Partenariats : la projection de la stabilité grâce à la coopération

  • Mis à jour le: 16 Feb. 2018 15:16

Au sommet de Varsovie, en 2016, les Alliés ont souligné que l'Alliance s'employait à contribuer davantage à l'action de la communauté internationale visant à projeter la stabilité et à renforcer la sécurité hors de son territoire. Pour ce faire, elle s’appuie notamment sur la coopération et les partenariats. En plus de vingt‑cinq années, elle a développé un réseau de partenariats avec des pays non membres de la région euro‑atlantique, du pourtour méditerranéen et de la région du Golfe, ainsi qu’avec d’autres partenaires du monde entier. L’OTAN mène avec ces pays un dialogue et une coopération pratique portant sur un vaste éventail de questions politiques et de sécurité. Les partenariats de l'OTAN bénéficient à toutes les parties concernées et contribuent à améliorer la sécurité de la communauté internationale au sens large.

 

Points principaux

  • Les partenaires sont associés à de nombreuses activités essentielles de l'OTAN, de l'élaboration de politiques au renforcement des capacités de défense, en passant par le développement de l'interopérabilité et la gestion de crise.
  • Les programmes de l'OTAN peuvent également aider les pays partenaires à développer leurs propres institutions et forces de défense et de sécurité.
  • En nouant un partenariat avec l'OTAN, ces pays peuvent :
    • partager des points de vue sur des enjeux d'intérêt commun par des consultations politiques et par le partage du renseignement ;
    • obtenir des conseils et un appui relatifs à leur processus de réforme et de renforcement des institutions et des capacités de défense ;
    • bénéficier d'un large choix d'activités de formation, d'entraînement et de consultation (plus de 1 200 activités sont ouvertes chaque année aux partenaires, au travers du menu de coopération partenariale) ;
    • se préparer ensemble à mener de futures opérations et missions en participant à des exercices et à des entraînements ;
    • contribuer aux opérations et missions actuellement dirigées par l'OTAN ;
    • partager les enseignements tirés des opérations passées et élaborer des orientations pour l'avenir ;
    • collaborer avec les Alliés dans les domaines de la recherche et du développement des capacités.
  • Au travers des activités de partenariat, l'OTAN et les partenaires entretiennent une vision large de la sécurité :
    • intégration des questions de genre dans la sécurité et la défense ;
    • lutte contre la corruption dans le secteur de la défense ;
    • accroissement des efforts de maîtrise ou de destruction des armements, des munitions et des munitions explosives non explosées ;
    • avancement de projets scientifiques conjoints.
  • Les partenariats ont évolué au fil des ans, de façon à inclure davantage de pays, des instruments plus souples et de nouvelles formes de coopération et de consultation.

Pour en savoir plus

  • Un réseau flexible de partenariats avec les pays non membres

    Le dialogue et la coopération avec les pays partenaires peuvent contribuer de manière concrète à renforcer la sécurité internationale, à défendre les valeurs fondatrices de l’Alliance, à faciliter le bon déroulement des opérations de l’OTAN, et à préparer les pays intéressés à l’adhésion.

    Dans les cadres régionaux aussi bien qu'au niveau bilatéral, l'OTAN développe des relations fondées sur des valeurs communes, sur la réciprocité, ainsi que sur des avantages et un respect mutuels.

    Dans la région euro‑atlantique, les 29 Alliés entretiennent des relations avec 21 pays partenaires dans le cadre du Conseil de partenariat euro‑atlantique (CPEA) et du Partenariat pour la paix (PPP), vaste programme de coopération bilatérale avec les pays partenaires de la région euro‑atlantique. Parmi ces partenaires, l’OTAN a créé des structures spécifiques pour encadrer ses relations avec la Russie1, l’Ukraine et la Géorgie.

    L’OTAN développe des relations avec les sept pays du pourtour méditerranéen dans le cadre du Dialogue méditerranéen, ainsi qu’avec quatre pays de la région du Golfe au travers de l’Initiative de coopération d’Istanbul.

    L’OTAN coopère aussi avec un ensemble de pays qui ne font pas partie de ces cadres de partenariat. Ces partenaires, dits « mondiaux », sont l'Afghanistan, l'Australie, la Colombie, l'Iraq, le Japon, la République de Corée, la Mongolie, la Nouvelle‑Zélande et le Pakistan.

    L'OTAN a aussi développé des moyens flexibles de coopération avec les partenaires, dans différentes régions. L'OTAN peut travailler en configuration « à 29+n » avec des groupes de partenaires, ces derniers étant choisis sur la base d'un intérêt ou d'un thème commun. Au sommet du pays de Galles, en 2014, l'OTAN a instauré la notion de partenaires « nouvelles opportunités » qui donne à certains pays la possibilité d'établir avec l'Organisation des relations bilatérales plus profondes et plus adaptées. Au même moment, les dirigeants des pays de l'Alliance ont lancé la « plateforme d'interopérabilité », une configuration permanente pour la coopération avec les partenaires en ce qui concerne l'interopérabilité requise dans le cadre de futures activités et opérations de gestion de crise.

    1. En avril 2014, les ministres des Affaires étrangères des pays de l’OTAN ont décidé de suspendre toute coopération civile et militaire pratique avec la Russie, mais de maintenir le dialogue politique au niveau des ambassadeurs et à un niveau plus élevé.
  • Objectifs clés des partenariats de l’OTAN

    En vertu de la politique de partenariat, les relations avec les partenaires de l’OTAN ont pour objectifs stratégiques :

      • de renforcer la sécurité, la paix et la stabilité au niveau euro‑atlantique et international ;
      • de promouvoir la sécurité et la coopération régionales ;
      • de faciliter une coopération mutuellement bénéfique sur les enjeux d'intérêt commun, y compris en ce qui concerne les efforts déployés au niveau international pour relever les défis de sécurité émergents ;
      • de préparer les pays intéressés qui peuvent prétendre à l’adhésion à l’OTAN ;
      • de promouvoir les valeurs démocratiques et les réformes institutionnelles, en particulier dans le secteur de la défense et de la sécurité ;
      • de renforcer le soutien aux opérations et missions dirigées par l'OTAN ;
      • de sensibiliser davantage aux développements sécuritaires, y compris à l’alerte rapide, de manière à prévenir les crises ;
      • de renforcer la confiance, ainsi que de parvenir à une meilleure compréhension mutuelle, y compris sur le rôle et les activités de l'OTAN, en particulier grâce à une diplomatie publique plus active.

    Cela étant, chaque partenaire définit avec l'OTAN la nature de son partenariat (rythme, périmètre, intensité, priorités et objectifs individuels). Ces éléments sont souvent décrits dans un document qui définit les objectifs du partenariat et qui doit être régulièrement réexaminé. Cependant, bon nombre des activités de partenariat de l'OTAN font intervenir plusieurs partenaires à la fois.

  • Mise en pratique des partenariats : comment l'OTAN travaille-t-elle avec ses partenaires ?

    Dans la pratique, les objectifs de partenariat de l'OTAN sont mis en œuvre au travers d'un large éventail de moyens. D'une manière générale, l'OTAN met une partie de ses processus, procédures et structures à la disposition des partenaires, qui s'en servent pour apporter des contributions concrètes. Dans certains cas, des programmes spéciaux ont été créés pour aider les partenaires à répondre à leurs besoins spécifiques. Les domaines clés de la coopération (indiqués en gras) sont présentés ci-après.

    La notion de consultation est essentielle pour le rôle de l'OTAN en tant qu'alliance, et pour les partenariats. Les consultations politiques peuvent aider à comprendre les développements en matière de sécurité, y compris les problèmes au niveau régional, et à dessiner des approches communes pour prévenir les crises ou relever les défis de sécurité. Les nombreux comités et organismes OTAN se réunissent souvent avec les partenaires pour façonner une coopération dans des domaines spécifiques. Tous les jours, et à différents niveaux, des réunions ont lieu entre les pays de l'OTAN et les pays partenaires (individuellement ou en groupe) sur des sujets très divers.

    L'interopérabilité est l'aptitude à agir ensemble en utilisant des normes, des doctrines, des procédures et des équipements harmonisés. L'interopérabilité est essentielle pour les activités d'une Alliance composée de nombreux pays dotés de leurs propres forces de défense, et elle est tout aussi importante pour pouvoir travailler en collaboration avec des partenaires souhaitant aider cette Alliance à atteindre ses objectifs tactiques, opérationnels et stratégiques. À l'OTAN, la majeure partie de la coopération au quotidien, y compris avec les partenaires, est axée sur la réalisation de cette interopérabilité. En 2014, reconnaissant l’importance du maintien de l'interopérabilité avec les partenaires pour la gestion de crises futures, l'OTAN a lancé l'Initiative pour l'interopérabilité avec les partenaires, qui a servi entre autres à mettre en place des mécanismes de coopération renforcée avec les pays souhaitant améliorer leur interopérabilité avec l'OTAN.

    Les partenaires contribuent aux opérations et aux missions dirigées par l'OTAN, qu’il s’agisse de soutenir la paix en formant les forces de sécurité dans les Balkans occidentaux et en Afghanistan, ou de surveiller l’activité maritime en Méditerranée ou au large de la Corne de l’Afrique. Les partenaires, en tant que contributeurs, sont invités à élaborer, aux côtés des Alliés, les politiques et les décisions qui auront une incidence sur ces missions. Divers outils ont été créés pour aider les partenaires à développer leur capacité de participer aux opérations dirigées par l'OTAN et d'être interopérables avec les forces des Alliés.

    Depuis de nombreuses années, l'OTAN collabore avec les partenaires sur la réforme de la défense ainsi que sur le renforcement des institutions et des capacités. Dans le cadre des travaux sur la projection de la stabilité, les Alliés sont convenus qu'une stabilité durable et à long terme passe par une amélioration de la gouvernance du domaine de la défense et de la sécurité ainsi que des institutions de ce secteur. Des institutions de défense viables, efficaces et résilientes sont essentielles si l’on veut qu’à long terme, les efforts de renforcement des capacités des partenaires soient couronnés de succès. En 2004, les Alliés et les partenaires ont adopté le plan d'action du Partenariat pour l'établissement d'institutions de défense et établi ainsi des points de référence pour les institutions de défense. Dans le contexte de l’OTAN, les travaux de ce type concernent aussi bien la définition des objectifs stratégiques et les analyses conjointes, que l'assistance et les conseils d'experts ou les activités de formation et d'entraînement ciblées. Les programmes individuels de partenariat et de coopération et les programmes d’experts visant des volets spécifiques du renforcement des institutions de défense, comme le programme de renforcement de la formation « défense » et le programme pour le développement de l'intégrité, permettent de conseiller les partenaires et d’encourager la réforme en matière de défense. En 2014, au sommet du pays de Galles, l'OTAN a adopté l'initiative de renforcement des capacités de défense et des capacités de sécurité s'y rapportant (lire la suite ci-après). Cette initiative fait fond sur une expérience et une expertise importantes, s'agissant du soutien, des conseils, de l'assistance, de la formation et des activités de mentorat à fournir aux pays qui requièrent un soutien de l'Alliance pour le renforcement de leurs capacités et elle permet d’élaborer, à la demande des pays et avec l’accord des Alliés, des ensembles de mesures de soutien ciblées et adaptées en termes de renforcement des capacités de défense.

    L'OTAN s'engage aussi avec les partenaires dans divers autres domaines où elle a acquis des compétences et élaboré des programmes. Il s'agit notamment :

    • de la lutte contre le terrorisme ;
    • de la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs ;
    • des défis de sécurité émergents, comme ceux en lien avec la cyberdéfense, la sécurité énergétique et la sécurité maritime, y compris la lutte contre la piraterie ;
    • des plans civils d’urgence.
  • Vers une plus grande flexibilité : évolution des partenariats de l’OTAN

    L'origine des partenariats remonte à 1990, au sommet de Londres, lorsque l'OTAN fit la promesse de tendre la « main de l'amitié » à ses anciens adversaires du temps de la Guerre froide. Cette promesse allait rapidement déboucher sur la création de structures de coopération, et notamment du Conseil de coopération nord‑atlantique, en 1991. En janvier 1994, le premier programme de partenariat officiel de l'OTAN, le Partenariat pour la paix, a été lancé et s'adressait aux voisins européens de l'OTAN de même qu’à l'ex‑Union soviétique. La même année, les Alliés mettaient en place le Dialogue méditerranéen à l'intention de leurs voisins de la région méditerranéenne. En 2004, l'OTAN a proposé l'Initiative de coopération d'Istanbul aux pays de la région du Golfe, et, au fil des ans, a entamé et développé des relations avec d'autres partenaires dans le monde, au travers d'une coopération à des missions et à des opérations qu'elle a elle‑même dirigées.

    Pour tenir compte des changements significatifs intervenus dans les partenariats de l'OTAN, et dans le droit fil du nouveau concept stratégique adopté en 2010, une initiative ciblée visant à réformer la politique de partenariat de l’OTAN a été lancée au sommet de Lisbonne afin de rendre le dialogue et la coopération plus inclusifs, plus souples, plus constructifs et davantage axés sur la stratégie. Elle a débouché sur une nouvelle politique de partenariat, que les ministres des Affaires étrangères des pays de l’OTAN ont entérinée à leur réunion de Berlin en avril 2011.

    La nouvelle politique a pour objectif de renforcer les partenariats existants en consolidant les mécanismes de consultation et en favorisant une coopération davantage axée sur la substance. Elle prévoit en outre une « boîte à outils » de mécanismes et d’activités simplifiant la fa&cce