Opérations de lutte contre la piraterie

  • Mis à jour le: 20 Jul. 2016 14:24

Depuis longtemps, les actes de piraterie dans le golfe d’Aden, au large de la Corne de l’Afrique et dans l’océan Indien minent les efforts humanitaires internationaux déployés en Afrique et mettent en péril la sécurité de l’une des routes maritimes les plus importantes et les plus fréquentées au monde, qui constitue la voie d’accès au canal de Suez. L'OTAN contribue depuis 2008 à dissuader et à déjouer les actes de piraterie, tout en protégeant les navires et en aidant à améliorer le niveau général de sécurité dans la région.

HDMS ESBERN SNARE disrupts a suspected pirate group

Points principaux

  • Depuis 2008, à la demande de l’ONU, l’OTAN appuie les efforts internationaux de lutte contre la piraterie menés dans le golfe d’Aden, au large de la Corne de l’Afrique et dans l’océan Indien.
  • L'OTAN dirige actuellement l’opération Ocean Shield, qui contribue à dissuader et à déjouer les actes de piraterie, tout en protégeant les navires et en aidant à améliorer le niveau général de sécurité dans la région.
  • L’OTAN travaille en étroite coopération avec d’autres acteurs présents dans la région, dont l’opération Atalanta de l’Union européenne, le Groupe CTF‑151 des Forces maritimes combinées dirigé par les États‑Unis, et différents pays contributeurs.
  • La présence même de cette force navale internationale dissuade les pirates de poursuivre leurs activités, et contribue à éradiquer la piraterie dans la région. La mise en œuvre des meilleures pratiques de gestion par le secteur des transports maritimes, ainsi que la présence à bord d'équipes de protection armées, vont également dans le même sens.
  • L’OTAN poursuivra en mer et à terre ses efforts de lutte contre la piraterie – en aidant les pays de la région à renforcer leurs propres capacités dans ce domaine.
  • L’OTAN mettra un terme à l'opération Ocean Shield le 15 décembre 2016, mais restera engagée dans la lutte contre la piraterie, en maintenant sa connaissance de la situation maritime et en continuant d'entretenir des liens étroits avec d'autres acteurs de la lutte internationale contre la piraterie.
  • Opération Ocean Shield - en cours

    Aucun acte de piraterie n'a été mené avec succès depuis mai 2012. La piraterie émanant de la Somalie a été jugulée, mais pas éliminée : les pirates cherchent toujours à monter des attaques, et en restent capables. Il est nécessaire de s'attaquer, à terre, aux causes profondes de la piraterie en Somalie. C'est pourquoi les efforts déployés au niveau international sont de plus en plus axés sur le renforcement de la capacité des pays de la région à lutter contre la piraterie avec leurs propres moyens. L'OTAN ne joue pas un rôle de premier plan dans ce domaine.

    La mission, ses objectifs et sa portée

    Depuis longtemps, les actes de piraterie et les attaques à main armée perturbent l'acheminement de l'aide humanitaire vers la Somalie, et constituent une menace pour des voies de communication maritimes essentielles ainsi que pour les intérêts économiques au large de la Corne de l’Afrique, dans le golfe d’Aden et dans l'océan Indien.

    S’inscrivant dans le prolongement des deux missions de lutte contre la piraterie menées précédemment par l'OTAN, l’opération Ocean Shield était initialement axée sur les aspects maritimes de la lutte contre la piraterie. Les bâtiments de l’OTAN ont par exemple effectué des missions de surveillance par hélicoptère destinées à localiser et à identifier des navires dans la région, et ils ont contribué à prévenir ou à faire échouer les détournements ainsi qu'à mettre fin aux attaques à main armée. L’OTAN a également accepté, à la demande des Nations Unies, d’escorter les navires d’approvisionnement du Bureau d'appui de l'ONU à l'AMISOM (UNSOA) jusqu’à l’entrée du port de Mogadiscio (Somalie).

    Avec le temps, l'opération a évolué de manière à faire face à de nouvelles tactiques de piraterie : l’évaluation stratégique réalisée en mars 2012, par exemple, a mis en évidence la nécessité de saper les bases logistiques et les moyens de soutien des pirates, notamment en neutralisant leurs navires et leurs skiffs, en posant des balises de localisation sur les bateaux-mères et en autorisant l’usage de la force pour neutraliser ou détruire les navires soupçonnés de servir à des actes de piraterie ou à des vols à main armée. Avec l'opération Ocean Shield, l’Alliance a élargi son approche de la lutte contre la piraterie en proposant, dans la limite de ses moyens et de ses capacités, aux États de la région qui en feraient la demande de les aider à développer leur propre capacité de lutte contre la piraterie. Ce renforcement des capacités aide à apporter une solution durable au problème de la piraterie, et il s'inscrit dans la logique de l’appropriation régionale. L'OTAN n'est pas un acteur de premier plan dans le renforcement des capacités régionales, mais elle apporte une valeur ajoutée dans des domaines spécifiques, tels que la formation militaire, le commandement et le contrôle, ainsi que la coordination dans des situations complexes, ce qui peut être utile aux pays de la région. Dès lors, l'OTAN tire parti de ses escales pour donner des formations et pour faire embarquer des agents des services de lutte contre la criminalité (« shipriders ») dans le cadre de programmes de maintien de l'ordre, au bénéfice de la population locale.

    En bref, le rôle de l’OTAN consiste à prévenir et à enrayer la piraterie en menant des actions directes contre les pirates, en escortant les navires et en assurant la dissuasion, tout en renforçant la coopération avec d’autres opérations de lutte contre la piraterie dans la région, le but étant d’optimiser les efforts et de faire face à l'évolution des tendances et des tactiques de piraterie.

    L'opération Ocean Shield a été approuvée par le Conseil de l’Atlantique Nord le 17 août 2009 ; au sommet de Varsovie en 2016, les dirigeants des pays de l’OTAN ont annoncé qu’elle se terminerait le 15 décembre 2016.

    Composition et commandement du soutien naval de l'OTAN

    La situation actuelle
    L'OTAN travaille main dans la main avec l'opération Atalanta de l'Union européenne, le Groupe CTF-151 dirigé par les États-Unis et des intervenants indépendants comme la Chine, le Japon et la Corée du sud. 

    Depuis janvier 2015, les navires de l'OTAN contribuent à la lutte contre la piraterie au travers d'une « présence ciblée », conformément à la décision prise au sommet du pays de Galles. Cela signifie que les moyens sont principalement déployés entre les moussons (printemps ou automne), et à d'autres périodes en fonction des besoins. Pendant les périodes où aucun bâtiment de surface n'est déployé, les avions de patrouille maritime poursuivent leurs sorties, et les liens avec les systèmes de connaissance de la situation et avec les partenaires associés à la lutte contre la piraterie sont maintenus. À cet égard, le Centre OTAN de la navigation commerciale joue un rôle clé.

    Les pays partenaires contribuent également à l'opération Ocean Shield. L'OTAN a ainsi déjà bénéficié du soutien apporté par l'Australie, la Colombie, la Nouvelle-Zélande et l'Ukraine.

    Le Quartier général du Commandement maritime allié (MARCOM), à Northwood (Royaume-Uni), assure le commandement et le contrôle de la gamme complète des opérations et tâches maritimes interarmées de l'OTAN, y compris pour l'opération Ocean Shield. Depuis Northwood, il assure la planification, la conduite et le soutien d'opérations maritimes interarmées. Le QG du MARCOM est par ailleurs le principal conseiller de l'Alliance dans le domaine maritime, et il contribue au développement, à la transformation, à la coopération et aux activités d'ouverture dans son domaine d'expertise.

    Rotations précédentes

    De 2009 à 2014, les deux groupes maritimes permanents OTAN (SNMG1 et SNMG2) ont été déployés en alternance pour assurer les rotations de six mois de l’opération Ocean Shield. Ils ont par ailleurs opéré en fonction des besoins opérationnels de l’Alliance, contribuant ainsi à maintenir une flexibilité optimale.

    Les deux SNMG font partie de la capacité de réaction rapide de l’OTAN. Cependant, ils ne seront en principe plus utilisés pour la lutte contre la piraterie.

    Juin-décembre 2014 – SNMG1

    Contre-amiral Aage Buur Jensen (Danemark)

    HDMS Absalon (vaisseau amiral, Danemark)
    ITS Mimbelli (Italie)

    Janvier-juin 2014 – SNMG2

    Vice-amiral Eugenio Diaz del Rio (Espagne)

    ESPS Cristobal Colon (initialement l'ESPS Alvaro de Bazan) (vaisseau amiral, Espagne)
    TCG Gökçeada (Turquie)
    HNLMS Evertsen (Pays-Bas)
    ITS Mimbelli (Italie)
    TCG Gelibolu (Turquie)*
    HMNZS Te Mana (Nouvelle-Zélande)*
    * Navire initialement affecté à cette rotation.

    Juin-décembre 2013 – SNMG1

    Contre-amiral Henning Amundsen (Norvège)

    HNoMS Fridtjof Nansen (vaisseau amiral, Norvège)
    FF Esben Snare (Danemark)
    USS De Wert (États-Unis)
    HNLMS Van Speijk (Pays-Bas)
    UPS Hetman Sagaidachny (frégate, Ukraine)

    Janvier-juin 2013 – SNMG2

    Vice-amiral Antonio Natale (Italie)

    ITS San Marco (vaisseau amiral, Italie)*
    USS Halyburton (États-Unis)*
    HDMS Iver Huitfeldt (Danemark)*
    USS Nicholas (États-Unis)
    HNLMS Van Speijk (Pays-Bas)
    TCG Gokova (Turquie)
    * Navire initialement affecté à cette rotation.

    Juin-décembre 2012 – SNMG1

    Contre-amiral Ben Bekkering (Pays-Bas)

    HNLMS Evertsen (vaisseau amiral, Pays-Bas)
    USS Taylor (États-Unis)
    HNLMS Bruinvis (sous-marin, Pays-Bas)

    Janvier-juin 2012 – SNMG2

    Contre-amiral Sinan Tosun (Turquie)

    TCG Giresun (vaisseau amiral, Turquie)
    HDMS Absalon (Danemark)
    ITS Grecale (Italie)
    RFA Fort Victoria (Royaume-Uni)
    USS De Wert (États-Unis)
    USS Carney (États-Unis)*
    * Navire initialement affecté à cette rotation.

    Juin 2011-décembre 2011 – SNMG1

    Contre-amiral Gualtiero Mattesi (Italie)

    ITS Andrea Doria (vaisseau amiral, Italie)
    USS Carney (États-Unis)
    USS De Wert (États-Unis)
    NRP D. Francisco De Almeida (Portugal)

    Décembre 2010-juin 2011 – SNMG2

    Contre-amiral Michiel Hijmans (Pays-Bas)

    HNLMS De Ruyter (vaisseau amiral, Pays-Bas)
    HDMS Esbern Snare (Danemark)
    TCG Gaziantep (Turquie)
    USS Laboon (États-Unis)

    Août-début décembre 2010 – SNMG1

    Contre-amiral Christian Rune (Danemark)

    HDMS Esbern Snare (vaisseau amiral, Danemark)
    HMS Montrose et RFA Fort Victoria (Royaume-Uni)
    USS Kauffman et USS Laboon (États-Unis)
    ITS Bersagliere (Italie)
    HNLMS Zeeleeuw (sous-marin, Pays-Bas)

    Mars-août 2010 – SNMG2

    12 mars-30 juin : 
    Contre-amiral Steve Chick (Royaume-Uni)

    HMS Chatham (vaisseau amiral, Royaume-Uni)
    HS LIMNOS (Grèce) - sous contrôle national à partir du 30 mai
    ITS SCIROCCO (Italie ) - sous contrôle national à partir du 5 juin
    TCG Gelibolu (Turquie)
    USS Cole (États-Unis)

    1er juillet-6 août : 
    Contre-amiral Michiel Hijmans (Pays-Bas)

    HNLMS De Zeven Provinciën (vaisseau amiral, Pays-Bas)
    TCG Gelibolu (Turquie)
    USS Cole (États-Unis)

    Novembre 2009-mars 2010 – SNMG1

    Contre-amiral Christian Rune (Danemark)
    (succède au vice-amiral Jose Pereira de Cunha (Portugal) le 25 janvier 2010)

    NRP Álvares Cabral (ancien vaisseau amiral, Portugal)
    HDMS Absalon (nouveau vaisseau amiral, Danemark)
    HMS Fredericton (Canada)
    USS Boone (États-Unis)
    HMS Chatham (Royaume-Uni)

    Août-novembre 2009 – SNMG2

    Contre-amiral Steve Chick (Royaume-Uni)

    HS Navarinon (Grèce)
    ITS Libeccio (Italie)
    TCG Gediz (Turquie)
    HMS Cornwall (Royaume-Uni)
    USS Donald Cook (États-Unis)

    Groupes maritimes permanents OTAN

    Au nombre des forces maritimes de réaction immédiate de l'OTAN figurent les deux groupes maritimes permanents OTAN (SNMG1 et SNMG2) et les deux groupes permanents OTAN de lutte contre les mines (SNMCMG1 et SNMCMG2).

    Les SNMG constituent une force maritime multinationale intégrée qui se compose de navires de différents pays de l’Alliance. Leur composition varie, et ils comptent en général de six à dix navires. Ces navires (et leurs hélicoptères) sont en permanence à la disposition de l’OTAN pour exécuter différentes tâches allant de la participation à des exercices jusqu’à l’intervention dans des missions opérationnelles. Ces groupes offrent une capacité maritime permanente que l’OTAN peut mettre en œuvre pour des opérations ou d’autres activités, menées aussi bien en temps de paix qu’en période de crise ou de conflit. Leur rôle consiste également à établir la présence de l’Alliance, à démontrer la solidarité, à effectuer des visites diplomatiques de routine dans différents pays, à soutenir le processus de transformation et à mettre toute une gamme de capacités militaires maritimes à disposition pour les missions en co