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Le 15 octobre 2026, le Bureau de la conseillère pour les questions de genre de l’État-major militaire international (GENAD de l’EMI) s’est intéressé, lors d’un débat de fond, à la prise en compte de la dimension de genre à travers l’éventail complet des opérations dans l’environnement informationnel.

Plusieurs experts sont intervenus dans ce débat : le capitaine de vaisseau Giovanni Galoforo, conseiller en affaires publiques et en communication stratégique de l’EMI (OTAN), M. Owen Wong, doctorant en sciences politiques et gouvernement à l’Université de Pennsylvanie, Mme Breda Bunič, analyste sénior du Centre d’excellence européen pour la lutte contre les menaces hybrides, et Mme La Tosha Walker, spécialiste en sciences comportementales et effets cognitifs appliqués du Commandement allié Transformation (ACT) de l’OTAN.

M. Wong a contextualisé le débat en soulignant que la désinformation sur les questions de genre faisait l’objet d’une instrumentalisation croissante de la part d’adversaires cherchant à affaiblir le soutien de l’opinion publique envers l’OTAN ; il a par ailleurs fait valoir que toute insensibilité au genre dans les communications de l’Alliance représentait un facteur de vulnérabilité. Pour illustrer son propos, il a évoqué la Russie, expliquant que le genre, utilisé comme outil de communication, peut servir une stratégie à double usage par laquelle un pays sape la légitimité d’un autre – tout en augmentant la sienne. À titre de méthode pour s’opposer à de tels narratifs, il a mis en avant le travail de l’équipe du Mécanisme de réponse rapide du Canada, ainsi que l’établissement d’une équipe spéciale en Lettonie assurant une liaison permanente avec le Canada afin de lutter contre les menaces issues de l’environnement informationnel.

Mme Bunič a poursuivi les discussions en livrant une fresque actuelle du champ de bataille cognitif dans l’environnement informationnel, où l’influence de l’identité, les émotions et les récits de genre deviennent les vecteurs d’une influence hybride. Elle a affirmé que l’armée, au lieu de simplement contester ces narratifs, devait les anticiper, en s’appuyant notamment sur des mécanismes d’alerte précoce, en vue de renforcer l’état de préparation, la résilience et l’efficacité des missions. Dans cette optique, il pourrait se révéler nécessaire de repenser les seuils militaires et d’examiner les récits hybrides, non pas à l’aune de leurs répercussions directes et immédiates, mais bien des conditions qu’ils instaurent pour l’avenir. Enfin, elle a abordé la vulnérabilité des infrastructures d’information, elles qui sont d’une importance vitale pour la connectivité et la circulation de l’information.

Le capitaine de vaisseau Galoforo a ensuite fait remarquer que l’insensibilité au genre n’était pas synonyme de neutralité et engendrait, au contraire, des vulnérabilités susceptibles d’être instrumentalisées par les adversaires. Il a relevé trois grands axes pour analyser la crédibilité de la dimension de genre dans la communication stratégique : qui écoute-t-on, que dit-on et qui est l’auteur du propos ?

Mme Walker a clôturé le débat en examinant l’influence qu’exercent, en matière d’interprétation, d’opinion et de décision, les attentes liées au genre. Elle a mis en lumière les conséquences des effets cognitifs qui en découlent sur les opérations, soulignant à cet égard que les attentes et les présupposés liés au genre influaient sur l’appréciation des faits comme sur la perception des informations, et qu’ils pouvaient donc éroder le soutien ou exacerber les divisions. Pour conclure, elle a insisté sur l’avantage cognitif qu’apporte l’intégration préemptive de la dimension de genre, qu’il s’agisse d’identifier des propos déformés ou d’anticiper d’éventuelles manipulations pour mieux éclairer la communication, les décisions et les actions.

En résumé, la bataille cognitive qui fait rage dans l’environnement informationnel exige que, au-delà de notre communication explicite sur les politiques de genre, nous examinions, de façon préemptive et sous le prisme du genre, les répercussions de toutes les actions létales et non létales, positives ou négatives, sur l’environnement informationnel, mais aussi sur les opérations militaires. Comme l’a déclaré le capitaine de vaisseau Galoforo : « Aujourd’hui, parce qu’ils savent tout ce que nous avons accompli, nos adversaires exploitent déjà les questions de genre à notre encontre ; il nous faut donc aller encore plus loin dans cette voie. »