La réponse de l’OTAN aux menaces hybrides

  • Mis à jour le: 21 Jun. 2022 17:45

Des acteurs étatiques et des acteurs non étatiques se livrent à des activités dites hybrides à l’encontre des Alliés dans le but de nuire à leurs institutions politiques, d’influencer leur opinion publique et de mettre à mal la sécurité de leur population, activités qui sont autant de menaces et de défis pour les Alliés. Le recours à des méthodes de guerre hybride pour déstabiliser un adversaire – propagande, emploi de techniques de leurrage, actes de sabotage et recours à d’autres moyens non militaires – n’a rien de nouveau. Ce qui est nouveau dans les attaques perpétrées ces dernières années, c’est la rapidité d’exécution, l’ampleur et l’intensité de celles-ci, autant de caractéristiques favorisées par l’évolution technologique rapide dans un monde interconnecté. L’OTAN dispose d’une stratégie concernant son rôle dans la lutte contre ces pratiques et se tient prête à assurer la défense de l’Alliance et de chacun des Alliés face à toute menace, qu’elle soit conventionnelle ou hybride.

Les cyberattaques figurent parmi les moyens d’action les plus couramment utilisés dans le cadre de campagnes hybrides, mais ils ne constituent que l’une des nombreuses menaces auxquelles les Alliés sont confrontés.

  • C’est au pays contre lequel est dirigée une menace ou une attaque hybride qu’il incombe d’agir en premier ressort. Les Alliés ont renforcé leur résilience, y compris face aux menaces hybrides, et ils se sont rendus davantage aptes à appréhender les menaces hybrides auxquelles ils sont tous confrontés.
  • L’OTAN est prête à aider, dans le cadre de la défense collective, tout Allié qui aurait à faire face à des menaces hybrides. Elle a élaboré une stratégie concernant son rôle dans la lutte contre les pratiques de guerre hybride pour aider à répondre à de telles menaces.
  • En 2016, l’OTAN a déclaré publiquement que ses pays membres pourraient décider d’invoquer l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord si un ou plusieurs d’entre eux étaient la cible d’activités hybrides.
  • En juillet 2018, les dirigeants des pays membres ont approuvé la création d’équipes de soutien pour la lutte contre les pratiques hybrides. Il s’agit de constituer, à la demande d’un Allié et en fonction de ses besoins spécifiques, une équipe ayant pour mission d’aider ce pays à se préparer et/ou à répondre à des activités hybrides.
  • L’OTAN travaille à mieux coordonner l’action qu’elle mène pour lutter contre les menaces hybrides avec celle de ses partenaires, notamment l’Union européenne.
  • Sa Division civilo-militaire Renseignement et sécurité comprend une branche consacrée à l’analyse des menaces hybrides, qui contribue à améliorer la connaissance de la situation.
  • L’Alliance s’emploie aussi à contrer la désinformation et la propagande, non pas en y opposant de la propagande mais en énonçant des faits, que ce soit en ligne, sur les ondes ou sur le papier.
  • Quelles sont les menaces hybrides auxquelles l’OTAN est confrontée ?

    On entend par menaces hybrides des activités menées ouvertement ou non à l’aide de moyens militaires et de moyens non militaires : désinformation, cyberattaques, pression économique, déploiement de groupes armés irréguliers ou emploi de forces régulières. Le but est de rendre plus ardue la distinction entre guerre et paix et de semer le doute dans l’esprit des populations qui sont prises pour cible. Ces activités visent à déstabiliser et à ébranler la société.

    La rapidité d’exécution, l’ampleur et l’intensité des activités hybrides se sont accrues ces dernières années. L’une des grandes priorités de l’OTAN est d’être préparée à prévenir les attaques hybrides, à les combattre et à y répondre, qu’elles soient le fait d’acteurs étatiques ou non étatiques.

  • La stratégie de l’OTAN : préparation, dissuasion et défense

    Depuis 2015, l’OTAN dispose d’une stratégie concernant son rôle dans la lutte contre les pratiques de guerre hybride. Par cette stratégie, elle entend faire en sorte que l’Alliance et les Alliés soient suffisamment préparés à contrer des attaques hybrides, quelles qu’elles soient. Elle entend aussi exercer une dissuasion propre à prévenir toute attaque de ce type contre l’Alliance et, si nécessaire, défendre les Alliés concernés.

    Pour se préparer, l’OTAN assure en permanence la collecte, le partage et l’évaluation de l’information en vue de détecter les activités hybrides en cours et d’en déterminer les auteurs. La Division civilo-militaire Renseignement et sécurité (établie au siège de l’Organisation) permet à l’Alliance de mieux comprendre et mieux analyser les menaces hybrides. La Branche Analyse des menaces hybrides fournit aux décideurs des informations leur permettant de mieux appréhender les menaces hybrides possibles.

    L’OTAN aide les Alliés qui en font la demande à déterminer leurs vulnérabilités et à accroître leur résilience. Elle joue également le rôle d’organe de centralisation de l’expertise au profit des Alliés dans toute une série de domaines : préparation du secteur civil et réponse aux incidents impliquant l’utilisation d’agents chimiques, biologiques, radiologiques ou nucléaires (CBRN), protection des infrastructures critiques, communication stratégique, protection des civils, cyberdéfense, sécurité énergétique, ou encore lutte contre le terrorisme.

    L’entraînement, les exercices et la sensibilisation jouent également un rôle considérable dans la préparation de la réaction à des menaces hybrides. Ils consistent notamment à mettre à l’épreuve les processus décisionnels et à simuler des réponses militaires et non militaires conjointes, en coopération avec d’autres acteurs.

    Pour exercer une dissuasion propre à prévenir les activités hybrides, l’OTAN est résolue à agir avec toute la célérité requise, chaque fois que nécessaire. Elle continue d’accroître la disponibilité opérationnelle et le niveau de préparation de ses forces, et elle s’emploie à renforcer son processus décisionnel et sa structure de commandement dans le cadre de sa posture de dissuasion et de défense. Elle montre ainsi clairement qu’elle améliore sa réactivité politique et militaire et son aptitude à déployer les forces appropriées à l’endroit voulu et au moment voulu. Par ailleurs, l’OTAN a étoffé sa panoplie de moyens de lutte contre les menaces hybrides. De fait, les Alliés ont élaboré un ensemble de mesures préventives et de mesures réactives envisageables dans ce contexte. Il s’agit d’un catalogue de mesures civiles et de mesures militaires dans lequel choisir celles qu’il y a lieu de prendre au vu de la situation.

    L’OTAN se tient prête, pour les cas où la dissuasion échouerait, à défendre chacun des Alliés contre toute menace. Pour ce faire, les forces OTAN doivent être en mesure de réagir avec rapidité et agilité, chaque fois que nécessaire.

  • Coopération hors du cadre de l’OTAN

    L’OTAN ne peut pas contrer les menaces hybrides seule. La coopération avec les partenaires est essentielle. L’OTAN continue de travailler à une meilleure coopération et à une meilleure coordination avec les partenaires que sont la Finlande, la Suède, la Géorgie et l’Union européenne (UE) afin de lutter contre les menaces hybrides et d’améliorer la résilience. Dans le cadre de leur coopération toujours plus étroite, l’OTAN et l’UE intensifient leur collaboration pour faire face aux menaces hybrides, et en particulier pour ce qui est de contrer les cyberattaques. L’OTAN a par ailleurs des échanges de vues avec les partenaires de la région Asie-Pacifique sur les approches que les pays ont adoptées pour contrer les menaces hybrides, notamment les incidences accrues de la désinformation et des cyberattaques. Ces échanges se sont révélés particulièrement utiles dans le contexte de la pandémie de COVID‑19.

    L’OTAN coopère aussi avec l’Ukraine dans la lutte contre les menaces hybrides, une coopération entamée avant que la Russie n’envahisse le pays. La plateforme OTAN-Ukraine pour la lutte contre les pratiques de guerre hybride a été créée au sommet de Varsovie, en juillet 2016. Elle permet à l’Ukraine de mieux détecter les menaces hybrides et de se doter des moyens d’identifier ses vulnérabilités et de renforcer la résilience de l’État et de la société. Grâce à cette plateforme ont pu être organisés des travaux de recherche, des formations et des consultations entre experts, consacrés en particulier aux enseignements tirés, à la lutte contre la désinformation et à l’amélioration de la résilience.

    À la coopération avec des partenaires s’ajoute le travail des centres d’excellence, qui mettent leurs connaissances et leur expertise à la disposition de l’Alliance. Il s’agit de centres de recherche internationaux, dont le financement et le personnel sont fournis par un ou plusieurs pays.

    Le Centre d’excellence européen pour la lutte contre les menaces hybrides, établi à Helsinki (Finlande), sert de pôle d’expertise et vise ainsi à aider les pays participants à améliorer leurs capacités civilo-militaires, à accroître leur résilience et à mieux se préparer face aux menaces hybrides. Il a été inauguré en octobre 2017 par le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, et la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission européenne, Federica Mogherini. Ce centre est une initiative du gouvernement finlandais, soutenue par 30 autres pays, de même que par l’OTAN et par l’UE.

    D’autres centres d’excellence contribuent à l’action que mène l’OTAN pour lutter contre les menaces hybrides, notamment le Centre d’excellence pour la communication stratégique, établi à Riga (Lettonie), le Centre d’excellence pour la cyberdéfense en coopération, situé à Tallinn (Estonie), et le Centre d’excellence pour la sécurité énergétique, implanté à Vilnius (Lituanie).