Relations avec les partenaires mondiaux

  • Mis à jour le: 05 Aug. 2021 15:00

L’OTAN coopère individuellement avec chacun de ses neuf « partenaires dans le monde » ou « partenaires mondiaux ». Ces pays sont l’Afghanistan, l’Australie, la Colombie, l’Iraq, le Japon, la République de Corée, la Mongolie, la Nouvelle-Zélande et le Pakistan. Dans un environnement de sécurité complexe, où bon nombre des défis auxquels l’Alliance fait face ont désormais une dimension mondiale qui dépasse les limites géographiques, les relations de l’OTAN avec ses partenaires mondiaux revêtent une importance croissante.

 

  • L’agenda OTAN 2030 adopté par les dirigeants des pays de l’OTAN au sommet de Bruxelles de 2021 consiste à renforcer la coopération que l’Organisation mène à l’échelle mondiale avec des partenaires de même sensibilité, et notamment avec ses partenaires mondiaux, pour défendre l’ordre international fondé sur des règles, y compris les institutions qui en relèvent, et pour définir des normes et des critères internationaux concernant l’espace et le cyberespace ainsi que les nouvelles technologies et la maîtrise des armements au niveau mondial.
  • Depuis 2016, l’OTAN multiplie les contacts politiques avec le « groupe des quatre » de la région Asie-Pacifique – l’Australie, le Japon, la République de Corée et la Nouvelle-Zélande –, notamment dans le cadre de réunions du Conseil de l’Atlantique Nord. Une première réunion au niveau des ministres des Affaires étrangères, consacrée à l’évolution des rapports de force à l’échelle mondiale et à la montée en puissance de la Chine, s’est d’ailleurs tenue en décembre 2020.
  • L’OTAN intensifie par ailleurs le dialogue et la coopération avec la Colombie.
  • Au travers de programmes individuels de partenariat et de coopération, les partenaires mondiaux ont accès à tout l'éventail d'activités que l'OTAN propose à l'ensemble de ses partenaires. Ils collaborent avec l’OTAN sur diverses questions de sécurité transversales d’intérêt commun, comme la cyberdéfense, la lutte contre le terrorisme, la non-prolifération et la résilience.
  • Certains partenaires prennent part aux opérations militaires de l’OTAN, et nombreux sont ceux qui tirent parti de l’expertise de l’OTAN dans des domaines tels que le renforcement des capacités de défense, ou encore la formation et l’entraînement en matière de défense.
  • Par ailleurs, l'OTAN a des consultations avec d'autres pays non membres avec lesquels elle n'a pas établi de programme de coopération bilatéral (par exemple la Chine, le Brésil, le Ghana, l’Inde ou Singapour). Ces consultations portent notamment sur des questions de sécurité régionale.
  • Au sommet de Bruxelles de juin 2021, les Alliés sont convenus de renforcer les interactions de l’OTAN avec des acteurs mondiaux clés et avec d’autres nouveaux interlocuteurs au-delà de la zone euro-atlantique, notamment d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.

 

Pour en savoir plus

  • Autres domaines de coopération

    Dans l’environnement de sécurité complexe que nous connaissons aujourd’hui, les relations de l’OTAN avec ses partenaires dans le monde offrent de nombreux avantages tant à ces pays qu'aux Alliés. La coopération pratique entre l’OTAN et ses partenaires mondiaux porte notamment sur des défis transversaux à l’échelle mondiale comme la cyberdéfense, la sûreté maritime, l’aide humanitaire et les secours en cas de catastrophe, la non-prolifération, la science et la technologie de défense, et l'agenda « femmes, paix et sécurité ». Certains partenaires prennent part aux opérations militaires de l’OTAN, et nombreux sont ceux qui tirent parti de l’expertise de l’OTAN dans des domaines tels que le renforcement des capacités de défense, ou encore la formation et l’entraînement en matière de défense.

    La consultation politique et le partage du renseignement sont des aspects fondamentaux de la coopération à l'OTAN, que ce soit avec les partenaires mondiaux ou entre les 30 pays membres. Le dialogue politique est un outil essentiel pour promouvoir la compréhension au niveau régional ainsi que les échanges d’expertise entre les Alliés et leurs partenaires mondiaux. Il permet à l’OTAN d’améliorer sa connaissance de la situation dans des zones situées au-delà de son voisinage direct, et aux partenaires mondiaux de bien comprendre les positions de l’OTAN et de pouvoir de cette façon contribuer aux débats de politique générale sur les défis de sécurité communs. Le dialogue politique est d’autant plus important qu’à l’heure actuelle, bon nombre des nouveaux défis de sécurité, comme le cyberespace, l’espace et le changement climatique, dépassent les limites géographiques. Il aide par ailleurs à mettre en place et à développer une coopération pratique avec les partenaires concernés.

    Le dialogue politique avec les partenaires mondiaux de l’OTAN peut se tenir dans de nombreuses configurations différentes, notamment au siège de l’Organisation, à Bruxelles (Belgique). Tout comme les Alliés se consultent au sein de différents comités et à différents niveaux, plusieurs partenaires mondiaux participent régulièrement aux travaux de ces comités, au niveau des ministres comme à celui des groupes de travail techniques. À titre d’exemple, les pays du « groupe des quatre » de la région Asie-Pacifique prennent part régulièrement aux débats du Comité politique et du Conseil de l’Atlantique Nord.

    Au plus haut niveau, des rencontres sont organisées entre le secrétaire général, le secrétaire général délégué, le président du Comité militaire et les deux commandants stratégiques de l’OTAN, d’une part, et les chefs d’État et de gouvernement, les ministres des Affaires étrangères et les ministres de la Défense ainsi que d'autres hauts responsables des pays partenaires mondiaux, d’autre part.

  • Soutien aux opérations dirigées par l'OTAN

    Le soutien que les partenaires mondiaux et d'autres pays apportent aux opérations dirigées par l’OTAN représente une contribution importante à la paix et à la sécurité internationales.

    En Afghanistan, plusieurs partenaires mondiaux, dont l’Australie, la République de Corée et la Nouvelle-Zélande, ont contribué de façon significative à la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS), dirigée par l'OTAN entre 2003 et 2014. Nombre de ces pays ont continué de coopérer avec les Alliés dans le cadre de la mission Resolute Support, qui consistait à offrir formation, conseil et assistance aux forces et institutions de sécurité afghanes. Certains pays ont soutenu les efforts de stabilisation en Afghanistan, sans pour autant y participer militairement. C’est notamment le cas du Japon, qui a financé de nombreux projets de développement et envoyé des officiers de liaison, ainsi que du Pakistan, qui a mis à disposition des lignes de communication terrestres et aériennes ayant permis de réapprovisionner la mission. En 2020, la République de Corée a coprésidé le Conseil d'administration du fonds d’affectation spéciale pour l’armée nationale afghane.

  • Évolution des relations

    Depuis les années 1990, l’OTAN entretient ponctuellement un dialogue avec des pays qui ne font pas partie de ses cadres formels de partenariat. De plus, l’intervention de l’OTAN en dehors de sa région immédiate – notamment en Afghanistan et en Libye – a accru les opportunités et la nécessité d'un renforcement de l'interaction au niveau mondial. Il apparaît clairement que, face à l’émergence de menaces planétaires, le succès de la lutte contre des défis comme le terrorisme, la prolifération, la piraterie ou les cyberattaques passe nécessairement par la coopération avec un large éventail de pays. Le dialogue avec ces pays peut aussi aider l’OTAN à éviter des crises et, le cas échéant, à gérer une opération pendant toutes ses phases.

    Depuis 1998, l'OTAN invite ses partenaires dans le monde à participer à ses activités, ateliers, exercices et conférences. Cette décision a marqué une inflexion de la politique de l’Alliance, ces pays ayant désormais accès – moyennant l’approbation du Conseil au cas par cas – aux activités proposées dans le cadre des partenariats structurés de l’OTAN. Ces pays étaient alors désignés par l'appellation « pays de contact ».

    Au sommet de Riga, en 2006, des mesures significatives ont été prises pour renforcer la pertinence opérationnelle de la coopération que l'OTAN entretient avec les pays faisant partie de ses cadres de partenariat structurés, mais aussi avec d'autres partenaires dans le monde. Ces mesures, qui ont été renforcées par les décisions prises au sommet de Bucarest, en 2008, ont défini un ensemble d’objectifs pour ces relations et créé des mécanismes pour un renforcement du dialogue politique, et notamment des réunions du Conseil de l’Atlantique Nord avec les ministres des pays concernés, des pourparlers de haut niveau et des réunions avec les ambassadeurs. En outre, des programmes de travail annuels (alors appelés « paquets individuels sur mesure d’activités en coopération ») ont été développés plus avant.

    Au sommet de Lisbonne, en 2010, les Alliés sont convenus d’élaborer, avant la réunion ministérielle Affaires étrangères de Berlin, en avril 2011, une politique de partenariat plus efficace et plus souple. À cet effet, ils ont décidé :

    • de rationaliser les outils de partenariat de l'OTAN afin d'ouvrir l'ensemble des activités et des exercices de coopération aux partenaires et d’harmoniser les programmes de partenariat ;
    • de mieux interagir avec les partenaires dans le monde qui apportent une contribution significative à la sécurité, et de s’ouvrir aux partenaires concernés afin de renforcer la confiance, d'accroître la transparence et de développer la coopération pratique ;
    • d'élaborer des configurations flexibles permettant de débattre des défis de sécurité avec les partenaires et de renforcer les forums de dialogue politique existants ;
    • de mettre à profit les améliorations apportées aux mécanismes OTAN de formation, et de réfléchir aux moyens d’accroître l’aptitude des divers partenaires à renforcer leurs capacités.

    Après le sommet de Lisbonne, en 2010, et la révision par l’OTAN de sa politique de partenariat, en avril 2011, le contexte mondial a considérablement changé. De plus en plus confrontée à de nouveaux défis en matière de défense et de sécurité, comme les cyberattaques, la désinformation, les technologies de rupture ou encore l’érosion des régimes de maîtrise des armements, l’OTAN a reconnu combien il était important de s’y adapter, notamment en collaborant plus étroitement avec ses partenaires.

    Ces interactions croissantes avec des partenaires attachés aux principes de l’Alliance, quelle que soit leur situation géographique, sur la base des valeurs communes que sont les libertés démocratiques, l’état de droit et les droits de la personne, offrent aux Alliés la possibilité de débattre avec eux de certains dossiers importants pour les différentes régions, et leur permettent d’avoir une meilleure connaissance des développements à l’échelle mondiale et de mieux comprendre les questions stratégiques qui y sont liées.

    En juin 2020, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a lancé une réflexion sur l’avenir de l’OTAN à l’horizon 2030. Pour que l'Organisation puisse continuer de garantir la sécurité des Alliés dans un monde plus incertain, il a déclaré qu'elle devait « rester forte sur le plan militaire, être plus unie sur le plan politique et adopter une approche plus globale sur le plan mondial ». Si elle veut s'inscrire davantage dans une perspective globale, l'OTAN doit collaborer plus étroitement encore avec les partenaires qui partagent les mêmes conceptions qu'elle, pour élaborer des réponses cohérentes, fortes, unifiées et collectives afin de défendre nos valeurs dans un monde marqué par des rivalités accrues.

    La perspective globale envisagée par le secrétaire général dans son initiative OTAN 2030 revêt un intérêt particulier pour les relations entre l’OTAN et ses partenaires du « groupe des quatre » de la région Asie-Pacifique. Alors que les défis auxquels sont confrontées la région euro-atlantique et la région Asie-Pacifique sont de plus en plus convergents, il est capital que l’OTAN et ses quatre proches partenaires de la région Asie-Pacifique renforcent leur coopération et leur dialogue pour favoriser la sécurité dans les deux régions, mais aussi qu’ils collaborent pour consolider l’ordre international fondé sur des règles.  En décembre 2020, ces quatre pays ont participé pour la première fois à une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de l’OTAN. À cette occasion, les Alliés ont débattu de l’évolution des rapports de force à l’échelle mondiale et de la montée en puissance de la Chine avec leurs partenaires de la région Asie-Pacifique ainsi qu’avec la Finlande et la Suède et avec le haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-président de la Commission européenne.

    Au sommet de Bruxelles de 2021, les Alliés sont convenus d’intensifier le dialogue et la coopération pratique que l’OTAN mène avec ses partenaires actuels, notamment ceux de la région Asie-Pacifique, et de renforcer les interactions de l’Organisation avec des acteurs mondiaux clés et avec d’autres nouveaux interlocuteurs au-delà de la zone euro-atlantique, notamment d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.