Programme de renforcement de la formation « défense » (DEEP)

  • Mis à jour le: 15 Feb. 2019 12:29

Le programme de renforcement de la formation « défense » (DEEP) est un vecteur de réforme en ce qu'il fournit aux pays participants un soutien pratique sur mesure pour le développement et la réforme de leurs établissements de formation militaire professionnelle. Au travers du perfectionnement du corps enseignant, de l'élaboration de programmes d'études ainsi que d'échanges entre pairs, le DEEP favorise le renforcement des capacités et des institutions de défense. En aidant les pays bénéficiaires à consolider leurs institutions démocratiques, il contribue grandement à l’action de l’OTAN visant à projeter la stabilité dans la zone euro-atlantique et au-delà.


  • Les pays qui veulent bénéficier du DEEP doivent en faire la demande. Au travers du DEEP, ils reçoivent l'aide dont ils ont besoin pour atteindre les objectifs définis dans les programmes individuels de partenariat et de coopération conclus entre eux et l'OTAN.
  • Des avis spécialisés sont prodigués aux établissements de formation à la défense qui recherchent l'« interopérabilité intellectuelle » avec l'OTAN.
  • Fort du concours de plus de 350 experts actifs dans quelque 75 établissements de formation à la défense des pays membres et des pays partenaires de l'OTAN, le DEEP aide les pays bénéficiaires à faire face aux besoins les plus urgents en matière de modernisation et de réforme.
  • Aujourd'hui, des programmes sur mesure sont menés en Afghanistan, en Arménie, en Azerbaïdjan, en Géorgie, au Kazakhstan, au Kirghizistan, en Mauritanie, en République de Moldova, en Serbie, dans la République de Macédoine du Nord, en Tunisie et en Ukraine. La Croatie et la Mongolie ont achevé leurs programmes respectifs, et celui qui était mené en Iraq a été suspendu en raison de l'insécurité régnant dans le pays.
  • La genèse du DEEP

    Au sommet d’Istanbul, en 2004, les Alliés ont lancé le plan d'action du Partenariat pour l'établissement d'institutions de défense (PAP-DIB), que les dirigeants des pays partenaires ont entériné lors d’une réunion du Conseil de partenariat euro-atlantique (CPEA). Le PAP-DIB reflète la conception communément admise d’institutions de défense modernes et démocratiquement responsables. Il définit ce que l’on entend par « réforme de la défense » et il offre un cadre de réflexion commune et d’échange d’expériences sur les problèmes dans ce domaine. Il vise à aider les pays partenaires intéressés à réformer et à restructurer leurs institutions de défense afin qu’ils puissent répondre à leurs besoins et honorer leurs engagements internationaux.

    Pour aider à la mise en œuvre du volet relatif à la formation « défense » du PAP-DIB, les Alliés ont lancé, en février 2006, une initiative intitulée « La formation et l’entraînement pour la réforme de la défense ». Celle-ci vise à créer à l’échelle du CPEA un mécanisme de coopération et des outils d’aide à la mise en œuvre du PAP-DIB en soutenant la formation du personnel civil et militaire à une gestion efficiente et efficace des institutions de défense soumises à un contrôle civil et démocratique. C’est dans ce cadre que l’OTAN, de concert avec le Groupement d'institutions d'études de défense et de sécurité du PPP (Groupement PPP), a lancé le programme de renforcement de la formation « défense ».

    La volonté de soutenir la formation, l’entraînement et le renforcement des capacités en matière de défense a été réaffirmée dans le document intitulé « Engagement actif dans la sécurité coopérative : une politique de partenariat plus efficace et plus souple », qui a été entériné en avril 2011 par les ministres des Affaires étrangères des pays de l’OTAN.

    Lors des sommets que l’OTAN a tenus par la suite – et encore tout récemment lors de celui de Bruxelles, en juillet 2018 – les Alliés se sont dits déterminés à renforcer leur coopération avec les partenaires intéressés afin de les aider, sur demande, à mettre en place des institutions de défense plus solides, à améliorer la bonne gouvernance, à développer leur résilience, à assurer leur propre sécurité et à contribuer plus efficacement à la lutte contre le terrorisme. Cet investissement dans la sécurité des partenaires contribue à la sécurité de l’Alliance.

    La pertinence de la formation « défense »

    La formation « défense » a clairement un rôle à jouer dans le développement d’institutions militaires et de défense stables. Le secteur de la défense et de la sécurité se rapportant à la défense doit bénéficier d'une approche stratégique intégrée. Les activités d’entraînement et de planification organisées conjointement avec les partenaires et les représentants des organisations internationales et de la société civile revêtent une importance toute particulière à cet égard. La formation « défense » invite à la recherche de l’excellence et contribue à l’action de l’OTAN visant à projeter la stabilité et à renforcer les capacités de défense dans la région.

    Mettre en place un système de formation « défense » efficace prend du temps.  La modernisation des capacités de formation et d’entraînement dans le domaine de la défense constitue une excellente occasion de remédier aux insuffisances constatées dans la gouvernance à tous les échelons. Afin que la formation militaire porte ses fruits, il importe que les forces armées aient une vision claire et complète du système de formation et d'entraînement militaires pour officiers – du programme destiné à aider les élèves-officiers à devenir lieutenants au programme destiné à aider les colonels à devenir des stratèges. La recherche et la formation doivent être associées. Pour que le système de formation soit efficace, il est essentiel que les programmes d’études soient élaborés par des formateurs professionnels en concertation avec les états-majors de la Défense et les institutions concernées.

  • Qu'est-ce que le DEEP ?

    Le DEEP aide les pays partenaires à déterminer les besoins et à recenser les lacunes de leurs établissements d'enseignement dans le domaine militaire et en matière de défense. Ses deux principales composantes – l'élaboration de programmes d'études et le perfectionnement du corps enseignant – sont renforcées par un dialogue entre établissements des pays membres et des pays partenaires de l'OTAN ainsi que par des échanges entre experts.

    Réforme des établissements de formation

    Le DEEP aide les pays partenaires à moderniser et à professionnaliser la structure organique de leurs établissements de formation militaire professionnelle et il apporte des solutions visant à mettre en place des procédures d’assurance qualité au sein du système.

    Élaboration de programmes d'études – Contenu de l'enseignement

    Mené en étroite coopération avec les établissements de formation militaire professionnelle du pays demandeur, le DEEP a pour objet de faciliter l'élaboration de programmes d'études, et ce pour pratiquement n'importe quelle matière. Pour appuyer ces travaux, l’OTAN et le Groupement PPP ont élaboré cinq programmes de référence, qui portent sur l’établissement d’institutions de défense, la formation militaire professionnelle des officiers, la formation militaire professionnelle des sous-officiers, la cybersécurité et la contre-insurrection. Un programme sur la lutte contre le terrorisme est en cours d’élaboration.

    Perfectionnement du corps enseignant – Méthode d'enseignement

    Dans le cadre du DEEP, une attention toute particulière est accordée à la pédagogie, l'idée étant de permettre aux établissements et aux instructeurs d'avoir accès aux méthodes d'enseignement les plus récentes et d'aider ceux-ci à promouvoir la pensée critique dans les salles de classe.

    Le DEEP fonctionne au moyen de contributions volontaires. L'OTAN fixe les grandes orientations tandis que le Groupement PPP s'occupe du réseau d'établissements, d'universitaires et de professionnels qui apportent leur soutien par l'intermédiaire du groupe de travail du Groupement PPP sur le développement de la formation.

    Politique Universitaires
    Experts DEEP Groupe de travail sur le développement de la formation
    Secrétariat international de l'OTAN Perfectionnement du corps enseignant
    État-major militaire international de l'OTAN Élaboration de programmes d'études
    Commandement allié Transformation Responsables académiques

    Réunion annuelle du Centre d'échanges fonctionnel sur la formation Défense

    L'OTAN s'appuie sur un réseau informel de contributeurs qui offrent leurs services en participant à une réunion annuelle du Centre d'échanges fonctionnel sur la formation Défense, qui sert d'enceinte où les Alliés et les partenaires coordonnent leurs efforts et informent les établissements et les pays de l'état d'avancement des différents DEEP. Placée sous la houlette de la Bulgarie, du Canada, de la République tchèque, de la France, de l'Italie, de la Lituanie, de la Pologne, de la Roumanie, de la Slovaquie, de l'Espagne, de la Suisse et des États-Unis, et avec le soutien du Groupement PPP, la réunion annuelle du Centre d'échanges constitue un outil efficace pour recenser les besoins des partenaires et pour trouver les experts ad hoc.

  • Comment fonctionne le DEEP ?

    Le DEEP est ouvert à tout pays partenaire ayant conclu un plan de coopération bilatérale avec l’OTAN. Lorsqu'un pays demande à bénéficier du DEEP, une équipe d'évaluation multinationale se rend d'abord sur place pour délimiter le périmètre de l'éventuel programme avec les responsables locaux. Sur la base de cette visite, l'équipe établit un projet de plan d'action, qui porte généralement sur trois ans. Une fois que le pays partenaire a approuvé le plan d'action et que le financement a été trouvé, le responsable académique du DEEP sélectionne un certain nombre d'experts au sein d'un vaste réseau transatlantique géré conjointement par l'OTAN et par le groupe de travail du Groupement PPP sur le développement de la formation.

    Mesure de l'efficacité

    L'importance des progrès accomplis et le degré de transformation dépendent de la mesure dans laquelle les établissements d'enseignement mettent en œuvre les changements proposés à l'issue des activités DEEP, en particulier dans les domaines du perfectionnement du corps enseignant et de l'élaboration de programmes d'études. Les critères de mesure de l'efficacité varient d'un pays à l'autre, mais ceux qui suivent sont considérés comme les plus pertinents : 

    • la mise en place de structures d’enseignement modernes et d’exigences en matière de diplômes pour la formation militaire professionnelle ;
    • l’adoption de méthodes d'enseignement modernes par le corps enseignant des établissements de formation militaire professionnelle ;
    • l’ajout de nouvelles matières dans les programmes existants et l’élaboration de nouveaux cours ;
    • la mise en place d'une formation pour les sous-officiers ;
    • le soutien dont bénéficie le DEEP auprès des hauts responsables du pays partenaire et des établissements de formation à la défense ;
    • les contributions au DEEP des formateurs et des experts en formation des sous-officiers (militaires ou civils) du pays partenaire.

    Les objectifs du DEEP sont considérés comme atteints lorsque l’établissement de formation militaire professionnelle est autonome et qu’il n’a plus besoin d’aide extérieure, que ses programmes d’études couvrent tous les besoins de formation et qu’un processus de réexamen permanent des programmes est en place. Le corps enseignant de l’établissement de formation militaire professionnelle doit être en mesure d’enseigner toutes les matières en se servant de techniques modernes et l’établissement doit disposer en interne d'une capacité de consolidation en vue de former les nouveaux enseignants aux méthodes d’enseignement modernes.

    Le DEEP en chiffres

    2013 : 85 activités, 162 experts (Alliés) et 245 formateurs (partenaires)
    2014 : 165 activités, 309 experts (Alliés) et 352 formateurs (partenaires)
    2015 : 186 activités, 324 experts (Alliés) et 566 formateurs (partenaires)
    2016 : 211 activités, 390 experts (Alliés) et 355 formateurs (partenaires)
    2017 : 198 activités, 426 experts (Alliés) et 331 formateurs (partenaires)
    2018 : 250 activités, 491 experts (Alliés) et 431 formateurs (partenaires)