milliards de dollars depuis 2014.  Les Alliés ne se contentent pas de mettre à disposition davantage des capacités plus lourdes et du haut du spectre dont l’OTAN a besoin : ils améliorent également la disponibilité opérationnelle, la déployabilité, la soutenabilité et l’interopérabilité de leurs forces. Toutefois, les menaces et défis de sécurité ne fléchissent pas et les investissements de défense restent essentiels pour que l’Alliance dispose des forces et des capacités dont elle a besoin.