La réponse de l’OTAN aux menaces hybrides

  • Mis à jour le: 13 Aug. 2019 09:33

Le recours à des méthodes de guerre hybride pour déstabiliser un adversaire – propagande, techniques de leurrage, actes de sabotage et autres moyens non militaires – n’a rien de nouveau. Ce qui est nouveau dans les attaques perpétrées ces dernières années, c’est la rapidité d’exécution, l’ampleur et l’intensité de celles-ci, autant de caractéristiques favorisées par l’évolution rapide des technologies dans un monde interconnecté. L’OTAN a élaboré une stratégie concernant son rôle dans la lutte contre les pratiques de guerre hybride et se tient prête à assurer la défense de l’Alliance et de chacun des Alliés face à toute menace, qu’elle soit conventionnelle ou hybride

Press point by NATO Secretary General Jens Stoltenberg on occasion of the inauguration of the European Centre of Excellence (CoE) for Countering Hybrid Threats

Le Secrétaire Général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, lors de l’inauguration du Centre européen d’excellence (CoE) pour la lutte contre les menaces hybrides (Finlande, 2 octobre 2017).

 

Points principaux

  • C’est au pays contre lequel est dirigée une menace ou une attaque hybride qu’il incombe d’agir en premier ressort.
  • L'OTAN est prête à aider, dans le cadre de la défense collective, tout Allié qui serait confronté à des menaces hybrides. Elle a élaboré une stratégie concernant son rôle dans la lutte contre les pratiques de guerre hybride pour aider à répondre à de telles menaces.
  • En juillet 2018, les dirigeants de l’Alliance ont approuvé le principe de la création d’équipes de soutien pour la lutte contre les pratiques hybrides. Il s’agit de constituer, à la demande d’un Allié et en fonction de ses besoins spécifiques, une équipe ayant pour mission d’aider ce pays à se préparer et/ou à répondre à des attaques hybrides.
  • L’OTAN travaille à mieux coordonner l’action qu’elle mène pour lutter contre les menaces hybrides avec celle de ses partenaires, notamment l’Union européenne.
  • La Division civilo-militaire Renseignement et sécurité de l’OTAN comprend une branche consacrée à l’analyse des menaces hybrides, qui contribue à améliorer la connaissance de la situation.
  • La Branche Analyse des menaces hybrides s’emploie aussi activement à contrer la propagande, non pas en y opposant de la propagande mais en énonçant des faits, que ce soit en ligne, sur les ondes ou sur le papier.

Pour en savoir plus

  • Quelles sont les menaces hybrides auxquelles l’OTAN est confrontée ?

    Les menaces hybrides renvoient à des activités menées ouvertement ou non et mêlant des moyens militaires et non militaires : désinformation, cyberattaques, pression économique, déploiement de groupes armés irréguliers ou emploi de forces régulières. Le but est de rendre plus ardue la distinction entre guerre et paix et de semer le doute dans l’esprit des populations qui sont prises pour cible.

    La rapidité d’exécution, l’ampleur et l’intensité des attaques hybrides se sont accrues ces dernières années. L’une des grandes priorités de l’OTAN est d’être préparée à prévenir de telles attaques, à les combattre et à y répondre, qu’elles soient le fait d’acteurs étatiques ou non étatiques.

  • La stratégie de l’OTAN : préparation, dissuasion et défense

    Depuis 2015, l’OTAN a une stratégie concernant son rôle dans la lutte contre les pratiques de guerre hybride. Elle fera en sorte que l’Alliance et les Alliés soient suffisamment préparés à contrer des attaques hybrides, quelles qu’elles soient. Elle exercera une dissuasion propre à prévenir toute attaque de ce type contre l’Alliance et, si nécessaire, elle défendra les Alliés concernés.

    Pour se préparer, l’OTAN assure en permanence la collecte, le partage et l’évaluation de l’information en vue de déceler les activités hybrides en cours et d’en déterminer les auteurs. La Division civilo-militaire Renseignement et sécurité, établie au siège de l’Organisation, permet à l’Alliance de mieux comprendre et mieux analyser les menaces hybrides. La Branche Analyse des menaces hybrides fournit aux décideurs des informations leur permettant de mieux appréhender les menaces hybrides possibles.

    L’Alliance aide les Alliés à déterminer leurs vulnérabilités et à accroître leur résilience, et ce à leur demande. L’OTAN joue également le rôle d’organe de centralisation de l’expertise au profit des Alliés dans toute une série de domaines : préparation du secteur civil et réponse aux incidents impliquant l’utilisation d’agents chimiques, biologiques, radiologiques ou nucléaires (CBRN), protection des infrastructures critiques, communication stratégique, protection des civils, cyberdéfense, sécurité énergétique et lutte contre le terrorisme.

    L’entraînement, les exercices et la sensibilisation jouent également un rôle considérable dans la préparation de la réaction à des menaces hybrides. Ils consistent notamment à mettre à l’épreuve les processus décisionnels et à simuler des réponses militaires et non militaires conjointes, en coopération avec d’autres acteurs.

    Pour exercer une dissuasion propre à prévenir les menaces hybrides, l’OTAN est résolue à agir avec toute la célérité requise, chaque fois que nécessaire. Elle continue d’accroître le niveau et l’état de préparation de ses forces, et elle s’emploie à renforcer son processus décisionnel et sa structure de commandement dans le cadre de sa posture de dissuasion et de défense. Elle montre ainsi clairement qu’elle améliore sa réactivité politique et militaire et son aptitude à déployer les forces appropriées à l’endroit voulu et au moment voulu.

    L’OTAN se tient prête, pour les cas où la dissuasion échouerait, à défendre chacun des Alliés contre toute menace. Pour ce faire, les forces OTAN doivent être en mesure de réagir avec rapidité et agilité, chaque fois que nécessaire.

  • Coopération hors du cadre de l’OTAN

    L’OTAN continue de travailler à une meilleure coopération et à une meilleure coordination avec les partenaires que sont la Finlande, la Suède, l’Ukraine et l’Union européenne (UE) afin de lutter contre les menaces hybrides et d’améliorer la résilience. Dans le cadre de leur coopération toujours plus étroite, l’OTAN et l’UE ont intensifié leur collaboration pour faire face aux menaces hybrides, et en particulier pour ce qui est de contrer les cyberattaques.

    Par ailleurs, les centres d'excellence travaillent en parallèle et mettent leurs connaissances et leur expertise à la disposition de l’Alliance. Il s’agit de centres de recherche internationaux, dont le financement et le personnel sont fournis par un ou plusieurs pays.

    Le Centre d'excellence européen pour la lutte contre les menaces hybrides, établi à Helsinki (Finlande), sert de pôle d’expertise et vise ainsi à aider les pays participants à améliorer leurs capacités civilo-militaires, à accroître leur résilience et à mieux se préparer face aux menaces hybrides. Il a été inauguré en octobre 2017 par le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, et la haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission européenne, Federica Mogherini. Le Centre est une initiative du gouvernement finlandais, soutenue par 23 autres pays, de même que par l'OTAN et par l'UE.

    D'autres centres d'excellence contribuent à l’action que mène l'OTAN pour lutter contre les menaces hybrides, notamment le Centre d’excellence pour la communication stratégique, établi à Riga (Lettonie), le Centre d'excellence pour la cyberdéfense en coopération, établi à Tallinn (Estonie), et le Centre d'excellence pour la sécurité énergétique, établi à Vilnius (Lituanie).