La Force de réaction de l'OTAN

  • Mis à jour le: 05 Jul. 2016 12:47

La Force de réaction de l’OTAN (NRF) est une force multinationale à haut niveau de préparation et à la pointe de la technologie, regroupant des éléments des forces terrestres, aériennes, maritimes et d'opérations spéciales (SOF) que l’Alliance peut déployer rapidement partout où cela est nécessaire. En plus de son rôle opérationnel, la NRF peut être utilisée en vue d'une plus grande coopération dans les domaines de la formation et de l'entraînement, d'un recours accru aux exercices et d'une meilleure utilisation de la technologie.

 

Points principaux

  • Créée en 2002, la NRF consiste en une force multinationale interarmées très performante capable de réagir dans un délai très court à l'ensemble des défis de sécurité, de la gestion de crise à la défense collective.
  • Les pays de l'OTAN ont décidé de renforcer la NRF en 2014 en créant, en son sein, une « force fer de lance » baptisée « force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation » (VJTF).
  • Ce renforcement de la NRF est une des mesures prises dans le cadre du plan d'action « réactivité » (RAP), qui a pour but de répondre à l'évolution de l'environnement de sécurité et de renforcer la défense collective de l'Alliance.
  • Le commandement général de la NRF relève du commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR).
  • La décision de déployer la NRF est prise par le Conseil de l’Atlantique Nord, l’organe suprême de décision politique de l’Alliance.

Pour en savoir plus

  • Objet

    La NRF a pour but premier de permettre une réponse militaire rapide à une crise émergente, que ce soit pour des objectifs de défense collective ou pour des opérations de réponse aux crises.

    Cette force donne à l’OTAN les moyens de réagir rapidement à tout type de crises, n'importe où dans le monde. Elle est aussi le moteur de la transformation de l’OTAN sur le plan militaire.

    Une force qui tourne

    La NRF fonctionne sur le principe de la rotation : les pays de l'Alliance affectent des unités terrestres, aériennes, maritimes ou SOF pour une période de 12 mois.

    La NRF est également ouverte aux pays partenaires, sur approbation du Conseil de l'Atlantique Nord.

    Avant de participer à la NRF, les unités se préparent au niveau national puis s’entraînent avec d'autres participants de la force multinationale. La rotation des unités au sein de la NRF permet la diffusion progressive, dans toute l’Alliance, des normes de haut niveau, des concepts et des technologies propres à cette force, et concourt ainsi à la réalisation d’un des objectifs clés de la Force de réaction de l'OTAN, à savoir la poursuite de la transformation des forces alliées.

    Le commandement opérationnel de la NRF est assuré en alternance par les commandements alliés de forces interarmées (JFC) de Brunssum (Pays-Bas) et de Naples (Italie) ; c'est le JFC de Naples qui l'assume pour 2017.

    Un puissant ensemble

    Au sommet du pays de Galles, en 2014, les pays de l'OTAN ont décidé de renforcer la NRF en créant, en son sein, une « force fer de lance » baptisée « force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation » (VJTF). Ce renforcement de la NRF est une des mesures prises dans le cadre du plan d'action « réactivité » (RAP) adopté par les Alliés pour répondre à l'évolution de l'environnement de sécurité.

    La Force de réaction de l'OTAN (NRF) renforcée comprend : 

    • un élément de commandement et de contrôle : le commandement opérationnel de la NRF est assuré en alternance par les JFC de Brunssum et de Naples ;
    • la force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation (VJTF) : ce nouvel élément de la NRF – qui compte quelque 20 000 hommes – comprend une brigade terrestre multinationale d'environ 5 000 hommes et des composantes aérienne, maritime et SOF ; les éléments de tête seront prêts à se déployer dans un délai de deux à trois jours ; la France, l'Allemagne, l'Italie, la Pologne, l'Espagne, la Turquie et le Royaume-Uni assumeront par rotation le rôle de pays-cadre pour la VJTF dans les années qui viennent ;
    • le groupe initial de forces de deuxième échelon (IFFG) : il s'agit de forces à haut niveau de préparation capables de se déployer rapidement après la VJTF, en réponse à une crise. Ces forces se composent de deux brigades multinationales ;
    • une composante maritime, articulée autour des groupes maritimes permanents OTAN (SNMG) et des groupes permanents OTAN de lutte contre les mines (SNMCMG) ;
    • une composante aérienne (combat et appui) ;
    • des forces d'opérations spéciales ;
    • une force opérationnelle de défense CBRN (chimique, biologique, radiologique et nucléaire).

    Avant utilisation, la NRF sera adaptée (en taille et en capacité) pour répondre aux exigences propres à l’opération dans laquelle elle est engagée.

    La VJTF et l'IFFG sont basés dans leurs pays d'origine, mais ils sont à même de se déployer où il le faut pour des exercices ou pour répondre à une crise. La VJTF a participé à son premier exercice de déploiement en Pologne en juin 2015, puis elle a pris part à l'exercice Trident Juncture 2015, au cours duquel la NRF 2016 a été certifiée.

    À partir de 2017, la brigade VJTF, dirigée par le Royaume-Uni et à laquelle participent d'autres Alliés, sera disponible pour réagir rapidement à toute situation d'urgence.

    Au total, la NRF renforcée comptera environ 40 000 soldats.

    Tout type de mission, partout dans le monde

    La NRF apporte une démonstration tangible de la cohésion de l’OTAN et de son engagement envers la dissuasion et la défense collective. Pour chacune de ses rotations, la NRF doit se préparer à remplir un large éventail de missions – par exemple contribuer à la préservation de l'intégrité territoriale, procéder à une démonstration de force, conduire des opérations de soutien de la paix, de secours en cas de catastrophe, de protection des infrastructures critiques et de sécurité. Des opérations d'entrée en premier sont menées conjointement dans le cadre d'une force plus importante pour faciliter l'arrivée de troupes de remplacement.

    Des éléments de la NRF ont contribué à assurer la protection à l’occasion des jeux olympiques de l’été 2004 à Athènes (Grèce) et ont été déployés pour soutenir l'élection présidentielle en Afghanistan en septembre de la même année.

    La NRF a également participé à des opérations de secours en cas de catastrophe :

    • en septembre et octobre 2005, des avions de la NRF ont acheminé aux États‑Unis de l’aide donnée par les pays membres et les pays partenaires de l'OTAN après le passage de l’ouragan Katrina ;
    • d’octobre 2005 à février 2006, des éléments de la NRF sont intervenus au secours du Pakistan dans les zones dévastées par le tremblement de terre du 8 octobre. Des avions de la NRF ont participé à un pont aérien qui a acheminé près de 3 500 tonnes d’aide d’urgence au Pakistan, tandis que des techniciens et du personnel médical de la NRF étaient déployés dans le pays pour porter secours aux victimes.
  • Évolution

    L’initiative portant sur la Force de réaction de l’OTAN a été annoncée au sommet de Prague, en novembre 2002.

    Le général James Jones, à l'époque commandant suprême des forces alliées en Europe, avait alors déclaré : « … L’OTAN ne massera plus les grandes unités que nécessitait la Guerre froide, mais elle sera dotée de forces agiles et robustes, qui seront maintenues à des niveaux de préparation gradués, pour que l’Alliance soit mieux à même de faire face aux menaces du XXIe siècle ».

    Le concept de NRF a été approuvé par les ministres de la Défense des pays de l'OTAN en juin 2003 à Bruxelles.

    Le 13 octobre 2004, lors d’une réunion informelle des ministres de la Défense des pays de l’OTAN à Poiana Brasov (Roumanie), le secrétaire général de l’OTAN et le commandant suprême des forces alliées en Europe ont officiellement annoncé que la NRF avait atteint sa capacité opérationnelle initiale et qu’elle était prête à assumer la gamme complète de ses missions.

    Les capacités de la NRF ont été testées lors d’un exercice réel de grande envergure, Steadfast Jaguar 06, qui a eu lieu en juin 2006 dans les îles du Cap-Vert. La difficulté des lieux visait précisément à faire la démonstration et la preuve de la viabilité du concept de NRF. Au sommet tenu par l'OTAN à R