Relations avec la Géorgie

  • Mis à jour le: 23 Oct. 2020 13:41

La Géorgie compte parmi les plus proches partenaires de l'Alliance. Elle aspire à devenir membre de l'Alliance. Elle contribue activement aux opérations dirigées par l'OTAN, et elle coopère avec les pays membres et les autres pays partenaires dans de nombreux autres domaines. Au fil du temps, l’OTAN et la Géorgie ont mis en place des activités de coopération pratique très diverses, à l’appui des efforts de réforme du pays et de son objectif d'intégration euro-atlantique.

À l’occasion d'une visite effectuée en Géorgie en août 2015, le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, inaugure le Centre conjoint OTAN-Géorgie de formation et d'évaluation, sur le site militaire de Krtsanissi.

  • La Géorgie a recouvré son indépendance en 1991, et les relations avec l’OTAN ont débuté l’année suivante, lorsque le pays est devenu membre du Conseil de coopération nord-atlantique en 1992. À ce forum de dialogue a succédé en 1997 le Conseil de partenariat euro-atlantique, qui réunit tous les Alliés et les pays partenaires de la zone euro-atlantique.
  • La coopération bilatérale pratique a démarré lorsque la Géorgie a adhéré au Partenariat pour la paix (1994) et s’est approfondie après la « révolution des roses » de 2003, lorsque le nouveau gouvernement s'est résolument lancé sur la voie de réformes plus ambitieuses.
  • Au sommet de Bucarest, en 2008, les Alliés ont décidé que la Géorgie deviendrait membre de l'OTAN pourvu qu'elle réponde à toutes les exigences requises – décision confirmée depuis aux sommets successifs de l'OTAN.
  • Dans le prolongement de la crise russo-géorgienne d'août 2008, les Alliés continuent de soutenir l’intégrité territoriale et la souveraineté de la Géorgie à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues et d'appeler la Russie à revenir sur sa décision de reconnaître les régions géorgiennes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud en tant qu’États indépendants.
  • Depuis 2008, la Commission OTAN-Géorgie (COG) offre un cadre pour une coopération et un dialogue politique étroits à l'appui des efforts de réforme du pays et de ses aspirations euro-atlantiques. Les travaux préparatoires menés dans la perspective de l’adhésion de la Géorgie à l’OTAN progressent grâce à la mise en place et à la mise en œuvre de programmes nationaux annuels successifs. En juillet 2018, les chefs d'État et de gouvernement se sont réunis avec la Géorgie et ont adopté une déclaration marquant le dixième anniversaire de la COG.
  • Au sommet du pays de Galles, en septembre 2014, un paquet substantiel de mesures a été lancé pour renforcer l'aptitude de la Géorgie à se défendre et aider ce pays à avancer dans sa préparation en vue de l’adhésion. Aux sommets de Varsovie, en 2016, et de Bruxelles, en 2018, de nouvelles mesures ont été prises afin d'aider la Géorgie à renforcer ses capacités de défense. Un paquet substantiel OTAN-Géorgie actualisé, avec de nouvelles échéances et des ambitions renouvelées, devrait être adopté avant la fin 2020.
  • Un bureau de liaison de l'OTAN a été mis en place en Géorgie en 2010 pour soutenir les efforts de réforme du pays ainsi que son programme de coopération avec l’OTAN.
  • La Géorgie apporte un soutien apprécié en appuyant les opérations dirigées par l’OTAN, en particulier en Afghanistan.
  • Principaux domaines de coopération

    La coopération entre la Géorgie et l’OTAN s’exerce au bénéfice des deux parties dans les domaines énumérés ci-après.

    Renforcement des capacités et de l’interopérabilité

    • Depuis son lancement en 2014, le paquet substantiel OTAN-Géorgie (SNGP) est devenu le principal instrument de coopération pratique entre la Géorgie et l’OTAN.
    •  Ce paquet vise à renforcer les capacités de défense de la Géorgie et à améliorer son interopérabilité avec l'Alliance, et il permet à ce pays d'avancer dans sa préparation en vue de son adhésion, à terme, à l’Organisation.
    • Le paquet substantiel OTAN-Géorgie a pour objectif de contribuer aux objectifs suivants :
      • agir comme catalyseur de la mise en œuvre des réformes du secteur de la défense de la Géorgie ;
      • accroître l’interopérabilité de la Géorgie avec l’OTAN ;
      • apporter un soutien aux activités de la Géorgie visant à contribuer à la sécurité euro-atlantique ;
      • accroître la redevabilité et la transparence ;
      • renforcer la résilience de la Géorgie ;
      • renforcer la coordination et l'interaction interinstitutionnelle de la Géorgie ;
      • rapprocher la Géorgie de l'Alliance.
    • Au cours de l’année 2020, une revue approfondie a été menée par l’OTAN en liaison avec divers ministères géorgiens (Défense, Intérieur et Affaires étrangères) ainsi qu’avec les forces de défense et la garde côtière géorgiennes. Cette revue a débouché sur un paquet substantiel OTAN-Géorgie complètement actualisé, qui a été entériné par les ministres des Affaires étrangères en novembre 2020.
    • Le nouveau paquet continuera de recouvrir la plupart des milieux d'opérations (air, terre, mer, cyber) et inclura des activités de soutien aux niveaux tactique, opératif et stratégique, y compris la conduite régulière d’exercices conjoints OTAN-Géorgie.
    • Il comprendra 16 initiatives, dont trois sont toutes nouvelles. Ces nouvelles initiatives visent à aider la Géorgie à constituer une capacité médicale militaire déployable, à développer ses capacités de formation à la langue anglaise et à améliorer son système de codification et de normalisation, ce qui permettrait d’assurer un haut niveau d’adéquation des nouveaux projets et programmes de défense de la Géorgie avec les exigences OTAN. Le niveau d'ambition d’autres initiatives a été relevé. Il s’agit d’initiatives portant sur le Centre conjoint de formation et d'évaluation et l’École pour le renforcement des institutions de défense, sur l’établissement de communications sécurisées entre la Géorgie et l’OTAN et sur la cyberdéfense, ainsi que d’une série d’initiatives visant à améliorer les capacités militaires (aériennes, terrestres et maritimes) du pays. Les initiatives actualisées des domaines aérien et maritime visent également à présent à faire en sorte que la Géorgie dispose d’une meilleure connaissance de la situation. Pour toutes ces initiatives – qu’elles soient nouvelles ou actualisées –, la Géorgie et l’OTAN ont approuvé des états finaux assortis de plans de mise en œuvre concrets et détaillés pour les années à venir.
    • Le Centre conjoint OTAN-Géorgie de formation et d'évaluation a été mis en place avec la Géorgie ; il assure, dans le cadre d’exercices réels ou simulés, l’entraînement et la certification d'unités militaires de pays de l’Alliance et de pays partenaires (le tout dernier exercice OTAN-Géorgie s’est déroulé en mars 2019, le prochain est prévu pour mars 2022). Les Alliés ont financé l’acquisition d’un certain nombre de véhicules destinés au Centre.
    • La Géorgie et l’OTAN étendent également leur coopération dans le domaine maritime. Dans ce cadre, la Géorgie prépare des équipes de visite de sa garde côtière en vue d’une éventuelle participation à des opérations de l’OTAN. L’OTAN et la Géorgie ont également intensifié leur coopération pour aider le pays à développer sa connaissance de la situation maritime et à renforcer la protection des ports.
    • La participation, depuis 1999, au processus de planification et d'examen du Partenariat pour la paix (PPP) a contribué à développer l’aptitude des forces géorgiennes à travailler avec l’OTAN, et a également permis de fixer des objectifs de planification, qui sont essentiels à la réalisation des objectifs de réforme de la sécurité dans plusieurs domaines.
    • Le plan de travail du Comité militaire avec la Géorgie est axé sur l'aide à la mise en œuvre du volet militaire et de défense de la coopération, des plans stratégiques et des réformes de la défense, ainsi que sur le renforcement de l'interopérabilité pour le déploiement dans le cadre d’opérations dirigées par l’OTAN.
    • Depuis 2009, le programme de renforcement de la formation « défense » contribue à améliorer la formation théorique et pratique, qui est indispensable à la réforme du secteur de la défense menée par la Géorgie, l'accent étant mis sur l'Université nationale de défense et sur l'Académie militaire (cursus de 4 ans), avec un soutien au Centre de formation des sous-officiers.
    • Lancé en 2009, un programme de perfectionnement professionnel du personnel civil permet de renforcer la capacité de contrôle et de gestion démocratiques au sein du ministère de la Défense ainsi que d'autres institutions du secteur de la sécurité.
    • La Géorgie participe également au programme pour le développement de l'intégrité, qui apporte aide pratique et conseils pour le renforcement de l'intégrité, de la redevabilité et de la transparence dans le secteur de la défense et de la sécurité.
    • De plus, en raison de ses contributions particulièrement importantes aux opérations et à d'autres objectifs de l'OTAN, la Géorgie fait partie des six pays qui bénéficient de possibilités de dialogue et de coopération accrues avec les Alliés (appelés partenaires « nouvelles opportunités »1 ).
    • La Géorgie renforce également ses capacités et son interopérabilité au travers de sa participation à la Force de réaction de l'OTAN.

    Soutien aux opérations dirigées par l'OTAN

    • La Géorgie a fourni des troupes à la Force pour le Kosovo de 1999 à 2008, au sein d'une unité de la taille d'une compagnie, intégrée dans une brigade allemande, et d'une section d'infanterie incorporée à un groupement tactique turc.
    • La Géorgie a été, parmi les pays non OTAN, l'un des plus gros fournisseurs de troupes à la Force internationale d'assistance à la sécurité, en Afghanistan, laquelle a achevé sa mission en 2014. À l'heure actuelle, elle compte parmi les principaux contributeurs de Resolute Support – mission de suivi dirigée par l'OTAN visant à dispenser formation, conseil et assistance aux forces afghanes. La Géorgie continue de servir de pays de transit pour l'approvisionnement des forces déployées en Afghanistan et s'est par ailleurs engagée à fournir un soutien financier pour le développement ultérieur des forces de sécurité nationales afghanes.
    • La Géorgie a participé, essentiellement au travers de l’échange de renseignement, à l’opération de surveillance maritime que l’OTAN a menée en Méditerranée à des fins de lutte contre le terrorisme, Active Endeavour. Depuis 2016, le pays contribue à la connaissance de la situation maritime dans le cadre de l'opération maritime Sea Guardian.

    Autres domaines de coopération

    • Un certain nombre de projets relevant d'un fonds d'affectation spéciale, financés par différents pays de l'Alliance et pays partenaires, ont permis à la Géorgie d’éliminer en toute sécurité des stocks d'armes et de munitions excédentaires et obsolètes ainsi que des mines et des munitions non explosées, y compris du dépôt de munitions de Skra (près de Gori).
    • La Géorgie renforce la préparation de son secteur civil et accroît sa résilience avec l'aide de l'OTAN. La coopération pratique avec le Centre euro-atlantique de coordination des réactions en cas de catastrophe (EADRCC) améliore en outre les capacités de gestion de crise et l'interopérabilité, ce qui permet à la Géorgie de contribuer à de nombreuses opérations internationales de secours. L'EADRCC a coordonné l’aide apportée à la Géorgie suite à un séisme et à des feux de forêt.
    • Depuis 1994, la Géorgie participe activement au programme OTAN pour la science au service de la paix et de la sécurité. Les activités menées par la Géorgie ont porté sur des questions très diverses, comme la sécurité environnementale et la sécurité énergétique, la lutte contre le terrorisme, la cyberdéfense, la défense contre les agents chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN), ainsi que les femmes, la paix et la sécurité. Ainsi, des experts géorgiens contribuent à un projet phare dont l’objectif est de développer une plate-forme novatrice pour la gestion rapide et efficace des crises survenant après une attaque terroriste perpétrée au moyen d'agents chimiques et biologiques.
    • Le gouvernement et des organisations non gouvernementales locales s'emploient à fournir des informations au grand public sur l'OTAN et sur les relations que celle-ci entretient avec le pays, avec le soutien du bureau de liaison de l’OTAN.
    1. Partenaire « nouvelles opportunités » : Australie, Finlande, Géorgie, Jordanie, Suède et Ukraine.
  • Réponse à la crise russo-géorgienne

    Lors d’une réunion d’urgence tenue le 19 août 2008, les ministres des Affaires étrangères des pays de l’OTAN ont appelé de leurs vœux une solution pacifique et durable au conflit, fondée sur le respect de l’indépendance, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Géorgie. Ils ont déploré l’usage de la force, celui-ci n'étant pas conforme aux engagements en faveur du règlement pacifique des conflits pris à la fois par la Géorgie et par la Russie dans le cadre du Partenariat pour la paix et d'autres accords internationaux. Les Alliés se sont dits particulièrement préoccupés par l’action militaire disproportionnée menée par Moscou, action incompatible avec le rôle de maintien de la paix joué par la Russie dans les régions séparatistes d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie. Ils ont appelé la Russie à retirer immédiatement ses troupes des zones en vertu de l’accord en six points conclu grâce aux efforts de l’Union européenne.

    À la demande de la Géorgie, les Alliés ont décidé de lui apporter un soutien dans un certain nombre de domaines, notamment en l’aidant à évaluer les dégâts causés aux infrastructures civiles ainsi que l’état du ministère de la Défense et des forces armées, en contribuant au rétablissement du système de contrôle de la circulation aérienne et en lui donnant des conseils en matière de cyberdéfense.

    Le 27 août 2008, les Alliés ont condamné la décision prise par la Russie de reconnaître les régions géorgiennes d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie en tant qu’États indépendants, et ils ont appelé Moscou à revenir sur cette décision. Ils continuent de soutenir l’intégrité territoriale et la souveraineté de la Géorgie à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues. Ils ne reconnaissent pas les élections organisées depuis lors dans les régions séparatistes, ni les prétendus traités signés entre la Russie et ces régions.

    Les Alliés saluent les efforts déployés par la Géorgie pour tenter de résoudre les crises avec les régions d’Ossétie du Sud et d'Abkhazie par des moyens pacifiques. Ils saluent également les mesures unilatérales prises par la Géorgie à l'égard de la Russie ces dernières années.