Coopération capacitaire multinationale

  • Mis à jour le: 07 Mar. 2024 14:11

Pour accomplir ses missions et ses tâches, l'OTAN a besoin que les Alliés investissent dans des équipements de pointe interopérables et d'un bon rapport coût-efficacité. L’OTAN joue là un rôle important : elle aide les pays à décider des modalités de leurs investissements de défense et des domaines à privilégier en la matière. L'OTAN aide également les Alliés à définir et à développer des projets de coopération multinationale destinés à fournir les capacités de défense clés nécessaires à la sécurité de l’Alliance.

Un avion de chasse est ravitaillé en vol par un avion multirôle de ravitaillement en vol et de transport (MRTT), une des capacités multinationales que les Alliés ont développées ensemble.

 

  • L'OTAN aide les Alliés et les pays partenaires à identifier des possibilités de coopération capacitaire multinationale et à développer des projets à haute visibilité (HVP) dans des domaines clés, comme le ravitaillement en vol, les munitions, les systèmes maritimes sans pilote, le commandement et le contrôle, et l'entraînement.
  • Le but est de réduire les coûts grâce à des économies d'échelle tout en améliorant la valeur ajoutée sur le plan opérationnel grâce à une mise en commun accrue des équipements, de l'entraînement, des doctrines et des procédures.
  • L'OTAN travaille avec l'Union européenne pour éviter les doubles emplois et garantir la complémentarité des travaux.

 

Projets à haute visibilité

Vingt-et-un projets sont actuellement menés, qui permettront d'accroître l'efficacité opérationnelle, de réaliser des économies d'échelle, et de renforcer la connectivité entre les pays membres et les pays partenaires de l'OTAN. Ces projets concernent des domaines capacitaires clés, comme le ravitaillement en vol, les munitions, les systèmes maritimes sans pilote, le commandement et le contrôle, et l'entraînement. Ces projets sont les suivants :

Commandement et contrôle

  • Commandement conjoint de composante Opérations spéciales (C-SOCC)
  • Commandement régional de composante Opérations spéciales (R-SOCC)
  • Capacité de commandement et de contrôle pour la défense aérienne et antimissile de surface au niveau du bataillon et de la brigade (couche C2 pour la SBAMD)

Structures d'entraînement

  • Programme multinational pour l'aviation des forces spéciales (MSAP)
  • Initiative OTAN d'entraînement au pilotage - Europe (NFTE)

Acquisition d'équipements de haute technologie

  • Flotte d'avions multirôles de ravitaillement en vol et de transport (MRTT-C)
  • Aéronefs maritimes multimissions (M3A)
  • Systèmes maritimes sans pilote (MUS)
  • Capacité giravion de nouvelle génération (NGRC)
  • Solution modulaire pour les capacités de défense aérienne basées au sol (GBAD modulaire)
  • Moyens rapidement déployables de lutte contre la menace roquettes-artillerie-mortiers (C-RAM)

Mobilité militaire et contre-mobilité

  • Franchissement de coupure
  • Contre-mobilité
  • Véhicules et systèmes du génie militaire

Munitions

  • Munitions tactiquement décisives (Air) (ABDM)
  • Munitions tactiquement décisives (Terre) (LBDM)
  • Munitions tactiquement décisives (Mer) (MBDM)
  • Initiative pour l'entreposage multinational de munitions (MAWI)

Défense chimique, biologique, radiologique et nucléaire (CBRN)

  • Réseau d'installations de défense CBRN
  • Équipements de protection CBRN
  • Détection et identificationd'agents CBRN

En outre, les pays continuent d'examiner des domaines prometteurs pour la coopération multinationale, le but étant d'assurer la sécurité avec des solutions d'un bon rapport coût-efficacité.

 

Commandement et contrôle

Le commandement et le contrôle (C2) sont exercés au travers des pouvoirs et des instructions donnés à un organisme militaire pour l'accomplissement de sa mission. Les C2 sont essentiels pour mener à bien les opérations de l'OTAN et sont la garantie du bon déroulement et de l'efficacité de ces dernières. Les projets ci-dessous sont des exemples de la manière dont les C2 peuvent être gérés à un niveau multinational.

  • Commandement conjoint de composante Opérations spéciales (C-SOCC)
    Aujourd'hui, les forces d'opérations spéciales opèrent de plus en plus souvent dans un contexte multinational. C'est pourquoi il est essentiel qu'un quartier-général multinational en assure la gestion. Trois Alliés (Belgique, Danemark et Pays-Bas) ont décidé de créer un commandement trinational (C-SOCC) qui, après être devenu pleinement opérationnel fin 2020, participe à la Force de réaction de l'OTAN et pourrait aussi être chargé de fournir un soutien pour les missions multinationales ainsi que pour les opérations de l'OTAN.
     
  • Commandement régional de composante Opérations spéciales (R-SOCC)
    Quatre Alliés (Croatie, Hongrie, Slovaquie et Slovénie) et un pays partenaire de l'OTAN (Autriche) ont décidé de constituer – sous la direction de la Hongrie – un quartier général régional déployable pour la gestion des opérations spéciales. Des forces d'opérations spéciales de l'OTAN dans l'ensemble des régions de l'Alliance offriront clairement des avantages en termes de rapidité et de résilience lorsqu'il s'agit de répondre aux crises qui surviennent. Le R-SOCC a atteint sa capacité opérationnelle initiale en mai 2021, et il devrait atteindre sa capacité opérationnelle totale pour la fin 2024.
     
  • Capacité de commandement et de contrôle pour la défense aérienne et antimissile de surface aux niveaux du bataillon et de la brigade (couche C2 pour la SBAMD)
    Le projet de couche C2 pour la SBAMD doit faciliter l'acquisition potentielle et le déploiement d'une solution de gestion pour la défense aérienne, le but étant de pouvoir adopter une approche à plusieurs niveaux de la défense aérienne et antimissile de surface. La capacité de couche C2 pour la SBAMD acquise en commun réduira le nombre de systèmes actuellement utilisés par les pays de l'OTAN et augmentera donc l'interopérabilité et la résilience. Ce projet à haute visibilité implique huit pays de l'OTAN : le Danemark, l'Espagne, les États-Unis, la France, la Hongrie, l'Italie, le Portugal et le Royaume-Uni.

 

Structures d'entraînement

Toutes les forces de l'Alliance ont besoin de bien s'entraîner pour pouvoir faire face à l'éventail des défis de sécurité et accomplir leurs missions. Un entraînement multinational permet aux forces de différents Alliés de s'entraîner ensemble, d'améliorer leur coordination et leur coopération et de renforcer leur disponibilité opérationnelle.

  • Programme multinational pour l'aviation des forces spéciales (MSAP)
    Les forces d'opérations spéciales sont un outil très précieux et polyvalent permettant de répondre efficacement à l'évolution des menaces pour la sécurité. Pour renforcer davantage encore les capacités de l'OTAN dans ce domaine, quatre Alliés (Bulgarie, Croatie, Hongrie et Slovénie) ont décidé de mettre en place un programme multinational pour l'aviation des forces spéciales (MSAP) qui servira exclusivement à entraîner les équipages aériens chargés de l'insertion et de l'extraction des forces d'opérations spéciales.

    Implantée à Zadar (Croatie), la structure d'entraînement est mise en place progressivement, et les possibilités d'entraînement s'étoffent au fil du temps. Le centre d'entraînement pour l'aviation, qui a ouvert ses portes officiellement le 11 décembre 2019, contribue à renforcer la capacité d'adaptation et la disponibilité opérationnelle de l'OTAN. Les premiers stagiaires ont obtenu leur diplôme à l'issue d'un premier module de formation en octobre 2020.
     
  • Initiative OTAN d'entraînement au pilotage (NFTE)
    Assurer un entraînement au pilotage avec des moyens à la pointe de la technologie revient de plus en plus cher et devient de plus en plus compliqué. Pour beaucoup d’Alliés européens, l’effectif annuel des pilotes nécessaires est trop peu élevé pour justifier la création ou le maintien en service d’écoles de pilotage. Pour surmonter cette difficulté, l’initiative NFTE vise à créer en Europe, en tirant le meilleur parti possible des structures déjà en place, un réseau d’installations d’entraînement multinationales pour pilotes d’avions de chasse, d’hélicoptères, d’aéronefs à voilure fixe et de drones. La mise en place de l’initiative NFTE réduira sensiblement la dépendance actuelle vis-à-vis des installations d’entraînement américaines en donnant aux Alliés européens la possibilité de former leurs propres équipages dans un cadre multinational. À ce titre, l’initiative NFTE est un excellent exemple du partage des charges entre les deux rives de l’Atlantique.

    L’initiative NFTE a été lancée en marge du sommet de l’OTAN tenu à Bruxelles en juin 2021. Elle rassemble actuellement les 12 Alliés suivants : l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, la Macédoine du Nord, le Monténégro, la Roumanie, le Royaume-Uni, la Tchéquie et la Türkiye. Cinq campus d’entraînement NFTE ont été mis sur pied à travers le territoire de l’Alliance.

 

Acquisition d'équipements de haute technologie

Les équipements utilisés dans le cadre des opérations et missions de l'OTAN diffèrent par leur taille et leur coût. Si certains équipements sont peu volumineux et financièrement abordables, d'autres peuvent en revanche être trop gros ou trop onéreux pour que des pays puissent, à eux seuls, s'en servir de manière économiquement viable. Les pays coopèrent dans le cadre de plusieurs projets de haut niveau qu'ils ne pourraient pas mener individuellement.

  • Flotte d'avions multirôles de ravitaillement en vol et de transport (MRTT-C)
    Le MRTT est un avion multifonction pouvant servir au transport de fret et de troupes et au ravitaillement en vol. Les ravitailleurs en vol sont particulièrement essentiels pour la projection de la puissance aérienne. Comme ils sont mutualisés, l'interopérabilité est essentielle. Le projet MRTT-C permet aux six Alliés participants (Allemagne, Belgique, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas et Tchéquie) d'acquérir collectivement des avions multirôles de ravitaillement en vol et de transport de type Airbus A330 et de constituer une flotte d'appareils détenus et exploités dans un cadre multinational. Le premier appareil a été livré en juin 2020, et le dernier devrait l'être en 2026. L'OTAN et l'Union européenne (UE) ont uni leurs forces pour cette initiative étant donné que ces deux organisations ont recensé des insuffisances au niveau du ravitaillement en vol et que les Alliés participants sont aussi, à l'exception de la Norvège, membres de l'UE. Cette initiative est un exemple de l'étroite coopération qui existe entre l'OTAN et l'UE.
     
  • Aéronefs maritimes multimissions (M3A)
    Pour assurer la défense et la sécurité maritimes, il est essentiel que l'OTAN soit en permanence au courant de la situation et qu'elle fournisse des capacités de lutte anti-sous-marine. Huit pays de l'OTAN (Allemagne, Canada, Espagne, France, Grèce, Italie, Pologne et Türkiye) ont défini un ensemble commun de besoins dans le cadre du projet relatif aux aéronefs maritimes multimissions (M3A), qui leur servira à tous de point de départ pour les futures activités de mise en œuvre. L'Allemagne et la France ont fait un premier pas en avant en entamant la mise au point d'un système aérien de patrouille maritime (MAWS), qui servira d'outil pour la connaissance de la situation maritime.
     
  • Systèmes maritimes sans pilote (MUS)
    Les systèmes sans pilote sont de plus en plus importants pour l'OTAN, dans la mesure où ils renforcent la capacité de l'Alliance à répondre aux menaces dans le milieu maritime. Afin de faciliter la coopération multinationale dans ce domaine, 16 Alliés (Allemagne, Belgique, Bulgarie, Canada, Danemark, Espagne, États-Unis, France, Grèce, Italie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Royaume-Uni et Türkiye) et l'Australie en tant que pays partenaire ont uni leurs forces dans le cadre de l'initiative MUS afin de mettre au point des solutions adaptées, notamment des systèmes de détection et d'élimination des mines et des systèmes de suivi des sous-marins.
     
  • Capacité giravion de nouvelle génération (NGRC)
    Les hélicoptères – ou d'une manière plus générale les moyens à décollage et atterrissage verticaux – font intégralement partie des éléments facilitateurs pour les opérations des forces de l'Alliance. Pourtant, un gros pourcentage des hélicoptères en service correspondent à des modèles déjà introduits dans les années 1960. Pour faire en sorte que l'OTAN conserve son avance technologique dans le domaine, six Alliés (Allemagne, France, Grèce, Italie, Pays-Bas et Royaume-Uni) ont signé un mémorandum d'entente en juin 2022 en vue de la mise au point et de l'acquisition de la prochaine génération d'hélicoptères multirôles moyens, qui devraient être mis en service entre 2035 et 2040. Grâce à la NGRC, les Alliés bénéficieront de progrès non seulement au niveau de la technologie des cellules et des systèmes de propulsion (dont des solutions hybrides et électriques), mais aussi de l'infrastructure numérique des appareils, ce qui garantira la disponibilité d'hélicoptères et d'autres moyens à décollage et atterrissage verticaux pour les forces de l'Alliance dans les prochaines décennies.
     
  • Solution modulaire pour les capacités de défense aérienne basées au sol (GBAD modulaire)
    L'OTAN s'emploie depuis des années à renforcer ses capacités de défense aérienne et antimissile afin de protéger ses populations, son territoire et ses forces contre des menaces aériennes de plus en plus sophistiquées. L'initiative relative à la GBAD modulaire, qui en est actuellement au stade de conception, rassemble 10 Alliés (Allemagne, Danemark, Espagne, Grèce, Hongrie, Italie, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni et Slovénie). Cette initiative porte sur la mise au point et l'acquisition en commun d'un système GBAD souple et modulable de lutte contre les menaces aériennes à très courte, à courte et à moyenne portée. Ce système s'articule autour d'un élément central commun de commandement et de contrôle. Grâce à sa modularité, les participants pourront définir des paquets de forces GBAD sur mesure adaptés à chaque opération.
     
  • Moyens rapidement déployables de lutte contre la menace roquettes-artillerie-mortiers (C-RAM)
    L'efficacité de la protection des forces alliées et des bases déployées à l'avant contre les menaces liées aux tirs de roquettes, d'artillerie et de mortiers est impérative pour garantir la disponibilité opérationnelle de l'OTAN. L'initiative C-RAM porte sur la mise au point et l'acquisition d'une capacité rapidement déployable de détection et de destruction de roquettes et d'obus d'artillerie et de mortiers dans les airs, avant qu'ils ne frappent leurs cibles. Une priorité sera tout particulièrement accordée à l'étude de solutions hautement innovantes permettant de réduire les coûts d'exploitation tout en renforçant la résilience des systèmes contre des attaques massives. Ces travaux sont actuellement menés dans le cadre de l'initiative relative à la GBAD modulaire (stade de conception).

 

Mobilité militaire et contre-mobilité

Les Alliés doivent pouvoir déplacer leurs forces avec rapidité et efficacité sur l'ensemble du territoire de l'OTAN. Ils doivent également être en mesure de freiner ou d'arrêter la progression de leurs adversaires potentiels. Trois initiatives multinationales ont ainsi été lancées afin de renforcer les capacités des Alliés en termes de mobilité militaire et de contre-mobilité.

  • Franchissement de coupure
    Le projet relatif au franchissement de coupure consiste en des activités multinationales de planification, de préparation et d'exécution en vue de la mise au point et/ou de l'acquisition de divers moyens de pontage militaire – ponts d'assaut, ponts logistiques, systèmes de franchissement flottants ou amphibies, adaptateurs pour ponts flottants – et de solutions techniques devant permettre de mettre à niveau la capacité portante de certains ponts militaires. Il est par ailleurs envisagé, dans le cadre de ce projet, d'établir un stock multinational de ponts militaires, logistiques notamment. Le projet rassemble actuellement les 12 Alliés suivants : Allemagne, Belgique, Croatie, Espagne, États-Unis, Finlande, Grèce, Italie, Lettonie, Pays-Bas, Roumanie et Royaume-Uni.
     
  • Contre-mobilité
    Le projet relatif à la contre-mobilité porte sur le développement et/ou l'acquisition, au niveau multinational, de moyens de contre-mobilité létaux et non létaux novateurs. L'objectif est aussi de mettre sur pied un cadre permanent pour la fourniture de moyens de contre-mobilité sur le long terme, sous la forme, par exemple, d'une nouvelle association de soutien au sein de l'Agence OTAN de soutien et d'acquisition (NSPA). Ce projet rassemble actuellement 11 Alliés –  Allemagne, Belgique, Croatie, Espagne, États-Unis, Finlande, Italie, Lettonie, Pays-Bas, Roumanie et Royaume-Uni.
     
  • Véhicules et systèmes du génie militaire
    Le projet relatif aux véhicules et aux systèmes du génie militaire, auquel participent sept Alliés (Allemagne, Croatie, Espagne, Grèce, Italie, Roumanie et Royaume-Uni) concerne le développement et/ou l'acquisition, au niveau multinational, de divers véhicules et systèmes du génie militaire. Un large éventail de véhicules et de systèmes sera couvert : véhicules blindés du génie, engins de bréchage, véhicules blindés autonomes/sans pilote, et kits adaptés aux missions du génie militaire.

 

Munitions

Les munitions sont essentielles pour toutes les opérations militaires. Pour faire en sorte que les pays membres et les pays partenaires de l'OTAN soient bien équipés, quatre projets ont été lancés au niveau multinational.

  • Munitions tactiquement décisives (Air) (ABDM)
    Ce projet d'acquisition de l'ensemble des munitions tactiquement décisives dans le milieu aérien est mené dans un cadre multinational et vise à accroître la flexibilité dans la gestion des stocks en réduisant les obstacles juridiques et techniques qui empêchent le partage et l'échange de munitions entre les 15 Alliés participants (Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, Grèce, Hongrie, Italie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie et Tchéquie). Cela permettra à l'Alliance de combler le déficit en matière d'interopérabilité, déficit que l'OTAN a constaté pour la première fois lors de son opération en Libye, mais aussi d'aider les Alliés européens à réduire leur dépendance vis-à-vis des États-Unis pour ce qui est des missions aériennes. Ce cadre a déjà permis aux participants de réaliser d'importantes économies et de gagner beaucoup de temps grâce à plusieurs séries d'acquisitions à l'échelon multinational.
     
  • Munitions tactiquement décisives (Terre) (LBDM)
    Le projet LBDM, calqué sur le projet principal présenté ci-dessus, instaure un cadre multinational pour l'acquisition de munitions pour les forces terrestres, par exemple des batteries d'artillerie de 155 mm, des missiles guidés antichars et des munitions pour char de combat. Il rassemble actuellement 23 Alliés et un pays partenaire – Allemagne, Belgique, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Italie, Lettonie, Lituanie, Macédoine du Nord, Monténégro, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie, Suède et Tchéquie, plus Autriche (pays partenaire) – et est, de ce fait, l'un des plus importants projets à haute visibilité. Le projet LBDM renforcera la capacité de l'Alliance à partager les munitions et à opérer de manière harmonieuse sur le terrain. Au fil du temps, cette initiative aidera les troupes à accroître leur interopérabilité et leur efficacité, à harmoniser leurs stocks de munitions, et elle aidera les participants à travailler ensemble de façon harmonieuse et efficace.
  • Munitions tactiquement décisives (Mer) (MBDM)
    Des Alliés (Belgique, Espagne, Finlande, France, Italie, Pays-Bas, Pologne et Portugal) ont décidé de regrouper les achats de munitions dans le domaine maritime, y compris pour les missiles surface-air, les missiles surface-surface, les torpilles et les obus. La mise au point éventuelle de solutions de mutualisation de l'entreposage pourrait réduire davantage encore les coûts. Cette initiative est un premier pas important vers la constitution de stocks européens de munitions navales de haute qualité permettant de répondre à l'évolution des besoins de l'Alliance.
     
  • Initiative pour l'entreposage multinational de munitions (MAWI)
    Le stockage de munitions est un aspect essentiel de la planification des stocks de l'OTAN et un élément clé pour les opérations de l'Alliance. Dans le prolongement du sommet de l'OTAN qui s'est tenu à Bruxelles en juin 2021, les ministres de la Défense de plusieurs pays de l'Alliance ont lancé cette initiative pour définir un principe opérationnel unique en vertu duquel les participants peuvent créer et mettre en œuvre une large gamme de solutions d'entreposage pour les Alliés et les partenaires. La dimension modulable, extensible et flexible donne aux pays participants la possibilité d'adapter la solution de stockage à leurs besoins, tout en bénéficiant d'une importante réduction de coûts. Vingt-quatre pays de l'Alliance – Allemagne, Belgique, Bulgarie, Canada, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie, Suède et Tchéquie – ainsi que l'Agence OTAN de soutien et d'acquisition (NSPA) participent à cette initiative.

 

Défense chimique, biologique, radiologique et nucléaire (CBRN)

Les agents CBRN constituent des menaces complexes et des défis distincts pour la sécurité de l'OTAN et pour celle des Alliés. Trois projets multinationaux ont été lancés afin d'aider les Alliés à coordonner la formation, à partager l'information et à acquérir le matériel qui augmentera le niveau de préparation des forces de défense CBRN des pays de l'Alliance.

  • Réseau d'installations de défense CBRN
    En février 2023, quatre pays de l'OTAN ont signé un mémorandum d'entente en vue d'établir un cadre devant permettre de regrouper diverses installations de défense CBRN au sein d'une seule architecture. Ainsi, les capacités de ces centres – qui vont des sites d'entraînement avec agents réels aux laboratoires d'analyse – seront plus largement disponibles à l'échelle de l'Alliance. Les quatre pays participants – Belgique, Espagne, Grèce et Italie – reçoivent l'appui du cluster CBRN encadré par l'Allemagne.
     
  • Équipements de protection CBRN
    Le projet à haute visibilité relatif aux équipements de protection CBRN offre aux dix pays de l'OTAN qui y participent – Albanie, Belgique, Espagne, États-Unis, Grèce, Hongrie, Italie, Lettonie, Pays-Bas et Royaume-Uni – un cadre pour l'acquisition conjointe d'équipements de protection individuels et de systèmes de protection collectifs destinés à leurs unités et à leurs personnels militaires. Ce projet a été agréé en marge de la réunion d'octobre 2021 des ministres de la Défense des pays de l'OTAN.
     
  • Détection et identification d'agents CBRN
    À l'instar du projet ci-dessus relatif à l'acquisition d'équipements de protection, le projet à haute visibilité concernant la détection et l'identification d'agents CBRN offre aux Alliés qui y participent un cadre pour la mise au point et l'acquisition conjointes de solutions plus perfectionnées pour l'identification et la détection d'agents CBRN. Ce projet a été agréé par neuf Alliés en marge de la réunion d'octobre 2021 des ministres de la Défense des pays de l'OTAN : Albanie, Belgique, États-Unis, Grèce, Italie, Lettonie, Pays-Bas, Pologne et Royaume-Uni.

 

Fonctionnement

Les Alliés réfléchissent en permanence à de nouvelles initiatives multinationales pour la mise au point des capacités dont l'Alliance a besoin pour faire face aux défis de sécurité actuels.

Les projets OTAN à haute visibilité (HVP) sont essentiellement axés sur la fourniture accélérée des capacités les plus critiques au travers de la prise d'engagements politiques prenant la forme d'accords signés par les ministres de la Défense. Un premier document, appelé « lettre d'intention » - exposant les principes généraux de la coopération - est signé par les ministres de la Défense des pays parties au projet. Un mémorandum d'entente (MOU), un document juridiquement contraignant présentant les détails de la coopération, est ensuite signé. Les MOU fournissent le cadre juridique nécessaire à l'exécution de la phase de mise en œuvre, qui débouchera sur la fourniture de la capacité concernée. Le fait que des responsables politiques de haut niveau soient associés aux projets augmente considérablement les chances de progrès rapides et tangibles.

Dans la phase de mise en œuvre de la plupart des projets, la NSPA joue le rôle d'intermédiaire entre les pays et l'industrie. Elle peut intervenir à différents niveaux : elle peut inviter l'industrie à présenter aux Alliés et aux partenaires des solutions à acquérir, être associée au processus d'acquisition, ou même négocier avec l'industrie pour le compte des pays.

La Conférence des directeurs nationaux des armements (CDNA) – le haut comité de l'OTAN qui réunit les hauts responsables nationaux chargés des acquisitions pour la défense dans les pays de l'OTAN et les pays partenaires – joue également un rôle dans la coopération capacitaire multinationale. Il lui incombe de recenser les possibilités de coopération dans le domaine de la recherche, du développement et de la production d'équipements militaires et de systèmes d'armes, et elle a la responsabilité d'un certain nombre de projets de coopération en matière d'armements qui ont pour but de doter les forces de l'OTAN de capacités de pointe.