Les causes de tension - Progrès de la consultation politique - Situations en dehors de la zone OTAN - La mission de surveillance à propos de Chypre - Les Nations-Unies - Désarmement - La réunion des ministres de la défense en juin - Déclaration des tr
- Le Conseil de l'Atlantique Nord a tenu sa réunion ministérielle de printemps à Londres les 11 et 12 mai 1965.
- Au cours d'un large tour d'horizon international, les Ministres ont noté qu'aucun changement fondamental n'était intervenu en Europe. Il n'y a eu ni crise grave, ni affrontement majeur, et la tendance au développement des contacts entre l'Est et l'Ouest s'est maintenue.
- Néanmoins, les causes essentielles de tension subsistent et l'on n'a guère enregistré de progrès vers leur suppression. L'Allemagne est toujours divisée, et les atteintes récemment apportées à la liberté des communications avec Berlin ont montré une fois de plus le danger de cette situation. Dans ces conditions, le Conseil s'est rallié à la déclaration que les Gouvernements de la France, du Royaume-Uni et des Etats-Unis d'Amérique ont publiée le 12 mai 1965 (dont le texte est annexé à ce communiqué). En même temps, le Conseil a confirmé les termes de sa déclaration du 16 décembre 1958 relative à Berlin.
- Les Etats membres demeurent résolus à travailler ensemble pour la paix, la liberté et le règne du droit suivant les principes fondamentaux de l'Alliance, et sont prêts à saisir toute occasion d'aboutir progressivement à une amélioration réelle des relations avec l'Union soviétique et les pays d'Europe Orientale. Les Ministres sont tombés d'accord sur la nécessité de continuer, au sein de l'Alliance, à étendre au maximum les échanges de vues et d'informations, et de maintenir la meilleure harmonie possible entre les politiques des pays membres.
- Les Ministres se sont félicités des progrès de la consultation politique au sein de l'Alliance. Ils ont constaté avec satisfaction que la participation de Ministres et de hauts fonctionnaires venus des capitales aux réunions ordinaires du Conseil Permanent, pour discuter de questions présentant un intérêt particulier, était devenue plus fréquente. Ils sont également noté que le Conseil Permanent avait entrepris l'examen de l'état de l'Alliance dont ils l'avaient chargé lors de leur dernière réunion. Ils ont invité les Représentants Permanents à poursuivre cette étude en vue de présenter aux Ministres des suggestions qui puissent être examinées, le cas échéant, à la réunion ministérielle de décembre.
- Les Ministres ont procédé à un large examen de la situation internationale, en portant spécialement leur attention sur les zones de tension ou de conflit telles que la Malaisie, le Vietnam, la République Dominicaine et certains pays d'Afrique, o sérieuses menaces ont surgi contre la sécurité et la paix internationales. Ils ont réaffirmé le droit de tous les peuples de vivre en paix sous des gouvernements de leur libre choix.
- Au sujet des relations gréco-turques, les Ministres ont pris note du rapport du Secrétaire Général relatif à la "mission de surveillance", qu'il continue de remplir conformément à la décision prise par les Ministres lors de la session ministérielle de La Haye. A l'occasion de la session ministérielle, des contacts ont eu lieu entre les Ministres des Affaires Etrangères de Grèce et de Turquie. Le Conseil en a pris acte et exprimé sa satisfaction, ainsi que son désir de voir ces contacts se poursuivre dans un esprit constructif, en vue de normaliser les rapports entre ces deux pays membres et de promouvoir l'amélioration de la situation à Chypre en soutenant les efforts de la Force des Nations Unies à Chypre. Il a également exprimé l'espoir que serait ainsi facilitée la recherche d'une solution concertée et équitable du problème de Chypre, conformément à la résolution correspondante du Conseil de Sécurité des Nations Unies.
- Le voeu a été formulé que, sans préjuger la position juridique et politique d'aucun pays membre, une solution soit rapidement trouvée aux difficultés rencontrées par les Nations Unies, pour que cette organisation mondiale puisse jouer le rôle qui lui incombe dans la sauvegarde de la paix et de la sécurité internationales.
- Les Ministres ont réaffirmé l'intérêt qu'ils portent à la stabilité et au progrès économique et social des pays en voie de développement.
- Les Ministres ont déploré que si peu de résultats aient été obtenus dans le domaine du désarmement. Pour leur part, ils continueront leurs efforts pour aboutir, par des négociations sérieuses, à des mesures de désarmement assorties d'un contrôle international efficace. Ils ont également souligné l'importance d'éviter la dissémination des armes nucléaires.
- Aussi longtemps que le risque d'une agression directe ou indirecte subsistera, la tache primordiale de l'Alliance atlantique sera de maintenir un dispositif de défense aussi efficace pour dissuader un adversaire que pour répondre à une attaque, si elle venait à se produire. Le Conseil a exprimé l'espoir que la réunion des Ministres de la Défense convoquée à Paris, les 31 mai et 1er juin, aboutira à de nouveaux progrès dans l'étude des problèmes complexes et interdépendants qui se posent à l'Alliance en matière de stratégie, de besoins en forces et de ressources.
- Une réunion du Conseil au niveau ministériel se tiendra à Paris en décembre 1965.
Annexe
Déclaration des trois puissances sur l'Allemagne
Les Gouvernements de la République française, du Royaume-Uni et des Etats-Unis d'Amérique ont récemment procédé, de concert avec le Gouvernement de la République fédérale d'Allemagne, à un nouvel examen du problème allemand et des perspectives d'une reprise des discussions à ce sujet avec le Gouvernement de l'Union soviétique. Ils l'ont fait en fonction des obligations et des responsabilités qui leur incombent depuis la fin de la seconde guerre mondiale en ce qui concerne l'Allemagne, y compris Berlin et ses accès, obligations et responsabilités qu'ils partagent avec le Gouvernement de l'Union soviétique.
Les initiatives à prendre auprès de ce dernier continueront à être examinées, compte tenu des perspectives qu'elles peuvent offrir d'aboutir à des résultats effectifs.
Les trois Gouvernements considèrent en effet que, tant que ne sera pas intervenue une solution véritable du problème allemand, c'est-à-dire une solution fondée sur la mise en oeuvre dans les deux parties de l'Allemagne du droit à l'autodétermination, la situation de l'Europe dans son ensemble restera indéterminée et que, par conséquent, la paix ne sera pas vraiment établie sur le continent. Cette solution est nécessaire non seulement dans l'intérêt du peuple allemand, qui demande sa réunification, mais dans l'intérêt de tous les peuples européens ainsi que des autres peuples intéressés.
Il est clair qu'il n'est possible de parvenir au règlement indispensable que par des voies pacifiques, et dans des conditions telles qu'il s'agisse d'un accord général assurant la sécurité de tous les Etats européens. Les trois Gouvernements sont assurés que le Gouvernement de la République fédérale d'Allemagne, qui a renoncé solennellement à l'usage de la force, est d'accord avec eux sur ces points. Ils déclarent à nouveau que, dans l'intérêt même de la paix de l'Europe et du monde, les décisions nécessaires ne sauraient être indéfiniment ajournées.