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Conformément à la décision prise à la réunion du Conseil de coopération nord-atlantique tenue le 18 décembre 1992, un Groupe ad hoc sur la coopération en matière de maintien de la paix a été créé dans le but de parvenir à une même interprétation des p
Conformément à la décision prise à la réunion du Conseil de coopération nord-atlantique tenue le 18 décembre 1992, un Groupe ad hoc sur la coopération en matière de maintien de la paix a été créé dans le but de parvenir à une même interprétation des principes politiques et des outils du maintien de la paix et de partager l'expérience acquise, afin de mettre au point une approche pratique commune et d'instaurer une coopération concrète à l'appui des activités de maintien de la paix menées sous la responsabilité de l'ONU ou de la CSCE.
Il n'existe pas de définition unique, très largement acceptée, du maintien de la paix. Il est nécessaire de mettre au point une interprétation commune du maintien de la paix, à partir des définitions et des concepts figurant dans les documents pertinents des Nations Unies et de la CSCE, et notamment dans "l'Agenda pour la paix" du Secrétaire général des Nations Unies. Traditionnellement, l'expression maintien de la paix a été employée pour décrire des opérations menées en vertu du chapitre VI de la Charte des Nations Unies. Des opérations analogues à celles relevant du chapitre 6 peuvent être conduites sous l'égide de la CSCE, sur la base du Document d'Helsinki de 1992. Des opérations fondées sur des extensions récentes du concept de maintien de la paix, visant à préserver ou à instaurer la paix et relevant du chapitre VII de la Charte des Nations Unies, ont été menées sous l'autorité du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Lorsque l'on examine la question de la coopération en matière de maintien de la paix dans le contexte du CCNA, il peut être utile de se reporter aux définitions suivantes:
Prévention des conflits
Comprend différentes activités, menées notamment en vertu du chapitre VI de la Charte des Nations Unies. Ces activités, qui vont de l'initiative diplomatique au déploiement préventif de troupes, visent à éviter que des différends ne dégénèrent en conflits armés où qu'ils ne s'étendent. La prévention des conflits peut comprendre des missions d'établissement des faits, des consultations, des avertissements, des inspections et des activités de surveillance. Les déploiements préventifs consistent normalement à envoyer des civils et/ou des forces militaires pour éviter une crise.
Rétablissement de la paix
Actions diplomatiques menées après le commencement d'un conflit, en vue de parvenir à un règlement pacifique. Elles peuvent englober des missions de bons offices, de médiation, de conciliation, ainsi que des mesures de sanction et d'isolement diplomatique.
Maintien de la paix
Le maintien de la paix, au sens étroit, consiste à contenir, à modérer et/ou à faire cesser des hostilités entre Etats ou à l'intérieur d'un Etat, grâce à l'intervention d'une tierce partie impartiale, dont l'action est organisée et dirigée dans un cadre international, et faisant appel à des forces militaires et à des civils pour compléter le processus politique de règlement des conflits et pour rétablir et maintenir la paix.
Les opérations de maintien de la paix, menées en vertu du chapitre VI de la Charte des Nations Unies comportent, dans leur forme traditionnelle, le déploiement sur le terrain, avec le consentement des parties, d'une force de maintien de la paix qui peut être chargée de surveiller les lignes de démarcation, de contrôler l'application des cessez-le-feu et le respect des zones tampons, de désarmer et de démobiliser les factions en lutte ou de surveiller les frontières. Ces dernières années, les Nations Unies ont considérablement élargi le type d'opérations militaires menées dans le cadre du "maintien de la paix", celles-ci s'étendant par exemple à la protection d'opérations concernant les secours humanitaires et les réfugiés. Les opérations de maintien de la paix peuvent également faire appel à des éléments civils substantiels - police civile, inspecteurs chargés de surveiller le déroulement d'élections ou le respect des droits de l'homme, par exemple - généralement placés sous le commandement d'un chef de mission civil.
Imposition de la paix
Action menée par des moyens militaires, en vertu du chapitre VII de la Charte des Nations Unies, pour rétablir la paix dans une zone de conflit. Il peut s'agir d'une action menée dans un conflit entre Etats ou dans un conflit interne, face à un besoin d'ordre humanitaire ou l'effondrement quasi total des institutions de l'état.
Consolidation de la paix
Action menée après un conflit en vue de définir et d'étayer les structures propres à affermir et cimenter un règlement politique afin d'éviter un retour au conflit. Cette action comprend les mécanismes visant à définir et à étayer les structures propres à consolider la paix, à faire se développer un sentiment de confiance et de bien-être et à soutenir la reconstruction économique, et elle peut exiger une participation militaire comme civile.
Les principes généraux énoncés ci-après ont servi de lignes directrices pour la préparation des critères et principes opérationnels plus détaillés dont on trouvera une description succincte dans la section 3.
Sauf indication contraire, les éléments suivants sont valables aussi bien pour les déploiements préventifs que pour les opérations de maintien ou d'imposition de la paix.
a. Critères
Mandat clair et précis
Toute mission doit être fondée sur un mandat clair et précis des Nations Unies ou de la CSCE, élaboré après consultation des Etats et des organisations contributeurs et/ou des parties intéressées, et qui couvre tous les éléments essentiels de l'opération à mener.
Consentement des parties au conflit
Le consentement et la coopération des parties au conflit constituent un préalable essentiel pour une opération de maintien de la paix des Nations Unies décidée en vertu du chapitre VI de la Charte des Nations Unies ou pour une opération de maintien de la paix de la CSCE. Des exceptions ne sont possibles que si le Conseil de sécurité des Nations Unies a décidé d'une opération en vertu du chapitre VII de la Charte.
Transparence
Impartialité
Une opération de maintien de la paix doit être conduite à tous égards de manière impartiale, d'une manière qui soit compatible avec sa nature, telle qu'elle est définie dans le mandat.
Crédibilité
Ceux qui apportent leur contribution à la mission doivent avoir - et bien manifester - la volonté politique et la capacité d'atteindre les objectifs fixés dans le mandat.
La crédibilité est essentielle au succès d'une opération et dépend, entre autres, de la détermination politique manifestée par les organisations internationales et les Etats concernés, ainsi que de l'existence d'objectifs, notamment militaires, clairs et réalisables, de la possibilité de disposer de ressources matérielles suffisantes et de la qualité et de la formation des personnels qui l'exécutent.
La planification et l'exécution d'une mission doivent être à tout moment en accord avec les buts et les objectifs à atteindre.
Il incombe, en définitive, à l'organisme dont émane le mandat (Nations Unies ou CSCE) d'évaluer, avec ceux qui exécutent l'opération, le respect de ces deux derniers critères.
b. Principes opérationnels
Commandement et coordination
L'unité du commandement des forces militaires est essentielle.
Le commandement d'une opération de maintien de la paix devra être organisé de manière à tenir compte de la spécificité de chaque opération et des moyens d'exécution, y compris les structures de commandement fournis par les Etats et les organisations participants, sans perdre de vue le critère déterminant que constitue l'efficacité militaire.
Pour qu'une opération soit pleinement efficace et rentable, il faudrait une coordination étroite de tous ses aspects, qu'ils soient politiques, civils, administratifs, juridiques, humanitaires ou militaires.
Emploi de la force
Pour tous les types d'opérations, la mesure dans laquelle il est permis de recourir à la force doit être clairement définie soit dans le mandat, soit dans les attributions.
S'il est autorisé, l'emploi de la force doit être soigneusement contrôlé, souple et se situer au niveau le plus bas, compte tenu des nécessités de l'exécution du mandat.
Les forces engagées dans toute opération conservent, à tout moment, le droit inhérent de légitime défense.
Sécurité du personnel
La décision de mener une opération doit comporter un engagement visant à assurer la protection du personnel participant à l'opération.
Participation
Tous les pays membres de l'organisme dont émane le mandat (Nations Unies ou CSCE) sont habilités à se porter volontaires.
L'organisme dont émane le mandat (Nations Unies ou CSCE) peut inviter des Etats ou des organisations à fournir des forces ou des ressources.
L'organisme dont émane le mandat (Nations Unies ou CSCE) n'est pas tenu d'accepter toutes les offres, mais peut choisir celles qu'il juge acceptables.
Le choix des contributeurs devrait tenir compte des sensibilités culturelles, historiques et politiques, et veiller au caractère multinational de l'opération.
Lorsque des Etats ou des organisations ont été invités à fournir des forces ou des ressources, il y aurait lieu d'en déterminer la nature ou la composition en consultation avec l'organisme dont émane le mandat (Nations Unies ou CSCE).
Considérations financières
Les missions devraient bénéficier d'un financement adéquat. En général, le coût à supporter incombe collectivement aux Etats membres de l'organisme dont émane le mandat (Nations Unies ou CSCE) et sera partagé suivant les règles en vigueur au sein de cet organisme.
Les directives ci-après s'appliquent aux programmes et aux activités du Groupe ad hoc.
Les activités de coopération dans le domaine du maintien de la paix ne sauraient être menées sans financement adéquat. Les premières mesures exposées dans la Partie III ci-dessous, lorsqu'elles concernent les cours, séminaires ou journées d'étude organisés par des pays membres du Conseil de coopération nord-atlantique, s'inspirent des modalités suivantes : à moins qu'il n'en soit convenu autrement, le pays organisateur prendra en charge les dépenses locales, y compris l'hébergement et les repas, tandis que les frais de déplacement incomberont aux participants. Au fur et à mesure des besoins, le Groupe ad hoc précisera comme il convient les modalités financières.
a. Objectifs
Aboutir à une appréciation commune des concepts et des besoins opérationnels pour le maintien de la paix par l'échange de données d'expériences, d'idées et de points de vue; examiner les concepts et les principes afin d'élaborer des orientations communes dans le domaine du maintien de la paix.
b. Mesures
c. Eléments demandant un complément d'étude
Poursuite, au sein du Groupe ad hoc, d'un échange organisé de données d'expérience sur la base des résultats du séminaire de Prague, en vue de poursuivre la mise au point des orientations communes définies dans les paragraphes 1 à 6 du présent rapport en ce qui concerne le maintien de la paix.
Définir et examiner les principaux aspects de la planification, en commençant d'abord par les questions déterminantes, telles que le commandement et le contrôle; comparer et harmoniser les méthodes et procédures de planification de manière à faciliter la coopération pratique des partenaires au maintien de la paix et se faire une idée exacte des moyens requis et des ressources disponibles pour contribuer à la préparation des opérations du maintien de la paix comme à ces opérations elles-mêmes.
2. Mesures
Faciliter les activités de planification en coopération concernant le maintien de la paix en entamant un débat dans le cadre du Groupe ad hoc. Dans un premier temps, la discussion devrait porter sur :
les ressources et moyens requis pour assurer le maintien de la paix;
la possibilité et l'utilité d'établir une base de données des ressources existantes (personnel, équipement, forces, infrastructure et approvisionnements, par exemple) : peut-être pourrait-on utiliser pour ce faire un questionnaire approprié;
les forces, les procédures et les équipements nécessaires pour faciliter la coopération au maintien de la paix.
3. Eléments demandant un complément d'étude
Chacun de ces domaines devrait faire l'objet d'un rapport des autorités militaires au Groupe ad hoc. La réunion du Comité militaire en session de coopération tenue au niveau des chefs d'état-major de la défense le 28 avril a livré des résultats intéressants à cet égard. D'autres rapports devraient être rédigés qui porterient sur :
la définition des moyens qui peuvent être mis à la disposition de l'ONU ou de la CSCE, sous réserve d'un examen cas par cas;
l'établissement d'un terrain d'entente commun pour les domaines de planification (systèmes de commandement, de contrôle, de communications et d'information, soutien, information militaire d'ordre logistique, règles d'engagement, formation, etc.) sur la base des principes généraux, des critères et des orientations définis dans les parties I et II.
Définir les aspects techniques du maintien de la paix afin d'établir une base et une conception communes. Il pourrait s'agir, entre autres, de terminologie et de questions d'interopérabilité et de procédure.
Dans le cadre de l'examen des questions d'interopérabilité, le Groupe pourrait se concentrer initialement sur les éléments suivants :
On trouvera aux paragraphes 10 et 11 de plus amples détails sur quelques-uns de ces domaines. Les propositions relatives à l'examen de ces éléments seront étudiées par le Sous-groupe technique ad hoc.
Partager les expériences et instaurer une coopération pratique dans les domaines de l'entraînement, de la formation et des exercices afin d'élaborer des normes communes d'entraînement, d'accroître l'interopérabilité et d'améliorer l'efficacité opérationnelle.
Pour les commandants d'unité et le personnel d'état-major, il est proposé de procéder aux discussions et aux échanges sur l'entraînement en matière de maintien de la paix dans le cadre suivant :
On trouvera une description plus détaillée des mesures (1) à (3) dans l'annexe B.
Le Sous-groupe technique ad hoc devrait examiner ces questions de façon plus détaillée compte tenu des séminaires et des cours qui ont été mis sur pied.
Répertorier les aspects logistiques particuliers des opérations de maintien de la paix et étudier les possibilités de coopération à cet égard.
Afin de poursuivre l'examen de ces questions, le Secrétariat international soumettra des propositions détaillées au Groupe ad hoc sur la base des contributions des Etats membres du CCNA et des autorités militaires de l'OTAN, et compte tenu des résultats du séminaire sur la logistique qui doit se tenir en Norvège. Dans ce contexte, on pourrait examiner s'il y a lieu de créer un sous-groupe ad hoc sur la logistique.
Les journées d'études sur les télécommunications pour les opérations de maintien de la paix se sont déroulées du 10 au 14 mai 1993, au Collège de défense des Pays-Bas, près de La Haye. L'objectif était de formuler des recommandations portant sur l'installation et l'utilisation de moyens de télécommunications efficaces dans le cadre d'opérations de maintien de la paix et de contribuer ainsi à la coopération pratique, au service du maintien de la paix, entre les partenaires du Conseil de coopération nord-atlantique (CCNA). Des experts de vingt pays et du siège de l'OTAN y ont pris part.
Le premier jour, après que le ministre néerlandais de la défense, M. A.L. Ter Beek, ait ouvert les travaux, des représentants de l'OTAN, du Canada, de la Pologne et des Pays-Bas ont donné des exposés sur les sujets suivants: le contexte politique, les buts et les travaux du CCNA et de son Groupe ad hoc sur la coopération en matière de maintien de la paix; l'expérience pratique acquise dans le domaine de la gestion des crises; le commandement et le contrôle dans le cadre des opérations de maintien de la paix, et les systèmes de télécommunications requis pour de telles opérations.
La deuxième et la troisième journées ont été consacrées à des travaux pratiques. Quatre groupes de travail ont été constitués et il leur a été demandé de recommander des solutions permettant de régler des problèmes concrets, en particulier en ce qui concerne les besoins en télécommunications liés aux opérations de maintien de la paix et l'interopérabilité.
Il ressort de leurs recommandations qu'en matière de télécommunications l'outil principal devrait être le système SATCOM (télécommunications par satellite), secondé par des systèmes radio hautes fréquences (HF). Il faudrait également des messagers et des moyens de télécommunications protégés. En outre, il serait extrêmement utile d'avoir accès à des réseaux téléphoniques civils (PTT).
Au sujet de l'interopérabilité, les groupes de travail ont recensé trois domaines particulièrement délicats : la langue, les procédures et les techniques.
A leur avis, l'utilisation de systèmes de télécommunications relativement simples et robustes, la normalisation des matériels, la spécialisation des rôles et des procédures agréées communes amélioreraient l'interopérabilité.
De plus, il a été recommandé de mettre au point une base de données contenant les caractéristiques de transmission de tous les matériels de télécommunications, afin de réduire le risque d'incompatibilité. Il serait aussi préférable d'utiliser, dans la mesure du possible, du matériel commercial respectant les mêmes normes techniques. La diversité des types d'équipement devrait être strictement limitée. L'échange d'officiers de liaison dotés de leur matériel propre faciliterait aussi les communications entre les divers contingents.
Enfin, il a été recommandé de créer, dans le cadre du CCNA, un service des télécommunications, qui serait chargé de la planification dans ce domaine et des problèmes d'interopérabilité, pour ce qui concerne les opérations de maintien de la paix.
Pour terminer ces journées qui furent couronnées de succès, les participants ont conclu que les discussions avaient été vraiment très utiles et qu'un suivi devrait être envisagé.
Entraînement et formation en matière de maintien de la paix
Notamment, manipulation d'armes individuelles, conduite, lecture de cartes, premiers secours et utilisation de matériel de télécommunications.
Notamment, techniques de conduite ou matériel spécialisés, repérage des mines et déminage, techniques médicales, de patrouille de surveillance, tâches à accomplir aux postes de contrôle, fouille des véhicules et des personnes, techniques d'interview, négociations et procédures d'état-major et de commandement.
Notamment, informations de base dans les domaines géographique, historique, culturel, politique, économique et religieux; renseignements relatifs au contexte et à la situation actuelle du conflit; mandat; tâches militaires; règles d'engagement; relations publiques; expressions linguistiques de base; autres (informations sur d'autres participants à l'opération [militaires et civils]).
Notes: