Technologies émergentes et technologies de rupture

  • Mis à jour le: 31 May. 2024 14:08

L’intelligence artificielle (IA), les systèmes autonomes et les technologies quantiques sont en train de changer le monde, et donc aussi la manière dont l’OTAN opère. Ces technologies ainsi que d’autres, qualifiées de technologies émergentes et de technologies de rupture (TE/TR), présentent à la fois des risques et des opportunités pour l’OTAN et les Alliés. C’est pourquoi l’Alliance collabore avec des partenaires du secteur public, du secteur privé, du monde universitaire et de la société civile pour développer et adopter de nouvelles technologies, pour établir au niveau international des principes d’utilisation responsable et pour faire en sorte que l’OTAN conserve son avance technologique grâce à l’innovation.

Emerging and disruptive technologies

 

  • Depuis sa création, l’OTAN est à la pointe de la technologie lorsqu’il s’agit d’assurer la défense de ses pays membres et le succès de ses opérations. 
  • Ces dernières années, les Alliés se sont employés à élaborer une stratégie globale commune sur les technologies émergentes et les technologies de rupture. Ce texte les aide aujourd’hui à stimuler le développement et l’adoption de nouvelles technologies et, simultanément, à se protéger de l’utilisation des TE/TR par leurs adversaires potentiels et leurs compétiteurs. 
  • L’OTAN est également en train d’élaborer des politiques et des plans de mise en œuvre détaillés pour plusieurs domaines technologiques, en l’occurrence l’intelligence artificielle, les systèmes autonomes, les technologies quantiques, les biotechnologies et les technologies d’amélioration des capacités humaines, l'espace, les systèmes hypersoniques, les matériaux et procédés de fabrication innovants, l’énergie et la propulsion, ainsi que les réseaux de communication de nouvelle génération. 
  • Les Alliés ont lancé plusieurs initiatives visant à soutenir l’innovation technologique au sein de l’Alliance, notamment l’Accélérateur d’innovation de défense pour l’Atlantique Nord (DIANA) et le Fonds OTAN pour l’innovation (dotation : 1 milliard d’euros), premier fonds de capital-risque multi-souverain. 
  • L’OTAN interagit avec d’autres organisations internationales, dont l’Union européenne (UE) et les Nations Unies (ONU), sur la thématique des TE/TR. 

 

 

Contexte stratégique – Pourquoi l’OTAN s’intéresse-t-elle aux TE/TR ?

Les technologies émergentes et les technologies de rupture gagnent peu à peu tous les aspects de la vie quotidienne ; de plus en plus présentes dans les appareils électroniques (téléphones, ordinateurs), elles font également leur apparition dans des activités de tous les jours telles que les courses ou la gestion des comptes bancaires. Elles ont aussi un impact majeur sur la sécurité :les technologies innovantes offrent de nouvelles possibilités aux forces armées des pays de l’OTAN, qu’elles aident à devenir plus performantes, plus résilientes, plus soutenables et plus efficaces, à moindre coût. Mais ces technologies sont aussi porteuses de nouvelles menaces, car elles peuvent être utilisées par des acteurs étatiques ou non étatiques, non seulement contre des militaires mais aussi contre des civils.

Cette évolution se reflète dans le concept stratégique 2022 de l’OTAN, qui définit les principaux défis auxquels l’Alliance est confrontée et explique comment elle entend y faire face. Les technologies émergentes et les technologies de rupture en font partie, en ce sens qu’elles sont porteuses d’opportunités mais aussi de risques. Elles changent la nature des conflits, gagnent en importance sur le plan stratégique et sont en passe de devenir l’un des principaux champs de la compétition internationale. En conséquence, les Alliés sont convenus, dans le concept stratégique, d’encourager l’innovation et d’augmenter leurs investissements dans les TE/TR afin de préserver l’interopérabilité et l’avantage militaire de l’OTAN. Les Alliés s’emploieront ensemble à adopter de nouvelles technologies, à les mettre en œuvre, à coopérer avec le secteur privé, à protéger leurs écosystèmes d’innovation ainsi qu’à travailler à l’élaboration de normes, le tout en suivant des principes d’utilisation responsable reflétant les valeurs démocratiques qui sont les leurs de même que les droits de la personne.

Pour exploiter le potentiel offert par ces technologies tout en contrant les menaces qu’elles comportent, l’OTAN travaille, avec ses pays membres, à l’élaboration de politiques TE/TR responsables, innovantes et agiles qui peuvent être mises en œuvre au travers d’activités concrètes. En coopérant plus étroitement avec les partenaires concernés du monde universitaire et du secteur privé, l’OTAN entend préserver son avance technologique et sa supériorité militaire, afin de décourager toute agression et de défendre ses pays membres.

 

Politique pour l’innovation – Quelle est la stratégie de l’OTAN pour les TE/TR ?

Politique pour l’innovation – Quelle est la stratégie de l’OTAN pour les TE/TR ?

En février 2021, les ministres de la Défense des pays de l’OTAN ont entériné le document intitulé « Stimuler et protéger : stratégie de l’OTAN pour une mise en œuvre cohérente des technologies émergentes et des technologies de rupture ». Cette stratégie globale, qui encadre le rapport de l’OTAN aux TE/TR, comporte deux grands axes d’effort :

  • d’une part, favoriser une approche cohérente du développement et de l’adoption de technologies à double usage (c’est-à-dire des technologies principalement axées sur des marchés commerciaux mais pouvant également avoir des applications dans le secteur de la défense et de la sécurité) qui permettront à l’Alliance de conforter son avance technologique et,
  • d’autre part, créer une enceinte devant aider les Alliés à se prémunir contre l’utilisation des TE/TR par des acteurs hostiles ainsi qu’à protéger leurs propres TE/TR et écosystèmes d’innovation des tentatives d’ingérence et de manipulation orchestrées par leurs compétiteurs et leurs adversaires potentiels. 

Ces objectifs sont essentiels pour que l’OTAN conserve sa supériorité stratégique et son efficacité.

Les activités d’innovation menées par l’OTAN se concentrent actuellement sur neuf domaines technologiques prioritaires :

L’Alliance a entrepris d’élaborer des plans spécifiques pour chacun de ces domaines (dont certains sont disponibles en version publique ; voir les liens dans la liste ci-dessus). En s’appuyant sur ces plans, l’OTAN va pouvoir innover plus vite et de manière responsable, et adopter rapidement des technologies modernes, ce qui va améliorer la prise de décision et permettre de piloter l’innovation transatlantique dans le secteur de la défense et de la sécurité conformément aux valeurs et aux normes des Alliés ainsi qu’au droit international. 

La donnée est un élément facilitateur essentiel pour toutes les TE/TR. L’OTAN intensifie ses efforts dans le domaine de l’exploitation des données au travers de sa politique-cadre et de son plan stratégique. Conformément à la volonté d’accélérer son processus de transformation numérique énoncée dans le concept stratégique, l’OTAN a également élaboré une stratégie de mise en œuvre de la transformation numérique.

 

L’innovation en pratique – Que fait l’OTAN pour stimuler le développement et l’adoption des TE/TR ?

Pour relever les grands défis d’aujourd’hui et de demain, l’OTAN travaille directement avec les acteurs de l’innovation. Au travers de nouvelles initiatives et de nouveaux organismes conçus pour favoriser l’innovation dans le domaine des TE/TR et protéger ces travaux contre les adversaires et les concurrents potentiels, l’OTAN entretient activement un écosystème transatlantique d’innovation pour le secteur de la défense et de la sécurité.

Accélérateur d’innovation de défense pour l’Atlantique Nord (DIANA)

Au sommet de Bruxelles, en 2021, les dirigeants des pays de l’OTAN ont décidé de mettre en place l’Accélérateur d’innovation de défense pour l’Atlantique Nord (DIANA) afin de favoriser la coopération transatlantique sur des technologies critiques, d’encourager l’interopérabilité et de tirer parti des innovations du domaine civil au travers d’interactions avec le monde universitaire et le secteur privé. Mis sur pied en 2022, ce nouvel organisme travaille en prise directe avec des chercheurs et des entrepreneurs de premier plan – tant des jeunes pousses que des entreprises plus expérimentées – pour apporter, au moyen de technologies à double usage, une solution à des problèmes de défense et de sécurité critiques.

Le DIANA fonctionne au travers de programmes Défis et innovation. Pour chaque programme, qui porte sur un problème critique de défense et de sécurité, des acteurs de l’innovation sont invités à développer des technologies deep tech à double usage pour résoudre le problème en question. Les innovateurs sélectionnés pour ces programmes ont accès à des formules de financement non dilutif (c’est-à-dire qui ne les contraint pas à céder des capitaux propres ou une participation dans leur entreprise) ainsi qu’à une vingtaine d’accélérateurs et à plus de 180 centres d’essais implantés aux quatre coins de l’Alliance. Ils peuvent également faire appel aux conseils de scientifiques, d’ingénieurs, d’experts du secteur privé, d’utilisateurs opérationnels et de professionnels des marchés publics, ainsi qu’à un réseau d’investisseurs de confiance. Enfin, le DIANA offre un accès aux marchés de l’OTAN en tant qu’organisation et à ceux de ses pays membres.

Le DIANA a lancé ses trois premiers programmes Défis et innovation en 2023. Les 44 entreprises sélectionnées (sur plus de 1 300 candidats) se sont vu confier pour mission de s’atteler à des défis spécifiques en matière de résilience énergétique, de détection et de surveillance sous-marines et de partage sécurisé de l’information. En 2025, lorsqu’il aura atteint sa capacité opérationnelle totale, il pourra interagir chaque année avec des centaines d’innovateurs à travers un vaste réseau d’accélérateurs et de centres d’essais dans toute l’Alliance.

Fonds OTAN pour l’innovation

Au sommet de Bruxelles, en 2021, les dirigeants des pays de l’Alliance ont également approuvé la création d’un fonds OTAN pour l’innovation. Ce fonds de capital-risque, pourvu d’une dotation d’un milliard d’euros, permettra de réaliser des investissements stratégiques dans des start-up qui développent des TE/TR à double usage dans des domaines clés pour la sécurité des Alliés.

Bon nombre de start-up actives dans le domaine des deep tech peinent à attirer suffisamment d’investissements étant donné que les temps de mise sur le marché sont longs et que les recherches qu’elles mènent nécessitent énormément de capitaux. Le Fonds OTAN pour l’innovation va permettre de résoudre ce problème, car il est le seul à proposer un horizon d’investissement à 15 ans, davantage en adéquation avec les longs délais nécessaires pour les deep tech. Il sera axé sur les investissements à un stade précoce (à savoir les investissements de pré-amorçage, série A et suivantes) et injectera du capital-risque directement dans les start-up concernées, tout en se réservant également la possibilité d’investir dans d’autres fonds de capital-risque de premier plan dans le secteur des deep tech, qui répondent à ses trois objectifs stratégiques :

  • rechercher des solutions technologiques de pointe aux problèmes auxquels l’Alliance est confrontée dans les domaines de la défense et de la sécurité ;
  • soutenir des écosystèmes d’innovation deep tech à l’échelle de l’Alliance ; 
  • œuvrer au succès commercial de son portefeuille de start-up deep tech.

Le Fonds OTAN pour l’innovation est le premier fonds de capital-risque multi-souverain au monde : 24 pays de l’OTAN (Belgique, Bulgarie, Tchéquie, Danemark, Estonie, Finlande, Allemagne, Grèce, Hongrie, Islande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovaquie, Espagne, Suède, Türkiye et Royaume-Uni) y ont souscrit, en qualité d’associés commanditaires. Il procède à des investissements directs dans des start-up pouvant être situées dans tous les pays participants ainsi qu’à des investissements indirects dans des fonds deep tech ayant un impact transatlantique.

Il a son siège à Amsterdam et des bureaux régionaux à Londres et à Varsovie.

Comité de surveillance Données et intelligence artificielle

Le Comité de surveillance Données et intelligence artificielle est l’organe qui coordonne les travaux que l’OTAN mène pour piloter un développement et une utilisation responsables de l’IA. À cet effet, il aide à opérationnaliser les principes pour une utilisation responsable de l’IA (lesquels ont été approuvés par les Alliés dans la stratégie OTAN pour l’IA), notamment au travers d’une norme de certification « IA responsable » (RAI). Le Comité crée des boîtes à outils RAI, donne des orientations pour la mise en œuvre de l’IA responsable à l’OTAN et apporte un soutien aux Alliés dans leurs initiatives à cet égard.

Chaque pays membre de l’OTAN désigne un représentant qui siège au sein du Comité. Ces représentants peuvent venir d’horizons différents – services publics, monde universitaire, secteur privé ou société civile –, ce qui garantit une approche multidisciplinaire. Le Comité peut également compter sur le soutien de ses sous-groupes d’experts externes, qui l’aident à s’acquitter de ses missions principales, en mettant notamment l’accent sur les outils RAI, les normes et le partage de connaissances.

Groupe consultatif OTAN sur les technologies émergentes et les technologies de rupture

Le Groupe consultatif OTAN sur les technologies émergentes et les technologies de rupture est une entité indépendante qui remet à l’OTAN des avis externes sur l’optimisation de ses activités d’innovation. Créé en juillet 2020, il se compose de 12 experts qui sont issus du secteur privé et du monde universitaire à l’échelle de l’Alliance, et qui ont dirigé des recherches de pointe, élaboré des documents d’orientation sur les TE/TR et piloté des initiatives en matière d’innovation. Sa composition est renouvelée tous les deux ans.

Le Groupe a remis en mars 2021 son premier rapport annuel, dans lequel il a présenté à l’OTAN quatre recommandations initiales : améliorer la connaissance de la technologie dans toute l’Organisation, établir un réseau efficace de centres d’innovation, concevoir et promouvoir de nouveaux mécanismes de financement de projets d’innovation avec des entreprises du secteur privé, grandes et petites, et lancer des initiatives de partenariat dans le domaine de l’innovation avec des acteurs des TE/TR venant de l’industrie et du monde universitaire.

Dans son deuxième rapport annuel, publié en avril 2022, le Groupe s’est penché sur trois domaines de travail essentiels qui doivent permettre à l’OTAN et aux Alliés d’adopter rapidement de nouvelles technologies et de conserver une avance technologique : le DIANA, le Fonds OTAN pour l’innovation et la politique pour l’innovation en matière de capital humain (qui énonce un certain nombre de recommandations sur les moyens d’attirer, de conserver et de former des collaborateurs talentueux possédant des compétences techniques et faisant preuve d’un esprit d’innovation). Ce deuxième rapport explique en quoi ces initiatives sont autant de signes concrets de la montée en maturité technologique de l’OTAN, et il décrit le rôle de pivot d’une défense holistique stimulée par les TE/TR que l’OTAN pourrait idéalement endosser.

En 2023, ses contributions ont porté entre autres sur la stratégie de l’OTAN relative aux technologies quantiques et celle sur les biotechnologies et l’amélioration des capacités humaines. Le Groupe, dont le président siège en qualité d’observateur au sein du Comité de direction du DIANA, reste par ailleurs un conseiller de confiance pour ce dernier.

Bureau de l’OTAN pour l’innovation

Le Bureau de l’OTAN pour l’innovation, organe présidé par le secrétaire général délégué et qui rassemble des hauts responsables civils et militaires venant des quatre coins de l’Alliance, est chargé de faire le point sur les idées nouvelles développées à l’extérieur de l’Organisation, de susciter un débat, de favoriser l’adoption de bonnes pratiques et de rallier les pays de l’OTAN aux changements qui aideront l’Organisation à innover. Il reçoit à cet égard des recommandations du Groupe consultatif OTAN sur les technologies émergentes et les technologies de rupture.

Communauté transatlantique du quantique

La Communauté transatlantique du quantique est un mécanisme informel et flexible au travers duquel les Alliés peuvent partager leur expertise, échanger des informations techniques et coordonner leur action dans le but de renforcer les écosystèmes des technologies quantiques dans l'Alliance. Il ne s'agit pas d'un comité officiel ni d'un groupe formel de la structure de l'OTAN, mais d'un cadre dans lequel les Alliés peuvent collaborer sur une base volontaire et faire évoluer leurs programmes nationaux dans le contexte transatlantique. Tous les Alliés peuvent participer aux travaux de la communauté. Pour chaque réunion, les participants désignent une délégation nationale composée de quatre représentants, qui peuvent être des experts du quantique issus du secteur public, du secteur privé, du monde universitaire, d'organismes de financement ou d'instituts de recherche. La Communauté entend repérer rapidement les tendances se faisant jour dans les technologies quantiques, éviter les doubles emplois et encourager l'adoption des technologies ayant atteint un stade de maturité avancé. Elle s'emploie ainsi à aider les Alliés à atteindre les objectifs énoncés dans la stratégie OTAN relative aux technologies quantiques.

Autres organismes OTAN agissant dans le domaine de l’innovation

D’autres organismes OTAN se consacrent aux activités menées par l’Alliance dans le domaine de l’innovation et contribuent au développement et à l’adoption de technologies innovantes à l’échelle de l’Organisation. Il s’agit notamment des entités suivantes : 

L’attention que l’OTAN accorde aux TE/TR est étroitement liée à la coopération avec des partenaires du secteur public, du secteur privé, du monde universitaire et de la société civile. Bon nombre d’applications des TE/TR à la défense sont développées par ou avec le secteur privé, de sorte que l’interaction avec l’industrie, et avec les start-up en particulier, revêt une importance cruciale. Le Conseil de l’Atlantique Nord a tenu plusieurs réunions consacrées à la technologie. Ces réunions sont l’occasion pour les représentants permanents d’avoir des contacts avec des acteurs de l’innovation technologique.

 

Évolution

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    Depuis la création de l’Alliance, l’OTAN soutient l’innovation, tant pour les forces armées de ses pays membres que pour ses propres capacités. Mais les TE/TR évoluent à un rythme de plus en plus élevé, amenant avec elles des changements rapides et de grande ampleur – non seulement dans la vie quotidienne, mais aussi en termes de sécurité et de défense. La politique de l’OTAN en matière de TE/TR a connu plusieurs temps forts :

    Décembre 2019 – Les dirigeants des pays de l’OTAN adoptent une feuille de route pour la mise en œuvre des technologies émergentes et des technologies de rupture, qui couvre à l’origine sept domaines : les données, l’IA, les systèmes autonomes, les technologies quantiques, les biotechnologies et technologies d’amélioration des capacités humaines, les technologies hypersoniques et l’espace. Cette feuille de route doit servir à structurer les travaux menés à l’OTAN dans un certain nombre de domaines technologiques clés, et permettre aux Alliés d’étudier ces technologies et leurs incidences, par exemple sur la dissuasion et la défense ou sur le développement capacitaire.

    Décembre 2019 – Les dirigeants des pays de l'OTAN reconnaissent l’espace comme milieu d’opérations, au même titre que les milieux aérien, terrestre, maritime et cyber. Cela fait suite à l'adoption de la politique spatiale globale de l’OTAN par les ministres de la Défense des pays de l'Alliance en juin 2019.

    Décembre 2019 – Les dirigeants des pays de l’OTAN demandent au secrétaire général, Jens Stoltenberg, de mener un processus de réflexion prospective en vue de renforcer militairement et politiquement l’OTAN et de l’inscrire dans une perspective plus globale. Au cours des mois qui suivent, ce processus prend forme, et finit par déboucher sur l’initiative OTAN 2030.

    Juin 2020 – Au terme de consultations avec des parlementaires, des acteurs de la société civile, des experts du secteur public, du privé et de jeunes responsables, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, présente ses priorités pour l’Organisation à l’horizon 2030. Il s’agit pour lui de faire en sorte que l’Alliance reste prête à relever les défis de demain, par le biais notamment de l’innovation et des technologies critiques. Le DIANA et le Fonds OTAN pour l’innovation commencent à émerger comme des piliers majeurs de l’agenda OTAN 2030.  

    Juillet 2020 – Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, met en place le premier Groupe consultatif OTAN sur les technologies émergentes et les technologies de rupture. Ce Groupe est constitué de 12 experts issus du secteur privé et du monde universitaire de divers pays membres à l’échelle de l’Alliance. Ces experts donnent à l’OTAN des avis sur l’adoption de nouvelles technologies et sur divers aspects qui sous-tendent l’innovation comme la formation, le financement et les écosystèmes.

    Septembre 2020 – Le Groupe consultatif OTAN sur les technologies émergentes et les technologies de rupture (pour la période 2020-2022) présente ses recommandations au Bureau de l’OTAN pour l’innovation, notamment sur les technologies innovantes auxquelles l’Organisation devrait s’intéresser en priorité.

    Février 2021 – Les ministres de la Défense des pays de l’OTAN entérinent la stratégie de l’OTAN pour une mise en œuvre cohérente des technologies émergentes et des technologies de rupture, laquelle met l’accent sur les sept domaines définis dans la feuille de route pour la mise en œuvre des TE/TR de 2019.

    Mars 2021 – Le Groupe consultatif OTAN sur les TE/TR publie son premier rapport annuel (pour l’année 2020), dans lequel il formule quatre grandes recommandations à l’intention de l’OTAN : améliorer la connaissance de la technologie dans toute l’Organisation, établir un réseau de centres d’innovation, concevoir et promouvoir de nouveaux mécanismes de financement de projets d’innovation avec des entreprises du secteur privé, grandes et petites, et lancer des initiatives de partenariat dans le domaine de l’innovation avec des acteurs des TE/TR venant de l’industrie et du monde universitaire.

    Juin 2021 – Au sommet de Bruxelles, les dirigeants des pays de l’OTAN adoptent l’agenda OTAN 2030, qui vise à donner à l’Alliance les moyens de relever les défis d’aujourd’hui et de demain, notamment en accroissant son avance technologique. Dans le cadre de cet agenda, ils décident également de mettre en place l’Accélérateur d’innovation de défense pour l’Atlantique Nord (DIANA) et de créer le Fonds OTAN pour l’innovation.

    Octobre 2021 – Les ministres de la Défense des pays de l’OTAN entérinent la stratégie OTAN pour l’intelligence artificielle, qui explique comment l’Alliance entend adapter l’IA à ses besoins opérationnels, et l’intégrer plus rapidement et à plus grande échelle, de façon sûre et sécurisée, dans toute une série de capacités. Ils entérinent également la politique-cadre en matière d’exploitation des données. Dix-sept Alliés s’engagent à élaborer le cadre régissant le Fonds OTAN pour l’innovation et à définir ses modalités pratiques de fonctionnement. Quatre autres Alliés s’associeront à ce processus au cours des mois suivants.

    Février 2022 – Les ministres de la Défense des pays de l’OTAN approuvent le premier rapport annuel sur l’innovation et sur les TE/TR, qui définit de nouvelles activités devant permettre d’accroître la maturité technologique de l’OTAN, et qui prévoit notamment l’ajout de deux nouveaux domaines : les matériaux et procédés de fabrication innovants, ainsi que l’énergie et les systèmes de propulsion.

    Avril 2022 – Les ministres des Affaires étrangères des pays de l’OTAN approuvent la charte du DIANA, qui présente la mission et la stratégie de l’organisme, les modalités juridiques, le mécanisme financier et les dispositions en matière de gouvernance qui l’entourent, ainsi que les bureaux régionaux, les accélérateurs et les centres d’essais qui constitueront son empreinte initiale. Vingt et un Alliés approuvent le cadre régissant le Fonds OTAN pour l’innovation.

    Avril 2022 – Le Groupe consultatif OTAN sur les TE/TR remet son deuxième rapport annuel (pour l’année 2021), dans lequel il examine les trois éléments essentiels qui doivent permettre à l’OTAN et aux Alliés d’adopter de nouvelles technologies à un rythme soutenu et de conserver leur avance technologique : le DIANA, le Fonds OTAN pour l’innovation et la politique pour l’innovation en matière de capital humain.

    Juin 2022 – Au sommet de Madrid, les dirigeants de 22 pays de l’Alliance s’engagent à souscrire au Fonds OTAN pour l’innovation (la Finlande et la Suède feront de même lors de leur adhésion à l’OTAN, en avril 2023 et mars 2024 respectivement). Par ailleurs, les dirigeants des pays de l’OTAN dévoilent l’empreinte initiale actualisée du DIANA, composée de centres d’essais et d’accélérateurs dans toute l’Alliance.

    Octobre 2022 – Les ministres de la Défense des pays de l’Alliance approuvent le plan OTAN de mise en œuvre pour les systèmes autonomes et la mise en place du Comité de surveillance Données et intelligence artificielle. Le Comité a pour mission d’opérationnaliser les principes d’utilisation responsable de l’IA tels qu’ils sont définis dans la stratégie OTAN pour l’IA, tandis que le plan promeut une approche cohérente des initiatives qui visent à développer et à protéger les systèmes autonomes de l’OTAN, dans le respect des normes et des valeurs de l’Alliance, et aussi du droit international.

    Février 2023 – Les ministres de la Défense des pays de l’OTAN approuvent le deuxième rapport annuel sur l’innovation et sur les TE/TR, qui présente l’approche choisie par l’OTAN pour promouvoir et protéger les TE/TR en 2023. Dans ce rapport, les réseaux de communication de nouvelle génération sont considérés comme un nouveau domaine TE/TR. Le rapport établit par ailleurs que les données ont été suffisamment intégrées dans les axes de travail de l’OTAN, s’agissant notamment de l’exploitation des données et de la transformation numérique, pour ne plus être considérées comme un domaine TE/TR à part entière.

    Février 2023 – Le Comité de surveillance Données et intelligence artificielle (DARB) de l’OTAN se réunit pour la première fois et entame les travaux d’élaboration d’une norme aisément applicable pour la certification d’une « IA responsable ».

    Février 2023 – L’OTAN annonce le lancement de l’initiative APSS (capacité alliée de surveillance permanente depuis l’espace) qui vise à renforcer les capacités de surveillance et de renseignement spatiales de l’Alliance, pour améliorer la connaissance de la situation et la prise de décision.

    Mars 2023 – Le DIANA inaugure son premier bureau régional, implanté dans l’Innovation Hub de l’Imperial College de Londres (Royaume-Uni).

    Juin 2023 – Le DIANA lance ses trois premiers programmes Défis et innovation, invitant les acteurs de l’innovation à se manifester.

    Juillet-Août 2023 – Le Fonds OTAN pour l’innovation nomme l’équipe de direction qui gèrera sa dotation (1 milliard de dollars) et confirme que 23 pays de l’OTAN sont devenus associés commanditaires. Ce chiffre passera ensuite à 24, quand la Suède rejoindra l’Alliance, en mars 2024.

    Novembre 2023 – Les ministres des Affaires étrangères des pays de l’Alliance approuvent la stratégie de l’OTAN relative aux technologies quantiques.

    Novembre 2023 – Le DIANA annonce la sélection de sa première promotion d’innovateurs. Les 44 entreprises retenues (sur plus de 1 300 candidats) rejoignent son programme d’accélération.

    Mars 2024 – Le DIANA double la taille de son réseau d’accélérateurs et de centres d’essais, qui passe de 11 à 23 accélérateurs et de 90 à 182 centres d’essais, répartis dans 28 pays de l’Alliance. Il sera ainsi mieux à même d’aider les porteurs d’innovation à développer leurs technologies. Carte interactive des sites du DIANA.

    Avril 2024 – Les ministres de la Défense des pays de l’Alliance entérinent la stratégie de l’OTAN relative aux biotechnologies et aux technologies d’amélioration des capacités humaines