La lutte contre le terrorisme

  • Mis à jour le: 17 Aug. 2017 17:09

Le terrorisme constitue une menace directe pour la sécurité des citoyens des pays membres de l’OTAN ainsi que pour la stabilité et la prospérité internationales. Face à cette menace mondiale persistante qui ne connaît ni frontières, ni nationalités, ni religions, la communauté internationale doit être unie. Les activités menées par l’OTAN dans le cadre de la lutte contre le terrorisme mettent l’accent sur une meilleure connaissance de la menace, sur le développement des capacités de préparation et de réponse, et sur un engagement accru aux côtés des pays partenaires et d'autres acteurs internationaux.


Points principaux

  • L’OTAN a invoqué sa clause de défense collective (article 5) pour la première et unique fois de son histoire en réponse aux attaques terroristes perpétrées contre les États-Unis le 11 septembre 2001.
  • Les lignes directrices de l’OTAN sur la lutte contre le terrorisme font porter les efforts de l’Alliance sur trois grands domaines : la connaissance de la menace, les capacités et l’engagement.
  • L’OTAN développe des capacités et des technologies nouvelles pour faire face à la menace du terrorisme et pour gérer les conséquences d’une attaque terroriste.
  • L’OTAN coopère avec les partenaires et les organisations internationales pour exploiter pleinement le potentiel de chaque acteur engagé dans la lutte contre le terrorisme menée à l'échelle mondiale.
  • L’OTAN soutient la coalition mondiale contre l'EIIL en fournissant les données recueillies par ses AWACS, de manière à améliorer la connaissance de la situation.
  • L'OTAN met en place un pôle régional pour le sud au sein du Commandement allié de forces interarmées de l'OTAN à Naples. Ce pôle doit permettre à l'Alliance de mieux appréhender les défis émanant du sud et d'être mieux à même d'y répondre.
  • L'OTAN renforce son rôle dans la lutte contre le terrorisme en augmentant le nombre d'heures de vol des AWACS, en renforçant le partage d’informations et le ravitaillement en vol, en participant à la coalition mondiale contre l'EIIL, en créant au siège de l'OTAN une nouvelle cellule de renseignement sur le terrorisme, et en nommant un coordonnateur pour superviser l'action de l'OTAN dans la lutte contre le terrorisme.

Pour en savoir plus

  • Connaissance de la menace

    Dans le cadre du soutien aux autorités nationales, l’OTAN s'emploie, par des consultations, par un meilleur partage du renseignement, par des analyses et par des évaluations stratégiques continues, à promouvoir une connaissance commune de la menace terroriste. 

    À l’OTAN, les comptes rendus de renseignement s’appuient sur les contributions des services de renseignement des pays de l’Alliance, qu’ils soient intérieurs ou extérieurs, civils ou militaires. La manière dont l’Organisation traite les informations sensibles a progressivement évolué, suite aux décisions prises successivement lors de plusieurs sommets et à la réforme des structures de renseignement entamée en 2010. À partir de 2017, la nouvelle Division civilo‑militaire Renseignement et sécurité de l’OTAN bénéficie d'un partage accru du renseignement entre les services des pays membres et l’Alliance, ce qui lui permet d’établir des rapports analytiques stratégiques sur le terrorisme et sur ses liens avec d'autres menaces transnationales.

    Le partage du renseignement entre les organismes des pays de l’OTAN et ceux des pays partenaires se poursuit par l’intermédiaire de l’Unité de liaison pour le renseignement (ILU), située au siège de l’OTAN, à Bruxelles, et de la Cellule Liaison pour le renseignement du Commandement allié Opérations (ACO), à Mons (Belgique). Une nouvelle cellule de renseignement, mise en place au siège de l’OTAN, améliore le partage du renseignement à l’OTAN, y compris sur les combattants étrangers. La secrétaire générale déléguée de l’OTAN, Madame l’Ambassadrice Rose Goettemoeller, a été désignée coordonnatrice et chargée à ce titre de superviser l’action de l’OTAN en matière de lutte contre le terrorisme.

    L'OTAN est confrontée à de multiples menaces engendrées par l'instabilité qui règne dans la région au sud de l'Alliance. Avec la mise en place d’un nouveau « Pôle régional pour le sud », intégré au Commandement allié de forces interarmées de l'OTAN à Naples (Italie), l’OTAN parvient à mieux comprendre ces défis et est mieux à même d'y répondre. Ce pôle, qui devrait employer une centaine de personnes, est chargé de recueillir et d'analyser les informations, d'évaluer les menaces potentielles et de travailler avec des pays et organisations partenaires.

    Parallèlement aux consultations menées quotidiennement au sein de l’Alliance, des exposés sur des domaines spécifiques de la lutte contre le terrorisme sont présentés aux Alliés par des experts de différentes disciplines. La communication directe des expériences et des avis des pays partenaires touchés par le terrorisme peut compléter très utilement l'information parvenant aux Alliés par d’autres voies. De même, les contacts avec des organisations internationales telles que l’Organisation des Nations Unies (ONU), l’Union européenne (UE), l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ou le Forum mondial de lutte contre le terrorisme (GCTF), permettent d’améliorer la connaissance qu’ont les Alliés des initiatives de lutte contre le terrorisme entreprises au niveau mondial, et ils aident l’OTAN à affiner sa contribution à l’approche globale dans ce domaine.

  • Capacités

    L’Alliance fait en sorte de disposer des capacités adéquates pour prévenir les menaces terroristes, s’en protéger et y répondre. Le développement capacitaire et l’élaboration de technologies novatrices font partie intégrante du cœur de métier de l’OTAN, et les méthodes permettant de faire face aux menaces asymétriques telles que le terrorisme ou l’emploi d’armes non conventionnelles présentent à cet égard un intérêt tout particulier. Le principal outil en la matière est le programme de travail pour la défense contre le terrorisme (DAT POW), dont le but est la protection des forces, des populations civiles et des infrastructures critiques contre des actes terroristes – attentats suicide, attaques au moyen d'engins explosifs improvisés (EEI), tirs de roquettes visant des avions ou des hélicoptères, attaques chimiques, biologiques ou radiologiques. Les centres d’excellence de l’OTAN apportent une contribution importante à de nombreux projets en fournissant une expertise dans des domaines très divers, notamment le génie militaire pour l'ouverture d’itinéraires, la lutte contre les EEI, la neutralisation des explosifs, la familiarisation culturelle, ou l’analyse et la modélisation de réseaux.

    Programme de travail pour la défense contre le terrorisme

    Le programme de travail pour la défense contre le terrorisme (DAT POW) a été élaboré en 2004 par la Conférence des directeurs nationaux des armements (CDNA). Centré à l’origine sur la recherche de solutions technologiques visant à atténuer les conséquences d’attaques terroristes, ce programme a vu son périmètre étendu au développement capacitaire global. Il inclut désormais des exercices, des essais, des projets de développement de prototypes et de concepts, et des démonstrations d’interopérabilité. La plupart des projets lancés dans le cadre de ce programme sont axés sur la recherche de solutions pouvant être mises en œuvre rapidement et répondant aux besoins militaires de l’Alliance. Le programme de travail DAT soutient la force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation (VJTF), qui est la force « fer de lance » de l’OTAN, en développant des projets visant à renforcer la disponibilité opérationnelle et le niveau de préparation des forces. Il prévoit la mise en œuvre de technologies ou de méthodes nouvelles ou adaptées en vue de détecter, contrer et déjouer les menaces asymétriques dans trois domaines capacitaires : la gestion des incidents, la protection/survivabilité des forces et les liaisons réseau.

    Lutte contre les menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires

    La dissémination et l’utilisation potentielle des armes de destruction massive (ADM) et de leurs vecteurs, et la possibilité que de telles armes tombent aux moins de terroristes, sont considérées comme l'une des plus grandes menaces reconnues comme des menaces auxquelles l'Alliance doit faire face en priorité. L’OTAN considère donc que la prévention de la prolifération des ADM au profit d'acteurs étatiques ou non étatiques, ainsi que la défense contre les menaces et les risques chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN) pesant sur la sécurité et la sûreté des populations de ses pays membres, sont des objectifs hautement prioritaires. La force opérationnelle multinationale de défense CBRN de l’OTAN a pour mission de réagir à l’utilisation d’agents CBRN et d’en gérer les conséquences, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la zone de responsabilité de l’OTAN. Quant au Centre d’excellence interarmées pour la défense CBRN, implanté en République tchèque et certifié par l’OTAN, il travaille au renforcement des capacités de l'Organisation

    Opérations

    L’OTAN soutient la coalition mondiale contre l'EIIL en déployant des avions du système aéroporté de détection et de contrôle (AWACS). Depuis octobre 2016, ces AWACS contribuent à l'établissement de la situation aérienne générale de la coalition en assurant une mission de surveillance et en fournissant une connaissance situationnelle.

    L’OTAN s’emploie à maintenir ses capacités militaires pour les opérations de gestion de crise et d’aide humanitaire. Lorsqu’un déploiement de forces est nécessaire, il est souvent utile de prévoir un volet antiterrorisme. Il est également important de ne pas perdre le bénéfice des enseignements tirés des opérations, y compris celles menées par les forces d’opérations spéciales. L’interopérabilité est essentielle à la collaboration entre membres de coalitions futures. Les meilleures pratiques sont par conséquent intégrées à la formation, aux entraînements et aux exercices.

    L’opération maritime Active Endeavour a été lancée en 2001 au titre de l’article 5 du traité fondateur de l'OTAN. Cette opération s’inscrivait dans le cadre de la réponse immédiate de l’OTAN aux attentats terroristes du 11‑Septembre et visait à détecter, décourager et, si nécessaire, contrer la menace terroriste en Méditerranée. Cette opération, qui a évolué depuis son lancement, reste à ce jour la seule que l'OTAN ait menée en exécution d'un mandat spécifiquement axé sur la lutte contre le terrorisme. L'opération Active Endeavour a pris fin en octobre 2016 et a été remplacée par l'opération Sea Guardian, qui offre la souplesse nécessaire pour exécuter toute la gamme des tâches liées aux opérations de sûreté maritime, y compris la lutte contre le terrorisme en mer, si nécessaire.

    De nombreuses autres opérations ont été menées à l'appui d’initiatives internationales de lutte contre le terrorisme : ainsi, la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) – dirigée par l'OTAN en Afghanistan et dont la mission s'est achevée en 2014 – a aidé le gouvernement afghan à étendre son autorité et à imposer la sécurité pour que le pays ne redevienne pas un sanctuaire du terrorisme international. La mission Resolute Support en Afghanistan contribue de façon similaire à la lutte contre le terrorisme.

    Gestion de crise

    La longue expérience de l’OTAN en matière de planification civile d’urgence, de protection des infrastructures critiques et de gestion de crise peut être mise utilement à la disposition des Alliés et des partenaires, sur demande. Cette expérience peut être directement applicable à la lutte contre le terrorisme, en favorisant la résilience et en permettant une planification et une préparation adéquates de la réponse et du redressement consécutifs à des actions terroristes.

    Protection des populations et des infrastructures critiques

    C'est aux autorités nationales qu'il incombe en premier lieu de protéger leurs populations et leurs infrastructures critiques face aux conséquences d’attentats terroristes, d’incidents CBRN et de catastrophes naturelles. L’OTAN peut cependant aider les pays en élaborant des avis non contraignants et des normes minimales, et servir d'enceinte pour l’échange des meilleures pratiques et des enseignements tirés, permettant ainsi aux pays concernés d'améliorer leur état de préparation et leur résilience. L’Organisation a établi des Directives à l’intention des primo‑intervenants lors d’incidents CBRN, et elle organise des stages internationaux pour les formateurs des primo‑intervenants sollicités en cas d’incident CBRN. Elle peut également conseiller les autorités nationales sur les procédures d'alerte à l'intention du public et des équipes d’intervention d’urgence. L’OTAN peut compter sur un vaste réseau d’experts civils, issus de l’administration publique comme du secteur privé, pour l’aider à répondre aux demandes d’assistance. Son Centre euro‑atlantique de coordination des réactions en cas de catastrophe (EADRCC) coordonne les réponses aux demandes d’assistance formulées par les pays suite aux catastrophes d’origine naturelle ou humaine, y compris les actes terroristes perpétrés au moyen d’agents CBRN.

  • Engagement

    La lutte contre le terrorisme à l’échelle mondiale nécessitant une approche holistique, les Alliés ont décidé d'intensifier les contacts et la coopération avec les pays partenaires et les acteurs internationaux. 

    Avec les partenaires

    De plus en plus, les partenaires mettent à profit les mécanismes de dialogue et de coopération pratique dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, notamment pour le renforcement des capacités de défense. Les partenaires intéressés sont encouragés à inclure un volet antiterrorisme dans leurs accords de coopération individuels avec l’OTAN. Les Alliés mettent tout particulièrement l’accent sur le partage des connaissances, le renforcement des capacités, la planification civile d’urgence et la gestion de crise, afin de permettre aux partenaires d'identifier et de protéger les points de vulnérabilité et de se préparer pour combattre plus efficacement le terrorisme. 

     La lutte contre le terrorisme est l’une des cinq priorités du programme OTAN pour la science au service de la paix et de la sécurité (SPS). Ce programme, qui vise à renforcer la coopération et le dialogue entre scientifiques et experts des pays de l’OTAN et des pays partenaires, contribue à une meilleure compréhension de la menace terroriste, à l’élaboration de moyens de détection et de réaction et à la constitution d’un réseau d’experts. Des ateliers, des stages de formation et des projets pluriannuels de recherche et de développement sont entre autres proposés. Ils contribuent à l’identification des méthodes de protection des infrastructures critiques, des approvisionnements et du personnel, à la compréhension des facteurs humains associés à la défense contre le terrorisme, au recensement des technologies de détection des engins explosifs et des activités illicites, ainsi qu’à la gestion des risques, au recueil des meilleures pratiques et à l’emploi de nouvelles technologies de réponse au terrorisme. De par sa souplesse, le programme SPS peut être adapté en fonction de l'évolution des priorités. À titre d'exemple, l'OTAN a mis en place, en février 2017, un programme financé sur le programme SPS pour former en Iraq les forces de sécurité iraquiennes à la lutte contre les engins explosifs improvisés (EEI). Le but est que l'Iraq soit mieux à même de combattre l'EIIL et d'assurer sa propre sécurité. Le fonds d'affectation spéciale OTAN pour le renforcement des capacités de défense a servi à financer 160 kits d'équipements anti‑EEI, que l'Alliance a remis le 26 mars 2017 au ministère iraquien de l'Intérieur, avec démonstration de leur utilisation. Ces équipements sont une contribution importante aux efforts que l'Iraq déploie pour lutter contre le terrorisme et protéger les civils.

    Le 1er avril 2014, les ministres des Affaires étrangères des pays de l’Alliance ont condamné l’intervention militaire illégale de la Russie en Ukraine et la violation par la Russie de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de ce pays. Ils ont souligné que l’OTAN ne reconnaissait pas la tentative illégale et illégitime d’annexion de la Crimée par la Russie. Par conséquent, les ministres ont décidé de suspendre toute coopération civile et militaire pratique entre l’OTAN et la Russie, y compris dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, qui était pourtant l'un des facteurs déterminants de la création du Conseil OTAN‑Russie, en mai 2002. Cette décision a été confirmée par les dirigeants des pays de l’Alliance lors du sommet du pays de Galles, en septembre 2014 et, à ce jour, la coopération avec la Russie reste suspendue.

    Avec les acteurs internationaux

    L’OTAN coopère en particulier avec l’ONU, l’UE et l’OSCE pour assurer l'échange de vues et d'informations avec ces organisations et veiller à ce que des mesures appropriées puissent être prises plus efficacement dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. La Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies, les conventions et protocoles internationaux relatifs à la lutte contre le terrorisme ainsi que les résolutions pertinentes de l’ONU forment un cadre commun pour les activités en la matière.

    L’OTAN est amenée à travailler en étroite collaboration avec le Comité de l’ONU contre le terrorisme et sa direction exécutive ainsi qu’avec l’Équipe spéciale de lutte contre le terrorisme (CTITF) et nombre des entités qui en font partie, dont l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime. L’expertise des centres d’excellence de l’OTAN et les possibilités de formation et d’entraînement qu’offre l’Organisation sont souvent pertinentes au regard des priorités de l’ONU en matière de lutte contre le terrorisme, notamment dans le domaine spécifique de la gestion des explosifs. De manière plus générale, l’OTAN collabore étroitement avec les organismes de l’ONU qui jouent un rôle majeur dans les interventions en cas de catastrophes d’ampleur internationale et dans la gestion des conséquences, notamment le Bureau de la coordination des affaires humanitaires, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques et le Comité du Conseil de sécurité établi en application de la résolution 1540.

    L'OTAN et l'UE sont toutes deux résolues à lutter contre le terrorisme et contre la prolifération des armes de destruction massive. Elles échangent régulièrement des informations sur des projets de lutte contre le terrorisme et sur des activités apparentées concernant par exemple la protection des populations civiles contre des attaques chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN). Les relations avec la Section Contre‑terrorisme du Service européen pour l'action extérieure, avec le bureau du Coordinateur de l’UE pour la lutte contre le terrorisme et avec d’autres entités de l’Union européenne contribuent à une meilleure compréhension mutuelle et à une plus grande complémentarité entre les deux organisations.

    L’OTAN entretient d’étroites relations avec l’Unité d’action contre le terrorisme du département des menaces transnationales (TNT) de l’OSCE. Elle développe également des relations avec les bureaux extérieurs de cette organisation ainsi qu’avec son École des cadres pour la gestion des frontières, établie à Douchanbé (Tadjikistan), qui contribue à la sécurisation des frontières ouvertes en offrant une formation spécialisée aux hauts responsables des organismes nationaux de sécurité des frontières.

    L’utilisation d’avions civils comme armes lors des attaques terroristes du 11‑Septembre a suscité des initiatives visant à renforcer la sûreté aérienne. L’OTAN a contribué à améliorer la coordination civilo‑militaire du contrôle de la circulation aérienne en collaborant avec EUROCONTROL, l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), la Federal Aviation Authority des États‑Unis, les principales autorités aéronautiques et de sécurité nationales, les associations de compagnies aériennes et de pilotes et l’Association internationale du transport aérien (IATA).

    L’OTAN propose aux Alliés et aux pays partenaires diverses possibilités d’entraînement et de formation dans le domaine de la lutte contre le terrorisme. Elle peut s'appuyer sur un vaste réseau d’établissements, dont l’École de l’OTAN à Oberammergau (Allemagne), sur les commandements de forces interarmées de Naples et de Brunssum, qui organisent des stages de formation itinérants, et sur les centres d’excellence (COE), qui sont au service de la structure de commandement de l’OTAN. Il existe actuellement plus d’une vingtaine de COE pleinement agréés par l’OTAN, dont plusieurs ont un lien avec la lutte contre le terrorisme. Le Centre d’excellence pour la défense contre le terrorisme (COE‑DAT), situé à Ankara (Turquie), sert à la fois d'enceinte et de catalyseur pour le dialogue et les échanges au niveau international concernant le terrorisme et la lutte contre le terrorisme. Le COE‑DAT entretient des contacts avec plus d’une cinquantaine de pays et d’une quarantaine d’organisations.

  • L'OTAN et la lutte contre le terrorisme – Grandes étapes

    1999
    Dans le concept stratégique adopté par l’Alliance en 1999, le terrorisme est présenté comme l’un des risques pesant sur la sécurité de l’OTAN.

    11 septembre 2001
    Le groupe terroriste Al‑Qaida lance quatre attaques coordonnées contre des cibles aux États‑Unis.

    12 septembre 2001
    Moins de 24 heures après les attaques du 11‑Septembre, les Alliés et les pays partenaires de l’OTAN, réunis au sein du CPEA, condamnent ces actes terroristes, offrent leur appui aux États‑Unis et s’engagent à « mettre tout en œuvre pour combattre le fléau du terrorisme ». Plus tard dans la journée, les Alliés décident d’invoquer l’article 5 du Traité de Washington – la clause de défense collective de l’Alliance – pour la première fois dans l’histoire de l’OTAN, s’il est établi que l’attaque a été dirigée contre les États‑Unis depuis l’étranger.

    13‑14 septembre 2001
    Déclaration de solidarité et de soutien de la Russie et de l’Ukraine.

    2 octobre 2001
    Informé par un haut responsable américain des résultats de l’enquête sur les attentats du 11‑Septembre, le Conseil de l’Atlantique Nord décide que les attaques seront considérées comme relevant de l’article 5 du Traité de Washington.

    4 octobre 2001
    L’OTAN approuve huit mesures visant à soutenir les États‑Unis :

      • renforcer le partage du renseignement et la coopération, au niveau bilatéral et au sein des organismes OTAN concernés, s'agissant des menaces que fait peser le terrorisme et des mesures à prendre pour les contrer ;
      • fournir, à titre individuel ou collectif, en fonction des besoins et de leurs capacités, une aide aux Alliés et aux autres États qui font ou peuvent faire l’objet de menaces terroristes accrues en raison de leur soutien à la campagne menée contre le terrorisme ;
      • prendre les mesures nécessaires pour renforcer la sécurité des installations des États‑Unis et des autres Alliés sur leur territoire ;
      • assurer, dans la zone de responsabilité de l’OTAN, le remplacement de certains moyens alliés qui sont nécessaires pour un soutien direct aux opérations contre le terrorisme ;
      • accorder des autorisations de survol générales pour les appareils des États‑Unis et d’autres Alliés, conformément aux arrangements applicables en matière de circulation aérienne et aux procédures nationales, pour les vols militaires liés à des opérations contre le terrorisme ;
      • assurer aux États‑Unis et à d’autres Alliés l’accès aux ports et aux aérodromes situés sur le territoire de pays membres de l’OTAN pour des opérations de lutte contre le terrorisme, notamment pour le ravitaillement, conformément aux procédures nationales ;
      • montrer que l’Alliance est prête à déployer des éléments de ses forces navales permanentes en Méditerranée orientale pour assurer une présence de l’OTAN et manifester sa détermination ;
      • montrer que l’Alliance est également prête à déployer des éléments de sa force de détection lointaine aéroportée pour appuyer des opérations contre le terrorisme.

    Mi‑octobre 2001
    L’OTAN lance sa toute première opération antiterroriste, Eagle Assist. À la demande des États‑Unis, sept avions radar AWACS de l’OTAN aident à patrouiller l’espace aérien américain (l’opération dure jusqu’à la mi‑mai 2002 et, dans l’intervalle, 830 membres d’équipage de 13 pays de l’OTAN effectuent plus de 360 sorties). C’est la première fois que des moyens militaires de l’OTAN sont déployés à l’appui d’une opération relevant de l’article 5.

    26 octobre 2001
    L’OTAN lance sa deuxième opération antiterroriste, Active Endeavour, en réaction aux attentats perpétrés aux États‑Unis : des éléments des forces navales permanentes de l’OTAN sont déployés en Méditerranée orientale pour y effectuer des patrouilles et surveiller la navigation, de façon à détecter et à décourager les activités terroristes, y compris les trafics illicites.

    Mai 2002
    À leur réunion de Reykjavik, les ministres des Affaires étrangères des pays de l’OTAN décident que l’Alliance conduira des opérations où et quand cela sera nécessaire pour combattre le terrorisme. Cette déclaration historique met effectivement fin au débat sur ce qui constitue la zone d’opérations de l’OTAN, et elle ouvre la voie à l’engagement de l’Alliance en Afghanistan avec la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS).

    Novembre 2002
    Au sommet de Prague, les dirigeants des pays de l’OTAN expriment leur détermination à décourager toute attaque armée dirigée de l’étranger, y compris par des terroristes, contre leurs populations, leurs territoires et leurs forces, ainsi qu’à s’en défendre et à s’en protéger. Dans ce contexte, ils adoptent un ensemble de mesures pour préparer l’OTAN à relever le défi du terrorisme. L'ensemble de mesures présenté à Prague comprend :

      • un Concept militaire de défense contre le terrorisme ;
      • un plan d’action du Partenariat contre le terrorisme (PAP‑T) ;
      • cinq initiatives de défense NBC ;
      • des dispositions pour la protection des populations civiles, notamment un plan d’action pour les situations d'urgence dans le domaine civil ;
      • des mesures de défense antimissile – les Alliés examinent différentes options pour faire face avec efficience et efficacité à la menace croissante que les missiles représentent pour les populations, le territoire et les forces de l’Alliance, en recourant à un ensemble approprié d'initiatives politiques et de défense, ainsi qu’à la dissuasion ;
      • des mesures en matière de cyberdéfense ;
      • une coopération avec d’autres organisations internationales ;
      • l’amélioration du partage du renseignement.

    Ils décident également de créer la Force de réaction de l’OTAN, de réorganiser la structure de commandement militaire et de lancer l’initiative appelée « Engagement capacitaire de Prague », afin de mieux préparer les forces militaires de l’OTAN à relever les nouveaux défis, notamment celui du terrorisme.

    10 mars 2003
    L’opération Active Endeavour est étendue à l’escorte de navires civils dans le détroit de Gibraltar.

    Mars 2004
    Le succès de l’opération Active Endeavour en Méditerranée orientale conduit l’OTAN à étendre le domaine d’action de la mission à l’ensemble du bassin méditerranéen.

    Novembre 2006
    Au sommet de Riga, les dirigeants des pays de l’OTAN reconnaissent que « le terrorisme, qui prend des dimensions mondiales et dont les effets sont de plus en plus meurtriers, ainsi que la prolifération des armes de destruction massive, constitueront probablement les principales menaces pour l’Alliance dans les dix à quinze prochaines années ».

    2010
    Dans le concept stratégique adopté au sommet de Lisbonne en novembre 2010, il est reconnu que le terrorisme est une menace directe pour la sécurité des citoyens des pays de l’OTAN et, plus largement, pour la stabilité et la prospérité internationales. À ce titre, les Alliés s'engagent à renforcer leur capacité de détection et de défense contre le terrorisme international, notamment en développant l'analyse de la menace, les consultations avec les partenaires de l'OTAN et les capacités militaires appropriées.

    Mai 2012
    Au sommet de Chicago, les dirigeants des pays de l’OTAN entérinent les nouvelles lignes directrices de l’Alliance sur la lutte contre le terrorisme, qui mettent l’accent sur une meilleure connaissance de la menace, des capacités adéquates et un engagement accru aux côtés des pays partenaires et d’autres acteurs internationaux. Le plan d'action du Partenariat contre le terrorisme est inclus dans l’approche générale adoptée par l’OTAN. Le concept militaire de l'OTAN sur la lutte contre le terrorisme, qui tient compte des lignes directrices, est devenu un document public en 2016.

    Juillet 2016
    Au sommet de Varsovie, les dirigeants des pays de l’Alliance décident que l’OTAN apportera son soutien à la lutte contre l'EIIL. Les avions AWACS de l’OTAN fourniront des informations à la coalition mondiale contre l’EIIL. L'OTAN entamera ses activités de formation et de renforcement des capacités en Iraq, tout en continuant à former des centaines d'officiers iraquiens en Jordanie. Les Alliés renforceront la coopération en cours avec la Jordanie dans des domaines tels que la cyberdéfense et la lutte contre les bombes placées en bord de route.
    Les Alliés s'engagent en outre à promouvoir le partage de l’information par une utilisation optimale de plateformes multilatérales, et à poursuivre le renforcement de leur coopération pour l'échange d'informations sur les combattants étrangers rentrant dans leur pays.

    Octobre 2016
    L'opération Active Endeavour s'achève et l'opération Sea Guardian prend le relais. Cette opération de sûreté maritime de plus grande ampleur menée en Méditerranée offre la souplesse nécessaire pour exécuter toute la gamme des tâches liées aux opérations de sûreté maritime, sur décision du Conseil de l'Atlantique Nord.

    5 février 2017
    L'OTAN lance un nouveau programme de formation en Iraq. Le but est de former les forces de sécurité iraquiennes à la lutte contre les engins explosifs improvisés (EEI). Cette formation est particulièrement pertinente s'agissant des territoires récemment libérés de l'emprise de l'EIIL.

    16 février 2017
    Les ministres de la Défense approuvent la création d’un « pôle régional pour le sud », intégré au Commandement allié de forces interarmées de l'OTAN à Naples. Ce pôle permettra à l'Alliance de mieux appréhender les défis émanant de cette région et d'être mieux à même de les relever.

    30 mars 2017
    Les ministres des Affaires étrangères décident d'intensifier les efforts déployés par l'OTAN en Iraq, notamment dans le domaine de la formation – stages de médecine militaire pour les nouveaux auxiliaires médicaux et formation à la maintenance des chars et des véhicules blindés de combat.

    25 mai 2017
    À leur réunion tenue à Bruxelles, les Alliés ont approuvé un plan d’action en vue d’en faire plus dans la lutte internationale contre le terrorisme en augmentant le nombre d'heures de vol des AWACS, en renforçant le partage de l’information et le ravitaillement en vol, en participant à la coalition mondiale contre l'EIIL, en créant au siège de l'OTAN une cellule de renseignement sur le terrorisme, et en nommant une coordonnatrice pour superviser l'action de l'OTAN dans la lutte contre le terrorisme.

    5-6 décembre 2017
    À leur dernière réunion, les ministres des Affaires étrangères ont souligné la nécessité constante d’apporter un soutien aux partenaires méridionaux de l’OTAN pour ce qui est du renforcement des capacités et des institutions de lutte contre le terrorisme. Ils ont réaffirmé leur attachement sans réserve à l’action de l’Alliance en matière de formation et d’assistance, s’agissant notamment du renforcement de la capacité de sécurité de l’Iraq et de l’Afghanistan, qui représente une part importante de la contribution de l’OTAN à la lutte contre le terrorisme. Les ministres ont également noté que le rôle de l’OTAN au sein de la coalition mondiale contre l’EIIL allait évoluer à l’heure où les opérations de combat cèdent la place aux activités de stabilisation.

    L’OTAN et l’Union européenne sont convenues d’intensifier leur coopération dans la lutte contre le terrorisme, notamment en renforçant l’échange d’informations, en coordonnant le soutien apporté aux pays partenaires en matière de lutte contre le terrorisme et en s’employant à améliorer la résilience nationale face aux attaques terroristes.