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Réaffirmation des idéaux et des buts fondamentaux de l'Alliance atlantique - L'Afghanistan - Renforcement du potentiel du Pacte de Varsovie - Négociations sur le désarmement et la limitation des armements - SALT II - MBFR - CSCE- L'Allemagne -La Médit
Les Ministres ont constaté que l'occupation de l'Afghanistan par l'URSS comportait des implications très sérieuses pour la situation stratégique générale. En recourant à ses propres forces armées pour imposer directement sa volonté, cette fois à un pays non aligné, l'Union soviétique a clairement montré qu'elle est prête à exploiter les occasions de modifier en sa faveur le rapport des forces.
Elle a ainsi suscité de graves inquiétudes quant à ses intentions futures et fait peser une menace sur la sécurité d'une région essentielle pour l'équilibre et la paix du monde. Tout en reconnaissant que la sécurité de la région est d'abord l'affaire des pays qui en font partie, les Ministres ont noté avec satisfaction qu'en raison des relations qu'ils entretiennent avec ceux-ci, les pays de l'Alliance sont en mesure d'apporter une contribution à la paix et à la stabilité dans la région.
Les Ministres sont convenus que la crise internationale ouverte par l'intervention soviétique réclame de la part des Alliés qu'ils continuent de se concerter et qu'ils réagissent de manière solidaire et avec la plus grande fermeté. Il est essentiel en effet que le gouvernement soviétique ne se méprenne pas sur la gravité avec laquelle les Alliés considèrent cette situation, qui compromet la paix mondiale. Les Ministres ont réaffirmé qu'il ne saurait être question d'accepter le fait accompli par la force. L'Afghanistan ne doit constituer ni un enjeu, ni une menace pour quiconque. Ils ont mis l'accent sur la nécessité d'un règlement politique, qui doit nécessairement comporter le retrait total et immédiat des forces soviétiques afin de permettre au peuple afghan de déterminer son propre avenir pacifiquement, en toute liberté et à l'abri de toute pression extérieure. L'annonce récente selon laquelle certaines forces soviétiques sont actuellement retirées d'Afghanistan ne présenterait d'intérêt que si elle correspondait au début d'un retrait total. Les Ministres se sont félicités du rôle important que la Conférence islamique et le mouvement des non-alignés ont assumé dans la recherche d'une solution politique. Ils ont noté que si diverses propositions formulées ou inspirées par l'Union soviétique, y compris les idées avancées dans la déclaration des Etats du Pacte de Varsovie en date du 15 mai 1980, avaient été émises, aucune n'abordait les problèmes fondamentaux et toutes soumettaient l'indépendance nationale et le droit d'autodétermination du peuple afghan à des restrictions inacceptables au regard du droit international.
Les Ministres ont noté que l'invasion de l'Afghanistan a mis gravement en cause la détente, à laquelle ils ont réaffirmé leur attachement. Ils ont rappelé leur volonté de promouvoir l'amélioration des relations Est-Ouest et de maintenir les contacts entre les pays de l'Est et de l'Ouest, afin de bien faire connaître leur position, d'éviter des malentendus, de faciliter le règlement de la crise actuelle et de favoriser une coopération constructive dans la mesure o circonstances le permettent. Ils réaffirment cependant que la détente ne peut se poursuivre dans une partie du monde, abstraction faite des événements se produisant dans une autre région. En outre, ils sont convenus que la restauration de relations de coopération entre l'Est et l'Ouest ne peut se fonder que sur la confiance mutuelle: or, celle-ci a été ébranlée par les récentes actions de l'URSS. Elle devra donc être rétablie par des mesures positives du gouvernement soviétique et conformes aux intentions pacifiques qu'il a publiquement exprimées.
Les Ministres ont réaffirmé qu'une utilisation plus efficace des ressources grâce à des programmes d'équipement en coopération et à un développement de la standardisation et de l'interopérabilité des systèmes d'armes constituait un élément essentiel de la modernisation des forces classiques et ils se sont félicités des nouveaux progrès accomplis à cet égard. Ils ont également réaffirmé qu'ils continueront de rechercher, au moyen du Dialogue transatlantique, des relations plus équilibrées entre les membres européens et les membres nord-américains de l'Alliance en matière de développement et de production d'armements, afin d'accroître les possibilités d'acquisition de nouveaux matériels de défense et d'amélioration de la qualité de ceux-ci. A cet égard, les Ministres ont accueilli avec satisfaction les travaux de la Conférence des directeurs nationaux des armements. Ils ont relevé par ailleurs l'intérêt des travaux du Groupe européen indépendant de programme et les progrès qu'ils en attendent. Ils ont souligné une nouvelle fois la nécessité de prendre en considération les intérêts des pays moins industrialisés de l'Alliance en améliorant la coopération dans le domaine des armements. Les Ministres ont également souligné qu'il importe de maintenir l'avance technologique que détiennent les pays de l'OTAN.
Ces Ministres ont noté que, dans leur récente déclaration, les Etats du Pacte de Varsovie avaient exprimé le désir de voir progresser plus rapidement les négociations de Vienne. Ils ont appelé ces Etats à traduire cette déclaration dans les actes en faisant un geste concret sur la question des données et en donnant rapidement une réponse sérieuse et constructive aux propositions occidentales de décembre 1979.
Dans ce contexte, les Ministres ont considéré comment aborder la Conférence d'examen qui se tiendra prochainement à Madrid. Ils ont souligné qu'il importait de maintenir l'intégrité de l'Acte final. Ils sont convenus que l'accent devait être mis sur la pleine application de ses principes et dispositions. C'est pourquoi les représentants des Alliés à Madrid se livreront à un examen complet, franc et mesuré de la mise en oeuvre en vue de favoriser une amélioration.
Les Ministres ont noté que les perspectives de progrès à Madrid, et en particulier pour ce qui concerne la prise en considération de nouvelles propositions, seraient influencées par la manière dont se déroulerait cet examen et dépendraient de la situation internationale du moment. Tenant compte de ces facteurs et considérant que la CSCE constitue un processus important pour promouvoir les contacts et les négociations entre les Etats participants, les Ministres sont convenus de poursuivre l'élaboration d'un ensemble équilibré de propositions et ont déclaré qu'ils restaient prêts à examiner et à prendre en compte les propositions concrètes qui pourraient être faites par d'autres participants afin de permettre des progrès équilibrés et significatifs dans tous les domaines relevant de l'Acte final.
Les Ministres ont examiné les diverses propositions qui ont été formulées jusqu'à présent au sujet des mesures de confiance et de certains aspects de la sécurité et du désarmement. Dans ce contexte ils ont rappelé qu'à la réunion du Conseil de l'Atlantique Nord tenue en décembre 1979, ils sont convenus de rechercher à la Conférence d'examen de Madrid, comme élément d'un résultat équilibré, l'adoption d'un mandat pour de nouvelles négociations sous l'égide de la CSCE conformément à la proposition du gouvernement français sur des mesures de confiance significatives au plan militaire, vérifiables et applicables à l'ensemble du continent européen c'est-à-dire notamment à toute la partie européenne de l'Union soviétique. Ils ont exprimé l'espoir qu'à cet égard les circonstances évoquées plus haut permettraient d'arriver à des résultats concrets à la Conférence de Madrid. Ils ont noté la poursuite au sein de l'Alliance de travaux sur l'élaboration de MDC concernant les activités militaires et répondant à ces conditions. Ils sont convenus de poursuivre leurs efforts communs dans ce domaine, tout en constatant que les circonstances actuelles exigent que le Conseil permanent maintienne à l'examen l'évolution de la situation.
Les Ministres ont noté avec satisfaction la conclusion, le 30 avril 1980, des accords et des arrangements entre la République fédérale d'Allemagne et la République démocratique allemande. Ils se sont félicités des effets positifs qu'auront ces accords tout particulièrement pour Berlin.
En liaison avec le vingt-cinquième anniversaire de l'entrée en vigueur des conventions de Bonn et de Paris, les Ministres ont rappelé que ces conventions ont permis à la République fédérale d'Allemagne de devenir un membre à part entière de l'Alliance atlantique, ont posé les fondements de son étroite coopération avec les partenaires de l'Alliance sur la base d'une confiance mutuelle et ont ainsi contribué au renforcement de l'Alliance et à la sauvegarde de la paix et de la sécurité en Europe. Ils ont saisi cette occasion pour rappeler également l'importance, pour l'amélioration de la situation en Europe, des traités conclus par la République fédérale d'Allemagne avec l'Union soviétique, la Pologne et la Tchécoslovaquie, de même qu'avec la République démocratique allemande. Rappelant que ces traités n'ont pas affecté les droits et responsabilités des quatre puissances en ce qui concerne Berlin et l'Allemagne dans son ensemble, ils ont réaffirmé leur soutien à l'objectif politique de la République fédérale d'Allemagne tendant à instaurer en Europe un état de paix, grâce auquel le peuple allemand puisse retrouver son unité par une libre autodétermination.
Les Ministres ont noté que les événements récents en Asie du Sud-Ouest ont rendu encore plus évidente la grande importance stratégique du flanc Sud-Est pour la sécurité de l'Alliance et pour l'équilibre global dans la région, dont le maintien est indispensable à la stabilité internationale. En conséquence, les Ministres ont déclaré qu'il était devenu encore plus urgent de renforcer les potentiels économique et de défense de ces pays membres. En outre, les Ministres ont souligné l'importance dans l'intérêt de la défense collective de l'Alliance, des initiatives entreprises pour renforcer la cohésion du flanc Sud-Est. A cet égard, ils ont également souligné que, dans l'intérêt de la défense collective de l'Alliance, il est particulièrement important que soit restaurée une solidarité pleine et entière entre les pays membres concernés.
Ces Ministres ont donc appelé une nouvelle fois l'Union soviétique à répondre rapidement et positivement aux offres des Etats-Unis de négocier et d'engager des conversations préliminaires sans aucune condition préalable avant la ratification du Traité SALT II.
Ces Ministres ont exprimé la préoccupation que leur inspire la prépondérance de l'URSS en ce qui concerne les systèmes LRTNF déployés jusqu'à présent et ils ont noté que les déploiements avaient déjà atteint un niveau dangereusement élevé. Outre qu'elle dispose d'une force de 450 systèmes LRTNF SS-4 et SS-5, I'URSS a déployé à ce jour environ 450 ogives sur 150 lanceurs SS-20. Les déploiements de SS-20 se poursuivent à un rythme rapide. L'Union soviétique est en voie de déployer, pour sa seule force de SS-20, un nombre d'ogives supérieur à celui qui est prévu pour l'ensemble du programme de modernisation décidé en décembre 1979. En revanche, les déploiements dans les pays alliés ne commenceront pas avant la fin de 1983.
Ces Ministres ont souligné que c'est la nécessité de préserver le potentiel de dissuasion de l'Alliance, compte tenu de la disparité existante en faveur de l'Union soviétique dans le domaine des LRTNF, qui a entraîné la décision de leurs gouvernements de moderniser les LRTNF et que la poursuite du déploiement par l'URSS de nouveaux missiles SS-20 accroîtra encore cette disparité.
Ces Ministres ont d'autre part noté que le programme de modernisation était délibérément modéré, par comparaison avec l'augmentation qualitative et quantitative des moyens nucléaires soviétiques. A cet égard, ils ont également noté que le retrait d'Europe de 1.000 ogives nucléaires des Etats-Unis, qui fait partie intégrante de la décision relative à la modernisation des LRTNF et à une limitation des armements, a commencé; ils ont rappelé que cette réduction de niveau n'aurait pas d'incidence sur la mise en place des nouvelles ogives LRTNF, décidée le 12 décembre 1979.
Ces Ministres ont rappelé leur déclaration du 12 décembre 1979 selon laquelle la limitation des armements, en contenant l'accroissement du potentiel militaire soviétique, peut renforcer la sécurité de l'Alliance, changer l'ampleur des besoins de l'OTAN en TNF à longue portée et promouvoir la stabilité et la détente en Europe, conformément à la politique fondamentale de dissuasion, de défense et de détente de l'OTAN. Ces Ministres ont réaffirmé que l'ampleur des besoins de l'OTAN et TNF à longue portée sera examinée en fonction des résultats concrets obtenus par la négociation.