Mission Resolute Support en Afghanistan

  • Mis à jour le: 13 Jul. 2021 14:06

La mission Resolute Support (RSM) dirigée par l’OTAN en Afghanistan a été lancée le 1er janvier 2015, après l’achèvement de la mission de la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS), dans le but de poursuivre les activités de formation, de conseil et d’assistance au profit des forces et des institutions de sécurité afghanes. En avril 2021, les Alliés ont décidé que le retrait des forces de la RSM débuterait pour le 1er mai 2021. Le retrait de toutes les forces des États-Unis et de la RSM devrait être achevé en quelques mois. Les pays de l'OTAN et les pays partenaires continueront d'appuyer le processus de paix et de réconciliation en cours, dirigé et pris en charge par les Afghans, dans la perspective d’un règlement politique durable et inclusif.

Fonctions et organisation de la RSM

Resolute Support était une mission non combattante dirigée par l’OTAN. La mission a été mise sur pied à l’invitation du gouvernement afghan et conformément aux dispositions de la résolution 2189 du Conseil de sécurité de l'ONU de 2014. Elle avait pour but d'aider les forces et les institutions de sécurité afghanes à développer les capacités devant leur permettre de défendre le pays et de protéger la population de manière durable. En août 2020, la RSM mobilisait environ 10 000 personnels venant de 36 pays membres de l’OTAN et pays partenaires déployés en Afghanistan. Ces forces sont ramenées à zéro tandis que se poursuit le retrait décidé en avril 2021.

La RSM possédait un pôle principal (Kaboul/Bagram) et quatre pôles régionaux (Mazar-i-Charif, Herat, Kandahar et Laghman). Elle menait principalement des activités de formation, de conseil et d'assistance au niveau des ministères chargés de la sécurité, au sein d'autres institutions nationales, ainsi qu'aux échelons supérieurs de l'armée et de la police. Elle travaillait en liaison étroite avec différents éléments de l'armée de terre, de la police et des forces aériennes afghanes.

Les tâches principales de la RSM étaient les suivantes :

  • soutenir la planification, la programmation et la budgétisation ;
  • assurer la transparence, le respect de l’obligation de rendre compte, et le contrôle ;
  • contribuer à l'application des principes de l'état de droit et de la bonne gouvernance ;
  • contribuer à la mise en place et au soutien des processus qui concernent, entre autres, la génération de force, le recrutement, la formation, la gestion et le perfectionnement du personnel.

Décisions clés et évolution de la RSM

La décision de lancer une mission de suivi « non combattante » dirigée par l’OTAN afin de continuer à soutenir le développement des forces de sécurité afghanes après la fin de la mission de la FIAS en décembre 2014 a été prise conjointement par les Alliés et les partenaires et le gouvernement afghan au sommet de Chicago, en 2012. Cet engagement a été réaffirmé au sommet du pays de Galles, en 2014.

Le cadre juridique de la mission a été fixé par une convention sur le statut des forces (SOFA), qui a été signée à Kaboul le 30 septembre 2014 par le président afghan et par le haut représentant civil de l’OTAN en Afghanistan, puis ratifiée par le Parlement afghan le 27 novembre 2014. La SOFA en question définissait les conditions dans lesquelles les forces de l'OTAN étaient déployées en Afghanistan pour la RSM, ainsi que les activités qu'elles devaient y mener.

L'accord conclu entre l'OTAN et l'Afghanistan sur la mise en place de la nouvelle mission a été salué dans la résolution 2189 du Conseil de sécurité de l'ONU. Adoptée à l'unanimité le 12 décembre 2014, cette résolution souligne qu'il importe de continuer à apporter un soutien international à la stabilisation de la situation en Afghanistan.

En décembre 2015, à la ministérielle Affaires étrangères tenue par les pays de l’Alliance et leurs partenaires de la RSM, il a été décidé de maintenir la présence de Resolute Support, y compris dans les diverses régions d'Afghanistan, en 2016. Six mois plus tard, en mai 2016, les ministres sont convenus de maintenir cette présence au-delà de 2016 – décision confirmée par les dirigeants des pays de l’Alliance au sommet de l’OTAN tenu à Varsovie en juillet. L’année suivante, à la ministérielle Défense tenue en novembre 2017, les pays fournisseurs de troupes dans le cadre de la RSM ont confirmé que le nombre de soldats déployés passerait d'environ 13 000 à environ 16 000.

Des négociations de paix intra-afghanes ont été lancées au cours d’une cérémonie organisée à Doha le 12 septembre 2020. Les pays de l’OTAN continueront de soutenir le processus de paix en vue d’un règlement politique durable et inclusif qui mette un terme à la violence, qui préserve l’état de droit et qui protège les droits de tous les Afghans – en particulier ceux des femmes, des enfants et des minorités. L’objectif de l’OTAN est de faire en sorte que l'Afghanistan ne redevienne jamais un sanctuaire pour les terroristes. Des ajustements conditionnels ont ensuite été apportés à la RSM pour soutenir les efforts de paix. 

Le 14 avril 2021, constatant qu’il n’existe pas de solution militaire aux défis auxquels l’Afghanistan est confronté, les Alliés ont décidé de commencer, pour le 1er mai 2021, à retirer les forces de la RSM. Le retrait de toutes les forces des États-Unis et de la RSM, qui se fera de manière méthodique, coordonnée et réfléchie, devrait être achevé en quelques mois. Toute attaque des talibans contre les troupes alliées pendant ce retrait donnera lieu à une réponse forte.

Le retrait des troupes ne marque pas la fin de la relation avec l’Afghanistan, mais plutôt le début d’un nouveau chapitre. Outre qu’ils continueront de dispenser des formations et de fournir un soutien financier aux forces de défense et de sécurité nationales afghanes, les Alliés ont décidé de maintenir une présence civile de l’OTAN à Kaboul au travers du bureau du haut représentant civil, le but étant de poursuivre l’action diplomatique et de renforcer le partenariat avec l’Afghanistan ; de fournir des fonds pour faire en sorte que l’aéroport international Hamid Karzaï continue de fonctionner ;  et de poursuivre la formation à l’étranger des forces de sécurité afghanes, en particulier des forces d’opérations spéciales afghanes.