Les capacités de l'OTAN

  • Mis à jour le: 21 Jun. 2017 14:51

La posture de défense moderne de l'OTAN s'appuie sur une combinaison efficace de systèmes d'armes et de plateformes de pointe, et sur des forces entraînées à opérer ensemble en parfaite continuité. Tout comme il est important que les Alliés investissent dans la défense, il est essentiel d'investir dans les capacités appropriées. L’OTAN joue un rôle important dans l’évaluation des capacités dont l’Alliance a besoin, dans la définition des objectifs de développement de ces capacités, tant au niveau national qu’au niveau collectif, et dans la promotion de l’innovation et du développement capacitaire aux niveaux national, multinational et collectif.


Points principaux

  • Le concept stratégique fait de la défense collective, de la gestion de crise et de la sécurité coopérative les trois tâches fondamentales essentielles que l'Alliance doit continuer d'accomplir pour assurer la sécurité de ses membres. La dissuasion, articulée autour d’une combinaison appropriée de capacités nucléaires, conventionnelles et de défense antimissile balistique, demeure un élément central de la stratégie globale de l'OTAN.
  • Les Alliés ont décidé de développer et de maintenir toute la gamme des capacités nécessaires pour assurer la dissuasion et la défense contre des adversaires potentiels, en ayant recours le cas échéant à des approches multinationales et à des solutions novatrices. Le processus OTAN de planification de défense est le principal moyen d'identifier et de prioriser les capacités nécessaires pour tout le spectre des opérations, et de promouvoir leur développement et leur mise à disposition.
  • Le développement et l'acquisition de capacités au travers de la coopération multinationale permettent de réaliser des économies d’échelle, de réduire les coûts et d'assurer l'interopérabilité dès la conception. L'OTAN aide activement les Alliés à rechercher des possibilités de coopération multinationale ainsi qu'à lancer et à mettre en œuvre des projets dans ce domaine.
  • Des relations de travail plus étroites avec le secteur industriel, une industrie de défense plus forte dans tous les pays de l'Alliance, une coopération industrielle et technologique de défense accrue entre les deux rives de l'Atlantique et en Europe, et une base industrielle solide dans l'Europe et l'Amérique du Nord tout entières, restent indispensables pour acquérir les capacités dont l'Alliance a besoin.

 

  • Objectifs actuels

    Conformément au concept stratégique de 2010, les dirigeants de l’Alliance se sont engagés à veiller à ce que l’OTAN dispose de tout l’éventail des capacités nécessaires pour assurer la dissuasion et la défense contre toute menace pesant sur la sécurité et la sûreté de la population et du territoire des Alliés. À cette fin, l'Alliance :

    • maintiendra une combinaison appropriée de forces nucléaires et conventionnelles ;
    • conservera sa capacité à soutenir simultanément des opérations interarmées de grande envergure et plusieurs opérations de moindre envergure pour la défense collective et la réponse aux crises, y compris à distance stratégique ;
    • développera et conservera des forces conventionnelles robustes, mobiles et déployables, à la fois pour s'acquitter de ses responsabilités au titre de l'article 5 et pour mener des opérations expéditionnaires, y compris avec la Force de réaction de l'OTAN ;
    • procédera aux entraînements, aux exercices, à la planification de circonstance et aux échanges d’informations nécessaires pour assurer sa défense contre tous les défis de sécurité conventionnels ou émergents et pour apporter à tout Allié, en tant que de besoin, une assurance visible et un renfort ;
    • assurera la plus large participation possible des Alliés à la planification de défense collective sur les rôles nucléaires, au stationnement des forces nucléaires en temps de paix et aux dispositions de commandement, de contrôle et de consultation (C3) ;
    • développera sa capacité à protéger les populations, le territoire et les forces des pays européens de l'OTAN contre une attaque de missiles balistiques car c'est l’un des éléments centraux de sa défense collective, contribuant ainsi à la sécurité, indivisible, de l’Alliance ;
    • développera encore sa capacité à se défendre contre la menace que représentent les armes chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires ;
    • continuera de développer sa capacité à prévenir et à détecter les cyberattaques, à s'en défendre et à s'en relever, y compris en recourant au processus OTAN de planification pour renforcer et coordonner les capacités nationales de cyberdéfense, en plaçant tous les organismes de l’OTAN sous une cyberprotection centralisée et en intégrant mieux les fonctions de veille, d’alerte et de réponse de l’OTAN avec celles des pays membres ;
    • renforcera sa capacité à contribuer à la lutte contre le terrorisme, y compris grâce à une analyse plus poussée de la menace, à des consultations avec ses partenaires et au développement de capacités militaires appropriées, notamment pour aider les forces des pays partenaires à s'entraîner à lutter elles-mêmes contre le terrorisme ;
    • veillera à être à l’avant-garde pour ce qui est d’évaluer l’impact des technologies émergentes sur la sécurité, et à ce que les plans militaires tiennent compte des menaces potentielles ;
    • continuera de revoir sa posture générale s'agissant de la dissuasion et de la défense face à l'ensemble des menaces contre l'Alliance, en tenant compte de l'évolution de l'environnement de sécurité international.
  • Relever les défis immédiats et les défis à long terme

    En 2015, les Alliés ont élaboré une directive politique pour préciser encore les buts et objectifs généraux du concept stratégique de 2010 en définissant ce que, selon eux, l'Alliance devrait être en mesure de faire, en termes quantitatifs et qualitatifs généraux, en particulier dans l'environnement de sécurité géostratégique d'alors. En établissant les priorités correspondantes, cette directive prescrit la mise à disposition des capacités requises au travers du processus OTAN de planification de défense.

    Processus OTAN de planification de défense

    Le processus OTAN de planification de défense (NDPP) vise à harmoniser les activités de planification de défense des pays et celles de l'Alliance. Il détaille la manière dont les buts et objectifs de l'Alliance énoncés dans la directive politique doivent être atteints. En définissant des objectifs à mettre en œuvre par les Alliés, individuellement ou collectivement, il oriente le développement et la mise à disposition des capacités aux niveaux national, multinational et collectif.

    En participant au NDPP, et sans que leur souveraineté nationale soit compromise, les Alliés ont la possibilité d'harmoniser leurs plans de défense nationaux avec ceux de l'OTAN afin de déterminer, de développer et de mettre à disposition la juste part de l'ensemble des forces et des capacités dont l'Alliance a besoin pour pouvoir entreprendre toute la gamme de ses missions

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  • Capacités facilitatrices à long terme d'importance critique

    La supériorité informationnelle aide les commandants, à tous les échelons, à prendre les meilleures décisions sur l’espace de bataille, créant ainsi les conditions d’un succès plus rapide et à moindre risque. L’OTAN continuera dès lors de développer et d'acquérir une gamme de systèmes informatiques en réseau (systèmes d’information automatisés) à l'appui de ses commandements stratégiques. Ces systèmes couvrent un certain nombre de domaines, dont les forces terrestres, aériennes et maritimes, le renseignement et la logistique, le but étant de permettre d’exercer un contrôle global, de prendre des décisions et d’assumer le commandement et le contrôle sur la base d’informations plus complètes et avec une plus grande efficacité.

    Renseignement, surveillance et reconnaissance interarmées (JISR)

    L'Alliance a depuis longtemps pris acte de l'importance fondamentale du JISR pour sa préparation stratégique et pour le succès de ses opérations et missions. Cette capacité doit contribuer à coordonner le recueil, le traitement et le partage, à l’échelle de l’OTAN, des données ISR qui seront rassemblées par la future capacité alliée de surveillance terrestre (AGS), ainsi que par l'actuelle Force aéroportée de détection lointaine et de contrôle de l'OTAN (Force NAEW&C) et par les moyens ISR des Alliés.

    Début 2016, les ministres de la Défense des pays de l'OTAN ont déclaré une capacité JISR opérationnelle initiale axée sur l'amélioration de la connaissance de la situation des forces de l'OTAN ayant le plus haut niveau de préparation. Cette capacité opérationnelle initiale n'était que la première étape de l'initiative JISR globale. Des travaux supplémentaires sont en cours pour pérenniser les résultats obtenus et élargir leur champ d'application. Une capacité JISR durable est en cours de développement pour renforcer la connaissance à 360 degrés de l'Alliance.

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    Capacité alliée de surveillance terrestre (AGS)

    Le programme AGS, qui repose sur une coopération industrielle multinationale, constitue un excellent exemple de coopération transatlantique. Le système AGS est une capacité facilitatrice essentielle aux forces pour toute la gamme des opérations et missions actuelles et futures de l'OTAN. À l'aide de capteurs sophistiqués, il sera possible de détecter et de suivre en continu et par tout temps des cibles mobiles (chars, camions ou hélicoptères) évoluant au sol ou près du sol, et de fournir une imagerie radar des zones d'intérêt à terre comme en mer.

    L'AGS viendra par là même appuyer les systèmes aéroportés de détection et de contrôle (AWACS) de l'OTAN, qui surveillent déjà l’espace aérien de l’Alliance. L'AGS central est en fait un système intégré composé d’un segment air, d’un segment sol et d’un segment soutien. Le segment air est constitué de cinq drones Global Hawk.

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    Système aéroporté de détection et de contrôle de l'OTAN (AWACS)

    L'AWACS, qui est l'un des exemples les plus visibles et les plus tangibles de ce que la coopération entre Alliés peut permettre de réaliser, offre une capacité de commandement et de contrôle aériens, de surveillance aérienne et maritime et de gestion du champ de bataille détenue et exploitée par l'OTAN. Les AWACS n'ont cessé de démontrer qu'ils constituaient un atout critique dans le cadre des opérations en Libye et en Afghanistan, et tout récemment, ils ont permis de préserver le périmètre est de l'Alliance et de soutenir les forces de la coalition internationale dans leur lutte contre l'EIIL.

    La modernisation des AWACS se poursuivra, et ils resteront en service jusqu’en 2035. La modernisation de la flotte AWACS de l'OTAN est essentielle pour garantir la sécurité de tous les Alliés, et elle permettra à l'Alliance d'obtenir de meilleures informations et de renforcer sa capacité d'anticipation stratégique.

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    Future capacité de surveillance et de contrôle de l'Alliance (AFSC)

    Au sommet de Varsovie, en 2016, les dirigeants des pays de l’OTAN ont lancé l'initiative AFSC, qui doit permettre de déterminer comment l'OTAN maintiendra sa connaissance de la situation et commandera les forces alliées après le retrait des AWACS en 2035. Actuellement, l'OTAN s'emploie à redéfinir ses moyens de surveillance et de contrôle pour l'avenir.

    En coopération avec des experts des pays de l'Alliance, issus de secteurs et d'horizons divers, comme la science et la technologie, l'armée, et l'industrie, l'OTAN lance des études visant à évaluer les nouvelles technologies. Ces études permettront à l'OTAN, aux Alliés à titre individuel ou à des groupes multinationaux de prendre des décisions éclairées concernant le développement et l'acquisition de nouveaux systèmes à l'avenir. Ces solutions pourraient prévoir l'utilisation combinée de systèmes aériens, terrestres, spatiaux ou sans pilote pour recueillir et partager des informations.

    Défense antimissile balistique (BMD)

    Dans le cadre d'une réponse plus large à la prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs, l'OTAN travaille depuis 2005 sur un programme de défense active multicouche contre les missiles balistiques de théâtre. Ce programme vise à protéger les forces déployées par les pays de l'Alliance contre les menaces que représentent les missiles balistiques d'une portée allant jusqu'à 3 000 kilomètres. En 2010, il a débouché sur une capacité intérimaire destinée à protéger les troupes dans une région déterminée contre les missiles balistiques à courte portée et certains missiles à moyenne portée.

    Au sommet de Lisbonne, en 2010, les dirigeants des pays de l'OTAN ont décidé d’élargir le programme existant de défense contre les missiles balistiques de théâtre (TBMD) afin de protéger non seulement les forces déployées mais aussi les populations et le territoire des pays européens de l'OTAN. Au sommet de Varsovie, en 2016, les Alliés ont officiellement déclaré la capacité opérationnelle initiale de la BMD de l’OTAN, qui offre une capacité renforcée pour défendre les populations, le territoire et les forces de toute la partie méridionale de l'Europe OTAN contre une attaque potentielle de missiles balistiques. Le but ultime reste de parvenir à la capacité opérationnelle totale qui permettra d'assurer la couverture et la protection de toute l'Europe OTAN.

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    Commandement et contrôle aériens (C2)

    L'OTAN s'emploie à mettre en œuvre un système de commandement et de contrôle aériens (ACCS) pleinement interopérable, qui fournira, pour la première fois, un éventail d'outils totalement intégré pour la conduite de toutes les opérations aériennes aussi bien en temps réel qu'en temps non réel. L'ACCS offrira la possibilité de planifier, de diriger, de déléguer, de coordonner, de superviser et d'évaluer l'exploitation de tous les moyens aériens affectés aux opérations en temps de paix, de crise ou de conflit, et de faire rapport à ce sujet.

    Ce système comporte à la fois des éléments fixes et des éléments déployables, ainsi que du matériel qui sera utilisé au sein de la structure de commandement de l'OTAN et dans les différents pays de l'Alliance. Avec l'intégration ultérieure d'une fonctionnalité C2 pour la défense antimissile balistique, un système pleinement intégré de défense aérienne et antimissile sera mis en place. Selon le calendrier actuel, l'ACCS sera pleinement opérationnel à l'horizon 2021-2024.

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    Réseau de mission fédéré

    Le réseau de mission fédéré (FMN) est une contribution clé à l'initiative d'interconnexion des forces, dont l'objectif est d'aider les forces des pays de l'Alliance et celles des pays partenaires à communiquer, à s'entraîner et à interagir de manière plus efficace. Cette capacité a pour objet d'appuyer les fonctions de commandement et de contrôle ainsi que les processus décisionnels dans les futures opérations, grâce à un partage d’informations amélioré.

    Le FMN résulte des enseignements tirés dans le cadre du réseau de la mission en Afghanistan et du besoin en processus opérationnels harmonisés et en systèmes d'appui modulables pour toutes les futures missions de la coalition. Il vise à assurer l’interopérabilité et la disponibilité opérationnelle des moyens C3 (consultation, commandement et contrôle). Il aide les pays de l'Alliance à connecter leurs systèmes d'information et à opérer efficacement ensemble, y compris avec les partenaires, pendant les entraînements, les exercices et les opérations.

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    Cyberdéfense

    Les cybermenaces et les cyberattaques deviennent de plus en plus fréquentes, sophistiquées et dommageables. L'Alliance est confrontée à un environnement de menaces complexes en pleine évolution. Des acteurs étatiques et non étatiques peuvent lancer des cyberattaques dans le contexte d'opérations militaires ou dans le cadre d'une guerre hybride.

    L'OTAN et ses Alliés s'appuient sur des moyens de cyberdéfense robustes et résilients pour remplir les tâches fondamentales de l'Alliance que sont la défense collective, la gestion de crise et la sécurité coopérative. L'OTAN doit être préparée à défendre ses réseaux et ses capacités opérationnelles contre la complexité grandissante des cybermenaces et des cyberattaques auxquelles elle est confrontée.

    Au sommet de Varsovie, en 2016, les Alliés ont réaffirmé le mandat défensif de l'OTAN, et ils ont reconnu le cyberespace en tant que domaine d'opérations dans lequel l'Organisation doit se défendre aussi efficacement qu’elle le fait dans les airs, sur terre et en mer. Ils se sont également engagés à renforcer et à améliorer les moyens de cyberdéfense de leurs infrastructures et de leurs réseaux nationaux. L'engagement en faveur de la cyberdéfense vise à faire en sorte que l'Alliance reste en phase avec l'évolution rapide du panorama des cybermenaces et que les Alliés soient aptes à se défendre dans le cyberespace.

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    Logistique

    La planification logistique fait partie intégrante du processus OTAN de planification de défense. Concrètement, elle a lieu dans le cadre du processus de planification des forces et du processus de planification et d’examen (PARP) du Partenariat pour la paix. C'est à ce niveau que les commandants stratégiques déterminent, en consultation avec les pays participants, les capacités logistiques nécessaires pour déployer, maintenir en puissance et désengager les forces de l'Alliance.

    Dans le cadre du processus de planification opérationnelle d'une opération dirigée par l'OTAN, les commandants de l'Alliance peuvent solliciter des capacités logistiques. Pour que le soutien des forces soit assuré convenablement, il faut que les plans logistiques des pays et de l’OTAN prévoient, aux mêmes niveaux de préparation et de déployabilité, des ressources logistiques suffisantes en quantité comme en qualité.

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  • Mise à disposition des capacités au travers de la coopération multinationale

    L'OTAN a commencé à adapter sa posture défensive en 2014 suite aux profonds changements intervenus dans l'environnement de sécurité. Au sommet de Varsovie, en 2016, les Alliés sont convenus de renforcer encore la posture de dissuasion et de défense de l'Alliance, afin de mieux protéger leurs citoyens, leurs territoires et leurs forces, et d'accroître les efforts de l'OTAN s'agissant de projeter la stabilité dans son voisinage.

    Approches multinationales

    Parmi les capacités nécessaires pour faire face aux défis d’aujourd'hui, nombreuses sont celles qui peuvent s'avérer très coûteuses lorsque les pays cherchent à les acquérir à titre individuel. Les approches multinationales de la mise à disposition des capacités permettent non seulement de répartir les coûts mais également de réaliser des économies d'échelle. La coopération multinationale reste pour l'OTAN un moyen important de mettre à disposition les capacités dont les Alliés ont besoin. La défense intelligente est l'une des approches adoptées par l'OTAN pour placer la coopération multinationale en première ligne des initiatives des Alliés en matière de mise à disposition de capacités.

    Le développement de capacités militaires européennes accrues au travers de la coopération multinationale continuera de resserrer le lien transatlantique, de renforcer la sécurité de tous les Alliés et de favoriser un partage équitable des charges, des avantages et des responsabilités entre les pays membres de l’Alliance. Dans ce contexte, l’OTAN coopère étroitement avec l’Union européenne, en utilisant les mécanismes agréés, pour faire en sorte que l'initiative de défense intelligente et l’initiative européenne de mutualisation et de partage soient complémentaires et se renforcent mutuellement. Dans le cadre de la coopération multinationale, les Alliés contribuent également au maintien d'une industrie de défense forte en Europe, en tirant le meilleur parti possible de la coopération entre les industries de défense à l'échelle de l'Alliance.

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    Force de réaction de l'OTAN

    La Force de réaction de l'OTAN (NRF) est une force multinationale faisant appel aux technologies de pointe et regroupant des composantes terre, air, mer et forces spéciales, que l’Alliance peut déployer rapidement partout où cela est nécessaire. La NRF a pour but premier de permettre une réponse militaire rapide à une crise émergente, que ce soit pour des objectifs de défense collective ou pour des opérations de réponse aux crises. Compte tenu du nouvel environnement de sécurité à l'est et au sud des frontières de l'Alliance, les Alliés ont décidé de renforcer la NRF en l'élargissant et en créant en son sein une « force fer de lance ». Dénommée force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation (VJTF), cette force peut commencer à se déployer sur très court préavis, en particulier à la périphérie du territoire des pays de l'OTAN.

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    Concept de pays-cadre

    En juin 2014, les ministres de la Défense des pays de l'OTAN ont approuvé le concept de pays-cadre, selon lequel des groupes de pays travaillent de concert à l'appui de deux objectifs. Premièrement, maintenir les capacités actuelles et s'en servir comme base pour le développement cohérent de nouvelles capacités à moyen et à long terme, conformément à la notion de développement capacitaire multinational, au cœur de la défense intelligente. Deuxièmement, renforcer l'interaction entre les pays dans le cadre d'un mécanisme permettant l'organisation d'activités d'entraînement et d'exercices collectifs en vue de préparer des groupements de forces. Par exemple, les Alliés qui disposent d'un large éventail de capacités prévoient un cadre permettant à d'autres Alliés de s'y greffer.

    Capacités de transport stratégique et intrathéâtre

    Les capacités de transport stratégique et intrathéâtre sont essentielles pour faciliter les opérations. Elles permettent de déployer rapidement les forces et les équipements partout où cela est nécessaire. Bien que d’importantes acquisitions se fassent au niveau national, de nombreux pays de l’Alliance mettent en commun des ressources, y compris avec des pays partenaires, afin de se doter de nouvelles capacités au travers d’arrangements commerciaux ou d’acquisitions, ce qui leur permet d’avoir accès à des moyens de transport supplémentaires pour déplacer rapidement troupes, équipements et approvisionnements partout dans le monde.

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    Ravitaillement en vol (AAR)

    Les ravitailleurs en vol sont essentiels pour faciliter la projection de la puissance aérienne. Ces moyens étant mutualisés au cours des opérations de la coalition, leur interopérabilité est primordiale. La modernisation des ravitailleurs en Europe a été menée à bien dans le cadre d'un programme multinational qui a permis de se doter d'une flotte d'avions multirôles de ravitaillement en vol et de transport. Grâce à une coopération étroite avec l'Agence européenne de défense et avec le Centre de compétences en matière de puissance aérienne interarmées (un centre d’excellence de l'OTAN situé en Allemagne), l'Alliance continue de développer l'interopérabilité et les activités de formation requises pour mettre en œuvre cette capacité.

  • Soutien des activités nationales de développement capacitaire

    L'immense majorité des moyens militaires dont l’OTAN dispose pour ses opérations sont fournis par les pays de l’Alliance. Bien que chaque pays soit souverainement responsable du développement de ses capacités, l’OTAN joue un rôle de soutien important dans ce domaine, tout comme dans la mise à disposition des capacités.

    Conformément au processus OTAN de planification de défense (NDPP), qui vise à harmoniser les activités de planification de défense des pays et celles de l'Alliance, plusieurs activités de développement capacitaire sont menées par les Alliés sur une base individuelle et suivies dans le cadre d'une coopération multinationale au sein de l'OTAN, quelques exemples étant présentés ci-dessous.

    Lutte contre les engins explosifs improvisés

    Comme on a pu le voir en Afghanistan et ailleurs, les engins explosifs improvisés (EEI) se sont avérés être l'arme de prédilection des forces adverses non conventionnelles. L'OTAN doit être prête à lutter contre les EEI dans n'importe quelle opération terrestre ou maritime impliquant des menaces asymétriques, où la protection des forces reste une priorité absolue.

    Les enseignements tirés des vingt dernières années d'opérations de lutte contre les EEI ont été structurés, ce qui a permis d'axer l'ambitieux plan d'action de l'OTAN pour la lutte anti-EEI sur les capacités permettant d'attaquer les réseaux qui se cachent derrière ces dispositifs destructeurs. Bien qu'elles soient développées dans le contexte de la lutte anti‑EEI, ces capacités peuvent également contribuer aux opérations de lutte contre la piraterie, la prolifération et le terrorisme.

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    Défense aérienne basée au sol au XXIe siècle

    Les systèmes de défense aérienne modernes doivent permettre de répondre à un large éventail de menaces aériennes, depuis les missiles de croisière hypersoniques et les chasseurs de cinquième génération jusqu'aux menaces évoluant à basse altitude et à faible vitesse, comme les drones et les systèmes RAM (roquettes-artillerie-mortiers). L'initiative OTAN de défense aérienne basée au sol au XXIe siècle vise à mettre en adéquation les besoins des pays avec les capacités de production afin qu'une réponse aux menaces aériennes actuelles et futures puisse être apportée grâce à la coopération multinationale dans le domaine de la science et de la technologie, à l'acquisition de moyens et à l'engagement accru de l'industrie.

    Systèmes combattant débarqué

    Dans le cadre des opérations de l'OTAN, chaque individu déployé sur le terrain, qu'il s'agisse d'un soldat, d'un marine, d'un marin ou d'un aviateur, dispose du matériel approprié pour mener à bien sa mission. Il est indispensable que ce que le soldat porte, transporte et consomme soit sans danger, interopérable et fiable pour optimiser l'efficacité et la survivabilité sur le champ de bataille. Ainsi, les systèmes combattant débarqué s'inscrivent dans le cadre de la normalisation et de l'harmonisation des équipements individuels de combat et d'appui au sein de l'OTAN et des pays partenaires.

    Concept de base aérienne déployable

    Le concept de base aérienne déployable de l'OTAN (NDAB) offre à l'Alliance la capacité de fournir des services d'aéroport et de navigation aérienne aux appareils militaires et civils en service par tout temps, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Grâce au déploiement d'équipements spécifiques, les aérodromes sommaires pourraient convenir pour des opérations militaires et pour une utilisation civile.

    Réseaux acoustiques numériques sous-marins

    Afin d'accroître ses capacités de lutte anti-sous-marine, l'OTAN a élaboré la toute première norme pour les communications acoustiques numériques sous-marines. Basée sur le protocole JANUS, cette norme est essentielle pour faciliter l'interopérabilité des systèmes maritimes submersibles. Cette capacité avancée donne aux forces maritimes de l'OTAN un avantage technologique essentiel dans le contexte de l'action menée pour renforcer, dans toute l'Alliance, les capacités d'engagement maritime.

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    Conception modulaire des navires

    Les spécifications de conception modulaire des navires sont des solutions innovantes de construction navale qui permettent d'élargir l'éventail des missions réalisables, d'allonger la durée vie des plateformes maritimes et de réduire la taille des flottes sans impact sur la capacité opérationnelle. Par ailleurs, elles favorisent l'interopérabilité entre les forces maritimes des pays de l'Alliance, l'OTAN s'employant à améliorer l'ensemble des capacités d'engagement maritime. Les marines des pays de l'Alliance travaillent conjointement à