Défense antimissile balistique

  • Mis à jour le: 29 Jun. 2021 16:13

La prolifération des missiles balistiques représente une menace croissante pour les populations, le territoire et les forces des pays de l'OTAN. De nombreux pays situés à proximité de l’OTAN disposent déjà de missiles balistiques ou s’emploient à développer ou à acquérir cette technologie. La défense antimissile balistique (BMD) est l’une des missions permanentes de l’OTAN et fait partie intégrante de la réponse de l’OTAN à cette menace, en tant qu’élément de la défense aérienne et antimissile intégrée (IAMD) de l’OTAN. La BMD de l’OTAN est strictement défensive et contribue à mener à bien la tâche fondamentale de défense collective de l’OTAN.

 

  • En 2010, les Alliés ont décidé de développer une capacité de défense antimissile balistique (BMD) territoriale pour mener à bien la tâche fondamentale de l'OTAN qu'est la défense collective.
  • L'Alliance a le devoir de protéger les populations, le territoire et les forces des pays européens de l'OTAN, compte tenu de la prolifération croissante des missiles balistiques.
  • La BMD de l’OTAN est purement défensive. Elle représente un investissement à long terme face à une menace sécuritaire à long terme émanant de l’extérieur de la zone euro-atlantique.
  • En juillet 2016, les Alliés ont déclaré la capacité opérationnelle initiale de la BMD de l’OTAN, qui offre une capacité renforcée pour défendre les populations, le territoire et les forces de toute la partie méridionale de l'Europe OTAN contre une attaque potentielle de missiles balistiques.
  • La capacité BMD de l'OTAN combine moyens financés en commun par tous les Alliés et contributions volontaires apportées par certains d’entre eux à titre individuel.
  • Plusieurs Alliés ont déjà apporté leurs contributions ou entrepris de développer ou d'acquérir de nouveaux moyens BMD, tels que des navires modernisés dotés de radars BMD, des systèmes de défense aérienne et antimissile basée au sol, ou encore des capacités avancées de détection et d'alerte.

Pour en savoir plus

  • Introduction et composantes

    Introduction

    La BMD de l’OTAN s’inscrit dans la défense aérienne et antimissile intégrée de l'OTAN. Certains de ses paramètres stratégiques et opérationnels sont tout à fait singuliers. La menace croissante que représente la prolifération des missiles balistiques à proximité de la frontière sud-est de l'Alliance a été et reste un facteur du développement et du déploiement, par l’OTAN, d'un système de défense antimissile balistique conçu pour contrer les menaces émanant de l’extérieur de la zone euro­atlantique. L'objectif ultime de la BMD de l'OTAN reste d'assurer la couverture totale et la protection de l'ensemble des populations, du territoire et des forces des pays européens de l’OTAN contre les missiles balistiques. Cette couverture s'appuie sur les principes de l’indivisibilité de la sécurité des Alliés et de la solidarité au sein de l’OTAN, du partage équitable des risques et des charges, ainsi que de l’effort raisonnable. Elle tient compte également du niveau de la menace, de la soutenabilité financière et de la faisabilité technique, et des dernières évaluations communes de la menace agréées par l’Alliance. Si les efforts internationaux devaient permettre de réduire les menaces qu'engendre la prolifération des missiles balistiques, la défense antimissile de l'OTAN pourra être adaptée en conséquence, et elle le sera.

    Composantes

    La BMD de l'OTAN s'appuie sur des contributions nationales volontaires, y compris des intercepteurs et des capteurs à financement national et des accords de stationnement. Elle se base également sur la structure de commandement et de contrôle mise en place dans le cadre du programme BMD de l’OTAN. Ces systèmes de commandement et de contrôle sont les seuls éléments admissibles au financement commun.

    Les États-Unis contribuent à la BMD de l'OTAN au travers de leur programme d'approche adaptative phasée pour la défense antimissile en Europe (EPAA). La Turquie héberge un radar BMD américain à Kürecik. La Roumanie héberge une station Aegis Ashore des États-Unis sur la base aérienne de Deveselu. L’Allemagne héberge le centre de commandement à la base aérienne de Ramstein, et la Pologne héberge un autre site Aegis Ashore, actuellement en construction à la base militaire de Redzikowo. En outre, dans le contexte de l'EPAA, l'Espagne accueille dans sa base navale de Rota quatre navires Aegis multimissions dotés de capacités BMD, qui sont prêts à apporter un soutien à la mission BMD de l’OTAN, au besoin.

    Plusieurs pays de l'Alliance mettent actuellement à disposition des systèmes supplémentaires de défense aérienne et antimissile basée au sol (notamment des systèmes Patriot ou SAMP/T) ou des navires complémentaires pour la protection d'autres moyens BMD. D'autres sont également en train de mettre au point ou d'acquérir des moyens dotés de capacités BMD qui pourraient, à terme, être mis à disposition pour la BMD de l'OTAN.

  • Mécanismes

    Le Comité de la politique et des plans de défense en configuration défense antimissile (DPPC MD) est l'organe de haut niveau relevant du Conseil de l'Atlantique Nord qui supervise et coordonne toutes les activités visant à développer la capacité BMD de l'OTAN au niveau politico-militaire. Il donne également des avis politico-militaires sur la BMD de l'OTAN au Conseil de l’Atlantique Nord.

    La Conférence des directeurs nationaux des armements (CDNA) est le comité de haut niveau responsable de la direction du programme BMD, dont le but est de développer les fonctionnalités techniques dont les planificateurs et opérateurs BMD ont besoin.

    Les autorités militaires de l'OTAN sont responsables de la mise au point d'un cadre doctrinal militaire pour la BMD et pour la planification, la formation et l'exécution opérationnelles dans ce domaine.

    Le Comité de défense aérienne et antimissile (AMDC) est le comité de haut niveau chargé de définir les grandes orientations de l’IAMD de l'OTAN.

    Plusieurs autres comités de haut niveau de l'OTAN traitent de la BMD de l'OTAN dans des contextes plus larges, comme les plans civils d'urgence ou la gestion de crise.

  • Évolution

    Au sommet de Lisbonne en 2010, les dirigeants des pays de l'Alliance sont convenus de traiter la défense antimissile balistique de manière holistique en développant un système OTAN de défense aérienne et antimissile intégrée (NATINAMDS), et notamment une capacité BMD territoriale. Le NATINAMDS est basé sur le système OTAN de défense aérienne intégrée (NATINADS) qui existait précédemment, auquel ont été ajoutés de nouveaux éléments BMD.

    Le grand document d'orientation qui définit le cadre des activités de l'OTAN dans le domaine de la BMD est le concept stratégique de 2010. Le concept stratégique stipule notamment que « la prolifération des armes nucléaires, d’autres armes de destruction massive et de leurs vecteurs pourrait avoir des conséquences incalculables pour la stabilité et la prospérité mondiales. Au cours des dix années à venir, cette prolifération sera au plus haut dans certaines des régions les plus volatiles du monde. » En conséquence, l'OTAN « développera sa capacité à protéger les populations et le territoire de ses pays membres contre une attaque de missiles balistiques, en tant qu’un des éléments centraux de la défense collective, qui contribue à la sécurité, indivisible, de l'Alliance. » En tant que capacité défensive, la BMD est un élément d'une réponse plus large à la menace que représente la prolifération des missiles balistiques.

    En outre, la BMD est un élément important de la revue 2012 de la posture de dissuasion et de défense. Il est indiqué dans ce document que la défense antimissile peut venir compléter le rôle des armes nucléaires dans la dissuasion, mais qu’elle ne peut pas s'y substituer. Cette capacité est purement défensive et est mise en place à la lumière des menaces provenant de l'extérieur de la région euro-atlantique. Les capacités de défense antimissile de l’OTAN devraient à la fois compliquer les plans d’un adversaire et limiter l'ampleur des dégâts. Une défense antimissile efficace pourrait aussi offrir une marge décisionnelle utile en temps de crise. À l’instar d'autres systèmes d’armes, les capacités de défense antimissile ne peuvent garantir une efficacité totale et pérenne. La capacité OTAN de défense antimissile, de pair avec des forces nucléaires et conventionnelles efficaces, montrera notre détermination à assurer la dissuasion et la défense contre toute menace pour la sécurité et la sûreté de nos populations qui proviendrait de l’extérieur de la région euro-atlantique.

    Au sommet de Chicago, en 2012, l’Alliance a déclaré que la capacité BMD intérimaire de l'OTAN était atteinte.

    En juillet 2016, les Alliés ont déclaré atteinte la capacité opérationnelle initiale de la BMD de l’OTAN, qui offre une capacité renforcée pour défendre les populations, le territoire et les forces de toute la partie méridionale de l'Europe OTAN contre une attaque potentielle de missiles balistiques.

    Depuis 2003, l’OTAN et la Russie ont engagé des discussions et des activités en lien avec la défense contre les missiles balistiques de théâtre (TBMD) sous l'égide du Conseil OTAN-Russie (COR). À partir de 2010, ces discussions et activités se sont étendues à la BMD territoriale. L'OTAN et la Russie ont examiné les domaines de coopération possibles dans ce domaine. Toutefois, les progrès étaient lents, et en octobre 2013 la Russie a décidé de faire une pause dans les discussions avec l'OTAN sur la BMD. En avril 2014, l’OTAN a suspendu toute coopération pratique avec la Russie en réponse à l'annexion illégale et illégitime de la Crimée par la Russie.

    Grandes étapes

    OTAN

    Mai 2001

    L'OTAN lance parallèlement deux études de faisabilité portant sur un futur système de défense antimissile de théâtre (TBMD) de l’Alliance.

    Novembre 2002

    Au sommet de Prague, les dirigeants des pays de l’Alliance donnent pour instruction de lancer une étude de faisabilité sur la défense antimissile afin d’examiner les options relatives à la protection du territoire, des forces et des populations des pays de l’Alliance contre toute la gamme des menaces liées aux missiles balistiques.

    Avril 2006

    La capacité de défense antimissile balistique territoriale est jugée techniquement faisable dans le cadre des hypothèses et des limites de l’étude.

    Avril 2008

    Au sommet de Bucarest, les dirigeants des pays de l’Alliance décident que le projet d'implantation en Europe de moyens BMD des États-Unis doit être intégré dans toute architecture future de défense antimissile à l’échelle de l’OTAN.

    Septembre 2009        

    Annonce par les États-Unis de leur programme d'approche adaptative phasée pour la défense antimissile en Europe (EPAA).

    Novembre 2010

    Au sommet de Lisbonne, les dirigeants des pays de l'Alliance décident de développer une capacité BMD pour mener à bien la tâche fondamentale de défense collective de l’OTAN. Pour ce faire, ils décident d’élargir le programme TBMD existant afin de protéger non seulement les forces mais aussi les populations et le territoire des pays européens de l'OTAN. Dans ce contexte, l'EPAA et d'autres apports des pays constituent des contributions précieuses et bienvenues à l'architecture BMD de l'OTAN.

    Septembre 2011

    La Turquie annonce sa décision d'accueillir un radar de défense antimissile des États-Unis dans le cadre de la capacité BMD de l'OTAN.

    Septembre 2011

    La Roumanie et les États-Unis signent un accord sur l'implantation d'un système Aegis Ashore des États-Unis sur le territoire roumain, dans le cadre de la capacité BMD de l'OTAN.

    Septembre 2011

    Un accord entre la Pologne et les États-Unis sur l'implantation d'un système Aegis Ashore des États-Unis en Pologne entre en vigueur.

    Octobre 2011

    L'Espagne et les États-Unis annoncent un accord sur le stationnement de navires Aegis dans le port de Rota, en Espagne, dans le cadre de la contribution des États-Unis à la capacité BMD de l'OTAN.

    Avril 2012

    L'OTAN installe et teste avec succès l'architecture de commandement et de contrôle pour la capacité BMD intérimaire en passe d’être annoncée au Commandement aérien allié à Ramstein, en Allemagne.

    Mai 2012

    Au sommet de Chicago, les Alliés déclarent que l'OTAN a atteint une capacité BMD intérimaire, ce qui constitue une première étape significative sur le plan opérationnel.

    2014

    Arrivée du premier destroyer Aegis des États-Unis à Rota, en Espagne, en février. Arrivée du second destroyer Aegis des États-Unis à Rota en juin.

    2015

    Arrivée du troisième destroyer Aegis des États-Unis à Rota en avril. Arrivée du quatrième destroyer Aegis des États-Unis à Rota en septembre.

    Mai 2016

    Le site Aegis Ashore de Deveselu, en Roumanie, est déclaré opérationnel.

    Juillet 2016

    Au sommet de Varsovie, les dirigeants des pays de l’Alliance déclarent la capacité opérationnelle initiale de la BMD de l’OTAN, qui offre une capacité renforcée pour défendre les populations, le territoire et les forces de toute la partie méridionale de l'Europe OTAN contre une attaque potentielle de missiles balistiques.

    Juillet 2018

    Au sommet de Bruxelles, les dirigeants des pays de l’OTAN confirment que le prochain jalon majeur est l'achèvement de l'élément fondamental du système de commandement et de contrôle de la BMD de l'OTAN, l’objectif étant d'améliorer la planification et l’exécution des opérations BMD. Ils reconnaissent également qu'il faut poursuivre les travaux pour atteindre l’objectif ultime de la capacité opérationnelle totale.

    Conseil OTAN-Russie

    2003

    Une étude est lancée sous l’égide du Conseil OTAN-Russie (COR) pour évaluer les niveaux possibles d'interopérabilité des systèmes TBMD des pays de l'OTAN et de la Russie.

    Mars 2004

    Un exercice de poste de commandement du COR sur la défense antimissile de théâtre est organisé aux États-Unis.

    Mars 2005

    Un exercice de poste de commandement du COR sur la défense antimissile de théâtre est organisé aux Pays-Bas.

    Octobre 2006

    Un exercice de poste de commandement du COR sur la défense antimissile de théâtre est organisé en Russie.

    Janvier 2008

    Un exercice assisté par ordinateur du COR sur la défense antimissile de théâtre est organisé en Allemagne.

    Décembre 2010

    Première réunion du Groupe de travail du COR sur la défense antimissile, dont le but est d'analyser les décisions prises au sommet de Lisbonne de 2010 et de réfléchir à la voie à suivre possible pour la coopération en matière de défense antimissile balistique.

    Juin 2011

    Les ministres de la Défense des pays du COR font le point sur les travaux menés dans le domaine de la défense antimissile depuis le sommet de Lisbonne en 2010.

    Avril 2012

    Un exercice assisté par ordinateur se déroule à Ottobrunn, en Allemagne.

    Octobre 2013

    La Russie décide unilatéralement de faire une pause dans les discussions sur la défense antimissile dans le cadre du COR.

    Avril 2014

    En réponse à l'annexion illégale et illégitime de la Crimée par la Russie, l'OTAN suspend toute coopération pratique avec la Russie, y compris dans le domaine de la défense antimissile balistique.