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« Je ne veux pas mourir comme Elvis », c’est la première pensée qui est venue à l’esprit de Melissa Preen, journaliste de NATO TV, lorsqu’elle a été prise d’une envie intempestive pendant un combat d’artillerie avec les talibans.

Une nuit dans le Wardak en Afghanistan, une attaque surprise à la roquette pendant son « incorporation » dans une unité de 12 soldats américains ne lui a laissé que le temps de filmer les combats, écouter son cœur battre la chamade et se retenir.

« C’était un véritable déchaînement sur les flancs de la colline d’où avait été tirée la roquette, » dit-elle. « La plupart des gens ne retrouveront jamais dans une telle situation, mais… je dois dire franchement que je ne savais pas si j’étais plus exaltée qu’effrayée. »

Caméra au poing, le cœur battant, en proie à un afflux d’adrénaline, Mel Preen a réussi à filmer les combats pendant 20 minutes avant de tout lâcher pour se ruer vers des toilettes improvisées alors que des roquettes tombaient autour d’elle.

Je ne pouvais pas m’empêcher de penser à la mort d’Elvis, dit-elle en riant avant d’ajouter qu’elle s’est sentie coupable d’avoir eu besoin de se soulager. Selon elle, c’est l’image qui montre précisément ce que les soldats voient et vivent sur le terrain. « On se sent donc coupable si on ne parvient pas à filmer l’action. »

Correspondant de guerre, une vocation

Alors que Mel Preen a toujours voulu être correspondante de guerre, sa collègue Ruth Owen, elle, n’a jamais cherché à imiter Kate Adie, même si elle admire beaucoup travail de celle-ci.

Lorsque Ruth Owen s’est retrouvée à Kaboul, après avoir accepté cette mission pour parfaire ses talents de journaliste, elle n’avait pas imaginé vivre dans une capitale débordante de vitalité où elle passerait ses loisirs à conseiller des groupes rock de la ville.

« [Ici en Afghanistan], j’ai vu beaucoup de journalistes obligés par leur rédaction à rendre compte des violences perpétrées, » dit Ruth Owen, qui ajoute que souvent ils ne couvrent que les attentats à la bombe et les combats. « C’est ce qui m’a incité à faire des reportages de fond, qui vous donne l’occasion de traiter un sujet en profondeur… Voilà ce qui est important et j’essaie de ne jamais l’oublier ; le journaliste a pour rôle de raconter ce qui arrive aux autres. »

Un métier d’homme pour une femme

L’intensité de l’environnement attire les meilleurs journalistes, hommes et femmes, qui ont besoin de leur dose d’adrénaline et se retrouvent sur la ligne de front de l’information.

« Dans le Sud de l’Afghanistan, c’est sans aucun doute un avantage d’être une femme [occidentale], » dit Ruth Owen. « Les Afghans y sont plus conservateurs et ont tendance à vous considérer comme un troisième sexe – ni homme ni femme. Ils font comme si vous n’existiez pas, ce qui permet de réaliser plus facilement des plans rapprochés. »

Mais ce n’est pas le cas dans le Nord et Ruth Owen reconnaît y avoir reçu un certain nombre de demandes en mariage inopportunes.

Pendant le tournage d’un reportage sur la formation de policiers afghans, Mel Preen dit que le comportement des recrues à son égard a gâché son film. Ensuite, alors que le groupe était aligné pour l’entraînement au tir, le chef a pointé son AK-37 chargé vers la tête de la journaliste en s’esclaffant.

« J’étais furieuse, » dit-elle. « Je me suis emportée. Je l’ai traité de tous les noms, mais ce qui m’a le plus contrariée, c’est que ses mentors ne l’ont même pas réprimandé. »

Une autre fois, un député afghan lui accordé une interview, puis il lui a proposé de passer la nuit chez lui et de prendre le petit déjeuner le lendemain matin. « Je ne pense pas qu’il se serait montré aussi accueillant à l’égard de mes collègues masculins, » dit Mel Preen. « Inutile de préciser que j’ai refusé. »

Une femme journaliste en Afghanistan est constamment confrontée à ce genre de situation. « Si vous n’aimez pas être dévisagée, il ne faut pas travailler ici, » dit-elle. « « C’est ce que font la majorité des hommes dans ce pays, depuis les policiers aux postes de contrôle jusqu’aux serveurs dans les restaurants. Les occidentales attirent les regards. »

La communication avec les Afghanes

Le fait d’être une femme présente toutefois un avantage, il facilite le contact avec les Afghanes.

Après de longues négociations avec les anciens d’un village, Ruth Owen a pu entrer en contact avec des femmes qui séjournaient dans une maison fortifiée. « Elles sont entrées discrètement sans dire un mot, revêtues d’une burqa. Puis quand la porte a été fermée, elles ont ôté leur burqa et se sont mises à crier et à rire, visiblement la bonne humeur régnait », explique Ruth.

Elle ajoute que l’Afghanistan lui a appris à ne pas avoir d’idées toutes faites sur les gens. Aux yeux du monde, ces femmes apparaissent comme très réservées, mais c’est souvent elles qui font la loi à la maison.

« Le port du voile me contrarie, » dit Mel Preen. « Il y a quelques jours, je bavardais avec un groupe d’Afghanes et j’ai demandé à l’une d’elles pourquoi elle portait la burqa. Elle m’a répondu que son père l’y obligeait mais qu’elle détestait cela. Cette tenue lui donne des étourdissements et elle a souvent des malaises. »

Évolution des mentalités

Même si les anecdotes que nous ont confiées les journalistes ne manquent pas d’humour, elles reconnaissent toutes les deux qu’il n’est pas toujours facile d’être une femme sur le front. Souvent les militaires ne voient pas d’un très bon œil « l’incorporation » de femmes journalistes dans les zones dangereuses, dit Ruth Owen, qui a été elle-même transférée il y a un an vers une région plus calme du pays.

« Avant de venir en Afghanistan, je rendais compte des dernières nouveautés technologiques, » dit Ruth Owen. « Aujourd’hui, j’ai affaire à des adultes qui risquent leur vie et les armes ont remplacé les gadgets. » Elle ajoute que dans le monde du journalisme, une femme doit toujours faire ses preuves pour éviter la discrimination.

Mel Preen est d’accord, mais elle précise que la présence d’une femme sur le front peut mettre en danger la vie des soldats qui, instinctivement, chercheront à la protéger. Et d’ajouter « J’aime leur rappeler que je suis une femme, pas une handicapée. »