Environnement, changement climatique et sécurité

  • Mis à jour le: 31 Jan. 2022 14:13

La rapidité du changement climatique et l’accroissement de la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes ont amené l’OTAN à accélérer ses efforts en matière de sécurité environnementale et de protection de l’environnement. Depuis des décennies, l’Organisation s’intéresse aux problèmes de sécurité environnementale susceptibles d’engendrer des catastrophes humanitaires, des tensions régionales ou des actes de violence. Ainsi, elle apporte une aide en cas de catastrophe, elle étudie les menaces environnementales qui pèsent sur les activités militaires et sur la sécurité en général, notamment les facteurs environnementaux qui peuvent compromettre l’approvisionnement énergétique, et elle cherche à améliorer l’efficacité énergétique dans le secteur militaire à l’aide de technologies innovantes.

Ein gewaltiger Haboob fegt über das Camp Castor in Gao/Mali bei der Mission MINUSMA, am 09.06.2019.

Source : forces armées allemandes/Patrik Bransmöller

  • L’OTAN est consciente qu’elle se trouve face à de nombreux défis environnementaux, en particulier en raison des risques liés au changement climatique, et elle agit en conséquence depuis de nombreuses années. 
  • L’OTAN travaille sur la préparation du secteur civil et la réponse aux catastrophes environnementales (inondations, feux de forêt, séismes, etc.). 
  • Elle cherche également à améliorer l’efficacité énergétique au sein des forces armées et à réduire l’empreinte environnementale de celles-ci.
  • En 1969, prenant acte pour la première fois de la problématique environnementale, l’OTAN a créé le Comité sur les défis de la société moderne (CDSM), chargé d’administrer des études et des bourses de recherche relatives à des questions telles que la pollution atmosphérique, la pollution sonore, les soins de santé avancés et l’élimination des déchets dangereux. 
  • En 2006, le Comité scientifique de l’OTAN a fusionné avec le CDSM, et le programme pour la science au service de la paix et de la sécurité (SPS) a vu le jour. Sous son égide sont mises sur pied des initiatives portant sur des défis de sécurité émergents, et notamment sur des thèmes liés à la sécurité environnementale, tels que la gestion de l’eau, la prévention des catastrophes naturelles et la sécurité énergétique.
  • Par ailleurs, l’Organisation OTAN pour la science et la technologie (STO) encourage et facilite la réalisation de travaux de recherche portant sur les problématiques environnementales.
  • En 2021, l’OTAN a adopté un plan d’action ambitieux sur le changement climatique et la sécurité, qui vise à faire en sorte que les considérations relatives au changement climatique deviennent partie intégrante des travaux politiques et militaires de l’OTAN.
  • Sécurité environnementale et protection de l’environnement

    Depuis de nombreuses années, l’OTAN s’intéresse aux défis de sécurité liés à l’environnement, parmi lesquels figurent les conditions météorologiques extrêmes, l’élévation du niveau de la mer, les risques d’inondation, l’épuisement progressif des ressources naturelles, la dégradation des terres, les risques géologiques et la pollution, autant de phénomènes qui peuvent in fine engendrer des catastrophes humanitaires, des tensions régionales ou des actes de violence.

    L’Alliance s’intéresse aux risques environnementaux qui pèsent sur les activités militaires et sur la sécurité en général. Par exemple, des facteurs environnementaux peuvent compromettre l’approvisionnement en énergie des populations civiles mais aussi des opérations militaires, ce qui fait de la sécurité énergétique un sujet de préoccupation majeur. 

    Par ailleurs, l’OTAN aide les pays partenaires à éliminer leurs stocks vieillissants d’armes, de munitions et de restes de guerre non explosés, qui représentent un danger pour les personnes et l’environnement.

    L’OTAN effectue ce travail dans le cadre de son programme pour la science au service de la paix et de la sécurité (SPS), avec le concours du Centre euro-atlantique de coordination des réactions en cas de catastrophe (EADRCC), et au travers de projets financés sur des fonds d’affectation spéciale. 

    Renforcer la coopération internationale

    Dès 1969, le programme SPS de l’OTAN a commencé à subventionner des activités de coopération visant à remédier aux problèmes de sécurité environnementale, notamment ceux liés à la défense. C’est dans les années 1990 que l’OTAN a commencé à collaborer avec des pays partenaires dans le cadre d’activités scientifiques et, depuis lors, ces pays ont inscrit la sécurité environnementale au premier rang de leurs priorités et ont demandé à l’OTAN de les soutenir dans l’organisation d’activités de coopération visant à trouver des solutions aux problèmes environnementaux représentant une menace pour leur sécurité et pour celle d’autres pays.

    Afin de mieux coordonner son action avec celle d’autres acteurs, l’OTAN s’est associée à des organisations internationales qui luttent contre les menaces d’ordre environnemental pesant sur la sécurité de quatre régions vulnérables : l’Europe du Sud-Est, l’Europe orientale, le Caucase du Sud et l’Asie centrale. Parmi ces organisations, qui collaborent dans le cadre de l’Initiative Environnement et sécurité (ENVSEC), figurent l’Union européenne (UE), l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), le Centre régional de l’environnement pour l’Europe centrale et orientale (REC), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE), et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Dans un premier temps, l’Initiative a contribué à l’organisation, au niveau régional, de réunions au cours desquelles les parties intéressées (experts, responsables d’organisations non gouvernementales, pouvoirs publics et donateurs internationaux) ont dressé des cartes régionales mettant en évidence les problèmes revêtant un caractère prioritaire du point de vue la sécurité. Dans un second temps, l’Initiative a collecté des fonds pour remédier aux problèmes ainsi identifiés. 

    Des fonds d’affectation spéciale ont également été mis en place par des pays membres et des pays partenaires de l’OTAN pour aider financièrement des pays partenaires à réaliser des projets concrets visant la démilitarisation, la transformation de leur secteur de la défense ou le renforcement de leurs capacités. Nombre de ces fonds facilitent la destruction – en toute sécurité – de stocks de mines terrestres, d’armes et de munitions excédentaires et obsolètes, et favorisent le renforcement des capacités des pays bénéficiaires dans des domaines comme le déminage et la gestion des stocks de munitions. Les premiers fonds d’affectation spéciale ont été mis en place en 2000 dans le cadre du programme OTAN de Partenariat pour la paix, qui servait à promouvoir la coopération bilatérale avec des pays non membres de l’Alliance dans certaines régions, mais, au fil du temps, le mécanisme de fonds d’affectation spéciale a été étendu à l’ensemble des pays partenaires. Les projets ainsi financés s’attachent à respecter les normes les plus rigoureuses en matière d’environnement ; ainsi, le recyclage des matériaux fait partie intégrante de nombreux projets. 

    Améliorer la capacité de réaction aux situations d’urgence

    Par ailleurs, l’Alliance œuvre activement à la coordination des activités du secteur civil en matière de préparation et de réaction aux situations d’urgence et de catastrophe. Pour ce faire, elle s’en remet essentiellement au Centre euro-atlantique de coordination des réactions en cas de catastrophe (EADRCC), mis en place en réponse aux tremblements de terre qui ont touché la Turquie et la Grèce à la fin des années 1990. Avant la création de l’EADRCC, l’OTAN avait recours à un mécanisme d’aide d’urgence destiné à ses pays membres, qui avait été mis en place en 1953 suite aux inondations meurtrières qui avaient dévasté l’Europe du Nord, et les Pays-Bas en particulier.

    Pour permettre une meilleure compréhension du rôle que les forces armées peuvent être appelées à jouer en cas de catastrophe, l’OTAN organise des consultations et des exercices d’élaboration de scénarios auxquels participent des experts militaires et civils, avec le soutien du programme SPS.

    Sécurité énergétique – Protection des infrastructures énergétiques critiques

    Les catastrophes naturelles, notamment celles liées au changement climatique, peuvent endommager les infrastructures ou en perturber le fonctionnement et peuvent compromettre la sécurité énergétique. Ces risques ne laissent pas l’OTAN indifférente, en particulier car la plupart des Alliés et de leurs partenaires sont tributaires de fournisseurs étrangers pour leurs approvisionnements énergétiques, lesquels passent par des réseaux de pipelines et de câbles qui traversent de nombreux pays. 

    En ce qui concerne la sécurité énergétique, les Alliés sont convenus de discuter ensemble des risques immédiats, d’échanger des informations, de faire progresser la coopération internationale et régionale, de travailler sur la gestion des conséquences et de contribuer à la protection des infrastructures critiques. Depuis le début des années 2000, le programme SPS finance des projets qui explorent le lien entre infrastructures énergétiques et sécurité environnementale. 

    Efficacité énergétique et technologies innovantes dans le secteur militaire

    Reconnaissant la nécessité absolue de disposer de sources d’énergie sûres et fiables pour les opérations, et sachant que l’acheminement de l’énergie expose les convois de carburant et les forces armées à des risques majeurs, l’OTAN a lancé en 2011 une initiative de promotion de l’énergie intelligente, qui a rassemblé des représentants de l’Organisation et des experts nationaux des secteurs public et privé. En 2014, au sommet du pays de Galles, les dirigeants des pays de l’OTAN ont déclaré ce qui suit : « nous allons [...] nous employer encore à améliorer de manière significative l’efficacité énergétique de nos forces armées, et nous prenons note à cet égard du cadre pour la défense verte ».

    La diversification des sources d’énergie est une façon parmi d’autres d’accroître l’efficacité opérationnelle et l’autonomie dans le cadre des missions. En faisant appel à différentes sources d’énergie et en intégrant des technologies innovantes dans les plateformes et les systèmes militaires, notamment des réseaux intelligents s’appuyant sur les énergies renouvelables et les technologies de stockage d’énergie, il est possible de renoncer aux carburants classiques tout en maintenant le niveau d’efficacité des opérations militaires pendant des périodes plus longues et en réduisant leur empreinte environnementale. En outre, les systèmes intelligents, ainsi que les piles à hydrogène, permettent, entre autres, de réduire les signatures acoustique et thermique. 

    Politiques et normes

    L’OTAN a commencé à établir sa propre politique de protection de l’environnement à la fin des années 1970, sous la forme d’un certain nombre d’orientations et de normes. Aujourd’hui, les forces dirigées par l’OTAN doivent « s’attacher à respecter en toute circonstance les principes et politiques ayant trait à l’environnement ».

    Actuellement, deux groupes OTAN sont chargés d’étudier les questions de protection de l’environnement et de promouvoir la normalisation et la coopération en la matière entre les pays de l’Alliance et les pays partenaires ainsi qu’entre différents organismes OTAN et organisations internationales, qui participent régulièrement aux travaux en tant qu’observateur :

    • le Groupe de travail Protection de l’environnement (EPWG), qui relève du Bureau de normalisation Interarmées du Comité militaire, lequel rend compte au Comité militaire ;
    • l’Équipe de spécialistes Efficacité énergétique et protection de l’environnement (STEEEP), qui relève du Groupe capacitaire maritime sur la construction navale et la mobilité maritime, lequel rend compte à la Conférence des directeurs nationaux des armements par l’intermédiaire du Groupe OTAN sur l’armement des forces navales.

    L’objet des travaux de l’EPWG est de réduire les effets néfastes que peuvent avoir les activités militaires sur l’environnement. À cet effet, le Groupe élabore des politiques, des documents de normalisation, des orientations et des bonnes pratiques pour la planification et la conduite des opérations et des exercices.

    La STEEEP a quant à elle pour mission d’intégrer la réglementation en matière de protection de l’environnement et d’efficacité énergétique dans les spécifications techniques relatives aux armements, équipements et matériels se trouvant à bord des navires ainsi qu’aux activités d’interface navire-terre des forces navales des pays de l’Alliance et des pays partenaires.

    Le travail réalisé par les groupes d’experts pendant des dizaines d’années a ouvert la voie à l’élaboration d’une politique générale intitulée « Principes et dispositions militaires OTAN en matière de protection de l’environnement », adoptée par le Comité militaire de l’OTAN en 2003 et mise à jour en 2011. Ce document décrit les responsabilités qui incombent aux commandants en matière de protection de l’environnement au cours de la préparation et de l’exécution d’activités militaires. Il indique en outre qu’« une harmonisation des principes et des dispositions concernant l’environnement s’impose pour toutes les activités militaires dirigées par l’OTAN ». Il dispose que les commandants OTAN doivent appliquer « les mesures de protection de l’environnement les mieux adaptées » afin de réduire l’incidence des activités militaires sur l’environnement. Ce document est complété par plusieurs accords de normalisation OTAN (STANAG) et publications interalliées interarmées sur la protection de l’environnement (AJEPP), qui portent tous sur la protection de l’environnement dans le cadre des activités militaires dirigées par l’Organisation. On peut ainsi citer les documents suivants : Doctrine interarmées de l’OTAN relative à la protection de l’environnement au cours d’activités militaires dirigées par l’OTAN, Meilleures pratiques et normes en matière de protection de l’environnement dans les camps militaires lors d’opérations de l’OTAN et Meilleures pratiques en matière de protection de l’environnement pour la durabilité des zones d’entraînement militaires.

    Formation et exercices

    Pour que les normes environnementales en vigueur à l’OTAN soient respectées, le personnel militaire doit suivre une formation adéquate. S’il revient essentiellement aux pays de dispenser une telle formation, l’OTAN est déterminée à faire en sorte que les forces des Alliés reçoivent une formation commune au sujet de la protection de l’environnement et de l’efficacité énergétique. Le but est que le souci de la protection de l’environnement devienne partie intégrante du quotidien des militaires et que ceux-ci soient davantage responsabilisés. Pour cela, l’OTAN a désigné des officiers d’état-major chargés de faire de la protection de l’environnement une réalité aux niveaux stratégique, opératif et tactique. L’École de l’OTAN à Oberammergau et le Centre d’excellence pour le génie militaire proposent également des formations à la protection de l’environnement.

    Par ailleurs, l’OTAN a mis à profit divers exercices pour démontrer la viabilité des équipements militaires écoénergétiques. Ainsi, lors de plusieurs exercices de logistique, elle a montré comment l’utilisation d’énergie renouvelable (éolienne, solaire), associée à des solutions de stockage de l’énergie, permettait de réduire la consommation de diesel dans les camps militaires déployés à l’avant. Les bons résultats obtenus avec cette combinaison de combustibles fossiles et d’énergie renouvelable prouvent que l’efficacité énergétique et la réduction de l’empreinte environnementale ne se traduisent pas nécessairement par une diminution de l’efficacité opérationnelle. 

    Recherche et développement

    L’Organisation OTAN pour la science et la technologie (STO) encourage et facilite la réalisation de travaux de recherche portant sur des questions techniques pointues propres à la sphère militaire, notamment celles liées aux enjeux environnementaux. Les sous-comités techniques ou scientifiques de la STO, composés d’experts de l’OTAN et des États membres, sont ainsi à la recherche de solutions plus « vertes » et rendent compte de leurs travaux et études dans des rapports scientifiques. 

    Le Centre pour la recherche et l’expérimentation maritimes (CMRE) de la STO, situé à La Spezia (Italie), cherche à mesurer l’impact de l’environnement sur les opérations et inversement. Il a notamment réalisé une étude approfondie sur la manière dont les sonars affectent les mammifères marins, après quoi l’OTAN a établi un Code de conduite sur l’utilisation de sonars actifs destiné à assurer la protection des mammifères marins dans le cadre des activités maritimes de l’Alliance. Un autre projet a porté sur l’observation du climat dans le Grand Nord, et plus particulièrement sur les effets du changement climatique dans l’océan Arctique.

    Dans le cadre du programme SPS, des experts des pays membres de l’OTAN et des pays partenaires réfléchissent à des règles de conduite et à des solutions techniques susceptibles de réduire l’empreinte environnementale et énergétique des activités menées par l’OTAN. Ils étudient notamment la consommation énergétique des camps militaires dans le but de trouver les moyens d’améliorer l’efficacité énergétique et, en conséquence, l’efficacité globale des opérations. 

    Approche collaborative

    Les services et organismes de l’OTAN qui travaillent sur les questions environnementales collaborent activement avec d’autres organisations internationales, comme l’ONU et l’UE. Ils sont aussi en rapport avec l’industrie, le monde universitaire et les pouvoirs publics.
     

  • Répondre au changement climatique

    L’accélération alarmante du réchauffement climatique, la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes et l’aggravation des problèmes environnementaux de par le monde font du changement climatique un défi majeur de notre époque. Le changement climatique complique la gestion des ressources en eau douce et entraîne une raréfaction de l’eau en général, mais il entraîne aussi des problèmes sanitaires, le déclin de la biodiversité et des défis d’ordre démographique. Il a d’autres conséquences – famine, sécheresse et dégradation de l’environnement marin –, qui provoquent la perte de terres arables et la diminution des moyens de subsistance des populations affectées, et touchent de manière disproportionnée les femmes et les filles, ainsi que les populations pauvres et vulnérables.

    Le changement climatique est aussi un multiplicateur de menaces, qui a une incidence sur la sécurité de l’OTAN, sur ses opérations et sur ses missions, tant dans la zone euro-atlantique que dans le voisinage de l’Alliance. D’une part, il rend plus difficile l’accomplissement de leurs tâches par les forces armées. D’autre part, il fait évoluer l’environnement géopolitique en accroissant l’instabilité, en attisant la compétition géostratégique et en créant des conditions susceptibles d’être exploitées par des acteurs étatiques ou non-étatiques qui menacent l’Alliance ou la mettent au défi. L’augmentation des températures au sol, le dégel du pergélisol, la désertification, la fonte de la banquise et des glaciers, ainsi que l’ouverture de voies maritimes peuvent précariser les équilibres sur le plan de la sécurité. Le Grand Nord est à cet égard l’un des épicentres du changement climatique.

    Le changement climatique influe sur l’environnement opérationnel actuel et il en sera de même demain. Dans des conditions rendues plus difficiles, les forces armées vont devoir veiller à conserver leur efficacité opérationnelle. L’élévation des pics de température, la montée du niveau de la mer, l’importante évolution des régimes de précipitations et les phénomènes météorologiques extrêmes mettent à l’épreuve la résilience des armées et des infrastructures. Par exemple, la hausse des températures, associée à des modifications de la pression atmosphérique (altitude-pression), peut avoir une incidence néfaste sur les performances des aéronefs à voilure fixe ou tournante et sur la capacité de transport aérien. De même, pour prévenir le risque de surchauffe des aéronefs militaires, en particulier de leurs délicats appareils électroniques, et des équipements des bases aériennes, il est nécessaire d’accroître l’effort logistique et la consommation d’énergie. Par ailleurs, de nombreux itinéraires de transport empruntent des routes côtières, qui sont particulièrement vulnérables aux conditions météorologiques extrêmes. Tous ces éléments représentent un défi du point de vue de l’ingénierie et du développement de technologies, et ils doivent également être pris en compte dans les scénarios de planification opérationnelle.

    En mars 2021, les ministres des Affaires étrangères des pays de l’OTAN ont entériné un agenda sur le changement climatique et la sécurité. Lors du sommet de l’OTAN de Bruxelles, le 14 juin 2021, les dirigeants de l’Alliance ont approuvé un plan d’action OTAN sur le même thème, afin de faire de l’OTAN l’organisation internationale de référence s’agissant de comprendre les incidences du changement climatique sur la sécurité et de s’y adapter. Le plan d’action prévoit une approche à 360 degrés et comprend des mesures destinées à sensibiliser davantage les Alliés à l’impact du changement climatique sur la sécurité. Il décrit en outre des mesures d’adaptation et d’atténuation claires et préconise une ouverture plus poussée, en veillant à ce que la crédibilité de la posture de dissuasion et de défense ne soit pas compromise.

    Efforts de sensibilisation. L’OTAN réalisera chaque année une étude des incidences du changement climatique sur la sécurité. Il s’agira d’analyser l’impact du changement climatique sur l’environnement stratégique de l’OTAN ainsi que sur ses moyens, ses installations, ses missions et ses opérations. L’OTAN tiendra également compte du changement climatique dans ses évaluations portant sur les risques en matière de sécurité et sur la résilience, ainsi que dans les avis civils concernant la situation en matière de sécurité dans les régions présentant un intérêt particulier. En outre, l’OTAN mettra à profit ses programmes scientifiques et technologiques, et les communautés qui s’y rattachent, pour soutenir la recherche relative aux incidences du changement climatique sur la sécurité, en y intégrant la dimension de genre, conformément à la politique OTAN sur les femmes, la paix et la sécurité.

    Efforts d’adaptation. L’OTAN prendra en compte le changement climatique dans les travaux qu’elle mène en ce qui concerne la résilience, la préparation du secteur civil, la planification de défense, la mise en place de capacités, les moyens et installations, les normes, l’innovation, la formation, les exercices et la réponse aux catastrophes. Elle examinera aussi la nécessité d’adapter ses capacités au changement climatique, particulièrement pour ce qui est de ses pratiques d’acquisition et de son partenariat avec l’industrie. Par ailleurs, elle évaluera les répercussions que le changement climatique pourrait avoir sur sa posture de dissuasion et de défense, et notamment sur la disponibilité opérationnelle, la facilitation, le renforcement et la mobilité militaire.

    Efforts d’atténuation des effets du changement climatique. L’Alliance mettra au point une méthode OTAN de cartographie et d’analyse des émissions de gaz à effet de serre liées aux activités et aux installations militaires. Cette méthode aidera les Alliés dans le travail d’évaluation de leurs émissions et pourrait faciliter la définition d’objectifs volontaires de réduction des émissions du secteur militaire. De plus, les données relatives à la demande et à la consommation énergétiques dans le secteur militaire pourraient éclairer les décisions d’investissement des Alliés, aider à définir l’apport des technologies émergentes et des technologies de rupture ainsi que des innovations technologiques écoénergétiques et durables, et guider la planification opérationnelle. Pour mettre au point cette méthode, l’OTAN s’appuiera sur les bonnes pratiques des Alliés et pourra également mettre à profit l’expertise des pays partenaires et d’autres organisations internationales, notamment l’UE. L’OTAN examinera en outre s’il est possible d’accorder une plus grande place aux technologies innovantes à faible taux d’émission de carbone au travers de ses pratiques d’acquisition.

    Efforts d’ouverture sur l’extérieur. L’OTAN développera les échanges avec les pays partenaires ainsi qu’avec les organisations internationales et régionales qui s’intéressent de près à la problématique du changement climatique et de la sécurité, telles que l’Union européenne et l’Organisation des Nations unies, selon les besoins. Elle intensifiera le dialogue sur le changement climatique et la sécurité avec la société civile, les milieux universitaires et l’industrie, pour faire avancer ses travaux et contribuer à l’effort global de réponse au changement climatique.

  • Évolution

    Sur la base du dispositif d’aide d’urgence qu’il avait établi au début des années 1950, l’OTAN a créé en 1969 le Comité sur les défis de la société moderne (CDSM), prenant ainsi acte pour la première fois de la problématique environnementale. Le CDSM administrait des études et des bourses relatives à des questions telles que la pollution atmosphérique, la pollution sonore, les soins de santé avancés et l’élimination des déchets dangereux.

    Vers la fin des années 1970, l’OTAN a commencé à élaborer sa propre politique de protection de l’environnement. Celle-ci a pris la forme de diverses orientations et normes, qui ont été adaptées au fil du temps.

    Dans les années 1990, l’OTAN a commencé à travailler sur la préparation du secteur civil et la réponse aux catastrophes environnementales. À la même époque, elle a entamé une collaboration avec les pays partenaires, organisant à leur demande des activités de coopération portant sur différents thèmes considérés comme prioritaires, parmi lesquels la sécurité environnementale. Vers la fin de cette décennie, le Centre euro-atlantique de coordination des réactions en cas de catastrophe (EADRCC) a été créé.

    En 2003, le Comité militaire de l’OTAN a adopté un document de politique générale intitulé « Principes et dispositions militaires OTAN en matière de protection de l’environnement », qui a été mis à jour en 2011.

    En 2006, le Comité scientifique et le CDSM ont fusionné, et le programme pour la science au service de la paix et de la sécurité (SPS) a vu le jour. Sous son égide sont mises sur pied des initiatives portant sur des priorités clés, parmi lesquelles la sécurité environnementale.

    Dans son concept stratégique de 2010, l’OTAN a reconnu pour la première fois le changement climatique en tant que défi pour la sécurité.

    En 2012, l’Organisation OTAN pour la science et la technologie (STO) a été créée afin de promouvoir et d’encadrer la réalisation de travaux de recherche dans différents domaines, dont les questions environnementales.

    Lors du sommet du pays de Galles en 2014, les dirigeants de l’OTAN ont déclaré que les pays de l’Alliance « [s’emploieront] encore à améliorer de manière significative l’efficacité énergétique de [leurs] forces armées » et ont adopté le cadre pour la défense verte, qui comporte de nombreuses suggestions à cet égard.

    À la réunion des dirigeants des pays de l’Alliance tenue en 2019 à Londres, l’OTAN s’est engagée dans un processus de réflexion prospective – l’initiative OTAN 2030 –, qui fait de l’impact du changement climatique sur la sécurité l’un des grands axes de travail de l’Alliance.

    En mars 2021, les ministres des Affaires étrangères des pays de l’OTAN ont entériné un agenda sur le changement climatique et la sécurité, qui prévoit une approche à 360 degrés et comprend des mesures destinées à sensibiliser davantage les Alliés aux incidences du changement climatique sur la sécurité.

    Lors du sommet de Bruxelles, le 14 juin 2021, les dirigeants de l’Alliance ont approuvé un plan d’action sur le changement climatique et la sécurité. Le but est que l’OTAN devienne l’organisation internationale de référence s’agissant de comprendre les incidences du changement climatique sur la sécurité et de s’y adapter.

    En novembre 2021, au cours d’une table ronde de haut niveau qui a eu lieu en marge de la 26e conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 26) à Glasgow (Royaume-Uni), le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a expliqué quels étaient les grands axes du plan d’action sur le changement climatique et la sécurité, en insistant sur les points clés que sont la sensibilisation, l’atténuation des effets et l’adaptation.