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Le débat de fond organisé en décembre par le Bureau de la conseillère pour les questions de genre (GENAD) de l’EMI a porté sur les difficultés relatives à l’intégration de la dimension de genre dans les opérations de sûreté maritime et la nécessité d’une telle intégration. Les grands défis de l’heure dans le domaine de la sûreté maritime concernent la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), la traite et le trafic des êtres humains, le trafic d’armes et de drogue, le travail forcé, l’esclavage, la piraterie et le changement climatique.
Le Bureau de la GENAD a eu le plaisir d’accueillir un panel d’experts composé de M. Ioannis Chapsos, responsable de la recherche sur la sûreté maritime au Centre pour la paix et la sécurité de l’Université de Coventry, de Mme Carrie Compton, ancienne GENAD de la 6e flotte de la marine des États-Unis, et de Mme Aysegul Binali, GENAD du Commandement de forces interarmées de Norfolk (JFCNF) et membre du personnel civil international de l’OTAN.
M. Chapsos a ouvert le débat en remettant en question la tendance à considérer le milieu maritime comme un espace bien délimité. Il a évoqué la notion de « lien terre-mer », qui désigne la continuité entre l’espace terrestre et l’espace maritime, et qui est associée à des défis comme à des solutions en matière de sécurité. Bien que la criminalité maritime soit, par définition, un phénomène se produisant en mer, elle dépend des infrastructures terrestres, sur lesquelles elle a des effets collatéraux. Dans le milieu maritime aussi, l’observation des tendances actuelles permet de dégager des considérations liées au genre. Ainsi, alors que les victimes et les auteurs d’actes de piraterie sont en majorité des hommes, certaines femmes s’en rendent néanmoins complices – elles financent des opérations à terre et y participent – alors que d’autres en sont parfois victimes – quand elles sont exploitées sexuellement par ces groupes ou qu’elles subissent les conséquences indirectes de la piraterie au sein de leur communauté, par exemple en cas de décès ou d’emprisonnement d’un homme. Il convient d’être attentif à ces différents éléments pour avoir une vision globale du domaine de la sûreté maritime qui tienne compte des aspects liés au genre.
La GENAD du JFCNF, Mme Binali, a souligné la pertinence des politiques et du cadre généraux de l’OTAN pour la mise en œuvre de la dimension de genre dans les opérations militaires multimilieux, et surtout dans le milieu maritime. Elle a expliqué que les commandements étaient tous dotés de GENAD et de personnes de référence pour les questions de genre (GFP), dont le rôle est essentiel pour intégrer les considérations relatives aux femmes, à la paix et à la sécurité (FPS) dans les opérations et missions. Enfin, elle a indiqué que l’analyse de genre fondée sur des données ventilées aidait à mieux comprendre l’environnement humain nécessaire à la sûreté maritime, et permettait d’assurer l’efficacité opérationnelle, ainsi que la coordination et la liaison avec des entités non OTAN (p. ex. l’Union européenne).
Forte de son expérience de collaboration avec des partenaires en Europe et en Afrique, Mme Compton s’est penchée sur la manière de susciter l’adhésion aux programmes FPS. L’intégration des axes de travail FPS dans les objectifs militaires établis facilite le consensus et démontre la nécessité de prendre en compte la dimension de genre dans les opérations. Mme Compton a par ailleurs rappelé l’importance de remettre en question les biais cognitifs inconscients dans le milieu maritime. À titre d’exemple, lors d’opérations de reconnaissance, de visite, de perquisition et de saisie (VBSS), les commandants devraient s’interroger sur l’influence qu’exercent les idées que l’on se fait des auteurs d’actes de violence et des victimes sur les décisions opérationnelles.
Mme Compton et M. Chapsos ont tous deux insisté sur la complexité des défis actuels de la sûreté maritime, évoquant la pêche INN sous l’angle de la dimension de genre. Bien que l’OTAN ne soit pas la principale entité à laquelle il revient de s’attaquer à de telles activités illicites, la question concerne néanmoins de nombreux Alliés et pays partenaires, et elle s’entremêle avec d’autres enjeux et menaces relatifs à la sûreté maritime. Alors que les stocks de poissons sont en voie d’épuisement, il arrive que des navires de pêche opèrent illégalement dans les zones économiques exclusives d’autres pays, accentuant la concurrence face à des ressources limitées. La recherche des auteurs d’actes illicites est en outre compliquée par la falsification des données du système d’identification automatique (Automatic Identification System, ou AIS) et par l'utilisation de faux drapeaux, tactiques qu’emploie également la flotte fantôme russe. S’il survenait, l’effondrement des industries de la pêche aurait un impact considérable sur les moyens de subsistance des populations locales. Il est important de se rappeler qu’hommes, femmes, garçons et filles peuvent être affectés différemment par un même défi de sécurité. Ainsi, les femmes, nombreuses à travailler dans le secteur de la pêche artisanale, seraient touchées de manière disproportionnée par un effondrement des stocks de poissons, tandis que les hommes seraient plutôt touchés par les pratiques de travail illégal auxquelles se livrent les navires de pêche INN.
Comprendre le lien terre-mer et recueillir des données ventilées par sexe et par âge contribue à une représentation de l’environnement humain dans le milieu maritime qui tient compte de la dimension du genre et remet en question le postulat « les hommes en mer, les femmes à terre ». Les facteurs à l’origine de ces défis de sécurité sont d’une telle complexité qu’ils ne peuvent être résolus par la seule force militaire. Le débat de fond, qui a mis en valeur l’intégration renforcée de la dimension de genre dans les opérations de sûreté maritime grâce au déploiement de GENAD et de GFP, a fait ressortir la nécessité de collaborer avec des partenaires locaux pour accroître les capacités et aborder dans leur globalité les défis de la sûreté maritime.