Réponse de l’OTAN à l’invasion de l’Ukraine par la Russie

  • Mis à jour le: 27 Sep. 2022 13:36

L’OTAN condamne avec la plus grande fermeté la guerre d’agression brutale que la Russie a lancée en l’absence de toute provocation contre l’Ukraine, pays indépendant, pacifique et démocratique qui est un proche partenaire de l’Organisation. L’OTAN et les Alliés continuent de fournir à l’Ukraine un soutien d’une ampleur sans précédent, qui aide le pays à exercer son droit fondamental à la légitime défense.

La présente page donne des informations sur l’OTAN et sur sa relation avec l’Ukraine, et elle fait le point sur ce que l’OTAN et les Alliés font en réponse à la guerre.

 

Relations avec l'Ukraine

Relations avec l'Ukraine

Pour que la stabilité de la zone euro-atlantique soit assurée, il est indispensable que l’Ukraine soit forte et indépendante. Nouées au début des années 1990, les relations avec ce pays ont évolué jusqu’à constituer l’un des partenariats de l’OTAN les plus substantiels. Conséquence du conflit qui avait éclaté entre la Russie et l’Ukraine, la coopération s’était intensifiée dans plusieurs domaines d’importance critique à partir de 2014. En 2022, à la suite de l’invasion à grande échelle du pays par la Russie, l’OTAN et les Alliés ont porté leur soutien à Kiev à un niveau sans précédent.

En savoir plus >>

Foire aux questions


  • 2. Pourquoi l’OTAN existe-t-elle ?

    L’OTAN est là pour défendre les pays qui en sont membres et le milliard de citoyens que comptent ceux-ci. Pour ce faire, elle donne aux autorités politiques et aux forces armées des trente pays qui la composent la possibilité de travailler ensemble et elle leur offre la garantie qu’une attaque contre l’un d’entre eux sera considérée comme une attaque contre tous. 

    Pour en savoir plus : La finalité de l’OTAN
    Pour en savoir plus : Défense collective – Article 5

  • 3. L’Ukraine est-elle membre de l’OTAN ?

    L’Ukraine n’est pas membre de l’OTAN. L’Ukraine est un pays partenaire de l’OTAN, ce qui signifie qu’elle coopère étroitement avec l’OTAN mais qu’elle n’est pas couverte par la garantie de sécurité prévue dans le traité fondateur de l’Alliance.  

    Pour en savoir plus : Pays membres
    Pour en savoir plus : Partenariats

  • 4. Comment l’OTAN et les Alliés aident-ils l’Ukraine ?

    L’OTAN aide à coordonner la réponse aux demandes d’assistance de l’Ukraine et soutient les Alliés dans les efforts que ceux-ci déploient pour fournir au pays une aide humanitaire et des moyens non létaux. La garantie de sécurité offerte par l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord, qui repose sur un engagement sans faille en faveur de la défense collective, assure aux Alliés qu’ils peuvent envoyer des armes à l’Ukraine sans que leur sécurité ne s’en trouve compromise. En outre, comme les pays de l’Alliance s’appuient sur un socle commun de normes et utilisent des systèmes interopérables, ils ont l’assurance que les équipements livrés à l’Ukraine pourront être remplacés, sans problème de compatibilité, par du matériel mis à disposition par d’autres Alliés.

    Différents pays de l’OTAN fournissent à l’Ukraine des armes, des munitions et un large éventail d’équipements militaires légers ou lourds, dont des systèmes antichars et antiaériens, des obusiers et des drones. À ce jour, le matériel militaire livré à l’Ukraine par les Alliés représente plusieurs milliards d’euros. Au quotidien, tous ces équipements font la différence sur le champ de bataille, en ce qu’ils aident l’Ukraine à exercer son droit de légitime défense, consacré par la Charte des Nations Unies.

    Les Alliés apportent aussi à l’Ukraine une aide financière, qui s’élève à plusieurs milliards d’euros. De plus, ils sont nombreux à fournir une aide humanitaire à la population du pays et, ensemble, ils accueillent des millions de réfugiés ukrainiens. Ils collaborent avec les acteurs concernés de la communauté internationale pour que tous les responsables des crimes de guerre qui sont perpétrés, notamment des violences sexuelles liées au conflit, soient amenés à répondre de leurs actes. Ils ont également contribué de manière significative aux efforts de la communauté internationale visant à permettre l’exportation des céréales ukrainiennes et à atténuer la crise alimentaire mondiale.

    Au sommet de Madrid, en juin 2022, les chefs d’État et de gouvernement des pays de l’OTAN ont adopté un ensemble renforcé de mesures de soutien à l’Ukraine, qui prévoit que soient livrés au pays, entre autres éléments, des moyens de communication sécurisés, du carburant, du matériel médical, des gilets pare-balles, des équipements de lutte contre les mines ou contre les agents chimiques ou biologiques, ainsi que des systèmes antidrones portables. Les Alliés sont en outre convenus d’aider l’Ukraine à passer d’équipements soviétiques à des équipements OTAN modernes, à accroître l’interopérabilité de ses forces avec celles des pays de l’Organisation et à renforcer encore ses institutions de défense et de sécurité.

    Pour le plus long terme, l’Alliance est déterminée à porter assistance à l’Ukraine et à la soutenir, après la guerre, sur la voie de la reconstruction et des réformes.

    Pour en savoir plus : Déclaration des chefs d'État et de gouvernement des pays de l'OTAN du 24 mars 2022
    Pour en savoir plus : Les pays de l’OTAN conviennent de renforcer encore et de pérenniser le soutien à l’Ukraine
    Pour en savoir plus : Déclaration du sommet de Madrid, datée du 29 juin 2022
    Pour en savoir plus : Conférence de presse du secrétaire général de l’OTAN au sommet de Madrid

  • 5. Quel soutien l’OTAN apporte-t-elle à l’Ukraine depuis l’annexion, illégale, de la Crimée par la Russie, en 2014 ?

    À partir de l’annexion, illégale et illégitime, de la Crimée par la Russie, en 2014, l’OTAN a aidé l’Ukraine à réformer ses forces armées et ses institutions de défense, notamment en lui fournissant des équipements et une aide financière. Les Alliés ont en outre formé des dizaines de milliers de soldats ukrainiens. Par ailleurs, les forces ukrainiennes ont participé à des exercices et à des opérations de l’OTAN, ce qui leur a permis de se perfectionner. Depuis 2016, les initiatives de soutien de l’OTAN s’inscrivent dans le cadre d’un ensemble complet de mesures d’assistance (CAP), qui regroupe toute une série de programmes de renforcement des capacités et de fonds d’affectation spéciale consacrés à des domaines clés tels que la cyberdéfense, la logistique et la lutte contre les pratiques hybrides. En juin 2022, au sommet de Madrid, les chefs d’État et de gouvernement ont approuvé le principe d’un renforcement du CAP.

    En février 2022, à la suite de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, l’OTAN et les Alliés avaient porté leur soutien à Kiev à un niveau sans précédent, et ce soutien ne faiblit pas (voir question 4, ci-dessus).

    Pour en savoir plus : Relations avec l'Ukraine
    Pour en savoir plus : « Le soutien de l’OTAN à l’Ukraine s’inscrit dans la durée »

  • 6. Quelle est la position de l’OTAN concernant les territoires occupés d’Ukraine ?

    Suite à l’annexion, illégale, de la Crimée par la Russie et à l’entreprise de déstabilisation russe dans l’est de l’Ukraine, en 2014, l’OTAN a pris fermement position et manifesté son attachement sans faille à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues. Les Alliés condamnent avec vigueur et ne reconnaîtront jamais l’annexion, illégale et illégitime, de la Crimée par la Russie, et ils dénoncent l’occupation temporaire de ce territoire. Ils condamnent aussi la reconnaissance par la Russie, en février 2022, des « Républiques populaires » (autoproclamées) de Donetsk et de Louhansk, dans l’est de l’Ukraine, décision qui est en contradiction flagrante avec le droit international et qui met un peu plus en péril la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine.

    L’OTAN condamne avec la plus grande fermeté la tenue, dans les régions d’Ukraine en partie contrôlées par les forces armées russes, de prétendus référendums sur le rattachement de ces territoires à la Fédération de Russie. Ces simulacres de référendum n’ont aucune légitimité et constituent une violation flagrante de la Charte des Nations Unies. Les pays de l’OTAN ne reconnaîtront pas l’annexion des régions concernées, qui serait considérée comme illégale et illégitime. Ces territoires appartiennent à l’Ukraine.

    Pour en savoir plus : Déclaration du Conseil de l’Atlantique Nord sur les prétendus référendums devant se tenir dans certaines régions d’Ukraine

  • 9. Que fait l’OTAN pour protéger ses pays membres et leurs citoyens contre d’éventuelles attaques russes ?

    En réponse à l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, en 2022, les Alliés ont activé les plans de défense de l’OTAN et déployé des milliers de soldats supplémentaires depuis les deux côtés de l’Atlantique. Plus de 40 000 soldats, appuyés par d’importants moyens aériens et navals, sont désormais sous le commandement direct de l’OTAN dans la partie orientale du territoire de l’Alliance, auxquels s’ajoutent des centaines de milliers de personnels déployés par des pays de l’Alliance. L’OTAN a rapidement mis sur pied quatre groupements tactiques multinationaux en Bulgarie, en Hongrie, en Roumanie et en Slovaquie, en plus de ceux qui étaient déjà déployés en Estonie, en Lettonie, en Lituanie et en Pologne. Ces huit groupements tactiques couvrent tout le flanc est de l’OTAN, de la mer Baltique, au nord, à la mer Noire, au sud.

    Au sommet de Madrid, en juin 2022, les Alliés ont décidé d’adapter en profondeur la posture de dissuasion et de défense de l’OTAN, convenant notamment de muscler les dispositifs de défense de l’avant, de porter au niveau brigade les groupements tactiques déployés dans la partie orientale du territoire de l’Alliance, de transformer la Force de réaction de l’OTAN ainsi que d’amener à plus de 300 000 soldats les effectifs des forces à haut niveau de préparation. L’application de toutes ces mesures s’appuiera sur le prépositionnement d’équipements et de matériels en plus grand nombre sur un déploiement plus important de capacités à l’avant et sur une mise à niveau des plans de défense, qui prévoiront notamment que des forces seront préaffectées à la défense d’Alliés spécifiques. Il s’agit là du plus vaste remaniement de la posture de dissuasion et de défense collective depuis la Guerre froide.

    Par ailleurs, les Alliés s’attachent à améliorer la résilience de leurs sociétés et infrastructures pour contrer l’influence malfaisante de la Russie : ils renforcent leurs capacités cyber et leurs moyens de cyberdéfense, et ils se soutiennent mutuellement en cas de cyberattaque. Enfin, ils se dotent les moyens de mieux faire face aux menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires et s’emploient à accroître leur sécurité énergétique ainsi qu’à se rendre plus résilients face aux menaces hybrides, notamment à la désinformation.

    La Russie constitue la menace la plus importante et la plus directe pour la sécurité des Alliés et pour la paix et la stabilité dans la zone euro-atlantique. L’OTAN reste néanmoins disposée à maintenir ouverts les canaux de communication avec Moscou pour gérer et réduire les risques, prévenir toute escalade et accroître la transparence. Elle ne cherche pas la confrontation et ne représente aucune menace pour la Russie. L’Alliance continuera de répondre de façon concertée et responsable aux menaces et aux actes d’hostilité de ce pays.

    Pour en savoir plus : Dissuasion et défense 
    Pour en savoir plus : La présence militaire de l’OTAN dans la partie orientale du territoire de l’Alliance
    Pour en savoir plus : Résilience et article 3

  • 10. Quelle est la réaction de l’OTAN face au dangereux discours de la Russie sur les armes nucléaires, chimiques et biologiques ?

    Le discours menaçant que la Russie tient sur le nucléaire dans le cadre de sa guerre contre l’Ukraine est dangereux et irresponsable. Pour le Kremlin, le recours à la menace nucléaire est la réponse à tout revers. L’OTAN ne représente pas une menace pour la Russie et ne cherche pas la confrontation avec elle. Les Alliés agissent de manière défensive et en réaction à l’agression russe. La Russie n’a donc aucune raison de relever l’état de disponibilité opérationnelle de ses forces nucléaires. L’emploi d’armes nucléaires par ce pays altérerait fondamentalement la nature du conflit et aurait des conséquences sans précédent pour lui. La Russie doit comprendre qu’une guerre nucléaire ne se gagne pas et ne doit jamais être menée.

    Les allégations du ministère russe des Affaires étrangères selon lesquelles l’Ukraine aurait un programme d’armes biologiques sont absurdes et sans fondement. La Russie invente, une fois de plus, de faux prétextes pour tenter de justifier son invasion de l’Ukraine. L’OTAN continuera de dénoncer à la face du monde les opérations de désinformation et les mensonges de la Russie. Tout emploi de l’arme chimique ou biologique par la Russie constituerait une violation du droit international et un crime de guerre et aurait de graves conséquences. 

    Pour en savoir plus : Les armes de destruction massive
    Pour en savoir plus : La force opérationnelle multinationale interarmées de défense chimique, biologique, radiologique et nucléaire