Les activités maritimes de l’OTAN

  • Mis à jour le: 06 Nov. 2018 10:30

Partout dans le monde, les océans se transforment en routes maritimes de plus en plus fréquentées. Aujourd'hui, 85 % de l'ensemble du commerce international des matières premières et des produits manufacturés sont acheminés par mer, et les navires citernes transportent plus de la moitié du pétrole mondial. Le domaine maritime est d’une importance stratégique pour l’OTAN, qui est déterminée à aider à protéger ses Alliés contre d'éventuelles menaces en mer ou venant de la mer.

 

Points principaux

  • La stratégie maritime de l'Alliance, adoptée en 2011, établit clairement les paramètres pour les activités maritimes de l'OTAN.  Fondées sur le concept stratégique, ces activités relèvent des domaines suivants : défense collective, gestion de crise, sécurité coopérative et sûreté maritime.
  • Les forces maritimes contribuent de plus en plus à la dissuasion, à la défense et à la projection de la stabilité, au travers de trois fonctions principales : stratégique, de sécurité et de combat.
  • L’OTAN renforce sa posture maritime en mettant l’accent sur ces trois fonctions, et elle prend des mesures concrètes pour améliorer la connaissance de la situation maritime globale de l’Alliance.
  • L'Alliance dispose de forces navales permanentes, qui constituent une capacité maritime OTAN de réaction immédiate hautement entraînée.
  • Le programme d'exercices maritime et interarmées de l’OTAN est essentiel pour assurer l’interopérabilité et améliorer les compétences de base pour le combat.
  • L’OTAN dirige actuellement l’opération Sea Guardian en Méditerranée et apporte un soutien dans la gestion de la crise des réfugiés et des migrants en mer Égée.
  • La coopération avec les partenaires non OTAN, notamment avec d'autres organisations internationales comme l'Union européenne, est fondamentale pour les efforts déployés dans le milieu maritime.

Pour en savoir plus

  • La stratégie et la posture maritimes de l'Alliance

    S’appuyant sur le concept stratégique de 2010 et sur les trois tâches fondamentales de l'OTAN que sont la défense collective, la gestion de crise et la sécurité coopérative, la stratégie maritime 2011 de l’Alliance définit quatre rôles maritimes : dissuasion et défense collective, gestion de crise, sécurité coopérative, sûreté maritime.  Depuis 2014, l’adaptation de l'Alliance face à l’évolution de l'environnement de sécurité se fait suivant deux axes essentiels : renforcer la posture de dissuasion et de défense de l'Alliance, et accroître la contribution de l'OTAN à la projection de la stabilité.  Le renforcement de la posture maritime de l'Alliance doit être considéré comme un élément constitutif et transversal de la mise en œuvre de ces deux axes.

    La stratégie maritime de l'Alliance décrit les quatre rôles stratégiques de l’Alliance : autrement dit, ce que fait l’Alliance dans le domaine maritime. La posture maritime de l'Alliance décrit les fonctions de l’OTAN : autrement dit, comment elle utilise le domaine maritime et les forces navales de l’Alliance.

    L’OTAN renforce sa posture de dissuasion et de défense dans tous les domaines. Le milieu maritime comprend des océans, des mers et des littoraux au-dessus et en dessous de la surface s'étendant dans toutes les directions.  C’est un espace continu, pleinement connecté à d’autres domaines et d’autres zones.  Les forces navales de l’Alliance comprennent les forces, capteurs et autres capacités maritimes sous commandement national ou OTAN qui contribuent à la sécurité de l'Alliance.

    La posture maritime de l'Alliance englobe les forces navales de l’Alliance, leur présence au sein du domaine maritime et les activités opérationnelles et coopératives qu’elles mènent au titre de l’exécution des trois fonctions suivantes et qui contribuent à la sécurité de l'Alliance :

    Fonction stratégique : la présence de forces maritimes produit des effets stratégiques et dissuasifs, y compris en matière d'assurance et de communication, et montre que l'OTAN entend opérer sans contrainte. La flexibilité des forces maritimes permet de disposer quasi-instantanément d’ensembles de forces intrinsèquement adaptables offrant tout un éventail d’options politiques et militaires intéressantes, mesurées et viables.

    Fonction de sécurité : la sûreté maritime est devenue le pilier des activités maritimes de l'OTAN.  Les Alliés ont développé des compétences, tactiques, techniques et procédures sophistiquées en rapport avec la sûreté maritime. Le maintien d'un environnement maritime sûr et sécurisé passe par diverses activités et opérations de sûreté maritime. Les forces maritimes peuvent offrir un mécanisme souple et opérationnel ainsi qu’une capacité très polyvalente permettant de mener des missions et tâches très diverses et de grande ampleur.

    Fonction de combat : en temps de paix comme en cas de crise, les forces maritimes sont, par nature, essentiellement dissuasives. Elles peuvent contribuer aux opérations conventionnelles, à la dissuasion nucléaire et à la défense antimissile balistique, pour défendre les intérêts de sécurité de l'Alliance. Elles assurent la dissuasion et la défense dans les mers adjacentes aux pays de l'Alliance, étendant ainsi la défense des territoires nationaux, et peuvent projeter la puissance à distance. Les forces maritimes peuvent rapidement passer de missions et tâches de faible intensité à des missions et tâches de haute intensité.  Les capacités et les forces opérant en surface, en dessous de la surface et au-dessus de la surface travaillent ensemble pour établir une interdiction ou un contrôle de l'espace maritime, soutenir le renforcement, protéger les moyens, projeter la puissance et aider à la mise en œuvre de forces interarmées et d'effets interarmées.

    Les exercices maritimes et interarmées sont essentiels pour maintenir et développer les compétences de combat et améliorer la préparation et les compétences maritimes communes des Alliés pour toutes les opérations. Certains domaines et compétences actuellement intégrés dans les futurs exercices sont par exemple la protection des lignes de communication et le renforcement rapide, l’intervention de porte-avions, les forces amphibies de l’OTAN, la capacité de lutte anti-sous-marine, la lutte contre les menaces hybrides dans le domaine maritime, la défense aérienne et antimissile intégrée, et la lutte contre les menaces dans le cyberespace.

  • Les forces navales permanentes et les capacités de l'OTAN

    L'OTAN dispose de forces navales permanentes (SNF) qui lui permettent d'assurer une présence navale continue. Ces forces de dissuasion multinationales répondent à un impératif maritime de l'Alliance. Elles mènent à bien un programme préétabli d'exercices, de manœuvres et d'escales, et peuvent être rapidement déployées en périodes de crise ou de tension.

    Les SNF de l'OTAN se répartissent en quatre groupes : les deux groupes maritimes permanents OTAN (SNMG1 et SNMG2) et les deux groupes permanents OTAN de lutte contre les mines (SNMCMG1 et SNMCMG2). Ces quatre groupes font partie de la force de réaction rapide de l'Alliance, la Force de réaction de l'OTAN (NRF).

    SNMG1 et SNMG2

    Les groupes maritimes permanents OTAN constituent une force maritime multinationale intégrée qui se compose de navires de différents pays de l’Alliance. Ces navires sont en permanence à la disposition de l’OTAN pour exécuter différentes tâches, qu'il s'agisse d'exercices ou de missions opérationnelles. Ils servent également à établir la présence et à démontrer la solidarité de l’Alliance, à effectuer des visites diplomatiques de routine dans différents pays, à soutenir l'engagement vis-à-vis des partenaires, et à mettre toute une gamme de capacités militaires maritimes à disposition pour les missions en cours.

    Ils opèrent en fonction des besoins opérationnels de l’Alliance, ce qui contribue à maintenir une flexibilité optimale. Leur composition varie, et ils comptent en général de deux à six navires fournis par autant de pays membres de l’Alliance.

    Le SNMG1 et le SNMG2 relèvent du Commandement maritime allié (MARCOM) basé à Northwood (Royaume-Uni), suite à l'inauguration de ce dernier, en décembre 2012, en qualité de pôle opérationnel pour toutes les opérations maritimes de l'Alliance. Sous l'autorité du MARCOM, on trouve également deux commandements subordonnés : le Commandement OTAN des forces sous­marines (COMSUBNATO) et le Commandement OTAN des forces aéronavales (COMMARAIR), ainsi que le Centre OTAN de la navigation commerciale, qui joue un rôle important dans la lutte contre la piraterie.

    SNMCMG1 et SNMCMG2

    Les groupes permanents OTAN de lutte contre les mines (SNMCMG1 et SNMCMG2) sont des forces multinationales qui participent principalement à des opérations de recherche et de neutralisation des explosifs et munitions. Le SNMCMG2 mène par ailleurs des opérations de neutralisation d'engins explosifs « historiques » afin de réduire la menace que représentent les mines datant de la Deuxième Guerre mondiale.

    Les deux SNMCMG sont des atouts essentiels de la NRF ; ils peuvent remplir un large éventail de fonctions, depuis les missions humanitaires jusqu'aux opérations. Ils peuvent se déployer sur court préavis et sont souvent les premiers moyens introduits sur un théâtre d'opérations.

    Le SNMCMG1 a vu le jour dans le port d'Ostende (Belgique), le 11 mai 1973, avec pour finalité de garantir la sécurité de la navigation autour des ports de la Manche et du nord-ouest de l'Europe. Le groupe, qui s'appelait à l'origine « Force navale permanente de la Manche », a été rebaptisé plusieurs fois pour refléter l'élargissement de sa zone d'opérations. Aujourd'hui, il est capable d'opérer pratiquement n'importe où dans le monde.

    Le SNMCMG2 est issu d'une force d'intervention en Méditerranée, disponible sur appel, créée en 1969. Cette force a elle aussi évolué au fil du temps et à l'aune de ses nouvelles responsabilités.

    Les noms actuels de ces groupes (SNMCMG1 et SNMCMG2) leur ont été attribués en 2006.

  • Les opérations/activités maritimes de l’OTAN

    Les opérations maritimes de l'OTAN, qui s'appuient sur la puissance de ses forces navales, ont démontré la capacité de l'Alliance à atteindre des objectifs stratégiques dans des contextes très différents. En novembre 2016, l’opération Sea Guardian a été lancée : il s’agissait d’une opération flexible, susceptible d’assurer jusqu’à sept tâches liées aux opérations de sûreté maritime (MSO). Cette opération, actuellement centrée sur la Méditerranée, a permis jusqu’à présent de mener trois tâches liées aux MSO : renforcement des capacités de sûreté maritime ; soutien à la connaissance de la situation maritime ; appui au contre-terrorisme maritime. L'opération Sea Guardian est actuellement déployée en Méditerranée.    Avec l'accord du Conseil de l’Atlantique Nord - la plus haute instance politique décisionnelle de l’OTAN - l'opération Sea Guardian peut exécuter n'importe laquelle des quatre autres tâches liées aux MSO : respect de la liberté de navigation ; interdiction maritime ; lutte contre la prolifération des armes de destruction massive ; protection des infrastructures critiques.

    L’opération Sea Guardian rassemble des moyens navals de plusieurs pays de l'Alliance pour des périodes déterminées. Ces opérations ciblées sont menées au rythme de trois semaines ininterrompues tous les deux mois, soit un total de six opérations par an. Bien que des navires ne soient pas présents en permanence en mer tout au long de l’année, la connaissance de la situation maritime est assurée grâce au réseau d'information du Commandement maritime allié.  

    Dans le cadre de son mandat, l’opération Sea Guardian apporte un soutien à l’opération Sophia de l’Union européenne en Méditerranée centrale,  dans le domaines du partage d'informations et du soutien logistique. En 2017, le Conseil de l’Atlantique Nord a décidé que l'OTAN pourrait également soutenir l'UE dans la mise en application de la résolution 2357 du Conseil de sécurité de l’ONU, confirmant l'embargo sur les armes à l'encontre de la Libye.

    L’OTAN a contribué aux efforts internationaux dans le cadre de la gestion de la crise des réfugiés et des migrants.  Ainsi, depuis février 2016, les navires de l’OTAN effectuent des missions de reconnaissance, de suivi et de surveillance des traversées clandestines en mer Égée, en coopération avec les autorités nationales compétentes et les services concernés de l’Union européenne.  Les navires de l’OTAN récoltent des informations précieuses qui sont utilisées à la fois par les garde-côtes grecs et turcs et par Frontex (l’agence de l’UE chargée de la gestion des frontières) pour intervenir, par exemple pour intercepter des bateaux de migrants repérés d’abord par l’OTAN.  Le partage d’informations aux niveaux opérationnel et tactique entre l’OTAN et Frontex s’est révélé très utile.

    De 2009 à 2016, l'opération Ocean Shield a contribué à l'action internationale visant à réprimer la piraterie et à protéger l'acheminement de l'aide humanitaire au large de la Corne de l'Afrique, succédant à l’opération Allied Protector (mars à août 2009) et à l’opération Allied Provider (octobre à décembre 2008).  L’OTAN reste engagée dans les efforts de lutte contre la piraterie dans cette zone, au travers de la connaissance de la situation maritime et des liens étroits qu’elle entretient avec les acteurs de la lutte contre la piraterie.

    De 2001 à 2016, l'opération Active Endeavour (prédécesseur de l’opération Sea Guardian) a contribué à décourager, à détecter et, si nécessaire, à faire obstacle à la menace terroriste en Méditerranée. Cette opération s’inscrit dans le prolongement de la réaction immédiate de l'OTAN aux attentats terroristes perpétrés le 11 septembre 2001 contre les États-Unis. Et en 2011, l'opération Unified Protector a servi de cadre à la projection de puissance depuis la mer et à l'imposition d'un important embargo maritime sur les armes à l'encontre de la Libye.