L’OTAN et la Libye

  • Mis à jour le: 04 Apr. 2012 15:46

Après que le régime de Kadhafi ait pris pour cible la population civile, en février 2011, l’OTAN a répondu à l’appel des Nations Unies demandant à la communauté internationale de protéger le peuple libyen. En mars 2011, une coalition de pays de l’OTAN et de pays partenaires a entamé, dans le cadre de l’opération Unified Protector (OUP), des opérations visant à faire respecter un embargo sur les armes, à imposer une zone d’exclusion arienne, et à assurer la protection des populations et des zones civiles confrontées à des attaques ou à des menaces d’attaque en Libye. L’OUP s’est conclue avec succès le 31 octobre 2011.

Libyans celebrating the end of the Qadhafi regime in Tripoli
  • Prologue à l’opération Unified Protector

    En février 2011, un mouvement pacifique de protestation lancé à Benghazi, dans l’est de la Libye, contre le régime du Colonel Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans, a été violemment réprimé et des dizaines de manifestants ont été tués en l’espace de quelques jours. À mesure que les manifestations s’étendaient au-delà de Benghazi, le nombre de victimes à déplorer se multipliait. C’est en réaction à ces événements que le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté, le 26 février 2011, la résolution 1970 dans laquelle il exprimait sa « vive préoccupation » à propos de la situation en Libye et imposait un embargo sur les armes à destination de ce pays.

    Après l’adoption de la résolution 1970 et dans un contexte de préoccupation croissante de la communauté internationale à propos de la crise libyenne, l’OTAN a accru, dès le 8 mars 2011, ses opérations de surveillance en Méditerranée. L’Alliance a déployé dans la zone des aéronefs de son système aéroporté de détection et de contrôle (AWACS) pour assurer une observation continue. Ces « yeux dans le ciel » ont permis à l’OTAN d’acquérir des informations détaillées sur les mouvements dans l’espace aérien libyen. Deux jours plus tard, l’Alliance faisait converger en Méditerranée des navires appartenant aux moyens actuels de l’OTAN, ainsi que des navires mis à disposition en vue de cette mission par des pays de l’OTAN, afin de consolider l’effort de surveillance.

    La situation en Libye s’étant encore détériorée, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté, le 17 mars 2011, la résolution 1973 par laquelle il condamnait « la violation flagrante et systématique des droits de l’homme, y compris les détentions arbitraires, disparitions forcées, tortures et exécutions sommaires ». La résolution introduisait également des mesures actives, et notamment l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne, et autorisait les États membres, agissant en tant que de besoin par l’intermédiaire d’organisations régionales, à mettre en œuvre « tous les moyens nécessaires » pour protéger les populations et les zones civiles libyennes.

    En application de la résolution 1973 du Conseil de sécurité, plusieurs pays membres de l’ONU ont pris des mesures militaires immédiates pour protéger les populations civiles, dans le cadre de l’opération Odyssey Dawn. Cette opération, qui n’était pas placée sous le commandement et le contrôle de l’OTAN, était menée par une coalition multinationale dirigée par les États-Unis.

  • L’opération Unified Protector

    La réponse à l’appel des Nations Unies

    Répondant à l’appel des Nations Unies, qui demandaient que soit empêchée la livraison d’armes et de matériels connexes, l’OTAN a décidé, le 22 mars 2011, de lancer une opération visant à faire respecter l’embargo sur les armes décidé à l’encontre de la Libye. Le lendemain, les navires de l’OTAN opérant en Méditerranée ont commencé à bloquer les flux d’armes et de mercenaires empruntant la voie maritime en direction de la Libye. Les moyens maritimes de l’OTAN ont arrêté et inspecté tous les bâtiments soupçonnés de transporter des armes, des matériels connexes ou des mercenaires à destination ou en provenance de la Libye.

    À l’appui de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU, l’OTAN a ensuite décidé, le 24 mars 2011,  de faire respecter, au-dessus de la Libye, la zone d'exclusion aérienne prévue dans cette résolution. Cette dernière interdit tous les vols dans l'espace aérien libyen, à l'exception des vols humanitaires ou d'acheminement d'une assistance, afin que les populations et les zones civiles ne puissent être la cible d'attaques aériennes.

    À partir du 31 mars 2011, l’OTAN a pris en charge la totalité du commandement et du contrôle de l’effort militaire international concernant la Libye. Les moyens aériens et maritimes de l’OTAN ont entrepris des actions militaires visant à protéger les populations et les zones civiles. Tout au long de la crise, l’Alliance a poursuivi des consultations étroites avec les Nations Unies, la Ligue des États arabes et d’autres partenaires internationaux.

    Un engagement en faveur de la protection du peuple libyen

    La décision de l'Alliance d'intervenir militairement se fondait sur trois principes clairs : une base juridique solide, un soutien régional fort et un besoin avéré. À la fin du mois de mars 2011, l’OUP comprenait trois volets distincts:

    • l’imposition d’un embargo sur les armes en Méditerranée pour bloquer l’approvisionnement du régime libyen en armes et en matériel assimilé ;
    • la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne pour empêcher les appareils libyens de bombarder des cibles civiles ;
    • des frappes aériennes et navales contre les forces militaires impliquées dans les attaques ou menaçant d’attaquer des populations et des zones civiles libyennes.

    Au cours d’une réunion tenue à Berlin le 14 avril 2011, les ministres des Affaires étrangères des pays de l’OTAN et des partenaires non membres de l’OTAN ont décidé de poursuivre l’OUP jusqu’à ce que toutes les attaques à l’encontre des populations et des zones civiles aient cessé; que le régime du colonel Kadhafi ait fait rentrer dans leurs bases toutes les forces militaires et paramilitaires; et que le régime ait permis à tous les Libyens d'accéder à une aide humanitaire immédiatement, en toute sécurité, sans restriction et sans entrave.

    Réunis à Bruxelles le 8 juin 2011, les ministres de la Défense des pays de l’OTAN ont décidé de maintenir la pression sur le régime du colonel Kadhafi aussi longtemps qu’il le faudrait pour mettre un terme à la crise, réaffirmant les buts énoncés par  les ministres des Affaires étrangères.
     
    Après la libération de Tripoli par les forces d’opposition, le 22 août, le secrétaire général a réaffirmé à la fois l’engagement de l’OTAN à protéger le peuple libyen et le désir de l’Alliance de voir ce peuple décider de son avenir, librement et pacifiquement.

    Au cours de la réunion des « amis de la Libye », tenue le 1er septembre à Paris, les chefs d’État et de gouvernement des pays de ce groupe ont réitéré cet engagement.

    Le 16 septembre, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté la résolution 2009, confirmant à l’unanimité le mandat de l’OTAN en matière de protection des  civils en Libye. La nouvelle résolution prévoyait également la création d’une Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL).

    La fin de la mission

    Les frappes aériennes de l’OTAN ayant contribué à réduire progressivement la capacité du régime de Kadhafi de cibler les populations civiles, les ministres de la Défense des pays de l’OTAN ont examiné à leur réunion du 6 octobre, à Bruxelles, les perspectives d’achèvement de l’OUP. Les ministres ont confirmé leur résolution à assurer la protection du peuple libyen tant que persisterait la menace, mais aussi à mettre un terme à la mission dès que les circonstances le permettraient. Le secrétaire général de l’OTAN s’est également engagé à coordonner la conclusion des opérations avec les Nations Unies et les nouvelles autorités libyennes.

    Au lendemain de la prise par les forces de l’opposition de la ville de Syrte, dernier bastion du régime de Kadhafi, et de la mort du Colonel lui-même, le 20 octobre 2011, le Conseil de l’Atlantique Nord a pris la décision préliminaire de mettre un terme à l’OUP à la fin du mois. Durant cette période de transition, l’OTAN a continué de suivre l'évolution de la situation et a conservé la capacité de répondre, en cas de besoin, aux menaces pesant sur les civils.

    Une semaine plus tard, le Conseil de  l’Atlantique Nord confirmait la décision de mettre fin à l’OUP. Le 31 octobre  2011 à minuit, heure libyenne, un avion AWACS de l’OTAN achevait sa dernière sortie, 222 jours après le début de l’opération. Le jour suivant, les moyens maritimes de l’OTAN quitt