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Lorsqu'on lui demande si elle a honte des graffiti qui couvrent les murs autour d'elle, Khalida, anesthésiste dans l'un des hôpitaux de la ville, répond sans hésitation. «Au contraire, nous en sommes très fiers,» dit-elle, «au moins, nous nous exprimons et nous avons l'impression que les choses bougent.»

Dans d'autres villes du monde, ces graffiti seraient considérés comme du vandalisme, mais les Tripolitains adorent ces nouvelles images colorées dans leur paysage urbain. Ces couleurs inattendues dans une ville aux tons passés annoncent une ère nouvelle dans la vie culturelle de la Libye.

Les murs de béton sont désormais le support sur lequel s'exprime la créativité refoulée de la ville. On peut y voir des caricatures de Kadhafi sous les traits d'un rat, lire des slogans révolutionnaires ou admirer des visions utopiques de l'avenir d'une Libye où les gratte-ciel sont flambant neufs et où des familles se promènent dans le parc. Dans les rues, on voit surtout le rouge, le vert et le noir du drapeau révolutionnaire.

La grande majorité des graffiti reproduit les slogans et les images politiques de la révolution qui a embrasé la ville au mois d'août. «Je suis libyen... je suis libre,» des mots inscrits sur un mur en lettres d'un mètre de haut et qui débordent d'optimisme. D'autres sont de simples dessins au pochoir d'une des images symboliques du conflit, une camionnette armée d'une mitrailleuse.

Révolution artistique

Sous le régime de Kadhafi, il était interdit d'afficher des écrits ou des dessins dans les lieux publics. Un artiste pouvait gagner correctement sa vie en peignant des portraits du dirigeant libyen sous les traits nobles d'un chef d'État, mais il ne pouvait pas exprimer librement ses opinions.

Les auteurs de ces dessins créatifs expliquent qu'il aurait été impensable de se livrer à de telles activités sous le régime précédent. «Si j'avais fait ces dessins alors que Kadhafi était encore au pouvoir, j'aurais été exécuté, et ma famille aurait été arrêtée ou même aussi tuée,» dit Abdoul, étudiant en droit à l'université de Tripoli et dessinateur.

La révolution a permis aux artistes libyens de se libérer des contraintes que leur imposait le régime. «Dès que j'ai commencé à peindre, je me suis senti renaître,» dit Abdoul. «Nous avons redécouvert la vie, moi et mes voisins du quartier, nous sortons du néant et nous sommes aujourd'hui bien ancrés dans le présent.»

Des noms inscrits sur un mur

Mais les dessins ne parlent pas seulement de politique ; ils évoquent souvent les sacrifices qui ont été faits.

Dans un quartier résidentiel tranquille, on peut lire sur un mur les noms de ceux qui sont tombés dans les combats contre les partisans de Kadhafi. Un bras puissant brandissant un drapeau révolutionnaire surmonte les noms calligraphiés avec soin. La peinture décolorée appliquée il y a plusieurs mois côtoie les noms aux couleurs plus foncées de personnes tuées récemment. Il reste encore de l'espace sur ce mur ; espérons qu'il ne sera pas rempli.

Un regard tourné vers l’avenir

Les graffiti de Mohammed Al Zokar, qui a séjourné aux Pays-Bas, sont teintés d'influences occidentales. Vêtu d'un treillis ample et d'un t-shirt «No Fear», il travaille à la bombe en écoutant de la musique techno sur son lecteur MP3. Alors que d'autres prenaient les armes, Mohammed a pris son pinceau pour exprimer son espoir de paix. «Je n'ai pas choisi les armes parce qu'elles font du mal,» dit Mohammed, «J'aime voir les gens danser, être heureux, chanter et se marier. Je ne veux voir que du bonheur et de l'amour dans notre pays.»

Mohammed, comme beaucoup d'autres artistes, porte un regard vers l'avenir dans ses dessins ; il imagine son pays dans dix ans et il espère que ce nouveau départ plein de promesses apportera le bel avenir qu'il appelle de ses vœux. «Dans mon optique de peintre, il me faut quelque chose après Kadhafi,» fait observer Abdoul. «Je ne veux plus revivre le temps de l'injustice. Après Kadhafi, il nous faut la liberté, de nouvelles idées, de nouveaux points de vue et d'autres opinions.»

Certains graffiti ne sont que des slogans barbouillés sur un mur, mais la plupart ont un certain charme. Techniques prometteuses et grands talents sont légion. Observant les graffiti d'un œil admiratif depuis son magasin de confection féminine, Adel Mojan confie «Je trouve ces dessins très beaux, il s'en dégage la créativité et le talent de la jeunesse libyenne.»

Grâce à ces artistes, les rues de Tripoli ont retrouvé un certain optimisme au lendemain de la révolution. Les artistes n'ont peut-être pas participé aux combats, mais parfois les écrits ont plus de poids que les armes.

«C'est de la peinture et elle nous procure un sentiment de liberté», dit Lamis, une adolescente qui passait dans la rue. «Les artistes en Libye font quelque chose, c'est modeste, mais c'est quelque chose quand même.»