Relations avec l’Union européenne

  • Mis à jour le: 26 Jun. 2018 12:56

Confrontées aux mêmes enjeux stratégiques et aux mêmes défis, l'OTAN et l'Union européenne (UE) coopèrent sur des questions d’intérêt commun, travaillent ensemble dans divers domaines, tels que la gestion de crise et le développement capacitaire, et procèdent à des consultations politiques. L’UE est un partenaire unique et essentiel pour l’OTAN. Les deux organisations sont composées en grande partie des mêmes États et partagent les mêmes valeurs.

NATO Secretary General Jens Stoltenberg meets with the President of the European Council, Donald Tusk

 

Points principaux

  • L’année 2001 a marqué le début des relations institutionnalisées entre l'OTAN et l'UE, qui sont fondées sur les mesures prises pendant les années 1990 en faveur d’une plus grande responsabilité européenne dans le domaine de la défense (coopération entre l’OTAN et l’Union de l’Europe occidentale1).
  • La déclaration OTAN-UE sur la politique européenne de sécurité et de défense (PESD), adoptée en 2002, a défini les principes politiques sur lesquels repose la relation, et elle a confirmé l'accès assuré de l'UE à des capacités de planification de l'OTAN pour ses propres opérations militaires.
  • En 2003, les arrangements « Berlin plus » ont posé les fondements nécessaires pour que l'Alliance puisse soutenir des opérations dirigées par l'UE dans lesquelles l'OTAN dans son ensemble n'est pas engagée.
  • Au sommet de Lisbonne, en 2010, les Alliés ont souligné qu’ils étaient déterminés à renforcer le partenariat stratégique OTAN–UE. Avec le concept stratégique de 2010, l'Alliance s'est engagée à travailler plus étroitement avec d’autres organisations internationales afin de prévenir les crises, de gérer les conflits et de stabiliser les situations post-conflit.
  • À Varsovie, en juillet 2016, les deux organisations ont dressé une liste des domaines dans lesquels elles souhaitaient intensifier leur coopération compte tenu des défis communs auxquels elles étaient confrontées à l’est et au sud : lutte contre les menaces hybrides, accroissement de la résilience, renforcement des capacités de défense, cyberdéfense, sûreté maritime, exercices, etc.. Les ministres des Affaires étrangères des pays de l'OTAN ont ensuite entériné, en décembre 2016, quarante-deux mesures visant à faire avancer la coopération entre l'OTAN et l'UE dans les domaines ainsi définis. D’autres domaines de coopération ont été arrêtés en décembre 2017.
  • Une coopération étroite entre l'OTAN et l'UE est importante pour l’élaboration d'une « approche globale » internationale de la gestion de crise et des opérations, qui exige une mise en œuvre efficace de moyens militaires et civils.
  • L'OTAN et l'UE ont actuellement vingt-deux membres en commun2.
  • Vers un partenariat plus stratégique

    Renforcer le partenariat stratégique entre l’OTAN et l’UE est particulièrement important eu égard au contexte de sécurité actuel, qui place les deux organisations et leurs membres face aux mêmes défis, émanant de l'est et du sud.

    À Varsovie, en juillet 2016, les dirigeants des pays de l’Alliance ont souligné que l’UE demeurait un partenaire unique et essentiel pour l’OTAN. Des consultations renforcées à tous les niveaux et la coopération pratique qui s’exerce dans le cadre des opérations et du développement capacitaire ont permis d’obtenir des résultats concrets. Compte tenu des défis de sécurité auxquels les deux organisations sont confrontées dans leurs voisinages communs à l’est et au sud, il importe plus que jamais de renforcer le partenariat stratégique.

    Les dirigeants des pays de l’Alliance ont salué la déclaration commune publiée à Varsovie par le secrétaire général de l’OTAN, le président du Conseil européen et le président de la Commission européenne, laquelle présente une série de mesures que les deux organisations comptent prendre dans des domaines concrets, notamment la lutte contre les menaces hybrides, l’accroissement de la résilience, le renforcement des capacités de défense, la cyberdéfense, la sûreté maritime et les exercices.

    Les ministres des Affaires étrangères des pays de l'OTAN ont ensuite entériné, en décembre 2016, quarante-deux mesures visant à faire avancer la coopération entre l'OTAN et l'UE. Il s’agit notamment :

    • d’améliorer la résilience face aux menaces hybrides, allant de la simple campagne de désinformation à la crise grave ;
    • de renforcer la coopération entre l'opération Sea Guardian de l'OTAN et l'EUNAVFOR MED opération Sophia ;
    • d’échanger des informations sur les cybermenaces et de partager les bonnes pratiques en matière de cybersécurité ;
    • d’assurer la cohérence et la complémentarité des processus de planification de défense des deux organisations ;
    • de mener des exercices parallèles et coordonnés ;
    • d’aider les pays partenaires à renforcer leurs capacités dans les secteurs de la sécurité et de la défense.

    En décembre 2017, trente-deux nouvelles mesures ont été prises pour intensifier la coopération entre les deux organisations, notamment dans les trois nouveaux domaines suivants :

    • mobilité militaire – le but est ici de faire en sorte que les forces et équipements puissent se déplacer rapidement à travers l’Europe si nécessaire, ce qui nécessite des procédures pour un franchissement rapide des frontières, des moyens de transport suffisants et une infrastructure solide (routes, chemins de fer, ports et aéroports) ;
    • partage d’informations concernant la lutte contre le terrorisme et renforcement de la coordination de l’aide apportée en la matière aux pays partenaires ;
    • promotion du rôle des femmes dans la paix et la sécurité.

    Le secrétaire général de l’OTAN et la haute représentante de l'UE informent régulièrement les Alliés et les États membres de l'UE des progrès accomplis dans la coopération (voir les rapports de juin 2017, de novembre 2017 et de juin 2018).

    Les Alliés européens non membres de l’UE apportent une contribution significative à ces efforts. Il est d'ailleurs essentiel pour le partenariat stratégique entre l’OTAN et l’UE qu’ils y soient associés le plus largement possible.

    L’OTAN et l’UE peuvent et doivent jouer des rôles complémentaires se renforçant mutuellement à l’appui de la paix et de la sécurité internationales. Les Alliés sont déterminés à contribuer à mettre en place des conditions plus favorables qui leur permettront :

    • de renforcer véritablement le partenariat stratégique avec l'UE dans un esprit d'ouverture, de transparence et de complémentarité mutuelles totales, de même que dans le respect de l'autonomie et de l'intégrité institutionnelle des deux organisations ;
    • d'améliorer la coopération pratique dans les opérations, pour toute la gamme des crises, depuis la planification coordonnée jusqu'au soutien mutuel sur le terrain ;
    • d'étendre les consultations politiques à toutes les questions d'intérêt commun, afin de partager évaluations et points de vue ;
    • de coopérer plus étroitement au développement capacitaire, de manière à réduire autant que possible les doubles emplois et à maximiser le rapport coût­efficacité.
  • Coopération sur le terrain

    Lutte contre la traite des êtres humains en mer Égée et en Méditerranée centrale

    Le 11 février 2016, les ministres de la Défense des pays de l'OTAN ont décidé de déployer des navires en mer Égée afin d'aider la Grèce et la Turquie, de même que Frontex – l'agence de l'Union européenne pour la gestion des frontières –, à faire face à la crise des réfugiés et des migrants. Le deuxième Groupe maritime permanent OTAN (SNMG2) mène des activités de reconnaissance, de suivi et de surveillance dans les eaux territoriales grecques et turques, ainsi que dans les eaux internationales. Il a été déployé en mer Égée afin de participer aux efforts de la communauté internationale visant à couper les voies de la traite des êtres humains et de l’immigration clandestine. Les navires de l'OTAN fournissent des informations en temps réel aux garde-côtes et aux autorités nationales compétentes de la Grèce et de la Turquie, ainsi qu'à Frontex, afin de les aider à faire face à la crise.

    En octobre 2016, les ministres ont convenu de prolonger le déploiement OTAN en mer Égée, et ils ont décidé que la nouvelle opération de l’OTAN, Sea Guardian, viendrait appuyer l’opération Sophia de l’UE en Méditerranée centrale en mettant à sa disposition des navires et des avions de l’OTAN, qui aideront l’UE à avoir une meilleure connaissance de la situation et lui apporteront un soutien logistique.

    Balkans occidentaux

    En juillet 2003, l'UE et l'OTAN ont publié une « approche concertée pour les Balkans occidentaux ». Élaboré conjointement, ce document définit les domaines clés de la coopération et met l'accent sur la vision commune des deux organisations et sur leur détermination partagée à instaurer la stabilité dans cette région.

    • L'ex-République yougoslave de Macédoine³
      Le 31 mars 2003, l'opération Concordia, dirigée par l'UE, a succédé à l'opération Allied Harmony, mission que l'OTAN dirigeait dans l'ex­République yougoslave de Macédoine. Cette opération, qui s'est terminée en décembre 2003, était la première opération « Berlin plus » au cours de laquelle des moyens OTAN ont été mis à la disposition de l'UE.
    • Bosnie-Herzégovine
      Mettant à profit les résultats de l'opération Concordia, et dans le prolongement de la mission de la Force de stabilisation (SFOR) dirigée par l'OTAN en Bosnie-Herzégovine, l'UE a lancé une nouvelle mission, l'opération Althea, le 2 décembre 2004. La Force de l'Union européenne (EUFOR) opère dans le cadre des arrangements « Berlin plus », en tirant parti de l'expertise de l'OTAN en matière de planification ainsi que des autres moyens et capacités de l'Alliance. Le Commandant suprême adjoint des Forces alliées en Europe assure le commandement de l'opération Althea. L'état-major d'opération (EMO) de l'UE se trouve au SHAPE.
    • Kosovo
      L'OTAN dirige une force de maintien de la paix au Kosovo, la KFOR, depuis 1999. L'UE met quant à elle des moyens civils à la disposition de la Mission des Nations Unies au Kosovo (MINUK) depuis plusieurs années et a accepté de prendre le relais de l’ONU pour le volet policier de sa mission. Déployée en décembre 2008, la mission « État de droit » menée par l'Union européenne au Kosovo (EULEX) est la mission civile la plus importante jamais lancée dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC). Son principal objectif est d'aider et de soutenir les autorités du Kosovo dans le domaine de l'état de droit, et plus particulièrement pour ce qui est des questions de police, de justice et de douanes. EULEX collabore étroitement avec la KFOR sur le terrain.

    Coopération dans d'autres régions

    • Afghanistan
      Ces dix dernières années, l'OTAN et l'UE ont joué des rôles clés s'agissant d'instaurer la paix et la stabilité en Afghanistan, dans le cadre des efforts plus larges déployés par la communauté internationale pour mettre en œuvre une approche globale de l'aide à fournir à ce pays. La Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS), dirigée par l'OTAN, a aidé à créer un environnement stable et sûr dans lequel le gouvernement afghan et les autres acteurs internationaux ont pu mettre en place des institutions démocratiques, renforcer l'état de droit et reconstruire le pays. La FIAS et la mission Resolute Support, qui lui a succédé, ont toutes deux coopéré avec la mission de police de l’UE (EUPOL), présente en Afghanistan de juin 2007 à décembre 2016. Des conseillers d’EUPOL au ministère afghan de l’Intérieur et au sein de la police nationale afghane ont aidé à réformer le ministère et à développer la police civile. L'UE a en outre engagé un programme de réforme de la justice, et elle a contribué au financement de projets civils par l’intermédiaire des équipes de reconstruction provinciales (PRT) administrées par l'OTAN et placées sous la direction d’un pays membre de l'UE.
    • Darfour
      L'OTAN et l'UE apportent toutes deux leur aide à la mission de l'Union africaine au Darfour (Soudan), en particulier pour ce qui est des rotations des avions de transport.
    • Piraterie
      Pendant plusieurs années, des forces navales de l'OTAN et de l'UE, déployées respectivement dans le cadre de l’opération Ocean Shield (2008-2016) et de l’opération Atalanta, ont mené ensemble et avec d'autres acteurs des missions de lutte contre la piraterie au large des côtes somaliennes.
  • Autres domaines de coopération

    Consultations politiques

    Ces deux dernières années, l'OTAN et l'UE ont eu des entretiens sur un éventail sensiblement plus large de questions, notamment celles touchant à la sécurité dans l'espace européen ou dans le voisinage immédiat de l'Europe. Depuis la crise en Ukraine, les deux organisations procèdent régulièrement à des échanges de vues sur leurs décisions respectives, en particulier celles concernant la Russie, afin d’assurer la complémentarité de leurs messages et de leurs initiatives. Les consultations entre l’OTAN et l’UE portent également sur l'évolution de la situation dans les Balkans occidentaux, en Libye et au Proche-Orient.

    Capacités

    Le développement capacitaire est, comme les opérations, un domaine dans lequel la coopération est essentielle et où elle peut encore être renforcée. Le Groupe OTAN-UE sur les capacités a été créé en mai 2003 pour faire en sorte que les efforts de l’OTAN et de l’UE en matière de développement capacitaire soient cohérents et qu’ils se complètent.

    Depuis la création, en juillet 2004, de l'Agence européenne de défense (AED), dont la mission consiste à coordonner les travaux de l'UE relatifs au développement de capacités de défense, à la coopération en matière d'armement, aux acquisitions et à la recherche, des experts de l'AED contribuent aux travaux du Groupe sur les capacités.

    Le Groupe s’est intéressé, entre autres, aux insuffisances capacitaires communes dans des domaines tels que la lutte contre les engins explosifs improvisés et le soutien médical. Il joue aussi un rôle important pour ce qui est d’assurer la transparence et la complémentarité des travaux de l'OTAN sur la défense intelligente et de l'initiative de l’UE sur la mutualisation et le partage.

    Terrorisme et prolifération des ADM

    L'OTAN et l'UE sont toutes deux résolues à lutter contre le terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive (ADM). Elles échangent ainsi des informations sur leurs activités axées sur la protection des populations civiles contre les attaques chimiques, biologiques, radiologiques ou nucléaires.

    Plans civils d’urgence

    Les deux organisations coopèrent également dans le domaine des plans civils d'urgence, notamment en s’informant mutuellement des mesures que chacune d’elles prend en la matière.

  • Participation

    Depuis l'élargissement des deux organisations en 2004, et suite à l'adhésion de la Bulgarie, de la Roumanie et de la Croatie à l'UE, l'OTAN et l'UE ont désormais 22 États membres en commun. L’Albanie, le Canada, l'Islande, la Norvège, la Turquie et les États-Unis, qui sont membres de l'OTAN mais pas de l'UE, participent à toutes les réunions OTAN-UE, à l'instar de l'Autriche, de la Finlande, de l'Irlande, de la Suède, et, depuis 2008, de Malte, qui sont membres de l'UE et du Partenariat pour la paix (PPP) de l'OTAN.

    Cependant, Chypre, qui n’est pas membre du PPP et qui n'a pas conclu d'accord de sécurité avec l'OTAN sur l'échange de documents classifiés, ne peut pas participer aux réunions officielles OTAN-UE. Il s'agit là d'une conséquence des décisions prises par l'OTAN en décembre 2002. Des réunions informelles avec Chypre sont parfois organisées à différents niveaux.

  • Cadre de la coopération

    En janvier 2001, il y a eu entre le secrétaire général de l'OTAN et la présidence de l'UE un échange de lettres définissant la portée de la coopération et les modalités de consultation en matière de sécurité entre les deux organisations. La coopération s’est ensuite accélérée avec la signature de la déclaration OTAN-UE sur la PESD en décembre 2002 et l'adoption d’un cadre de coopération en mars 2003.

    Déclaration OTAN-UE sur la PESD : La déclaration OTAN-UE sur la PESD, adoptée le 16 décembre 2002, confirme l'accès assuré de l'UE aux capacités de planification de l'OTAN pour ses propres opérations militaires et réaffirme les principes politiques du partenariat stratégique : concertation effective, égalité et respect de l'autonomie de décision de chaque organisation, respect des intérêts des États membres de l'UE et des pays de l'OTAN, respect des principes de la Charte des Nations Unies, développement cohérent, transparent et complémentaire de capacités militaires destinées à répondre aux besoins communs des deux organisations.

    Arrangements « Berlin plus » : S'inscrivant dans le cadre de coopération adopté le 17 mars 2003, les arrangements « Berlin plus » posent les fondements de la coopération OTAN-UE en matière de gestion de crise dans le contexte d'opérations dirigées par l'UE faisant appel à des moyens et capacités collectifs de l'OTAN, notamment en ce qui concerne les dispositions de commandement et l’aide à la planification opérationnelle. Dans la pratique, ils permettent à l'Alliance de soutenir des opérations dirigées par l'UE dans lesquelles l'OTAN dans son ensemble n'est pas engagée.

    L'OTAN et l'UE se rencontrent régulièrement pour discuter de questions d'intérêt commun. Les réunions se tiennent à différents niveaux, notamment celui des ministres des Affaires étrangères, des représentants permanents, des représentants militaires et des conseillers de défense. En outre, des entretiens ont lieu régulièrement à tous les niveaux entre le Secrétariat international et l'État-major militaire international de l'OTAN et leurs interlocuteurs côté UE (Service européen pour l'action extérieure, Agence européenne de défense, Commission européenne et Parlement européen).

    Des dispositifs de liaison militaire permanents ont été établis afin de faciliter la coopération au niveau opérationnel. Une équipe de liaison permanente de l'OTAN est ainsi présente à l'État-major de l'Union européenne (EMUE) depuis novembre 2005, et une cellule de l'UE a été mise en place au SHAPE (commandement stratégique de l'OTAN pour les opérations, situé à Mons (Belgique)) en mars 2006.

  • Évolution des relations

    Février 1992 : L'UE adopte le traité de Maastricht, qui prévoit une politique étrangère et de sécurité commune (PESC) intergouvernementale ainsi que la définition, à terme, d'une politique de défense commune (PESD), l'UEO étant la composante de défense de l'UE.

    Une coopération étroite se met en place entre l'OTAN et l'UEO.

    Juin 1992 : À Oslo, les ministres des Affaires étrangères des pays de l'OTAN appuient l'objectif consistant à développer l'UEO en tant que moyen de renforcer le pilier européen de l'Alliance et en tant que composante de défense de l'UE, qui assumera également les « tâches de Petersberg » (recherche et sauvetage à des fins humanitaires, maintien de la paix, gestion de crise, y compris imposition de la paix et protection de l’environnement).

    Janvier 1994 : Les dirigeants des pays de l’OTAN conviennent de mettre à disposition les moyens collectifs de l'Alliance, sur la base de consultations au sein du Conseil de l'Atlantique Nord, pour des opérations de l'UEO menées par les Alliés européens en application de la PESC. L'OTAN entérine le concept de groupes de forces interarmées multinationales, qui prévoit la mise en place de quartiers généraux déployables « séparables, mais non séparés » pouvant être utilisés pour des opérations dirigées par l'Europe. C’est sur ce concept que vont s’appuyer les opérations auxquelles s’associeront ensuite des pays de l'OTAN et des pays non OTAN.

    Juin 1996 : À Berlin, les ministres des Affaires étrangères des pays de l'OTAN conviennent pour la première fois d'établir une identité européenne de sécurité et de défense (IESD) au sein de l'OTAN, dans le but de rééquilibrer les rôles et responsabilités entre l'Europe et l'Amérique du Nord. L’amélioration des capacités européennes est un objectif majeur de cette initiative. Les ministres décident en outre de mettre les moyens de l'Alliance à disposition pour des opérations de gestion de crise dirigées par l'UEO. C’est à ces décisions que renvoie le terme « Berlin plus ».

    Décembre 1998 : À l'occasion d'un sommet tenu à Saint-Malo, la France et le Royaume-Uni font une déclaration commune affirmant la détermination de l'UE à établir une politique européenne de sécurité et de défense (PESD).

    Avril 1999 : Au sommet de Washington, les chefs d'État et de gouvernement décident de développer les arrangements « Berlin plus ».

    Juin 1999 : Réuni à Cologne (Allemagne), le Conseil européen décide « de doter l'UE des moyens et capacités nécessaires pour assumer ses responsabilités concernant une politique européenne commune de sécurité et de défense ».

    Décembre 1999 : À la réunion du Conseil européen tenue à Helsinki, les États membres de l'UE définissent des « objectifs globaux » militaires devant permettre à l'UE de déployer jusqu'à 60 000 soldats à l'horizon 2003 pour les « tâches de Petersberg ». En outre, ils créent des structures politiques et militaires, notamment un Comité politique et de sécurité, un Comité militaire et un état-major. Le rôle de gestion de crise de l'UEO est transféré à l'UE. L'UEO conserve des tâches résiduelles.

    Septembre 2000 : Le Conseil de l'Atlantique Nord et le Comité politique et de sécurité intérimaire de l'UE se réunissent pour la première fois pour faire le point sur l’évolution des relations OTAN-UE.

    Décembre 2000 : Signature par l'UE du traité de Nice, qui contient des amendements reflétant le développement concret de la PESD en tant que politique indépendante de l'UE (entrée en vigueur : février 2003).

    Janvier 2001 : Début des relations institutionnalisées entre l'OTAN et l'UE, avec l'instauration de réunions conjointes, y compris au niveau des ministres des Affaires étrangères et des représentants permanents des pays. Échange de lettres entre le secrétaire général de l'OTAN et la présidence de l'UE sur la portée de la coopération et les modalités de consultation.

    Mai 2001 : Première réunion officielle OTAN-UE au niveau des ministres des Affaires étrangères, à Budapest. Le secrétaire général de l'OTAN et la présidence de l'UE publient une déclaration commune sur les Balkans occidentaux.

    Novembre 2002 : Au sommet de Prague, les pays membres de l'OTAN se déclarent disposés à donner à l'UE un accès aux moyens et capacités de l'OTAN pour des opérations dans lesquelles l'Alliance n'est pas engagée militairement.

    Décembre 2002 : Déclaration OTAN-UE sur la PESD.

    Mars 2003 : Adoption du cadre de coopération. Entrée en vigueur d'un accord OTAN-UE sur la sécurité des informations. L'opération Concordia dirigée par l'UE prend la relève de l'opération Allied Harmony dirigée par l'OTAN dans l'ex­République yougoslave de Macédoine.

    Mai 2003 : Première réunion du Groupe OTAN-UE sur les capacités.

    Juillet 2003 : Élaboration d'une stratégie commune pour les Balkans occidentaux.

    Novembre 2003 : Premier exercice OTAN-UE de gestion de crise.

    Février 2004 : La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni lancent l'idée d'unités de réaction rapide de l'UE composées de groupements tactiques interarmées.

    Décembre 2004 : Début de l'opération Althea dirigée par l'UE en Bosnie­Herzégovine.

    Septembre 2005 : Dîner transatlantique informel des ministres des pays de l'OTAN et de l'UE à New York.

    Octobre 2005 : Accord sur les arrangements permanents militaires portant création d'une équipe de liaison permanente de l'OTAN à l'État-major de l'Union européenne (EMUE) et d'une cellule de l'UE au SHAPE.

    Novembre 2005 : Mise en place de l'Équipe de liaison permanente de l'OTAN à l'EMUE.

    Mars 2006 : Création de la cellule de l'UE au SHAPE.

    Avril 2006 : Dîner transatlantique informel des ministres des pays de l'OTAN et de l'UE à Sofia.

    2006 – 2010 :  Dîners transatlantiques informels des ministres des pays de l'OTAN et de l'UE à New York (septembre 2006), Bruxelles (janvier 2007), Oslo (avril 2007), New York (septembre 2007), Bruxelles (décembre 2007), New York (septembre 2008), Bruxelles (décembre 2008), Bruxelles (mars 2009) et New York (septembre 2010).

    Novembre 2010 : Au sommet de Lisbonne, les Alliés soulignent qu’ils sont déterminés à renforcer le partenariat stratégique OTAN-UE, et ils se félicitent des récentes initiatives prises par plusieurs d’entre eux et des idées émises par le secrétaire général à ce propos.

    Septembre 2011 : Dîner transatlantique informel des ministres des pays de l'OTAN et de l'UE à New York.

    Septembre 2012 : Dîner transatlantique informel des ministres des pays de l'OTAN et de l'UE à New York.

    11 février 2013 : Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso vient en visite au siège de l'OTAN.

    Mai 2013 : Le secrétaire général de l'OTAN prend la parole devant la Commission des affaires étrangères et la Sous-commission « sécurité et défense » du Parlement européen.

    Juin 2013 : Le secrétaire général de l'OTAN participe à une réunion informelle des ministres des Affaires étrangères des pays de l'UE.

    Décembre 2013 : Le secrétaire général de l’OTAN prend la parole devant le Conseil européen à Bruxelles.

    5 mars 2014 : Les représentants permanents des pays auprès du Conseil de l'Atlantique Nord et du Comité politique et de sécurité (COPS) de l'UE ont des entretiens informels au sujet de l'Ukraine.

    10 juin 2014 : Les représentants permanents des pays auprès du Conseil de l'Atlantique Nord et du COPS de l'UE ont de nouveaux entretiens informels au sujet de l'Ukraine.

    10 février 2016 : Un arrangement technique sur la cyberdéfense est conclu entre la Capacité OTAN de réaction aux incidents informatiques (NCIRC) et le Centre d'alerte et de réaction aux attaques informatiques (CERT) de l'UE, fixant ainsi un cadre pour l'échange d'informations et le partage de bonnes pratiques entre les équipes d'intervention d'urgence.

    11 février 2016 : À la demande de l'Allemagne, de la Grèce et de la Turquie, les ministres de la Défense des pays de l'OTAN décident que l'Alliance devrait participer aux efforts de la communauté internationale visant à endiguer les trafics et les migrations clandestines en mer Égée, en coopération avec Frontex, l'agence européenne responsable de la gestion des frontières.

    10 mars 2016 : En visite à la Commission européenne pour des entretiens avec son président, Jean-Claude Juncker, le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, souligne l'importance cruciale des relations OTAN-UE et se félicite de l'approfondissement des liens entre les deux organisations.

    12-13 mai 2016 : Une conférence informelle des directeurs généraux de l'UE et de l'OTAN se tient au siège de l'OTAN dans le but de renforcer l'interaction entre les états-majors militaires des deux organisations sur des thèmes d'actualité en rapport avec la sécurité et la défense et présentant un intérêt pour l’une comme pour l’autre.

    20 mai 2016 : La haute représentante de l'UE, Federica Mogherini, participe, au siège de l'OTAN, à une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de l’Alliance pour examiner, avant les réunions au sommet de l'UE et de l'OTAN, dans quels domaines la coopération OTAN-UE pourrait être développée.

    24 juin 2016 : Dans une déclaration sur les résultats du référendum britannique sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l'UE, le secrétaire général de l'OTAN se dit convaincu que la position du Royaume-Uni au sein de l'OTAN restera inchangée et que le pays – un Allié fort et engagé – continuera de jouer un rôle moteur au sein de l'Alliance.

    Juillet 2016 : À Varsovie, les responsables de l’UE et de l’OTAN expriment, dans une déclaration commune, leur détermination à conférer au partenariat stratégique OTAN-UE un nouvel élan et u