Le plan d’action « réactivité »

  • Mis à jour le: 01 Mar. 2017 08:50

Le plan d’action « réactivité » (RAP) permet à l'Alliance d’être prête à répondre rapidement et fermement aux nouveaux défis de sécurité émanant de l'est et du sud. Ce plan, lancé en 2014 au sommet du pays de Galles, est le plus important renforcement de la défense collective de l'OTAN depuis la fin de la Guerre froide. À Varsovie en 2016, les chefs d'État et de gouvernement se sont félicités de sa mise en œuvre, et ils ont décidé de nouveaux travaux sur la posture de dissuasion et de défense de l'OTAN.


 Points principaux

  • Compte tenu de l'évolution de l'environnement de sécurité aux frontières de l’Alliance, le RAP comprend des « mesures d’assurance » qui sont destinées aux pays membres de l'OTAN en Europe centrale et orientale et qui visent à rassurer leurs populations, à renforcer leur défense et à décourager une agression potentielle.
  • Les mesures d'assurance sont constituées d'une série d'activités terrestres, maritimes et aériennes à l'intérieur, au-dessus et autour du flanc est de l'OTAN, qui sont renforcées par des exercices axés sur la défense collective et la gestion de crise.
  • Le RAP inclut également des « mesures d'adaptation », qui sont des changements à plus long terme dans la structure de forces et de commandement de l'OTAN destinés à permettre à l'Alliance d'être davantage en mesure de réagir de manière rapide et décisive à des crises soudaines.
  • Parmi les mesures d'adaptation figurent le triplement des effectifs de la Force de réaction de l'OTAN (NRF), la création d'une force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation (VJTF) capable de se déployer sur très court préavis, et le renforcement des forces navales permanentes.
  • Pour faciliter la réactivité et le déploiement rapide des forces, huit unités d’intégration des forces OTAN (NFIU) – qui sont des QG de petite taille – ont été créées en Europe centrale et orientale. Des QG pour le Corps multinational Nord-Est à Szczecin (Pologne) et la Division multinationale Sud-Est à Bucarest (Roumanie) ont également été créés. En outre, on met actuellement en place un QG permanent de groupement de soutien logistique interarmées.
  • Au sommet de Varsovie, en 2016, les Alliés se sont félicités de la mise en œuvre du RAP, et ils ont décidé de renforcer encore la posture de dissuasion et de défense de l'Alliance avec une présence avancée renforcée dans les parties est et sud-est du territoire de l'Alliance et avec un cadre pour l'adaptation de l'OTAN en réponse aux menaces et aux défis croissants qui émanent du sud.

Pour en savoir plus

  • Les mesures d'assurance

    Les mesures d'assurance, qui sont une série d'activités terrestres, maritimes et aériennes à l'intérieur, au-dessus et autour du territoire des pays membres de l'OTAN en Europe centrale et orientale, visent à renforcer la défense et à rassurer les populations de ces pays, et à décourager une agression potentielle. Elles résultent directement des actions agressives de la Russie à l'est des frontières de l'OTAN. Les 29 Alliés contribuent tous à ces mesures, par rotation. Elles peuvent être renforcées ou allégées en fonction de la situation de sécurité. 

    Depuis mai 2014, l'OTAN a augmenté le nombre d'avions de chasse patrouillant au-dessus des États baltes pour assurer la police du ciel, et déployé des avions de chasse en Roumanie et en Pologne. En décembre 2015, un autre paquet de mesures d'assurance adaptées a été approuvé pour la Turquie. De plus, l'Alliance envoie régulièrement des AWACS pour des vols de surveillance au-dessus du territoire de ses Alliés orientaux, et des avions de patrouille maritime le long de ses frontières orientales.

    Pour l'assurance en mer, l'OTAN déploie un certain nombre de forces maritimes multinationales, dont un Groupe permanent OTAN de lutte contre les mines, qui patrouille en mer Baltique et en Méditerranée orientale, et un Groupe maritime permanent OTAN élargi, qui effectue des missions d'assurance maritime en plus de ses patrouilles de lutte contre le terrorisme.

    En outre, l'OTAN a organisé davantage d'exercices. Les exercices militaires constituent d'excellentes occasions d'améliorer l'aptitude des Alliés et des partenaires à travailler ensemble et de montrer que l'OTAN est prête à répondre aux menaces potentielles. Ces exercices se déroulent à terre, en mer et dans les airs, sur la base de scénarios de défense collective et de gestion de crise.

    Les mesures d'assurance sont flexibles et modulables, en fonction de l'évolution de la situation en matière de sécurité, et elles sont revues chaque année par le Conseil de l'Atlantique Nord – la plus haute instance politique décisionnelle de l'OTAN.

  • Les mesures d'adaptation

    Les mesures d'adaptation sont des changements à long terme dans la structure de forces et de commandement de l'OTAN, grâce auxquels l'Alliance sera davantage en mesure de réagir de manière rapide et décisive à des crises soudaines.
    Elles comprennent :

    • Une Force de réaction de l'OTAN renforcée

    La Force de réaction de l’OTAN (NRF) est une force multinationale à haut niveau de préparation et à la pointe de la technologie, regroupant des éléments des forces terrestres, aériennes, maritimes et d'opérations spéciales (SOF) que l’Alliance peut déployer rapidement partout où cela est nécessaire.
    Au sommet du pays de Galles, en 2014, les Alliés ont décidé d'étoffer la NRF pour renforcer la défense collective de l'Alliance et faire en sorte que l'OTAN dispose des forces voulues, à l'endroit voulu et au moment voulu. La NRF compte désormais environ 40 000 soldats – soit une forte augmentation par rapport à son effectif antérieur de 13 000 soldats. Sa taille dépend de la tâche qui lui est assignée.
    Le commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR) assure le commandement d'ensemble de la NRF. Selon un système de rotation annuelle, les commandements OTAN de forces interarmées (JFC) de Brunssum (Pays-Bas) et de Naples (Italie) assument le commandement opérationnel de la NRF. En 2017, c'est le JFC de Naples qui commande la NRF.

    • Une force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation (VJTF)

    La VJTF, force de réaction rapide dite « fer de lance », d'environ 20 000 soldats, dont 5 000 soldats des forces terrestres, est désormais opérationnelle et en mesure de commencer à se déployer dans les deux ou trois jours là où il le faut. La VJTF sera appuyée par des éléments des forces aériennes, maritimes et d'opérations spéciales.
    Les unités de la VJTF et de la NRF seront basées dans leurs pays d'origine, mais, de là, elles seront à même de se déployer où il le faudra pour des exercices ou pour répondre à une crise. L'encadrement et les effectifs de la VJTF et de la NRF changent tous les ans, par rotation. La VJTF à procédé à son premier exercice de déploiement en Pologne en juin 2015, et elle a de nouveau été testée pendant l'exercice Trident Juncture 2015, auquel ont participé plus de 36 000 soldats, principalement en Italie, au Portugal et en Espagne.
    Si elle est déployée en 2017, la composante terrestre de la VJTF (VJTF(L)) sera dirigée par le Royaume-Uni. D'autres Alliés – France, Allemagne, Italie, Pologne et Turquie – ont déjà offert d'assumer le rôle de pays chef de file pour les années suivantes.

    • Des unités d’intégration des forces OTAN (NFIU)

    Dans un premier temps, six unités d’intégration des forces OTAN ont été créées en Bulgarie, en Estonie, en Lettonie, en Lituanie, en Pologne et en Roumanie et ont été activées en septembre 2015, constituant ainsi une présence OTAN visible et permanente dans ces pays. Par la suite, deux autres NFIU ont été mises en place en Hongrie et en Slovaquie.
    Ces NFIU sont des QG de petite taille destinés à faciliter le déploiement rapide de la VJTF et des forces alliées de deuxième échelon. Leur personnel se compose d'environ 40 spécialistes des pays et de l'OTAN. Leur tâche sera d'améliorer la coopération et la coordination entre les forces OTAN et nationales, ainsi que de préparer et d'appuyer les exercices et tout déploiement qui serait nécessaire. 

    • Quartiers généraux multinationaux à haut niveau de préparation

    Le QG du Corps multinational Nord-Est étoffé par le Danemark, l'Allemagne et la Pologne est à présent pleinement opérationnel. Il fournit des capacités supplémentaires à haut niveau de préparation aux éléments de commandement déployés dans les États baltes et en Pologne, si nécessaire, et son rôle de plateforme de coopération régionale est renforcé.
    Un nouveau QG de division multinational déployable pour le sud-est a été activé à Bucarest le 1er décembre 2015. Ce nouveau quartier général à haut niveau de préparation pourra commander des forces déployées dans la région sud‑est de l'OTAN, en soutien de la défense de l'Alliance. L’effectif autorisé de ce QG est de 280 personnes.
    Par ailleurs, le RAP prévoit un certain nombre d'améliorations logistiques, y compris le prépositionnement d'équipements et d'approvisionnements, afin d'accroître la réactivité de l'OTAN face à tout défi pour la sécurité des Alliés. Un nouveau QG permanent de groupement de soutien logistique interarmées sera établi dans la structure de commandement de l'OTAN.

  • Historique

    En septembre 2014, au sommet du pays de Galles, les dirigeants des pays de l’Alliance ont approuvé le RAP, qui vise à s'assurer que l'Alliance soit prête à répondre rapidement et fermement aux nouveaux défis de sécurité. Ce plan prévoit un ensemble complet de mesures pour répondre à l'évolution de l'environnement de sécurité en Europe et à proximité ainsi qu'aux menaces émanant du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord.

    Le 5 février 2015, les ministres de la Défense des pays de l'OTAN ont décidé que la VJTF comprendrait une composante terrestre d'environ 5 000 soldats, avec les éléments aériens, maritimes et SOF appropriés à disposition. La France, l'Allemagne, l'Italie, la Pologne, l'Espagne, la Turquie et le Royaume-Uni ont décidé d'assumer par rotation le rôle de pays‑cadre pour la VJTF dans les années qui viennent. Les ministres ont également fixé comme objectif que la VJTF soit apte à opérer d'ici au sommet de Varsovie, en 2016.

    En avril 2015, plus de 1 500 soldats ont pris part à l'exercice Noble Jump, dont le but était de vérifier si les troupes affectées à la VJTF intérimaire de l'OTAN pourraient être prêtes à se déployer 48 heures après avoir reçu l'ordre de mouvement.

    Le 9 juin 2015, la VJTF s'est déployée pour la première fois en Pologne dans le cadre de l'exercice Noble Jump, auquel ont participé plus de 2 100 soldats de neuf pays de l’OTAN.

    Le 24 juin 2015, les ministres de la Défense des pays de l'OTAN ont pris des décisions sur les composantes aérienne, maritime et d'opérations spéciales de la NRF renforcée. La NRF comprendra désormais jusqu'à 40 000 soldats. Les ministres ont également pris des mesures pour accélérer le processus de décision politique et militaire, notamment en donnant au commandant suprême des forces alliées en Europe autorité pour préparer les troupes à intervenir dès que la décision politique en a été prise. Les Alliés ont également approuvé un nouvel instrument de planification préétablie – les plans de réponse graduée –, qui permettront de générer des plans d'opération exécutables avec une rapidité exceptionnelle, adaptée aux besoins concernant le niveau de préparation des forces. Ils ont également décidé qu'un nouveau QG permanent de groupement de soutien logistique interarmées serait établi dans la structure de commandement de l'OTAN. Enfin, les ministres de la Défense sont convenus qu'au mois d'octobre, ils prendraient une décision sur la création de nouvelles NFIU, en plus des six NFIU multinationales déjà en place.

    En septembre 2015, les NFIU ont été activées en Bulgarie, en Estonie, en Lettonie, en Lituanie, en Pologne et en Roumanie.

    En octobre 2015, les ministres ont donné leur feu vert au concept militaire pour la NRF renforcée, y compris ses dispositions de commandement et de contrôle. Ils ont en outre décidé de mettre sur pied deux NFIU supplémentaires en Hongrie et en Slovaquie. 

    En décembre 2015, l'OTAN a activé le QG de division multinational Sud-Est à Bucarest, marquant ainsi son intégration officielle dans la structure de commandement de l’OTAN. Ce nouveau QG à haut niveau de préparation pourra commander des forces déployées dans la région sud-est de l'OTAN, en soutien de la défense de l'Alliance. Il constituera aussi une plateforme de coopération régionale entre Alliés. L’effectif autorisé de ce quartier général est de 280 personnes.

    En juillet 2016, au sommet de Varsovie, les Alliés se sont félicités de la mise en œuvre du plan d'action « réactivité », et ils ont décidé de renforcer encore la posture de dissuasion et de défense de l'Alliance. Cette posture offrira à l'Alliance une large gamme d'options qui lui permettront de faire face à toutes les menaces, d'où qu'elles viennent, afin de protéger le territoire, les populations, l'espace aérien et les lignes de communication maritimes de ses pays membres.

    Les deux dernières NFIU, en Hongrie et en Slovaquie, ont été activées respectivement le 18 novembre 2016 et le 24 janvier 2017.