Le Partenariat pour la paix

  • Mis à jour le: 22 Jun. 2017 16:15

Le Partenariat pour la paix (PPP) est un programme de coopération pratique bilatérale entre l'OTAN et des partenaires euro-atlantiques. Il permet à ces derniers de développer une relation individuelle avec l'OTAN, en fixant leurs propres priorités en matière de coopération.


Points principaux

  • Fondé sur un attachement aux principes démocratiques, le PPP vise à renforcer la stabilité, à réduire les menaces pesant sur la paix, et à consolider les relations de sécurité qui unissent les Alliés et les pays de la zone euro-atlantique qui ne sont pas membres de l'OTAN.
  • Le PPP a été créé en 1994 afin de permettre aux pays participants d'établir une relation individuelle avec l'OTAN, en fixant leurs propres priorités en matière de coopération et en définissant les progrès qu'ils souhaitent accomplir, et à quel rythme.
  • Les activités proposées dans le cadre du PPP se rapportent à pratiquement tous les domaines d’activité de l'OTAN.
  • Depuis avril 2011, l'ensemble des activités et des exercices du PPP sont en principe ouverts à tous les partenaires de l'OTAN, qu’il s'agisse des pays de la région euro-atlantique, de ceux du Dialogue méditerranéen ou de l’Initiative de coopération d’Istanbul, ou encore des partenaires mondiaux.
  • À l'heure actuelle, 21 pays participent au PPP.
  • Une vaste gamme d'activités, d'outils et de programmes

    Les activités proposées dans le cadre du PPP se rapportent à pratiquement tous les domaines d'activité de l'OTAN, et notamment aux questions liées à la défense, à la réforme de la défense, à la politique et aux plans de défense, aux relations civilo-militaires, à la formation et à l’entraînement, à la coopération entre militaires et aux exercices, aux plans civils d'urgence et à la réaction en cas de catastrophe, ainsi qu'à la coopération sur les questions scientifiques et environnementales.

    Au fil du temps, une série d’outils et de mécanismes ont été mis au point pour soutenir la coopération au travers d'une variété de politiques, de programmes, de plans d'action et d’arrangements. Au sommet de Lisbonne, en novembre 2010, dans le cadre d’un effort ciblé de réforme visant à élaborer une politique de partenariat plus efficace et plus souple, les dirigeants des pays de l'Alliance ont décidé de rationaliser les outils de partenariat de l'OTAN afin d'ouvrir aux partenaires l'ensemble des activités et des exercices de coopération et d’harmoniser les programmes de partenariat.

    La nouvelle politique de partenariat approuvée par les ministres des Affaires étrangères des pays de l'Alliance à Berlin, en avril 2011, a permis à tous les partenaires, qu'il s'agisse de partenaires euro-atlantiques, de pays du Dialogue méditerranéen ou de l’Initiative de coopération d’Istanbul, ou encore de partenaires mondiaux, d'accéder à l'ensemble des activités et des exercices de coopération qui étaient auparavant destinés exclusivement aux partenaires participant au PPP, ainsi qu'à certains programmes leur étant réservés. (Pour de plus amples informations, consulter l’article « Les outils de partenariat ».)

    Le Conseil de partenariat euro-atlantique constitue le cadre politique global dans lequel s'inscrivent, d'une part, la coopération entre l'OTAN et les partenaires euro-atlantiques, et, d'autre part, les relations bilatérales établies entre l'OTAN et les différents pays partenaires dans le cadre du Partenariat pour la paix.

    À l'heure actuelle, 21 pays participent au PPP.

  • Cadre général

    Les pays partenaires choisissent, à titre individuel, les activités correspondant à leurs ambitions et à leurs aptitudes. Le programme ainsi composé est soumis à l'OTAN dans un document de présentation.

    Ensuite, l'OTAN et le pays partenaire établissent et approuvent conjointement un programme individuel de partenariat et de coopération (autrefois appelé programme de partenariat individuel). Ces programmes, conçus pour une période de deux ans, sont composés à partir d'un vaste menu d'activités, en fonction des intérêts et des besoins spécifiques de chaque pays. Tous les partenaires ont accès au menu de coopération partenariale, qui compte quelque 1600 activités.

    Certains pays choisissent d'approfondir leur coopération avec l'OTAN en élaborant des plans d'action individuels pour le Partenariat (IPAP). Établis sur une base biennale, ces plans sont conçus pour rassembler l'ensemble des mécanismes de coopération par lesquels un pays partenaire interagit avec l'Alliance, afin de cibler plus précisément les activités à entreprendre pour mieux appuyer ses efforts nationaux de réforme.

  • Étapes clés

    Juillet 1990 : Les Alliés tendent la « main de l'amitié » par-delà l'ancienne ligne de partage entre l'Est et l'Ouest, et proposent une nouvelle relation de coopération avec tous les pays d'Europe centrale et orientale.

    Novembre 1991 : L'Alliance publie un nouveau concept stratégique pour l'OTAN, qui adopte une conception plus large de la sécurité, mettant l'accent sur le partenariat, le dialogue et la coopération.

    Décembre 1991 : Création du Conseil de coopération nord-atlantique (CCNA), forum pour le dialogue sur la sécurité entre l'OTAN et ses nouveaux partenaires.

    1994 : Lancement du Partenariat pour la paix (PPP), vaste programme de coopération pratique bilatérale entre l'OTAN et les pays partenaires. Ouverture de missions de pays partenaires auprès de l'OTAN. Mise en place d'une Cellule de coordination du Partenariat au Grand quartier général des puissances alliées en Europe (SHAPE) pour aider à la coordination de la formation et des exercices du PPP.

    1995 : Création d'un Centre de coordination internationale au SHAPE, où les pays non OTAN fournissant des troupes au titre des opérations de maintien de la paix dirigées par l'Alliance peuvent disposer des installations nécessaires pour les exposés et la planification.

    1996 : Un certain nombre de pays partenaires déploient des troupes en Bosnie-Herzégovine dans le cadre de la force de maintien de la paix dirigée par l'OTAN.

    1997 : Création du Conseil de partenariat euro-atlantique (CPEA), remplaçant le CCNA.

    Juillet 1997 : Le sommet de Madrid renforce le rôle opérationnel du PPP.

    1998 : Création du Centre euro-atlantique de coordination des réactions en cas de catastrophe et de l'Unité euro-atlantique de réaction en cas de catastrophe.

    1999 : Trois partenaires – la Hongrie, la Pologne et la République tchèque – deviennent membres de l'OTAN.

    Avril 1999 : Le nouveau concept stratégique de l'Alliance adopté au sommet de Washington fait figurer le dialogue et la coopération parmi les tâches de sécurité fondamentales. En outre, le PPP est étendu et son rôle opérationnel renforcé, notamment par l'introduction :

    • du concept de capacités opérationnelles, ayant pour objectif d'améliorer l'aptitude des forces de l'Alliance et des pays partenaires à participer ensemble à des opérations dirigées par l'OTAN ;
    • du cadre politico-militaire régissant la participation des partenaires aux consultations politiques et au processus décisionnel, à la planification opérationnelle et aux dispositions de commandement ;
    • d'un programme de renforcement de la formation et de l'entraînement PPP, visant à améliorer les capacités opérationnelles des pays partenaires.

    1999 : Plusieurs pays partenaires déploient des soldats de la paix dans le cadre de la force de maintien de la paix dirigée par l'OTAN au Kosovo.

    12 septembre 2001 : Le CPEA se réunit au lendemain des attentats terroristes du 11‑Septembre aux États-Unis et s'engage à lutter contre le fléau du terrorisme.

    2002 : Lancement de la politique des fonds d'affectation spéciale du PPP pour aider les pays partenaires à détruire en toute sécurité leurs stocks de mines antipersonnel et de munitions.

    Novembre 2002 : Au sommet de Prague, le renforcement des partenariats se poursuit, avec notamment :

    • un réexamen d'ensemble, le but étant d'approfondir le dialogue politique avec les partenaires et de renforcer leur participation à la planification, à la conduite et à la supervision des activités auxquelles ils prennent part ;
    • un plan d’action du Partenariat contre le terrorisme (PAP-T) ;
    • des plans d'action individuels pour le Partenariat, permettant à l'Alliance d'adapter son assistance aux partenaires intéressés par un soutien plus structuré à leur programme de réformes intérieures, en particulier dans le secteur de la défense et de la sécurité.

    2003 :  Quelques pays partenaires fournissent des troupes à la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) dirigée par l'OTAN en Afghanistan.

    2004 :  Sept pays partenaires – Bulgarie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Roumanie, Slovaquie et Slovénie – adhèrent à l'OTAN.

    Juin 2004 : Au sommet d'Istanbul, de nouvelles mesures sont prises pour poursuivre le renforcement du partenariat. Les Alliés décident notamment :

    • d'élaborer un plan d'action du Partenariat pour l'établissement d'institutions de défense (PAP-DIB) afin d'encourager et d'aider les partenaires à mettre en place des institutions de défense efficaces, placées sous contrôle démocratique ;
    • de renforcer le concept de capacités opérationnelles et d'offrir aux partenaires une représentation au sein du Commandement allié Transformation afin d'accroître l'interopérabilité militaire entre les forces de l'OTAN et celles des pays partenaires ;
    • d'accorder une attention particulière aux régions du Caucase et de l'Asie centrale.

    2006 :  La Bosnie-Herzégovine, le Monténégro et la Serbie accèdent au statut de partenaire.

    Avril 2008 : Au sommet de Bucarest, Malte reprend sa participation au PPP et adhère au CPEA (elle s'était pour la première fois associée au PPP en avril 1995, mais avait suspendu sa participation en octobre 1996). La priorité est également accordée à la collaboration avec les partenaires pour favoriser le développement de l'intégrité dans les institutions de défense, et au rôle important des femmes dans le règlement des conflits, tel que décrit dans la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l'ONU.

    2009 :  Deux partenaires – l'Albanie et la Croatie – deviennent membres de l'OTAN.

    Novembre 2010 : Au sommet de Lisbonne, les Alliés réitèrent leur engagement en faveur du CPEA et du PPP, cadres que le nouveau concept stratégique de l’OTAN place au cœur de la vision des Alliés, celle d’une Europe entière, libre et en paix. Ils décident de rationaliser les outils de partenariat de l'OTAN afin d'ouvrir l'ensemble des activités de coopération et des exercices à tous les partenaires et d’harmoniser les partenariats. Ils décident également de réexaminer le cadre politico-militaire pour les opérations PPP dirigées par l'OTAN, afin d’actualiser les modalités de coopération entre l’OTAN et les pays partenaires et les modalités d'élaboration des décisions concernant les opérations et les missions auxquelles ces pays contribuent.

    Avril 2011 :     Pour donner suite aux décisions prises au sommet de Lisbonne, les ministres des Affaires étrangères des pays de l'Alliance, réunis à Berlin, approuvent une nouvelle politique de partenariat plus efficace et plus souple. Ils prennent note également du nouveau cadre politico-militaire pour la participation des partenaires aux opérations dirigées par l'OTAN.

    2014 :  Le mois de janvier 2014 marque le 20e anniversaire du PPP.

    Juillet 2016 : Au sommet de Varsovie, les dirigeants des pays de l'Alliance déclarent que, face à un environnement de sécurité mondial de plus en plus instable, et sur la base d’une posture de dissuasion et de défense large et renforcée, l'OTAN s'emploie à contribuer davantage à l'action de la communauté internationale visant à projeter la stabilité et à renforcer la sécurité hors de son territoire, contribuant ainsi à la sécurité générale de l'Alliance. Dans ce contexte, l'OTAN développe une approche plus stratégique, plus cohérente et plus efficace des partenariats.

    Juin 2017 : Un autre pays partenaire devient membre de l'OTAN : le Monténégro.