Les capacités de l'OTAN

  • Mis à jour le: 21 Feb. 2022 09:31

La posture de dissuasion et de défense de l'OTAN s'appuie, entre autres facteurs, sur une combinaison efficace de systèmes d'armes et de plateformes de pointe, et sur des forces entraînées à opérer ensemble en parfaite continuité. Acquérir des capacités appropriées constitue donc un aspect essentiel de l’investissement de défense. L’OTAN joue un rôle important dans l’évaluation des capacités dont l’Alliance a besoin, dans la définition des objectifs de développement de ces capacités, tant au niveau national qu’au niveau collectif, et dans la promotion de l’innovation et du développement capacitaire aux niveaux national, multinational et collectif.

Les cinq drones de surveillance RQ-4D Phoenix de l’OTAN, base de Sigonella (Italie).

 

  • Le concept stratégique fait de la défense collective, de la gestion de crise et de la sécurité coopérative les trois tâches fondamentales de l’OTAN. La dissuasion, articulée autour d’une combinaison appropriée de capacités nucléaires, conventionnelles et de défense antimissile balistique, demeure un élément central de la stratégie globale de l'OTAN.
  • Les Alliés ont décidé de développer et de maintenir toute la gamme des capacités nécessaires pour assurer la dissuasion et la défense contre des adversaires potentiels, en ayant recours le cas échéant à des approches multinationales et à des solutions novatrices. Le processus OTAN de planification de défense (NDPP) est le principal moyen d'identifier et de prioriser les capacités nécessaires pour tout le spectre des opérations, et de promouvoir leur développement et leur mise à disposition.
  • Le développement et l'acquisition de capacités au travers de la coopération multinationale permettent de réaliser des économies d’échelle, de réduire les coûts et d'assurer l'interopérabilité dès la conception. L'OTAN aide activement les Alliés à rechercher des possibilités de coopération multinationale ainsi qu'à lancer et à mettre en œuvre des projets dans ce domaine.
  • Pour acquérir les capacités qui lui sont vitales, l’Alliance doit établir des relations de travail étroites avec le secteur industriel, favoriser une plus grande coopération industrielle et technologique entre les deux rives de l'Atlantique et en Europe, et maintenir une base industrielle solide dans l’ensemble de l'Europe et de l'Amérique du Nord.

 

 

  • Objectifs actuels

    Conformément au concept stratégique, les dirigeants de l’Alliance se sont engagés à veiller à ce que l’OTAN dispose de tout l’éventail des capacités nécessaires pour assurer la dissuasion et la défense contre toute menace pesant sur la sécurité et la sûreté de la population et du territoire des Alliés. À cette fin, l'Alliance :

    • maintiendra une combinaison appropriée de capacités nucléaires, conventionnelles et de défense antimissile ;
    • conservera sa capacité à soutenir simultanément des opérations interarmées de grande envergure et plusieurs opérations de moindre envergure pour la défense collective et la réponse aux crises, y compris à distance stratégique ;
    • développera et conservera des forces conventionnelles robustes, mobiles et déployables, à la fois pour s'acquitter de ses responsabilités au titre de l'article 5 et pour mener des opérations expéditionnaires, y compris avec la Force de réaction de l'OTAN ;
    • procédera aux entraînements, aux exercices, à la planification de circonstance et au échanges d’informations nécessaires pour assurer sa défense contre tous les défis de sécurité conventionnels ou émergents et pour apporter à tout Allié, en tant que de besoin, une assurance visible et un renfort ;
    • assurera la plus large participation possible des Alliés à la planification de défense collective sur les rôles nucléaires, au stationnement des forces nucléaires en temps de paix et aux dispositions de consultation, de commandement et de contrôle (C3) ;
    • développera sa capacité à protéger les populations, le territoire et les forces des pays européens de l'OTAN contre une attaque de missiles balistiques car c'est l’un des éléments centraux de sa défense collective ;
    • développera encore sa capacité à se défendre contre la menace que représentent les armes chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires ;
    • emploiera à tout moment la gamme complète des capacités pour assurer activement la dissuasion, la défense et la lutte contre tout l'éventail des cybermenaces ;
    • renforcera sa capacité, au niveau collectif, à contribuer à la lutte contre le terrorisme, notamment en améliorant l’analyse de la menace, en menant des consultations avec ses partenaires et en développant des capacités militaires appropriées, par exemple en aidant les forces des pays partenaires à s'entraîner à lutter elles-mêmes contre le terrorisme ;
    • s’assurera que l’impact des technologies émergentes sur la sécurité fasse l’objet d’une évaluation OTAN à intégrer dans la planification militaire ;
    • continuera de revoir sa posture générale s'agissant de la dissuasion et de la défense face à l'ensemble des menaces contre l'Alliance, en tenant compte de l'évolution de l'environnement de sécurité international.
  • Relever les défis à moyen/long terme

    En 2019, les Alliés ont élaboré la directive politique pour la planification de défense, qui a permis de préciser encore les buts et objectifs généraux du concept stratégique de 2010, et de définir ce que l'Alliance devrait être en mesure de faire, en termes quantitatifs et qualitatifs généraux, en particulier dans l'environnement de sécurité géostratégique d'alors. En établissant les priorités correspondantes, cette directive prescrit la mise à disposition des capacités requises au travers du processus OTAN de planification de défense. Elle sera révisée en 2023.

    Processus OTAN de planification de défense

    Le processus OTAN de planification de défense (NDPP) offre un cadre permettant d'harmoniser les activités de planification de défense des pays et de l'Alliance, en vue d'atteindre le plus efficacement possible les objectifs agréés. Il s’agit du principal moyen de faciliter l’identification, le renforcement et la mise en place des capacités qui sont ou seront nécessaires à l’OTAN. En définissant des objectifs à mettre en œuvre par les Alliés, individuellement ou, lorsqu’il y a lieu, collectivement, le NDPP oriente le développement et la mise à disposition des capacités aux niveaux national, multinational et collectif.

    Participant au NDPP en tant qu’États indépendants, les Alliés coordonnent leurs plans de défense nationaux avec ceux de l'OTAN, sans que leur souveraineté nationale soit compromise. Ce processus aide chaque Allié à déterminer comment contribuer équitablement à l'ensemble des forces et des capacités dont l'Alliance a besoin pour pouvoir entreprendre toute la gamme de ses missions.

    Force de réaction de l'OTAN

    La Force de réaction de l’OTAN (NRF) est une force multinationale regroupant des composantes terre, air, mer et forces spéciales, des capacités, ainsi que des éléments auxiliaires, que l’Alliance peut déployer rapidement partout où cela est nécessaire. La NRF a pour but premier de permettre une réponse militaire rapide à une crise émergente, que ce soit pour des objectifs de défense collective ou pour des opérations de réponse aux crises. Compte tenu du nouvel environnement de sécurité à l'est et au sud des frontières de l'Alliance, les Alliés ont décidé, en 2014, de renforcer la NRF en l'élargissant et en créant en son sein une « force fer de lance ». Dénommée force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation (VJTF), cette force peut commencer à se déployer sur très court préavis.

    Soutien des agences OTAN

    Le Conseil de l’Atlantique Nord peut mettre en place des agences OTAN chargées d’aider les Alliés à répondre aux besoins nationaux, multinationaux et collectifs en matière de capacités de défense. Acquérir et entretenir des capacités collectivement ou entre pays intéressés permet de réaliser des économies d’échelle et d’accroître l’interopérabilité des forces armées des pays de l’Alliance.

    L’OTAN compte deux grandes agences, dont tous les Alliés sont membres. L’Agence OTAN d'information et de communication (NCIA) est le principal fournisseur de capacités C3 (consultation, commandement et contrôle) et de services SIC (systèmes d'information et de communication) de l’Alliance. L’Agence OTAN de soutien et d’acquisition (NSPA) fournit un appui et des services d’un bon rapport coût-efficacité dans les domaines de l’acquisition, de la logistique, des opérations et des systèmes.

    Par ailleurs, les Alliés ont mis sur pied des agences chargées de gérer l’acquisition et le soutien dans la durée de programmes capacitaires multinationaux spécifiques, notamment l’Agence OTAN de gestion de l'AGS (NAGSMA), l’Agence de gestion OTAN pour la conception, le développement, la production et la logistique de l'hélicoptère OTAN (NAHEMA), l’Agence de gestion du programme NAEW&C (NAPMA) et l’Agence de gestion OTAN pour le développement, la production et la logistique de l'ACE 2000 et du Tornado (NETMA).

    L’Organisation OTAN pour la science et la technologie (STO) promeut l'innovation, fournit des avis et propose des solutions scientifiques afin de permettre à l'Alliance de faire face à l'évolution constante de ses besoins. Elle veille à ce que l’OTAN conserve son avance militaire et technologique pour pouvoir relever les défis de sécurité d’aujourd’hui et de demain.

  • Capacités facilitatrices d’importance critique

    La supériorité informationnelle aide les commandants à prendre les meilleures décisions sur l’espace de bataille, créant ainsi les conditions d’un succès plus rapide et à moindre risque. L’OTAN continuera dès lors de développer et d'acquérir une gamme de systèmes informatiques en réseau (systèmes d’information automatisés) à l'appui de ses commandements stratégiques. Ces systèmes couvrent un certain nombre de domaines, dont les forces terrestres, aériennes et maritimes, le renseignement et la logistique, le but étant de permettre d’exercer un contrôle global, de prendre des décisions et d’assumer le commandement et le contrôle sur la base d’informations plus complètes et avec une plus grande efficacité.

    Renseignement, surveillance et reconnaissance interarmées (JISR)

    L'Alliance a depuis longtemps pris acte de l'importance fondamentale du JISR (renseignement, surveillance et reconnaissance interarmées) pour sa préparation stratégique et pour le succès de ses opérations et missions. Cette capacité doit contribuer à coordonner le recueil, le traitement et le partage, à l’échelle de l’OTAN, des données ISR rassemblées par la capacité alliée de surveillance terrestre (AGS), par la Force aéroportée de détection lointaine et de contrôle de l'OTAN (Force NAEW&C) et par les moyens ISR des Alliés.

    L’environnement de sécurité actuel évoluant rapidement, le JISR doit s’adapter afin que l’Alliance puisse disposer des informations et des renseignements nécessaires à la prise de décisions judicieuses en temps voulu. C’est pourquoi, en octobre 2020, les Alliés ont entériné une nouvelle stratégie pour le développement de la capacité JISR et, en octobre 2021, des mesures de mise en œuvre concrètes. Cette stratégie va contribuer à une plus grande agilité du développement et de la mise en service de capacités de renseignement interopérables, et permettre notamment d’exploiter le potentiel de technologies de pointe telles que le big data, l’intelligence artificielle et les systèmes autonomes.

    Le milieu spatial joue un rôle crucial en matière de JISR. Au sommet de Bruxelles de 2021, les Alliés ont fait part de leurs projets de développer un système de connaissance stratégique de la situation spatiale (3SAS) au siège de l’OTAN. Cette capacité permettra à l'Alliance de mieux appréhender l’environnement spatial et les événements spatiaux, ainsi que leurs effets dans tous les milieux.‏ 

    Capacité alliée de surveillance terrestre (AGS)

    Le programme de capacité alliée de surveillance terrestre (AGS), qui repose sur une coopération industrielle multinationale, constitue un excellent exemple de coopération transatlantique. Le système AGS est une capacité facilitatrice essentielle aux forces pour toute la gamme des opérations et missions actuelles et futures de l'OTAN. À l'aide de capteurs sophistiqués, il est possible de détecter et de suivre en continu et par tout temps des cibles évoluant au sol ou près du sol (chars, camions ou hélicoptères), et de fournir une imagerie radar des zones d'intérêt à terre comme en mer.

    L'AGS vient par là même appuyer les systèmes aéroportés de détection et de contrôle (AWACS) de l'OTAN, qui surveillent déjà l’espace aérien de l’Alliance. L'AGS central est en fait un système intégré composé d’un segment air, d’un segment sol et d’un segment soutien. Le segment air est constitué de cinq drones de surveillance.

    Système aéroporté de détection et de contrôle de l'OTAN (AWACS)

    Le système aéroporté de détection et de contrôle (AWACS), qui est l'un des exemples les plus visibles et les plus tangibles de ce que la coopération entre Alliés peut permettre de réaliser, offre une capacité de commandement et de contrôle aériens, de surveillance aérienne et maritime et de gestion du champ de bataille détenue et exploitée par l'OTAN. Les AWACS n'ont cessé de démontrer qu'ils constituaient un atout critique pour l’OTAN et les Alliés, notamment en permettant de préserver le périmètre est de l'Alliance et de soutenir la coalition mondiale contre l'EIIL.

    La modernisation des AWACS de l’OTAN se poursuivra, et ils resteront en service jusqu’en 2035. La modernisation de la flotte AWACS de l'OTAN est essentielle pour garantir la sécurité de tous les Alliés, et elle permettra à l'Alliance d'obtenir de meilleures informations et de renforcer sa capacité d'anticipation stratégique.

    Future capacité de surveillance et de contrôle de l'Alliance (AFSC)

    Au sommet de l’OTAN à Varsovie, en 2016, les dirigeants des pays membres de l'Organisation ont lancé l'initiative pour la future capacité de surveillance et de contrôle de l'Alliance (AFSC), qui doit permettre de déterminer comment l'OTAN maintiendra sa connaissance de la situation et commandera les forces des Alliés après le retrait des AWACS en 2035. Actuellement, l'OTAN s'emploie à redéfinir ses moyens de surveillance et de contrôle pour l'avenir.

    En coopération avec des experts des pays de l'Alliance, issus de secteurs et d'horizons divers, comme l'armée, l'industrie, ainsi que la science et la technologie, l'OTAN évalue de nouvelles technologies et solutions dans le cadre d’études qui lui permettront, ainsi qu’aux Alliés à titre individuel ou à des groupes multinationaux, de prendre des décisions éclairées concernant le développement et l'acquisition de nouveaux systèmes à l'avenir. Ces solutions pourraient prévoir l'utilisation combinée de systèmes aériens, terrestres, spatiaux, avec ou sans pilote pour recueillir et partager des informations.

    La défense antimissile balistique

    La prolifération des missiles balistiques représente une menace croissante pour les populations, le territoire et les forces des pays de l'OTAN. La défense antimissile balistique (BMD) est l’une des missions permanentes de l’OTAN et fait partie intégrante de la réponse de l’OTAN à cette menace, en tant qu’élément de la défense aérienne et antimissile intégrée (IAMD) de l’OTAN. La BMD de l’OTAN est strictement défensive et contribue à mener à bien la tâche fondamentale de l’OTAN qu’est la défense collective. Les capacités BMD constituent un élément essentiel de l’éventail des capacités stratégiques de l’OTAN, avec les forces conventionnelles et la dissuasion nucléaire. Au sommet de Varsovie, en 2016, les Alliés ont déclaré la capacité opérationnelle initiale de la BMD de l’OTAN, mettant ainsi à disposition un moyen de défendre les populations, le territoire et les forces de toute la partie méridionale de l'Europe OTAN contre une attaque de missiles balistiques. Le but ultime de la BMD de l’OTAN est de parvenir à la capacité opérationnelle totale qui permettra d'assurer la couverture et la protection de toute l'Europe OTAN.

    Commandement et contrôle aériens

    Le système OTAN de commandement et de contrôle aériens (C2 Air) fournit à l’Alliance une capacité permettant de gérer les opérations aériennes de l’OTAN (notamment la police du ciel) à l’intérieur et à l’extérieur de la zone euro-atlantique. Les systèmes C2 Air de l'OTAN intègrent, entre autres, les fonctions de contrôle des missions aériennes, de contrôle de la circulation aérienne, de surveillance de l'espace aérien, de gestion de l'espace aérien, de gestion des ressources de commandement et de contrôle (C2) ainsi que de gestion des forces. Ces systèmes (hors capacités déployables) couvrent un théâtre d’opérations de 81 millions de kilomètres carrés, de l'extrême nord de la Norvège jusqu'à la mer Méditerranée, et de l’extrême est de la Turquie jusqu’à l’Atlantique Nord. Constituant l’un des principaux piliers de l’OTAN, ils visent à sauvegarder et à protéger le territoire, les populations et les forces des pays de l'Alliance contre toute menace ou attaque aérienne ou de missile.

    Supériorité dans le spectre électromagnétique

    Le spectre électromagnétique est une ressource commune omniprésente mais limitée. Les forces de l’OTAN l’exploitent pour renforcer leur connaissance de la situation au sein de l’environnement opérationnel, elles y accèdent pour communiquer, partager des informations, synchroniser des opérations, assurer la géonavigation des forces et mettre en œuvre des capteurs et des systèmes d’armes, et elles le contrôlent, en s’assurant que les forces amies puissent s’y mouvoir librement et en empêchant les adversaires potentiels de l’utiliser.

    Les activités synchronisées liées à la gestion du spectre, au renseignement d'origine électromagnétique, à la guerre électronique, aux communications, à la guerre de la navigation – entre autres choses – constituent des opérations électromagnétiques. Ces dernières permettent d’accroître l’efficacité des opérations et activités militaires.

    La stratégie de l’OTAN relative au spectre électromagnétique vise à garantir la liberté d’action militaire de ses forces en s’assurant l'accès au spectre et la domination de celui-ci. Elle s’appuie sur une coopération accrue entre les différents acteurs de tous les milieux d’opérations, y compris le milieu cyber et le milieu spatial.

    Réseau de mission fédéré

    Le réseau de mission fédéré (FMN) est une contribution clé qui aide les forces des pays de l'Alliance et celles des pays partenaires à communiquer, à s'entraîner et à interagir de manière plus efficace. Le programme correspondant a pour objet d'appuyer les fonctions de commandement et de contrôle ainsi que le processus décisionnel en opérations, grâce à un partage d’informations amélioré au travers de normes, de procédures et de protocoles communs.

    Le FMN résulte des enseignements tirés des opérations en Afghanistan, en particulier du besoin en processus opérationnels harmonisés et en systèmes d'appui modulables pour toutes les futures missions. Il vise à assurer la consultation, le commandement et le contrôle (C3), l’interopérabilité et la disponibilité opérationnelle. Il aide l'Alliance à connecter ses systèmes d'information et à opérer efficacement, y compris avec les partenaires, pendant les entraînements, les exercices et les opérations.

    Cyberdéfense

    Les cybermenaces pesant sur la sécurité de l’Alliance sont complexes, destructrices, coercitives et de plus en plus fréquentes, comme l'ont montré les cas d’incidents liés à des logiciels rançonneurs et autres actes de cybermalveillance dirigés contre des infrastructures critiques et des institutions démocratiques de pays de l’Alliance, lesquels peuvent avoir des effets systémiques et causer d'importants dommages. L'OTAN et ses Alliés s'appuient sur des moyens de cyberdéfense robustes et résilients pour remplir les tâches fondamentales de l'Alliance que sont la défense collective, la gestion de crise et la sécurité coopérative.

    Logistique

    La planification logistique fait partie intégrante du processus OTAN de planification de défense (NDPP). Concrètement, les capacités logistiques sont développées sur la base des besoins recensés dans le cadre du NDPP et générées par les Alliés au niveau national, multinational ou collectif.

    Les commandants de l'OTAN peuvent solliciter des capacités logistiques dans le cadre du processus de planification d'une opération dirigée par l'OTAN ou de toute autre activité à l’appui de la posture de l’Alliance. En matière de logistique, la coopération et la coordination permettent aux pays et à l’OTAN de s’assurer que leurs plans reposent sur des ressources suffisantes, en termes quantitatifs et qualitatifs, en particulier pour ce qui est des quatre grands volets que sont la mise à disposition de capacités, le commandement et le contrôle, la déployabilité et le maintien en puissance.

    Réseaux de nouvelle génération

    Bon nombre des capacités facilitatrices d’importance critique décrites plus haut dépendent de réseaux de communication à même de répondre aux besoins en matière de bande passante et de débit des données, qui ont augmenté de manière exponentielle. Si les nouvelles technologies, telles que la 5G, permettent d'y répondre, elles suscitent également des préoccupations liées à la sécurité et à la résilience. Face à ces inquiétudes, l’OTAN prend actuellement une série d’initiatives afin que les systèmes de télécommunications utilisés sur les réseaux de l’Alliance soient conformes aux normes de sécurité les plus élevées et que des solutions de repli soient disponibles en cas de perturbations sur les réseaux.

    Dès lors, l’accent est mis tout particulièrement sur la sécurité de la chaîne d’approvisionnement des systèmes d'information et de communication (SIC).

  • Mise à disposition des capacités au travers de la coopération multinationale

    Les Alliés fournissent l'immense majorité des capacités militaires requises pour les opérations de l’OTAN. Bien que chaque pays soit souverainement responsable du développement de ses capacités, l’OTAN joue un rôle de soutien important dans ce domaine, tout comme dans la mise à disposition des capacités. Conformément au processus OTAN de planification de défense, qui vise à harmoniser les activités de planification de défense des pays et celles de l'Alliance, plusieurs activités nationales de développement capacitaire sont menées avec le concours d’organes et d’agences OTAN, qui assurent un haut niveau d’encadrement et de soutien.

    Le développement de capacités militaires européennes accrues au travers de la coopération multinationale continuera de resserrer le lien transatlantique, de renforcer la sécurité de tous les Alliés et de favoriser un partage équitable des charges, des avantages et des responsabilités entre les pays membres de l’Alliance. Dans ce contexte, l’OTAN coopère étroitement avec l’Union européenne dans une optique de complémentarité des efforts. Les Alliés contribuent également au maintien d'une industrie de défense forte en Europe, en tirant le meilleur parti possible de la coopération entre les industries de défense à l'échelle de l'Alliance.

    Projets multinationaux à haute visibilité

    Au fil des ans, l’OTAN a suivi différentes approches pour inciter les Alliés à participer plus régulièrement à des initiatives au titre de la coopération multinationale et accroître ainsi leurs chances d’en récolter les fruits. La Conférence des directeurs nationaux des armements (CDNA), le haut comité de l’OTAN chargé de promouvoir la coopération multinationale dans le domaine des armements, a lancé un processus devant permettre de lever les obstacles à la coopération capacitaire multinationale. La solution retenue s’est notamment appuyée sur deux éléments : primo, recenser, formuler et promouvoir de façon proactive des possibilités de coopération spécifiques, et secundo, adopter une approche descendante réfléchie au niveau politique, l’objectif étant de recueillir l’adhésion des Alliés et de concrétiser ces possibilités.

    Depuis son adoption en 2014, cette approche a permis de créer, au niveau multinational, un portefeuille toujours plus important de projets à haute visibilité portant sur un large éventail de domaines capacitaires critiques, comme le ravitaillement en vol, la fourniture de munitions de précision, les forces d'opérations spéciales, la défense aérienne et antimissile de surface, et la lutte anti-sous-marine.

    Concept de pays-cadre

    En juin 2014, les ministres de la Défense des pays de l'OTAN ont approuvé le concept de pays-cadre, selon lequel des groupes de pays travaillent de concert à l'appui de deux objectifs. Premièrement, maintenir les capacités actuelles et s'en servir comme base pour le développement cohérent de nouvelles capacités à moyen et à long terme, conformément à la notion de développement capacitaire multinational. Deuxièmement, renforcer l'interaction entre les pays dans le cadre d'un mécanisme permettant l'organisation d'activités d'entraînement et d'exercices collectifs en vue de préparer des groupements de forces. Par exemple, les Alliés qui disposent d'un large éventail de capacités prévoient un cadre permettant à d'autres Alliés de s'y greffer.

    Capacités de transport stratégique et intrathéâtre

    Les capacités de transport stratégique et intrathéâtre sont essentielles pour faciliter les opérations. Elles permettent de déployer rapidement les forces partout où cela est nécessaire, et d’assurer rapidement leur maintien en puissance. Bien que d’importantes acquisitions se fassent au niveau national, de nombreux pays de l’Alliance mettent en commun des ressources, y compris avec des pays partenaires, afin de se doter de nouvelles capacités de transport devant permettre de déplacer rapidement troupes, équipements et approvisionnements partout dans le monde.

    Lutte contre les engins explosifs improvisés

    Comme on a pu le voir en Afghanistan et ailleurs, les engins explosifs improvisés (EEI) se sont avérés être l'arme de prédilection des forces adverses non conventionnelles. L'OTAN doit être prête à lutter contre les EEI dans n'importe quelle opération impliquant des menaces asymétriques, où la protection des forces reste une priorité absolue.

    Les enseignements tirés de plus de vingt années d'opérations de lutte contre les EEI ont été structurés, ce qui a permis d'axer l'ambitieux plan d'action de l'OTAN pour la lutte anti-EEI sur les capacités permettant d'attaquer les réseaux qui se cachent derrière ces dispositifs destructeurs. Bien qu'elles soient développées dans le contexte de la lutte anti-EEI, ces capacités peuvent également contribuer aux opérations de lutte contre la piraterie, la prolifération et le terrorisme.

    Défense aérienne et antimissile de surface au XXIe siècle

    Les systèmes de défense aérienne modernes doivent permettre de répondre à un large éventail de menaces aériennes, qu’il s’agisse de missiles de croisière hypersoniques, de chasseurs de cinquième génération, de drones de petite taille évoluant à basse altitude et à faible vitesse ou encore de systèmes RAM (roquettes-artillerie-mortiers). L'initiative OTAN de défense aérienne et antimissile de surface au XXIe siècle vise à mettre en adéquation les besoins des pays avec les capacités de production afin qu'une réponse aux menaces aériennes actuelles et futures puisse être apportée. Par ailleurs, la coopération multinationale dans le domaine de la science et de la technologie, l'acquisition de moyens et l'engagement accru de l'industrie sont essentiels à la réussite de cette initiative.

    Systèmes combattant débarqué

    Dans le cadre des opérations de l'OTAN, toutes les personnes déployées sur le terrain, indépendamment de leur rôle – soldats, marines, marins ou pilotes – doivent disposer du matériel approprié pour mener à bien leurs missions. Pour optimiser l'efficacité et la survivabilité sur le champ de bataille, il est indispensable que ce que les soldats portent, transportent et consomment soit à la pointe de la technologie, sans danger, interopérable et fiable. Ainsi, les systèmes combattant débarqué s'inscrivent dans le cadre de la modernisation, de la normalisation et de l'harmonisation des équipements individuels de combat et d'appui au sein de l'OTAN et des pays partenaires. Il est crucial que toutes les plateformes, y compris les véhicules, puissent accueillir de manière adéquate les soldats embarqués avec tout leur matériel et répondre à leurs besoins en matière de connexions informatiques et électriques au moyen de systèmes pleinement interopérables.

    Concept de base aérienne déployable de l’OTAN

    Le concept de base aérienne déployable de l’OTAN (NDAB) permet à l’OTAN, au travers de modules d'activation de base aérienne déployable (DAAM), de déployer une base aérienne, qui, dans le pire des cas, serait mise en place sur un aérodrome sommaire. La NDAB est conçue pour soutenir les opérations militaires 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, dans toutes les conditions climatiques. Avec l’adjonction de capacités déployables à l’appui de la circulation aérienne, la NDAB pourrait également être utilisée dans le cadre de la circulation aérienne civile.

    Réseaux acoustiques numériques sous-marins

    Afin d'accroître ses capacités de lutte anti-sous-marine, l'OTAN a élaboré la toute première norme pour les communications acoustiques numériques sous-marines. Basée sur le protocole JANUS (le premier protocole international de communication numérique sous-marine, mis au point par le Centre OTAN pour la recherche et l'expérimentation maritimes), cette norme est essentielle pour faciliter l'interopérabilité des systèmes maritimes submersibles. Cette capacité avancée donne aux forces maritimes de l'OTAN un avantage technologique essentiel dans le contexte de l'action menée pour renforcer, dans toute l'Alliance, les capacités d'engagement maritime.

    Conception modulaire des navires

    Les spécifications de conception modulaire des navires sont des solutions innovantes de construction navale qui permettent d'élargir l'éventail des missions réalisables, d'allonger la durée de vie des plateformes maritimes et de réduire la taille des flottes sans impact sur la capacité opérationnelle. Par ailleurs, elles favorisent l'interopérabilité entre les forces maritimes des pays de l'Alliance, l'OTAN s'employant à améliorer l'ensemble des capacités d'engagement maritime. Les marines des pays de l'Alliance travaillent conjointement à l'élaboration et à la mise en application de normes visant à définir un concept plug‑and‑play, qui permettra d'optimiser les systèmes navals de combat et d'appui en fonction de chaque mission spécifique et de partager les capacités, en entravant le moins possible la réactivité et la disponibilité opérationnelle. Les principes de conception modulaire des navires devraient être appliqués à tous les bâtiments de surface alliés de la prochaine génération.

  • Autres initiatives

    Sûreté maritime

    Les capacités maritimes de l'Alliance conservent toute leur utilité et apportent une importante contribution transversale à la sécurité de l'Alliance. En janvier 2011, l'OTAN a adopté la stratégie maritime de l'Alliance. Cette stratégie, qui est en conformité avec le concept stratégique de 2010, présente différentes manières d'utiliser la puissance maritime unique de l'OTAN pour relever les défis de sécurité critiques et pour que celle-ci joue un rôle clé dans la dissuasion et la défense collective, la gestion de crise, la sécurité coopérative et la sûreté maritime. Depuis le sommet de l’OTAN au pays de Galles, en 2014, l’Alliance a fixé un nouveau cap pour le renforcement de sa posture maritime. Au sommet de l’OTAN tenu à Bruxelles en 2018, les Alliés sont convenus de renforcer la posture maritime de l'Alliance. Il s’agit de redynamiser les compétences de base et la fonction de combat de l’OTAN dans le domaine maritime. Dans le contexte de sécurité actuel, les forces navales de l'Alliance apportent des contributions essentielles en termes de connaissance de la situation maritime, de présence navale, de sûreté maritime, d’assistance et d’effet dissuasif. L'Alliance poursuit la mise en œuvre de sa stratégie maritime en développant ses capacités, en étoffant son programme d'exercices et d'entraînements maritimes, et en renforçant la coopération avec les partenaires, ainsi qu'avec d’autres organisations internationales, comme l'Union européenne. Les forces navales de l'OTAN aident à faire face aux nombreux défis de sécurité, notamment en appuyant le rôle de l’OTAN en Méditerranée dans le cadre de l'opération Sea Guardian (une opération de sûreté maritime plus large ne relevant pas de l’article 5), ainsi que l’activité de l’OTAN en mer Égée.

    Approche systémique globale de l’aviation

    La réussite des missions aériennes de l'Alliance dépend d'un ensemble de facteurs techniques, organisationnels, procéduraux et humains, qui doivent, d’une part, se conjuguer harmonieusement afin que les risques et les dangers soient atténués, et, d’autre part, garantir sûreté et sécurité en vue d’un soutien renforcé aux entraînements, aux exercices et aux opérations dans le milieu aérien. L’approche systémique globale de l’aviation (TSAA) de l’OTAN vise à faciliter le développement de capacités aériennes dans le cadre d'une approche globale. Depuis l’approbation des principes directeurs pour la TSAA par le Conseil de l’Atlantique Nord en 2015, d’importants progrès ont été réalisés, notamment l’établissement d’un mécanisme de mise en œuvre de la mobilité aérienne pour intervention rapide (RAM), la mise au point d'un processus de reconnaissance OTAN (NRP) en matière de navigabilité, un soutien à l’intégration de systèmes d’aéronefs télépilotés (RPAS) dans l’espace aérien, et l’élaboration d’évaluations sur la cybersécurité dans le domaine de l’aviation. La TSAA est une approche qui permet non seulement de favoriser le développement de capacités spécifiques, mais aussi de renforcer la coopération entre les organismes OTAN, en mettant en évidence les points de convergence nécessitant une coordination. Par ailleurs, la réussite de la TSAA repose sur la coopération continue avec les organisations internationales et régionales de l’aviation civile ainsi qu’avec d’autres institutions civiles et militaires compétentes dans le domaine de l’aviation.

    Initiative pour la disponibilité opérationnelle des systèmes d’aéronefs télépilotés

    Avec l’adoption de systèmes d’aéronefs télépilotés, l’OTAN se transforme. En effet, cinq drones OTAN RQ-4D Phoenix détenus en commun sont désormais exploités depuis la base d'opérations principale de la capacité alliée de surveillance terrestre (AGS) de l’OTAN, à Sigonella (Italie), et plusieurs Alliés s’emploient à mettre en œuvre des aéronefs télépilotés et à en acquérir de nouveaux. Vu la volonté de voir ces moyens s’intégrer pleinement dans la complexité des structures civiles et militaires de l’espace aérien, une adaptation rapide s’impose. L’initiative pour la disponibilité opérationnelle des systèmes d’aéronefs télépilotés (R2i) vise à garantir que l’Alliance est prête à répondre au besoin opérationnel relatif à cette capacité de pointe, conformément à la politique de l’OTAN en matière de systèmes aériens sans pilote. La R2i est axée sur les aspects opérationnels, et elle est étayée par un plan de communication stratégique s’inscrivant dans la durée, qui vise à faire connaître la position solide qu’occupent les personnels et les acteurs civils et militaires de l’ensemble de l’OTAN au sein de la communauté de l’aviation internationale.

    Coopération avec l'industrie

    C’est l'industrie qui produit, entretient, répare, modernise, adapte et retire du service la plupart des capacités. Les Alliés sont convenus qu'il importe de coopérer plus étroitement, et plus tôt dans le processus de développement capacitaire, avec l'industrie de défense et de sécurité. Ils sont également convenus qu'il est nécessaire de préserver une base industrielle de défense solide en Europe et entre les deux rives de l'Atlantique, notamment par l'intermédiaire des petites et moyennes entreprises (PME). Les nouveaux défis sont relevés grâce à des capacités innovantes. De plus en plus, ces capacités sont à double usage et proviennent du secteur civil. C’est pourquoi les initiatives fortes visant à attirer les start-ups et les PME, et à renforcer le dialogue avec le monde universitaire et les établissements de recherche, se multiplient. Une industrie durable, innovante et compétitive sur la scène mondiale est essentielle à la réussite de l’Alliance. (Pour de plus amples informations)