Commandement allié Transformation

  • Mis à jour le: 06 Nov. 2018 16:01

La préparation au combat passe par différentes tâches : évaluation des tendances et des menaces futures par des experts, développement capacitaire, formation, exercices et prise en compte des enseignements tirés. Le Commandement allié Transformation (ACT) joue un rôle de premier plan dans ces missions particulières, qui sont destinées à améliorer la crédibilité de la posture de l’OTAN ainsi que l’état de préparation de l’Alliance. Ces missions permettent par ailleurs à la structure de commandement de l’OTAN (NCS) d'assurer de manière efficace le commandement, le contrôle et le soutien des opérations en cours et à venir, ainsi qu'une transition sûre et stable vers une situation de crise ou de conflit, le cas échéant.


Points principaux

  • L’ACT est l’un des deux commandements stratégiques se situant au sommet de la structure de commandement militaire de l’OTAN, l’autre étant le Commandement allié Opérations (ACO), qui est responsable de la planification et de l'exécution de toutes les opérations militaires de l’OTAN.
  • L’ACT est dirigé par le commandant suprême allié Transformation (SACT), qui exerce ses fonctions depuis le quartier général de Norfolk (Virginie, États-Unis). L’ACT est le seul commandement OTAN implanté en Amérique du Nord.
  • Le SACT est responsable, devant le Comité militaire, de la transformation et du développement de l'Alliance et il veille à ce que celle-ci soit capable de faire face aux défis d’aujourd'hui et de demain. Le Comité militaire, la plus haute instance militaire de l’OTAN, est placé sous l’autorité politique générale du Conseil de l’Atlantique Nord.
  • Divers commandements interarmées sont subordonnés à l’ACT, qui entretient des liens forts avec les établissements de formation et d’entraînement ainsi qu’avec les ministères de la Défense.
  • L’ACT cultive aussi des liens avec la structure de forces de l’OTAN en général, qui se compose des forces mises à la disposition de l’Alliance par les pays membres et de leurs structures de commandement et de contrôle¹.
  • Rôle et structure de l’ACT

    Ensemble, l'ACT et l'ACO forment la NCS, dont la fonction première est d'assurer le commandement et le contrôle nécessaires pour pouvoir faire face aux menaces et, en cas d'échec de la dissuasion, à toute attaque armée contre le territoire de n'importe quel Allié européen². Avant tout, la NCS joue un rôle essentiel s'agissant de préserver la cohésion et la solidarité au sein de l'Alliance, de maintenir et de renforcer le lien vital entre l’Europe et l’Amérique du Nord, et de promouvoir le principe d'un partage équitable, entre Alliés, des rôles, des risques et des responsabilités, ainsi que des avantages de la défense collective.

    Le rôle de l’ACT en tant que commandement chargé de la préparation au combat est double. Premièrement, il permet à l’ACO de conduire efficacement les opérations en cours et, deuxièmement, il prépare les futures opérations de l’OTAN. Dans ce contexte, il veille à ce que les capacités OTAN de préparation au combat demeurent pertinentes pour l’avenir, il apporte la compréhension indispensable de l’environnement de sécurité actuel et futur, et il contribue à l’élaboration de la doctrine et des concepts ainsi que des normes d’interopérabilité de l’OTAN.

    La NCS ne peut être apte à accomplir les trois tâches fondamentales de l’OTAN – défense collective, gestion de crise et sécurité coopérative – qu’avec l’expertise militaire stratégique et l’interopérabilité qu'offre l’ACT avec l’appui de son réseau de pays, de commandements interarmées et de centres d’excellence.

    L'ACT s'articule autour de quatre fonctions principales :

    • la réflexion stratégique ;
    • le développement des capacités ;
    • la formation, l'entraînement et les exercices ;  
    • la coopération et autres interactions.

    Ces fonctions se reflètent dans la composition de l'ACT, qui comprend le quartier général de Norfolk et trois entités subordonnées : une en Norvège (Centre de guerre interarmées), une en Pologne (Centre d'entraînement de forces interarmées) et une au Portugal (Centre interarmées d'analyse et de retour d'expérience). L'ACT compte aussi un représentant du SACT au siège de l'OTAN, à Bruxelles (Belgique) et un autre au Pentagone, près de Washington D.C., un Élément d'état-major au quartier général de l'ACO – le Grand quartier général des puissances alliées en Europe (SHAPE) – et une Direction Partenariats militaires (MPD) partagée avec l'ACO, située également au SHAPE.

    Par ailleurs, les autres établissements de formation et d'entraînement de l'OTAN et les entités dirigées par les pays, qui ne font pas partie de la NCS, coopèrent aussi avec l'ACT. Il s'agit du Collège de défense de l'OTAN, à Rome (Italie), de l'École de l'OTAN, à Oberammergau (Allemagne), du Centre OTAN d'entraînement aux opérations d'interdiction maritime, en Grèce, et des centres d'excellence dirigés par les pays. Les agences de l'OTAN interagissent aussi avec l'ACT pour des questions d'intérêt commun.

    Plans et orientations stratégiques

    La Division Plans et orientations stratégiques est principalement chargée de déterminer les orientations, stratégies, interactions et méthodes d’analyse qui vont permettre au SACT d'offrir aux responsables politiques et militaires de l’OTAN des outils de prévision stratégique et de planification ainsi que des avis sur les stratégies et les orientations, et de leur proposer des concepts et des interactions stratégiques.

    Développement des capacités

    Il s’agit ici d’un vaste domaine qui couvre l'ensemble du processus de développement capacitaire : à partir du moment où un besoin est identifié jusqu'à la phase de production au cours de laquelle une nouvelle capacité est effectivement développée pour l'Alliance. De plus, la Division Développement des capacités apporte une contribution majeure au processus OTAN de planification de défense en améliorant l'interopérabilité, la déployabilité et la soutenabilité des forces de l'Alliance.

    Développement des forces interarmées

    La Division Développement des forces interarmées est responsable des activités de développement des forces de l’OTAN. L’objectif est d’améliorer l’interopérabilité entre la NCS, la structure de forces de l’OTAN (NFS) et les forces des partenaires interopérables affectées à l’OTAN, ainsi que de renforcer les capacités afin que l'Alliance soit en mesure d'exécuter l'éventail complet de ses missions.

    Représentant du SACT en Europe

    Affecté au siège de l'OTAN à Bruxelles, le représentant du SACT en Europe (SACTREPEUR) représente le SACT au Comité militaire et, à ce titre, participe à toutes les activités pertinentes. Il dispose d'un pouvoir de coordination pour toutes les interactions de l'ACT avec le siège de l'OTAN et entretient des liens solides avec le commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR) par l'intermédiaire de son homologue – le représentant du SACEUR (SACEUREP) – également affecté au siège de l’OTAN.

    Élément d'état-major Europe de l'ACT

    L'Élément d'état-major Europe (SEE) de l'ACT est coïmplanté avec l'ACO à Mons. Il traite principalement de questions de planification de défense et des ressources, ainsi que de mise en œuvre.

    Bureau de liaison de l’ACT auprès du Pentagone

    Afin de contribuer à l'amélioration de la transformation de l'OTAN, ce bureau facilite l'établissement de relations efficaces et d'une coordination directe entre l'ACT et l'État‑major interarmées des États-Unis ainsi que d'autres départements des quartiers généraux militaires américains (Pentagone), situés à l'extérieur de Washington D.C.

    Direction Partenariats militaires

    La Direction Partenariats militaires (MPD) assure la direction, le contrôle, la coordination, le soutien et l'évaluation des activités de coopération militaire à l'échelle de l'Alliance. Elle supervise la participation de tous les pays non OTAN aux programmes, événements et activités de partenariat militaire, et elle coordonne et exécute les plans et les programmes de l'OTAN dans le domaine des partenariats. La MPD, que l'ACT partage avec l'ACO, est implantée au SHAPE, à Mons, et compte un Élément d'état-major au quartier général de l’ACT à Norfolk (Virginie).

    Centre de guerre interarmées (JWC) (Norvège)

    Le Centre de guerre interarmées (JWC) est pour l'essentiel chargé d'entraîner les forces des Alliés au niveau opératif afin qu'elles restent interopérables et pleinement intégrées. Sa mission première est l'entraînement des éléments du quartier général de la Force de réaction de l’OTAN (NRF) et des éléments des quartiers généraux des commandements de composante de la NRF. En outre, le JWC organise une formation d’état-major collective pour les pays partenaires et les nouveaux membres de l’OTAN.

    Le JWC cherche par ailleurs à améliorer les capacités et l'interopérabilité de l'OTAN au travers de la promotion et de la conduite de processus d'expérimentation, d'analyse et d'élaboration de la doctrine pour les états-majors interarmées et multinationaux de l'OTAN.²

    Centre d'entraînement de forces interarmées (JFTC) (Pologne)

    Le Centre d'entraînement de forces interarmées (JFTC) est axé sur l'entraînement interarmées et multinational des forces des pays de l’OTAN et des pays partenaires au niveau tactique. Il se consacre en particulier à la conduite d'entraînements tactiques permettant de réaliser l'interopérabilité interarmées à des interfaces clés – un domaine d'une importance critique identifié durant les combats militaires en Afghanistan.

    En priorité, le JFTC apporte une expertise pour aider les commandants de forces interarmées et de composantes de la NRF à faire en sorte que chaque rotation de la NRF atteigne un niveau élevé d'interopérabilité, de souplesse et d'entraînement intensif afin que la Force soit prête au combat au début d'un cycle d'activité.

    Le JFTC coopère avec des centres nationaux d’entraînement, y compris les centres d'entraînement PPP (Partenariat pour la paix) et les centres d'excellence, pour veiller à l'application des normes et de la doctrine OTAN dans des contextes interarmées et multinationaux.

    Centre interarmées d'analyse et de retour d'expérience (JALLC) (Portugal)

    Le rôle principal du Centre interarmées d'analyse et de retour d'expérience (JALLC) est de renforcer le mécanisme d'amélioration continue des concepts, de la doctrine et des capacités au sein de l'OTAN en mettant à profit le processus de transformation et en s'appuyant sur les enseignements tirés des opérations, de l'entraînement, des exercices et des activités d'expérimentation.

    À ce titre, le JALLC procède à l'analyse des opérations militaires réelles, de l'entraînement, des exercices et des expériences collectives de développement et d’expérimentation de concepts OTAN, et il est chargé de mettre en place et de tenir à jour une base de données des enseignements tirés.

  • L'ACT et les autres entités

    Il existe des liens directs entre l'ACT et des entités qui ne font pas partie de la NCS, comme des établissements de formation et d’entraînement ainsi que des centres d’excellence de l’OTAN.

    Établissements de formation et d’entraînement de l’OTAN

    Le Collège de défense de l’OTAN

    Au niveau politico-stratégique, le Collège de défense de l’OTAN, établie à Rome (Italie) est le principal établissement d'enseignement de l’OTAN. Sa mission consiste à contribuer à l’efficacité et à la cohésion de l’Alliance en remplissant son rôle de centre de formation, d’activités d’ouverture et de recherche de premier plan dans le domaine de la sécurité transatlantique. Plusieurs milliers d'officiers supérieurs, de diplomates et de responsables ont fréquenté le Collège de défense depuis sa fondation en 1951.

    L'École de l'OTAN

    L’École de l’OTAN à Oberammergau (Allemagne) est le principal établissement d’entraînement individuel et de formation de l’OTAN au niveau opératif. Elle assure la formation et l’entraînement individuel à l’appui des opérations actuelles de l’OTAN, en cours ou en train de se mettre en place, de sa stratégie, de sa politique, de sa doctrine et de ses procédures. Elle travaille en étroite collaboration avec l’ACT afin d’offrir une large palette de cours devant permettre de relever les défis propres à un environnement de sécurité en constante évolution.

    Le Centre OTAN d'entraînement aux opérations d'interdiction maritime

    Le Centre OTAN d'entraînement aux opérations d'interdiction maritime (NMIOTC), situé dans la baie de La Sude (Grèce), est un établissement dont le personnel est multinational. Il assure l’entraînement multinational nécessaire aux forces de I’OTAN afin qu’elles puissent mener des activités de surface, sous la surface et de surveillance aérienne ainsi que des opérations spéciales à l’appui des opérations d’interdiction maritime.

    Centres d'excellence

    Les centres d’excellence sont des établissements à financement national ou multinational qui forment des responsables et des spécialistes de pays membres de l'OTAN ou de pays partenaires, qui contribuent à l’élaboration des doctrines, qui recensent les enseignements tirés, qui améliorent l’interopérabilité et les capacités, et qui testent et valident les concepts par l’expérimentation.

    Les centres d'excellence, dont les activités sont coordonnées par l'ACT, sont considérés comme des organismes militaires internationaux. Bien qu'ils ne fassent pas partie de la NCS, ils s'intègrent dans un cadre plus large venant appuyer le dispositif de commandement de l’OTAN. Destinés à compléter les ressources dont dispose l'Alliance, les centres d'excellence couvrent une large gamme de domaines, chacun de ceux-ci étant axé sur un champ d'expertise spécifique visant à renforcer les capacités de l’OTAN.

  • Évolution

    Avant 2002, les deux commandements stratégiques étaient le Commandement allié en Europe (CAE), établi en 1951, et le Commandement allié de l'Atlantique (ACLANT), créé un an plus tard, en 1952.

    À la fin de la Guerre froide, le CAE et l'ACLANT ont tous deux fait l’objet d’une restructuration, qui a fait chuter le nombre de quartiers généraux de la NCS de 78 à 20. Cependant, les deux commandants stratégiques ont été maintenus, l'un pour la région de l'Atlantique et l'autre pour l'Europe.

    Au sommet de Prague en 2002, il a été décidé de réorganiser la NCS pour l’alléger et la rendre plus efficace. De plus, l'Alliance a été complètement repensée : désormais, la NCS allait reposer sur des critères fonctionnels, et non plus géographiques. Le CAE fut remplacé par l’ACO, responsable de toutes les opérations de l’Alliance, y compris des opérations maritimes qui relevaient jusqu'alors de l’ACLANT. Ainsi, un commandement stratégique – l’ACO ayant son quartier général au SHAPE – était chargé des opérations de l’Alliance, tandis que l'autre – l’ACT implanté au quartier général du SACT – s’occupait de la transformation.

    La NCS a été revue une fois de plus en juin 2011 dans le cadre d'un vaste processus de réforme, qui visait non seulement à optimiser la structure, mais aussi à inclure de nouvelles tâches découlant du concept stratégique de 2010. Les deux commandements stratégiques ont été maintenus, de même que le niveau d'ambition de l'Alliance, à savoir sa capacité de mener deux opérations interarmées de grande envergure et six opérations interarmées de moindre envergure, si nécessaire.

    En juin 2018, les ministres de la Défense des pays de l’OTAN ont donné leur feu vert à la mise en place d'une structure de commandement de l’OTAN adaptée (NCS-A) ainsi qu'à l'élaboration de plans de mise en œuvre détaillés. Les deux commandants stratégiques ont immédiatement lancé les travaux devant mener à la création de nouvelles entités et à la mise à dispositions de nouvelles capacités, l’ACO prenant en charge les opérations, et l’ACT, la préparation au combat.

Notes
  1. Les forces de la structure de forces de l’OTAN sont disponibles pour des opérations de l’OTAN conformément à des critères de préparation préétablis et à des règles relatives au déploiement et au transfert d’autorité à un commandement OTAN. Ces critères et ces règles peuvent varier d’un pays à l’autre.
  2. Alors que l'article 5 s'applique à l'intégralité de la zone du Traité de l'Atlantique Nord, on considère que la zone de responsabilité opérationnelle de la NCS ne couvre pas le territoire des États-Unis ni celui du Canada. Le but n'est pas de sous entendre que la NCS ne doit pas être en mesure d'aider les États-Unis et le Canada en cas d'attaque armée contre le territoire de ces deux Alliés, mais plutôt de reconnaître que les opérations défensives sur leur territoire seront menées, commandées et contrôlées conformément à des accords bilatéraux, et non sous les auspices de la NCS.
  3. Les forces interarmées sont des forces qui viennent d’au moins deux branches militaires et qui opèrent sous un commandement unique ; les forces multinationales viennent de pays différents et opèrent sous commandement unique également.LI>