Les relations entre l’OTAN et la Serbie

  • Mis à jour le: 01 Dec. 2016 11:29

Contrairement à d'autres partenaires des Balkans occidentaux, la Serbie n'aspire pas à devenir membre de l'Alliance. Toutefois, le pays approfondit le dialogue politique et la coopération avec l'OTAN sur des questions d'intérêt commun. Le soutien aux réformes démocratiques, institutionnelles et de défense est ainsi l'un des éléments prioritaires du partenariat de l'OTAN avec la Serbie.

Points principaux

  • L'OTAN et la Serbie ne cessent de renforcer la coopération et le dialogue depuis que le pays a adhéré au programme du Partenariat pour la paix (PPP) et est devenu membre du Conseil de partenariat euro-atlantique (CPEA) en 2006.
  • L'OTAN respecte pleinement la politique de neutralité militaire de la Serbie.
  • Le Kosovo demeure un sujet central du dialogue : la Force pour le Kosovo (KFOR) dirigée par l'OTAN continue d'assurer sur place un environnement sûr et sécurisé.
  • Les Alliés saluent les progrès accomplis grâce au dialogue entre Belgrade et Pristina facilité par l'Union européenne et l'engagement des deux parties à normaliser leurs relations.
  • En janvier 2015, la Serbie a décidé d'approfondir la coopération avec l'OTAN dans le cadre d'un plan d'action individuel pour le partenariat (IPAP).

Pour en savoir plus

  • Domaines clés de la coopération

    Coopération dans le domaine de la sécurité

    La coopération dans le domaine de la sécurité fait une grande place à la formation. Des militaires serbes participent ainsi régulièrement à des activités organisées au titre du programme du Partenariat pour la paix (PPP). Les entraînements et les exercices menés avec l'OTAN et différents Alliés permettent d'assurer que les militaires serbes sont à même de travailler efficacement et en toute sécurité au sein des missions de l'ONU et de l'UE auxquelles la Serbie participe.

    Par ailleurs, le centre de formation aux incidents chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN) de Kruševac a été reconnu en 2013 comme centre OTAN de formation et d’entraînement des partenariats, ouvrant ainsi ses activités aux Alliés et aux partenaires.

    Le Kosovo est, bien évidemment, un élément clé du dialogue entre l'OTAN et la Serbie. L’Alliance est intervenue militairement au début de 1999 pour mettre un terme à la violence au Kosovo, où elle a ensuite déployé la Force pour le Kosovo (KFOR) dans le but de créer les conditions de sûreté et de sécurité nécessaires et de faciliter la reconstruction.

    La KFOR demeure indispensable pour garantir la sécurité au Kosovo. Elle restera donc sur place en vertu de la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l’ONU pour veiller au maintien d'un environnement sûr et sécurisé et assurer la liberté de circulation pour tous.

    Les forces armées serbes ont coopéré avec la KFOR pendant de nombreuses années par l’intermédiaire de la Commission mixte d’application (JIC), sur la base de l’accord militaro-technique de 1999 conclu entre la KFOR et les forces armées serbes (accord de Kumanovo).

    Réforme du secteur de la défense et de la sécurité

    La réforme du secteur de la défense et de la sécurité est elle aussi au cœur de la coopération entre l’OTAN et la Serbie. La Serbie est déterminée à développer, au travers du processus de réforme, un système de défense efficace et économiquement viable, et doté d'une armée moderne, professionnalisée et performante. Elle est également déterminée à développer la capacité de ses forces à participer à des opérations multinationales placée sous mandat de l'ONU et à des opérations de gestion de crise dirigées par l'UE, deux domaines dans lesquels l'OTAN et les Alliés ont une expertise considérable à partager.

    La coopération s’exerce notamment dans le cadre du Groupe OTAN-Serbie sur la réforme de la défense (DRG), qui a été établi par l’OTAN et la Serbie en février 2006 dans le but de donner aux autorités serbes les avis et l'assistance nécessaires pour réformer et moderniser les forces armées du pays, et de mettre en place une structure de défense moderne, abordable du point de vue financier et soumise à un contrôle démocratique.

    La Serbie participe aussi au processus de planification et d’examen (PARP) du Partenariat pour la paix (PPP) depuis 2007. Le PARP offre un instrument structuré permettant de recenser les forces et les capacités susceptibles d’être mises à la disposition de l’Alliance pour des activités d’entraînement, des exercices et des opérations à caractère multinational. Il sert également d'outil de planification permettant d'orienter et d’évaluer les progrès en matière de transformation et de modernisation de l’appareil militaire et de défense.

    Les réformes mises en chantier dans le cadre du DRG et du PARP s'appuient sur des activités d'entraînement et d'exercices.

    Renforcer la bonne gouvernance dans les institutions de défense est une priorité pour le ministère serbe de la Défense. Ce dernier participe activement au programme OTAN pour le développement de l’intégrité, un programme de développement des capacités de défense qui vise à mettre au point des outils pratiques destinés à renforcer l’intégrité, la transparence et la redevabilité ainsi qu'à réduire le risque de corruption dans le secteur de la défense et de la sécurité.  Après avoir rempli le questionnaire OTAN d'autoévaluation sur le développement de l'intégrité et mené à bien le processus d'évaluation collégiale en novembre 2012, le ministère de la Défense a commencé à appliquer les recommandations qui en ont découlé.  Par ailleurs, la Serbie contribue au développement du volet « formation » du programme en accueillant des ateliers et en échangeant, avec les pays membres et les pays partenaires de l'OTAN participant au programme, des informations sur les meilleures pratiques et les enseignements tirés.

    Les Alliés apportent leur soutien à un certain nombre de projets relevant de fonds d’affectation spéciale OTAN/PPP en Serbie. Un de ces projets, achevé en 2003, a permis de détruire 28 000 armes légères et de petit calibre excédentaires, et un autre, terminé en 2007, a permis de détruire sans risque 400 000 mines terrestres. Un troisième projet visant à détruire environ 2 000 tonnes de munitions et d'explosifs excédentaires est en préparation.

    Un autre projet financé par un fonds d'affectation spéciale qui visait à trouver de nouveaux moyens de subsistance pour les anciens membres des forces armées serbes s'est achevé en 2011. L'exécution de ce projet avait été confiée à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Ce projet, qui a duré cinq ans et coûté 9,6 millions d’euros, a aidé près de 6 000 militaires dégagés des cadres en Serbie à créer une petite entreprise.

    Coopération scientifique dans le domaine de la sécurité

    Depuis 2007, la Serbie participe activement au programme OTAN pour la science au service de la paix et de la sécurité (SPS). Le programme SPS permet, dans une optique de renforcement de la sécurité des pays de l’OTAN et des pays partenaires, une collaboration étroite sur des questions d’intérêt commun. En appuyant des projets multinationaux, en particulier d'envergure régionale, il cherche à apporter une réponse aux défis de sécurité émergents, à soutenir les opérations dirigées par l’OTAN et à améliorer la prévention des catastrophes et des crises grâce à des capacités d'alerte rapide et d'anticipation.

    C’est ainsi qu’aujourd’hui, des scientifiques et des experts serbes travaillent sur des questions de sécurité très diverses, notamment la sécurité énergétique, la lutte contre le terrorisme et la défense contre les agents chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN). Dans le cadre d'une récente série d'ateliers financés par le programme SPS et dirigés par la Serbie et les États-Unis, des experts ont également mis au point un tableau d'évaluation pour la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité. Cette série d'indicateurs permettra de déterminer comment les pays de l'Alliance et les pays partenaires intègrent la dimension de genre dans les opérations militaires.

    Information du public

    La Serbie et l’OTAN ont pour objectif d'améliorer l'accès du public à l'information pour le sensibiliser aux avantages offerts par la coopération avec l’OTAN et lui faire connaître les principaux éléments de cette coopération. La mise en place d’une stratégie de communication ambitieuse et efficace est un élément important de la coopération menée dans le cadre du PPP, un processus auquel est associé le Bureau de liaison militaire à Belgrade.

    Dans chaque pays partenaire, l’ambassade d’un des États membres de l’OTAN joue le rôle d'ambassade point de contact et sert d’intermédiaire pour la diffusion d’informations sur la mission et les politiques de l'Alliance. Actuellement, l’ambassade point de contact de l’OTAN en Serbie est l'ambassade de la République slovaque.