Relations avec le Bélarus

  • Mis à jour le: 24 Nov. 2021 17:11

L’OTAN s’est attachée à établir un partenariat avec le Bélarus depuis que le pays est devenu membre du Conseil de coopération nord-atlantique, en 1992, s’employant à mettre en place un dialogue et une coopération pratique dans des domaines d’intérêt commun. En 2021, les Alliés ont suspendu la coopération pratique entre l’OTAN et le Bélarus tout en maintenant le dialogue, dans la mesure nécessaire. Ils ont appelé le Bélarus à se conformer au droit international et à respecter les droits de la personne et les libertés fondamentales.

  • Les pays de l’OTAN ont suivi de près les développements intervenus au Bélarus depuis août 2020. Le secrétaire général de l’Organisation a appelé les autorités bélarussiennes à respecter pleinement les droits de la personne, y compris la liberté d’expression et le droit de manifester pacifiquement. Il a souligné que c’était à la population bélarussienne de décider de son propre avenir. Tous les Alliés sont attachés à la souveraineté et à l’indépendance du Bélarus. 
  • En mai 2021, l’OTAN a fermement condamné le détournement et l’atterrissage forcé à Minsk (Bélarus) d’un avion de la compagnie Ryanair qui reliait Athènes à Vilnius, ainsi que le débarquement et l’arrestation de Raman Pratassevitch, journaliste bélarussien qui se trouvait à bord, et de sa compagne, Sofia Sapega. Les pays de l’OTAN ont exigé la libération immédiate et sans condition de M. Pratassevitch et de Mme Sapega. 
  • Au sommet qui a eu lieu à Bruxelles en juin 2021, les dirigeants des pays de l’OTAN ont déclaré que les politiques et les actes du Bélarus avaient des incidences sur la stabilité régionale et qu’ils étaient contraires aux principes qui fondent le partenariat entre l’Organisation et le pays. Les chefs d’État et de gouvernement des pays de l’OTAN ont engagé le Bélarus à se conformer au droit international, à respecter les droits de la personne et les libertés fondamentales, et à libérer immédiatement et sans condition tous les prisonniers politiques, y compris les membres de l’Union des Polonais du Bélarus.
  • En novembre 2021, l’OTAN a condamné l’instrumentalisation continue des flux de migration irrégulière créés artificiellement par le Bélarus dans le cadre d’une action hybride dirigée contre la Pologne, la Lituanie et la Lettonie à des fins politiques. Les Alliés ont appelé le Bélarus à mettre fin à ces actions, à respecter les droits de la personne et les libertés fondamentales, et à se conformer au droit international.
  • Toujours en novembre 2021, les Alliés ont suspendu toute coopération pratique entre l’OTAN et le Bélarus dans les domaines civil et militaire, tout en maintenant le dialogue, dans la mesure nécessaire. 
  • L’OTAN continue d’interagir avec le Bélarus dans le cadre des discussions portant sur la transparence, la maîtrise des armements et la réduction des risques, y compris les mesures de confiance et de sécurité.
  • L’OTAN poursuivra ses interactions avec la société civile bélarussienne, notamment avec les organisations non gouvernementales indépendantes, les médias, les think tanks et les milieux universitaires. Les organisations non gouvernementales et les organisations de la société civile sont encouragées à se mettre en relation avec la Division Diplomatie publique de l'OTAN.

Évolution des relations
 

  • Les relations entre l’OTAN et le Bélarus ont débuté en 1992, lorsque le pays a adhéré au Conseil de coopération nord-atlantique. À ce forum de dialogue a succédé, en 1997, le Conseil de partenariat euro-atlantique, qui réunit tous les Alliés et les pays partenaires de la zone euro-atlantique.
  • En avril 1998, le Bélarus a ouvert une mission diplomatique auprès de l’OTAN.
  • L'adhésion du Bélarus au Partenariat pour la paix (PPP), en 1995, a marqué le début de la coopération bilatérale. Dans le cadre du PPP, l'OTAN et le Bélarus ont mis en place une coopération pratique dans un certain nombre de domaines au travers du programme individuel de partenariat et de coopération (IPCP) conclu entre les deux parties.
  • Dans le cadre de ce programme, du personnel bélarussien a participé à des stages dans des pays de l'OTAN, et une coopération pratique s'est exercée dans des domaines tels que la préparation du secteur civil, la coopération scientifique, les opérations de soutien de la paix, la formation linguistique et la formation militaire. 
  • La Division Diplomatie publique de l'OTAN a organisé chaque année à Minsk, en collaboration avec le Centre bélarussien de recherche sur les politiques étrangères et la sécurité, un séminaire pour mener des réflexions avec des experts et des étudiants bélarussiens sur des questions liées à la sécurité régionale et internationale. Le dernier séminaire en date a eu lieu en décembre 2018. Des représentants de la société civile bélarussienne ont participé régulièrement à des exposés d’information de l’OTAN au siège de l’Organisation, à Bruxelles (Belgique). 

Domaines clés de la coopération avant 2021

Avant 2021, une coopération s’exerçait entre le Bélarus et l’OTAN, au bénéfice des deux parties. Voici quelques exemples d’activités marquantes.

  • Le Bélarus participait au processus de planification et d'examen (PARP) du PPP. L’objectif était de promouvoir la transparence et d'aider le pays à renforcer ses capacités et l’interopérabilité dans la perspective d'une participation à des opérations internationales de soutien de la paix. L'OTAN a aidé le Bélarus à fixer des objectifs de planification qui ont permis au pays de développer certaines de ses forces et capacités en vue de leur éventuelle participation à des activités PPP, notamment des opérations PPP dirigées par l'OTAN, au service de la sécurité et de la stabilité.
  • Le Bélarus avait accès et a participé à un large éventail d’activités de formation et d’entraînement proposées par les centres de formation et d’entraînement de l’OTAN, ainsi qu’à des stages organisés par des Alliés et des partenaires. 
  • Depuis 2001, le Bélarus a reçu des subventions pour une quarantaine d'activités en coopération dans le cadre du programme OTAN pour la science au service de la paix et de la sécurité (programme SPS). Parmi les sujets étudiés figuraient les télécommunications, l'évaluation des risques liés à Tchernobyl et les systèmes de détection des explosifs. Un projet de premier plan a ainsi amené des chercheurs du Bélarus, de Norvège et d'Ukraine à travailler ensemble pour évaluer les risques liés à la contamination radioactive dans la Réserve radioécologique de Polésie.
  • Le ministère bélarussien des Situations d’urgence a également participé à des exercices de gestion de situations d’urgence dans le domaine civil organisés par le Centre euro-atlantique de coordination des réactions en cas de catastrophe (EADRCC).
  • Le Bélarus a participé à un projet de l'OTAN financé sur un fonds d'affectation spéciale qui visait à aider le pays à satisfaire à ses obligations au titre de la Convention sur l'interdiction de l'emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction, signée à Ottawa. Achevé en janvier 2007, ce projet conjoint, dirigé par le Canada et cofinancé par le Bélarus et la Lituanie, a permis de détruire quelque 700 000 mines antipersonnel au Bélarus.