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Updated: 07 July 2026
L’OTAN et l’Ukraine entretiennent un partenariat approfondi, inscrit dans la durée. Depuis les années 1990, elles ont progressivement bâti des relations solides et mutuellement bénéfiques, fondées sur une coopération étroite et des valeurs communes. Aujourd’hui, les Alliés fournissent à l’Ukraine une assistance militaire d'un niveau sans précédent, pour aider celle-ci à se défendre contre l’agression russe. L’OTAN soutient pleinement le pays dans l’exercice de son droit naturel de légitime défense et de son droit de choisir ses propres arrangements de sécurité.
L’OTAN condamne avec la plus grande fermeté la guerre d’agression que la Russie mène contre l’Ukraine. Cette guerre d’agression, lancée en l’absence de toute provocation et en violation flagrante du droit international, a gravement compromis la sécurité et la stabilité mondiales. Faisant écho aux résolutions de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la question, les Alliés exigent que la Russie mette fin immédiatement à cette guerre, arrête d’utiliser la force contre l’Ukraine et retire complètement et sans conditions toutes ses forces du territoire ukrainien.
En 2014, lorsque la Russie a annexé la Crimée, en toute illégalité, et lancé son offensive dans l’est de l’Ukraine, l’OTAN a pris fermement position et manifesté son attachement sans faille à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues, s’étendant à ses eaux internationales. L’OTAN a également condamné d’autres agissements auxquels la Russie s’est livrée :
En conséquence de l’annexion, illégale et illégitime, de la Crimée, les Alliés avaient décidé en 2014 de suspendre toute coopération pratique avec la Russie dans les domaines civil et militaire, tout en maintenant ouverts les canaux de communication politiques et militaires.
Suite à l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en février 2022, ils ont infligé à celle-ci de lourdes sanctions destinées à affaiblir son économie et à lui barrer l’accès à des technologies et marchés clés, pour l’empêcher de reconstituer rapidement ses capacités militaires. Ils continuent de travailler sur les sanctions afin d’accentuer la pression sur Moscou. L’idée est de faire en sorte que la Russie ait plus de mal à réparer ses véhicules blindés et ses aéronefs, à produire des missiles et des drones et à financer sa guerre.
L’OTAN salue les efforts déployés en vue de négocier au plus tôt une paix juste et durable. Il est indispensable de parvenir à un accord viable, l’objectif étant que la Russie n’attaque plus jamais l’Ukraine ni ne menace aucune partie du territoire de l’Alliance. La Russie a violé à de multiples reprises les cessez-le-feu déclarés en 2014 et 2015 ; ces cessez-le-feu n’ont pas mis fin aux combats et n’ont pas empêché Moscou de lancer son invasion à grande échelle de l’Ukraine, en 2022. C’est pourquoi l’OTAN n’a cessé de maintenir son soutien à l’Ukraine : plus celle-ci sera en position de force sur le champ de bataille, plus elle le sera à la table des négociations, et plus il y aura de chances de parvenir à une paix juste et durable, adossée à des garanties de sécurité fournies par les partenaires de l’Ukraine et à l’aptitude des forces ukrainiennes à dissuader la Russie de se livrer à une nouvelle agression. L’OTAN continuera de soutenir le pays même après la signature d’un accord de cessez-le-feu ou d’un accord de paix.
Depuis que l’Ukraine a rejoint le programme du Partenariat pour la paix (PPP), en 1994, l’OTAN n’a cessé d’aider le pays à développer son aptitude à assurer sa défense. Sur le plan des capacités militaires, l’Ukraine a gagné en interopérabilité avec l’OTAN, en participant aux initiatives que celle-ci porte en matière de réforme du secteur de la défense et de la sécurité et en contribuant aux exercices, opérations et missions dirigés par l’OTAN.
En 2014, à la suite de l’annexion, illégale, de la Crimée par la Russie, l’OTAN a fait encore davantage pour aider l’Ukraine à renforcer sa défense ; elle a notamment lancé de nouvelles initiatives dans le cadre desquelles des dizaines de milliers de soldats ukrainiens ont pu bénéficier de formations et d’équipements. Depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, en 2022, les Alliés apportent au pays un soutien d’une ampleur sans précédent, en lui fournissant les volumes considérables d’aide militaire dont elle a besoin pour tenir. Si les Alliés s’investissent autant dans l’assistance à la sécurité de l’Ukraine, c’est en vue de mettre un terme à la guerre aussitôt que possible, en y trouvant une issue juste et durable, et de faire en sorte que le dispositif de dissuasion du pays lui permette d’écarter à l’avenir toute nouvelle menace.
On trouvera ci-après une liste des principaux mécanismes actuellement utilisés par l’OTAN à l’appui de l’Ukraine. Les autres initiatives (passées ou présentes) menées en soutien à l’Ukraine sont décrites dans la section « Autres formes de coopération ».
Au travers de l’initiative relative à la liste des besoins priorisés de l’Ukraine (PURL), les Alliés achètent auprès des États-Unis, au profit de l’Ukraine, du matériel militaire indispensable pour la défense du pays. L’OTAN joue dans ce mécanisme un rôle de coordination indispensable. Le principe est le suivant : le commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR) définit, à intervalles réguliers, des ensembles d’équipements et de munitions dont l’Ukraine a besoin et que les États-Unis peuvent produire dans des quantités supérieures à celles que l’Europe et le Canada peuvent fournir. Les Alliés peuvent alors décider de financer chacun de ces ensembles (individuellement ou en groupe). L’OTAN coordonne ensuite l’acheminement de ces capacités vers l’Ukraine, notamment par l’intermédiaire du Programme OTAN de formation et d’assistance à la sécurité en faveur de l’Ukraine (NSATU) (voir section suivante).
L'initiative PURL a été lancée en juillet 2025. Depuis lors, plus des deux tiers des Alliés, ainsi que des partenaires, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, se sont engagés à acquérir du matériel au profit de l’Ukraine au travers de ce mécanisme, qui a permis de financer l’achat, auprès des États-Unis, de plus de 6 milliards de dollars d’équipements militaires. Les livraisons sont d’ores et déjà en cours ; elles comprennent en particulier des munitions et du matériel indispensable pour la défense aérienne du pays.
Le programme OTAN de formation et d’assistance à la sécurité en faveur de l’Ukraine (NSATU) est le commandement OTAN qui est chargé de coordonner les livraisons d’équipements militaires ainsi que les activités de formation militaire organisées par les Alliés et leurs partenaires à l’intention de l’Ukraine. Il a notamment pour mission :
Le NSATU inscrit dans la durée l’assistance à la sécurité fournie à l’Ukraine, en garantissant au pays un soutien renforcé, prévisible et cohérent. Ce cadre global regroupe une bonne partie de activités d’assistance à la sécurité menées par la communauté internationale en faveur de l’Ukraine, ce qui permet de mieux les coordonner, de clarifier la chaîne de responsabilités et de mieux répartir les charges entre les Alliés. Le NSATU, qui opère uniquement sur le territoire des Alliés, aide l’Ukraine à exercer son droit de légitime défense, consacré par la Charte des Nations Unies ; il ne fait pas de l’OTAN une partie au conflit au sens du droit international.
Le QG du NSATU est implanté à Wiesbaden (Allemagne) et dispose de trois plateformes logistiques sur le flanc est de l’OTAN. Placé sous les ordres d’un général trois étoiles qui fait rapport au Commandant suprême des Forces alliées en Europe (SACEUR), il emploie quelque 300 personnes venues de pays de l’OTAN et de pays partenaires, dont l’Ukraine.
Le NSATU, dont la création a été entérinée par les dirigeants des pays de l’OTAN lors du sommet de Washington, en juillet 2024, a commencé ses activités en décembre de la même année.
Pour en savoir plus, consultez le site du Commandement allié Opérations consacré au NSATU.
L’ensemble complet de mesures d’assistance en faveur de l’Ukraine (CAP) est le cadre global dans lequel s’inscrit le soutien que l’OTAN apporte au pays sous la forme de moyens non létaux. Il comprend deux grands axes de travail : sur le court terme, la fourniture d’une assistance militaire visant à répondre aux besoins urgents notifiés par l’Ukraine, et, sur le plus long terme, l’exécution de projets de renforcement des capacités propres à aider le pays à réformer son secteur de la défense et de la sécurité et à se reconstruire après la guerre.
Pour en savoir plus : Ensemble complet de mesures d’assistance en faveur de l’Ukraine
Le Centre OTAN-Ukraine d’analyse, d’entraînement et de formation (JATEC), premier organisme mis en place conjointement par l’OTAN et l’Ukraine, a vocation à devenir un rouage important de la relation entre celles-ci. Au sein du JATEC, établi à Bydgoszcz (Pologne), personnels OTAN et personnels ukrainiens travaillent main dans la main pour tirer des enseignements de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine et adapter en conséquence les stratégies, les politiques et les opérations de Kyïv et celles de l’Alliance. Ce travail contribue à renforcer l’armée ukrainienne et à la rendre plus interopérable avec les forces des Alliés.
Le JATEC fait partie de la structure de commandement de l’OTAN et relève directement du Commandement allié Transformation.
La création du JATEC avait été décidée en février 2024 par les ministres de la Défense des pays de l’OTAN et de l’Ukraine. En juillet 2024, au sommet de Washington, les dirigeants des pays de l’Alliance avaient entériné l’établissement de cet organisme en tant que centre civilo-militaire OTAN ayant statut de quartier général militaire international. Le JATEC a été inauguré en février 2025. Depuis qu’il est entré en activité, il a exécuté des projets axés sur la défense aérienne, sur la protection des infrastructures d’importance critique et sur la résilience.
Pour en savoir plus, consultez le site du Commandement allié Opérations consacré au JATEC.
Depuis le début de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, les Alliés apportent à cette dernière un soutien politique et une aide économique, militaire, financière et humanitaire d’une ampleur inédite. Les Alliés mettent en outre à disposition leur capacité industrielle de défense pour répondre aux besoins de l’Ukraine. Tous ces efforts portent leurs fruits en permettant à ce pays de se défendre efficacement et de faire payer chèrement à la Russie ses agissements.
En 2024, au sommet de Washington, les dirigeants des pays de l’OTAN ont annoncé l’adoption d’un engagement à aider durablement l’Ukraine à assurer sa sécurité. Ils ont ainsi décidé de dégager, en contribuant chacun de manière proportionnelle, une enveloppe de base d’au moins 40 milliards d’euros sur un an, et de maintenir ensuite l’assistance à la sécurité à un niveau soutenable, pour que l’Ukraine l’emporte. L’objectif fixé pour 2024 a été largement dépassé : sur un an, plus de 50 milliards d’euros ont été versés par les pays de l’OTAN, dont près de 60 % par les Alliés européens et le Canada. Depuis, les Alliés ont continué de fournir à l’Ukraine un soutien substantiel.
Deux fois par an, les Alliés informent l’OTAN de l’assistance qu’ils ont fournie à l’Ukraine en vertu de cet engagement. Le secrétaire général se fonde sur ces informations pour établir un récapitulatif de toutes les contributions déclarées par les Alliés. Ces contributions sont réexaminées par les chefs d’État et de gouvernement à l’occasion des sommets de l’OTAN.
En plus de l’assistance qu’ils fournissent directement à l’Ukraine sous la forme de matériel et de formations et des équipements qu’ils achètent au profit du pays dans le cadre de l’initiative PURL, les Alliés financent le soutien qui est apporté au pays par l’intermédiaire de l’OTAN. Les deux principaux instruments utilisés à cet effet sont le fonds d’affectation spéciale CAP et le budget civil de l’OTAN.
Le fonds d’affectation spéciale CAP est un instrument unique, souple et adaptable, qui est utilisé pour financer la mise à disposition des moyens militaires non létaux dont l’Ukraine a besoin à court terme (maintien en puissance) ainsi que les activités destinées à renforcer les capacités du pays sur le long terme. En juin 2026, la valeur totale des contributions au fonds d’affectation spéciale CAP fournies par les Alliés et les partenaires s’élevait à plus de 1,4 milliard d’euros (soit environ 1,6 milliard de dollars des États-Unis).
Le fonds d’affectation spéciale pour le NSATU, qui est géré par le Royaume-Uni, a été créé en vue de répondre rapidement aux besoins du temps de guerre recensés par l’Ukraine. Cet instrument permet d’acquérir et de livrer rapidement les biens et services dont les forces armées ukrainiennes ont besoin d’urgence.
En 2022, au sommet de Madrid, les chefs d’État et de gouvernement des pays de l’Alliance ont décidé, au titre de l’agenda OTAN 2030, d’intensifier les efforts déployés en matière de formation et de renforcement des capacités, notamment à l’appui des partenaires, et, à cette fin, d’augmenter chaque année en valeur réelle les plafonds des budgets de l’OTAN financés en commun. Grâce à ce relèvement des plafonds, devenu effectif en 2023, les activités menées dans ces domaines d’importance vitale sont financées de manière plus prévisible, ce qui favorise l’obtention des résultats escomptés.
Entre janvier 2023 et la fin de l’année 2025, près de 52 millions d’euros ont été affectés à des initiatives de sécurité coopérative visant à accroître le soutien apporté à certains pays partenaires, dont l’Ukraine. Le budget civil est pour le CAP une source de financement précieuse, qui permet d’élaborer et d’exécuter des projets dans des domaines variés : planification de défense et interopérabilité, gouvernance et intégrité, soutien pratique immédiat (moyens non létaux), technologies de l’information, formation et entraînement, etc.
Le soutien des Alliés à l’Ukraine dépasse le seul cadre des programmes et structures OTAN et se concrétise également au travers d’autres mécanismes.
Le Groupe de contact pour la défense de l’Ukraine (UDCG) est une coalition de plus de 50 pays (dont tous les pays de l’OTAN, de nombreux pays partenaires et l’Union européenne) qui aide à coordonner la mise à disposition de l’aide militaire à destination de l’Ukraine, par exemple l’acheminement de moyens d’artillerie lourde, de chars de combat, d’aéronefs de combat, de munitions, de moyens de défense aérienne et d’autres équipements essentiels.
L’UDCG n’est pas un organisme OTAN, ce qui n’empêche pas l’Organisation de faciliter la coordination de ses activités. Il s’est ainsi réuni à plusieurs reprises au siège de l’OTAN, à Bruxelles (Belgique), et le secrétaire général participe régulièrement à ses réunions. L’UDCG est également connu sous le nom de « groupe de Ramstein », car il s’est souvent réuni à la base aérienne de Ramstein, en Allemagne (où est basé le Commandement aérien allié de l’OTAN).
L’OTAN se félicite que différents Alliés et partenaires aient conclu avec l’Ukraine des engagements de sécurité bilatéraux pour le long terme, sur la base de la déclaration commune de soutien à l’Ukraine publiée par le G7 au sommet de Vilnius. Ces accords définissent les grandes priorités de la coopération bilatérale en matière de sécurité et se renforcent mutuellement. Ils témoignent d’un attachement commun et inébranlable à une Ukraine libre, indépendante, démocratique et souveraine à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues, qui soit capable de se défendre et de décourager toute nouvelle agression. Au travers de ces accords, les partenaires de l’Ukraine réaffirment leur engagement à soutenir l’Ukraine sur le temps long.
La Représentation de l’OTAN auprès de l’Ukraine (NRU) facilite le dialogue et la coopération politiques et militaires entre l’Alliance et Kyïv et coordonne les activités de soutien pratique menées par les Alliés au profit du pays.
Entre autres missions clés, la NRU fournit un soutien consultatif à l’appui du secteur ukrainien de la sécurité et de la défense, en vue d’aider l’Ukraine à faire progresser ses forces armées vers une interopérabilité totale avec l’OTAN et à exécuter son programme national annuel adapté. La NRU joue aussi un rôle capital dans la coordination des activités relevant de l’ensemble complet de mesures d’assistance en faveur de l’Ukraine (CAP), cadre global dans lequel s’inscrit le soutien que l’OTAN apporte au pays sous la forme de moyens non létaux. Par ailleurs, elle pilote les initiatives de communication publique de l’OTAN en Ukraine.
La NRU a essentiellement pour mandat :
Dans un contexte où la coopération entre les Alliés et l’Ukraine s’intensifie et où l’intégration du pays à l’OTAN s’accroît sur le plan politique, l’Alliance a renforcé la NRU et étoffé les effectifs dont celle-ci disposait à Kyïv. En juillet 2024, le secrétaire général a ainsi nommé, à la tête de cette entité, un haut représentant de l’OTAN qui a notamment pour mission d’assurer l’interface entre l’Organisation et les autorités ukrainiennes à Kyïv.
La NRU est née en septembre 2015 de la fusion de deux bureaux préexistants, à savoir le Centre d’information et de documentation de l’OTAN (NIDC) et le Bureau de liaison de l’OTAN (NLO). Inauguré en mai 1997 et implanté à Kyïv, le NIDC était chargé d’informer le public ukrainien sur les activités de l’OTAN et les avantages de la coopération OTAN-Ukraine. Relevant du Bureau de l’information et de la presse de l’OTAN (l’équivalent de l’actuel Bureau de la communication stratégique), il était le tout premier bureau d’information ouvert au grand public que l’Organisation installait dans un pays partenaire. Le NLO, quant à lui, avait été mis sur pied à Kyïv en avril 1999 en vue de faciliter la participation de l’Ukraine au programme OTAN du Partenariat pour la paix (PPP) et d’accompagner la réforme du secteur ukrainien de la défense.
L’instauration des relations officielles entre l’OTAN et l’Ukraine remonte à 1991, lorsque le pays, tout fraichement indépendant, a adhéré au Conseil de coopération nord-atlantique (CCNA). Depuis, ces relations ont évolué jusqu’à constituer l’un des partenariats les plus substantiels de l’Organisation.
Naviguez entre les dates clés présentées ci-dessous pour en savoir plus sur l’évolution des relations OTAN-Ukraine.
L’Ukraine proclame son indépendance
L’Acte de déclaration d’indépendance de l’Ukraine est adopté le 24 août 1991, et le pays fait sécession de l’Union soviétique.
L’Ukraine devient membre du Conseil de coopération nord-atlantique
En décembre 1991, l’Ukraine fraîchement indépendante instaure officiellement des relations avec l’OTAN et intègre le Conseil de coopération nord-atlantique (CCNA). Le CCNA est un forum de dialogue et de coopération qui réunit les Alliés et leurs anciens adversaires d’Europe centrale et orientale – les pays du Pacte de Varsovie –, notamment l’Ukraine et la Russie. Il sera remplacé par le Conseil de partenariat euro-atlantique (EAPC) en 1997.
L’Ukraine adhère au Partenariat pour la paix (PPP)
Désireuse d’accroître sa coopération pratique avec l’OTAN, l’Ukraine adhère au Partenariat pour la paix (PPP) en 1994. Le PPP est un programme de coopération bilatérale entre l’OTAN et les différents pays partenaires de la région euro-atlantique. Il permet à ces derniers de nouer une relation bilatérale avec l’OTAN et de choisir leurs propres priorités en matière de coopération.
L’OTAN et l’Ukraine signent la Charte de partenariat spécifique
La Charte de partenariat spécifique OTAN-Ukraine demeure le texte fondateur des relations entre l’Organisation et le pays. Elle a pour objet de resserrer les liens entre les deux parties et de développer leur collaboration dans différents domaines : coopération sur les plans politique et militaire, réponse aux situations d’urgence civile ou encore questions environnementales.
Création de la Commission OTAN-Ukraine
La Charte de partenariat spécifique porte création de la Commission OTAN-Ukraine, principal organe chargé de développer les relations entre l’OTAN et l’Ukraine. Entre 1997 et 2023 (date à laquelle elle est remplacée par le Conseil OTAN-Ukraine), la Commission dirige les activités menées en coopération tout en constituant un lieu privilégié de consultation entre les Alliés et l’Ukraine sur les enjeux de sécurité présentant un intérêt commun (elle est notamment convoquée plusieurs fois en séance extraordinaire : en 2014, à la suite de l’annexion, illégale, de la Crimée ; en 2018, quand la Russie a fait usage de la force militaire contre des navires ukrainiens à proximité du détroit de Kertch ; en 2021, eu égard au renforcement du dispositif militaire russe ; en 2022, lorsque Moscou a lancé son invasion à grande échelle de l’Ukraine).
Lors de la réunion de la Commission OTAN-Ukraine qui a lieu en Islande en mai 2002, les ministres des Affaires étrangères expriment le souhait de donner une dimension nouvelle aux relations OTAN-Ukraine. Cette décision conduit à l’élaboration d’un plan d’action OTAN-Ukraine, adopté par les ministres des Affaires étrangères lors de la réunion de la Commission OTAN-Ukraine qui s’est tenue en novembre 2002, dans le contexte du sommet de Prague (Tchéquie).
Sommet de Bucarest – Les Alliés décident que l’Ukraine deviendra membre de l’OTAN
En 2008, en réponse aux aspirations euro-atlantiques de l’Ukraine, qui souhaite adhérer à l’Alliance, les Alliés décident, au sommet de Bucarest, que le pays deviendra membre de l’OTAN. Dans cette perspective, ils soutiennent sa candidature au plan d’action pour l’adhésion (MAP). Le MAP est un programme de l’OTAN destiné à aider les pays aspirant à l’adhésion à mener des réformes dans les domaines politique, économique et juridique, ainsi que sur des questions relatives à la défense, aux ressources et à la sécurité.
L’OTAN et l’Ukraine signent la Déclaration venant en complément de la Charte de partenariat spécifique de 1997. Cette déclaration, qui s’inscrit dans le prolongement des décisions prises en 2008 au sommet de Bucarest, confère à la Commission OTAN-Ukraine un rôle charnière à jouer à l’appui du travail de réforme que le pays doit mener afin que ses aspirations à l’adhésion à l’OTAN puissent se concrétiser.
La Russie annexe la Crimée, en toute illégalité, et commence son agression dans l’est de l’Ukraine
Entre février et mars 2014, la Russie envahit et annexe la péninsule de Crimée, qui fait partie du territoire ukrainien. L’OTAN condamne fermement cette annexion, illégale et illégitime.
Sommet de Varsovie – L’OTAN approuve un ensemble complet de mesures d’assistance (CAP) en vue de fournir à l’Ukraine un soutien pratique sous la forme de moyens non létaux
Le CAP, qui a pour objet de consolider et d’optimiser le soutien que l’OTAN apporte à l’Ukraine, prévoit des mesures adaptées visant à développer et à renforcer les capacités du secteur de la sécurité et de la défense, contribuant ainsi à accroître la résilience du pays face à un large éventail de menaces.
Paragraphe 118 du communiqué du sommet de Varsovie, du 9 juillet 2016.
24 février 2022 – La Russie lance son invasion à grande échelle de l’Ukraine
Le 24 février 2022 marque le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie. Les Alliés condamnent cette invasion avec la plus grande fermeté et exhortent immédiatement la Russie à mettre un terme à son attaque et à retirer ses forces du territoire ukrainien.
Déclaration du Conseil de l’Atlantique Nord sur l’attaque de l’Ukraine par la Russie, du 24 février 2022.
Sommet de Madrid – L’OTAN et l’Ukraine renforcent le CAP
En concertation avec l’Ukraine, les Alliés décident de renforcer le CAP. L’idée est d’accélérer la livraison d’équipements de défense non létaux, d’améliorer la résilience et les défenses cyber de l’Ukraine et d’aider le pays à moderniser son secteur de la défense et de la sécurité, afin qu’il puisse atteindre plus rapidement son objectif à long terme d’interopérabilité avec l’OTAN.
Paragraphe 8 de la déclaration du sommet de Madrid, du 29 juin 2022.
Le Conseil OTAN-Ukraine succède à la Commission OTAN-Ukraine
La Commission OTAN-Ukraine, qui était l’organe chargé du développement des relations et de la coopération pratique entre les deux parties depuis 1997, est remplacée en 2023 par le Conseil OTAN-Ukraine (NUC), au sein duquel les Alliés et l’Ukraine siègent sur un pied d’égalité. Cette évolution témoigne du resserrement des liens politiques entre l’OTAN et l’Ukraine, ainsi que de l’intégration croissante de ce pays à l’Organisation. Le NUC peut être convoqué à l’initiative du secrétaire général ou de tout membre, y compris l’Ukraine, pour la tenue de consultations en cas de crise. La séance inaugurale du Conseil OTAN-Ukraine a eu lieu le 12 juillet 2023 au sommet de Vilnius.
Sommet de Vilnius – Les Alliés transforment le CAP en un programme pluriannuel
Pour aider l’Ukraine à assurer la dissuasion et la défense sur le court, le moyen et le long termes, les Alliés décident de développer encore le CAP pour en faire un programme pluriannuel. L’objectif est notamment d’aider l’Ukraine à remettre sur pied son secteur de la sécurité et de la défense et à parvenir à une interopérabilité totale avec l’OTAN.
Paragraphe 13 du communiqué du sommet de Vilnius, du 11 juillet 2023.
Sommet de Washington – Les Alliés approuvent plusieurs projets CAP à longue échéance
Ces différents projets, qui s’inscrivent dans la durée, concernent le relèvement et la reconstruction, la transformation institutionnelle ainsi que la transition vers l’interopérabilité avec l’OTAN. Il s’agit notamment :
Déclaration du sommet de Washington, du 10 juillet 2024.
Création du programme OTAN de formation et d’assistance à la sécurité (NSATU)
En décembre 2024, le programme OTAN de formation et d’assistance à la sécurité (NSATU) débute ses activités. Créé sur décision des Alliés, ce commandement OTAN est chargé de coordonner les livraisons d’équipements militaires ainsi que les activités de formation militaire organisées par les pays de l’OTAN et les partenaires à l’intention de l’Ukraine. Le NSATU inscrit dans la durée l’assistance à la sécurité fournie à l’Ukraine, en garantissant au pays un soutien renforcé, prévisible et cohérent. Ce cadre global regroupe une bonne partie des activités d’assistance à la sécurité menées par la communauté internationale en faveur de l’Ukraine, ce qui permet de mieux les coordonner, de clarifier la chaîne de responsabilités et de mieux répartir les charges entre les Alliés. Le NSATU est implanté à Wiesbaden (Allemagne) et dispose de plusieurs plateformes logistiques dans la partie orientale du territoire de l’Alliance.
Février 2025 – Inauguration du Centre OTAN-Ukraine d’analyse, d’entraînement et de formation (JATEC)
Le Centre OTAN-Ukraine d’analyse, d’entraînement et de formation (JATEC) est un organisme mis en place conjointement par l’OTAN et par l’Ukraine dans le cadre du CAP. Il répond à un double objectif : tirer des enseignements de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine et renforcer l’interopérabilité. Implanté à Bydgoszcz (Pologne), ce centre civilo-militaire relève du Commandement allié Transformation (ACT), ainsi que l’ont décidé les Alliés au sommet de Washington, en 2024.
Juillet 2025 – Lancement de l’initiative PURL
L’initiative relative à la liste des besoins priorisés de l’Ukraine (PURL), lancée en concertation étroite avec Washington, permet aux Alliés et aux partenaires de financer l’achat, auprès des États-Unis, d’équipements militaires et de munitions destinées à répondre aux priorités opérationnelles de l’Ukraine. L’objectif est de faire en sorte que le pays reçoive, en flux régulier, le matériel – et en particulier les moyens de défense aérienne – dont il a impérativement besoin.
Le Conseil OTAN-Ukraine se réunit à Kyïv, une première historique
Le 3 juin 2026, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, le président du Comité militaire de l’OTAN, l’amiral Cavo Dragone, et les ambassadeurs siégeant au Conseil de l’Atlantique Nord se retrouvent à Kyïv pour participer, avec le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, à la toute première réunion du Conseil OTAN-Ukraine organisée sur le territoire ukrainien depuis la création de cette instance, en 2023 Ce signal fort témoigne de la solidité des liens entre l’OTAN et l’Ukraine et de l’engagement indéfectible des Alliés en faveur du pays. Tous les participants ont également assisté à une cérémonie organisée en hommage aux Ukrainiennes et aux Ukrainiens tombés au combat.
En réponse aux aspirations de l’Ukraine à l’adhésion, les Alliés ont décidé, au sommet de Bucarest de 2008, que le pays deviendrait membre de l’OTAN (voir déclaration du sommet de Bucarest, paragraphe 23). Ils étaient convenus que le plan d’action pour l’adhésion (MAP) représentait, pour l’Ukraine, l’étape suivante sur la voie qui la mènerait à l’adhésion. Le « MAP » est un programme OTAN de réformes à mener dans les domaines politique, économique et juridique ainsi que dans ceux de la défense, des ressources et de la sécurité, qui est élaboré à l’intention des pays candidats à l’adhésion.
L’année 2009 est celle de l’introduction du programme national annuel (ANP), instrument clé devant aider l’Ukraine à progresser sur la voie de l’intégration euro-atlantique et dans la mise en œuvre des réformes nécessaires à cet effet. L’ANP comprend cinq chapitres, consacrés aux questions politiques et économiques, aux questions militaires et de défense, aux ressources, aux questions de sécurité et aux questions juridiques. Les réformes portent notamment sur la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, l’état de droit, les droits de la personne et le secteur de la défense et de la sécurité, avec en toile de fond les principes et les normes euro-atlantiques. Les Alliés font chaque année le point sur l’exécution de l’ANP. La responsabilité de l’exécution de ce programme incombe avant tout à l’Ukraine. C’est la Commission chargée de la coordination de l’intégration euro-atlantique de l’Ukraine, présidée par la vice-première ministre chargée de l’intégration européenne et euro-atlantique, qui assure la coordination générale de l’exécution du programme par les organes de l’État.
De 2010 à 2014, l’Ukraine a suivi une politique de non-alignement, qu’elle a abandonnée en réaction à l’agression russe. En juin 2017, le Parlement ukrainien a adopté une loi en vertu de laquelle l’adhésion à l’OTAN est redevenue un objectif stratégique de la politique étrangère et de sécurité du pays. L’amendement qui inscrit cet objectif dans la constitution ukrainienne est entré en vigueur en 2019.
En septembre 2020, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a approuvé la nouvelle stratégie de sécurité nationale de l’Ukraine, qui prévoyait de développer le Partenariat spécifique OTAN-Ukraine en vue de l’adhésion du pays à l’Organisation. En septembre 2022, après que la Russie eut tenté d’annexer, en toute illégalité, plusieurs parties du territoire ukrainien, l’Ukraine a de nouveau demandé à devenir membre de l’OTAN.
Au sommet de Vilnius, en 2023, constatant que l’Ukraine avait considérablement accru son niveau d’interopérabilité avec l’Alliance et énormément progressé dans ses réformes, les Alliés ont estimé que le pays avait suffisamment avancé sur la voie de l’intégration euro-atlantique pour qu’un plan d’action pour l’adhésion ne soit plus une nécessité, et décidé que son adhésion se ferait donc en une étape, et non pas en deux (communiqué du sommet de Vilnius, paragraphe 11).
Les Alliés ont réaffirmé que l’avenir de l’Ukraine était dans l’OTAN et qu’ils continueraient de l’accompagner sur sa trajectoire irréversible vers l’intégration euro-atlantique pleine et entière, y compris vers l’adhésion à l’OTAN. À cette fin, ils continueront d’aider ce pays à progresser sur la voie de l’interopérabilité ainsi que dans les réformes supplémentaires à réaliser sur le plan démocratique et dans le secteur de la sécurité ; les ministres des Affaires étrangères des pays de l’OTAN continueront de suivre ses progrès dans le cadre du programme national annuel adapté (aANP). Les dirigeants des pays de l’OTAN ont également réaffirmé qu’ils seraient en mesure d’adresser à l’Ukraine une invitation à rejoindre l’Alliance lorsque les Alliés l’auraient décidé et que les conditions seraient réunies.
L’OTAN et l’Ukraine entretiennent depuis plus de trente ans une coopération mutuellement bénéfique qui s’exerce dans un large éventail de domaines, allant du renforcement des capacités du pays et de l’interopérabilité avec les forces de l’OTAN à la promotion des réformes dans le secteur ukrainien de la défense et de la sécurité s’y rapportant et au soutien d’activités non militaires comme la recherche scientifique en coopération.
L’Ukraine participe au processus de planification et d’examen du PPP, qui l’aide à se fixer et à atteindre des objectifs ambitieux mais réalistes concernant trois grands axes de travail :
En 2024, au sommet de Washington, les dirigeants des pays de l’Alliance et le président de l’Ukraine ont entériné une feuille de route pour la coopération OTAN-Ukraine en matière d’innovation articulée autour de cinq grands objectifs, à savoir :
L’idée est que l’OTAN fasse office de plateforme de centralisation et aide ainsi l’Ukraine à faire connaître ses besoins en matière de nouvelles technologies et à encourager le secteur public comme le secteur privé à innover pour y répondre. Il s’agit aussi de promouvoir les synergies entre les initiatives menées par l’OTAN et l’Ukraine dans le domaine de l’innovation, notamment au travers de prix, de hackathons et d’autres activités de collaboration. En juin 2024, le tout premier forum OTAN-Ukraine des innovateurs de la défense a ainsi été l’occasion pour plus de 450 représentants de start-ups, investisseurs et responsables publics de travailler ensemble sur des problèmes de terrain. Cette initiative et celles qui suivront contribueront à libérer le potentiel d’innovation ukrainien et aideront l’OTAN et l’Ukraine à trouver des moyens novateurs de relever les défis opérationnels concrets qui se présentent à elles.
Le programme de coopération pour l’innovation, les technologies et l’ingénierie (Unite – Brave NATO) est un programme OTAN-Ukraine inédit, dont l’objectif est d’exploiter des technologies ayant déjà passé les phases de test et de prototypage en vue de produire, à grande échelle, des solutions innovantes propres à aider le pays à atteindre ses objectifs d’interopérabilité avec l’OTAN. Les domaines concernés sont notamment la lutte contre les systèmes aériens sans pilote, le renforcement de la défense aérienne ou encore la sécurisation des communications sur la ligne de front. Le programme a été lancé en novembre 2025 et le premier appel d’offres, dans le cadre duquel des groupes d’entreprises ukrainiennes et d’entreprises de pays de l’Alliance ont été invités à soumissionner conjointement, a été clôturé en février 2026. Côté ukrainien, les activités sont coordonnées par la plateforme Brave1 ; côté OTAN, l’organisation de l’appel d’offres a été confiée à l’Agence OTAN d’information et de communication (NCIA). Le montant des subventions mises en jeu à ce stade pourra représenter jusqu’à 10 millions d’euros ; les fonds proviendront à parts égales de l’Ukraine et de l’OTAN. Sur la base des résultats du premier appel d’offres, qui fera office de banc d’essai, l’OTAN et l’Ukraine se tiendront prêtes à pousser l’expérience plus loin : le budget alloué au programme pour 2026 pourrait atteindre 50 millions d’euros.
Depuis 1991, l’Ukraine participe activement au programme OTAN pour la science au service de la paix et de la sécurité (programme SPS). Le Groupe de travail OTAN-Ukraine sur la coopération scientifique et environnementale s’attache à déterminer les domaines prioritaires pour la coopération qui s’exerce dans le cadre de ce programme. Depuis 2014, en réponse à la crise en Ukraine, la coopération dans le secteur des sciences et technologies civiles liées à la sécurité a été renforcée, et le pays est devenu le principal bénéficiaire du programme SPS. Les activités menées avec l’Ukraine dans ce cadre concernent essentiellement les technologies avancées, la lutte contre le terrorisme, la défense contre les agents chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN), ainsi que la sécurité énergétique et environnementale. À cet égard, il convient de signaler que l’Ukraine a participé au programme DEXTER, qui portait sur le développement d’un système intégré de détection des explosifs et des armes à feu dans les lieux publics.
En réaction aux toutes premières phases de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine — non seulement l’annexion, illégale, de la Crimée, en 2014, mais aussi les cyberattaques, les campagnes de désinformation et les diverses activités hybrides qui ont émaillé les années suivantes —, il a été décidé au sommet de Varsovie, en juillet 2016, de créer la plateforme OTAN-Ukraine pour la lutte contre les pratiques de guerre hybride. Il s’agit d’un mécanisme qui doit permettre à l’Ukraine de mieux détecter les menaces hybrides ainsi que de se doter des moyens d’identifier les vulnérabilités et de renforcer la résilience de l’État et de la société. Plusieurs projets ont été lancés (recherche, formation et consultations entre experts), qui mettent l’accent sur les enseignements tirés, la lutte contre la désinformation et l’amélioration de la résilience.
Suite à l’annexion, illégale, de la Crimée par la Russie, en 2014, et à l’entreprise russe de déstabilisation de l’est de l’Ukraine, des experts conseillent les autorités ukrainiennes sur les plans de circonstance et les mesures de gestion de crise à prévoir pour la défense des infrastructures énergétiques critiques et pour la protection de la population. Aujourd’hui, les activités de coopération sont centrées sur l’amélioration de la capacité nationale de préparation du secteur civil et de résilience. En 2019, une équipe consultative sur la résilience (RAST) a adressé aux institutions ukrainiennes des recommandations pour l’amélioration de la résilience du pays. À la demande de l’Ukraine, des consultations entre experts ont eu lieu au niveau de la RAST début 2022, avant l’invasion à grande échelle du pays par la Russie. Il s’agissait de formuler des conseils techniques à l’appui des activités que l’Ukraine mène pour améliorer dans la durée la résilience et la préparation du secteur civil. Par ailleurs, l’Ukraine participe régulièrement aux activités organisées par le Centre euro-atlantique de coordination des interventions en cas de catastrophe et a déjà accueilli plusieurs exercices correspondant à ce type d’interventions.
Depuis 2007, l’Ukraine participe à l’initiative OTAN pour le développement de l’intégrité (BI), qui apporte aide pratique et conseils pour le renforcement de l’intégrité, de la redevabilité et de la transparence dans le secteur de la défense et de la sécurité. En octobre 2019, neuf organismes du secteur ukrainien de la défense et de la sécurité ont finalisé le processus OTAN d’autoévaluation et d’évaluation collégiale du développement de l’intégrité, qui a permis de faire le point sur leurs besoins et vulnérabilités et de formuler un ensemble de recommandations sectorielles d’ordre politique visant l’amélioration de la gouvernance et la réalisation de réformes durables en matière de lutte contre la corruption dans les secteurs de la défense et de la sécurité se rapportant à la défense. Sur cette base, un programme d’activités sur mesure a été établi, dans le cadre duquel deux types d’assistance continuent d’être proposés en matière de renforcement des capacités : l’aide d’experts chargés de conseiller les institutions sur des questions de gouvernance et de gestion des ressources de défense (financières, humaines et matérielles), et des activités de formation théorique et pratique pour le développement des compétences individuelles et la promotion d’une culture de l’intégrité au sein des différents organismes.
Depuis 2013, le programme de renforcement de la formation « défense » (DEEP) aide l’Ukraine à améliorer et à restructurer les systèmes d’instruction et de formation professionnelle de ses forces armées, plus particulièrement au sein de huit instituts supérieurs de formation militaire et de cinq centres de formation pour sous-officiers. De plus, dans le cadre du DEEP, l’Ukraine reçoit des conseils relatifs à la gestion des établissements de formation et des universités, aux méthodes d’enseignement et à la mise en place de cours sur le leadership et les processus décisionnels. Les activités DEEP proposées aux officiers sont axées sur l’élaboration de programmes de formation et le perfectionnement du corps enseignant, la formation des instructeurs, l’enseignement de l’anglais, le perfectionnement des compétences métier spécialisées, la création de systèmes de retour d’expérience, les systèmes d’apprentissage en ligne et le renforcement des capacités institutionnelles. Les activités conçues à l’intention des sous-officiers concernent essentiellement la formation des instructeurs et en particulier des instructeurs spécialisés dans le maniement des armes à feu, ainsi que la formation des chefs de groupes de combat.
L’OTAN aide l’Ukraine à mettre en application la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité de l’ONU sur les femmes, la paix et la sécurité, dans laquelle ce dernier constatait que les conflits avaient des conséquences disproportionnées sur les femmes et les filles et que les femmes avaient un rôle essentiel à jouer à l’appui de la paix et de la sécurité. Conformément aux priorités relevant de la thématique FPS, l’Organisation et l’Ukraine veillent à ce que la dimension de genre soit prise en compte dans toutes leurs activités de coopération.
Dans le cadre de son partenariat avec l’OTAN, l’Ukraine a participé à des milliers d’exercices militaires organisés à l’échelle de l’Alliance ou au niveau des Alliés. Ces exercices multinationaux sont l’occasion pour les pays de l’OTAN et l’Ukraine de s’entraîner concrètement à faire face ensemble à un scénario de crise, à gagner en interopérabilité et à apprendre à utiliser d’autres capacités que celles auxquels ils sont habitués.
L’Ukraine renforce également ses capacités et son interopérabilité au travers de sa participation à la Force de réaction de l’OTAN.
L’Ukraine est membre de l’initiative pour l’interopérabilité avec les partenaires (PII), qui lui permet d’entretenir et de renforcer les relations que ses forces et celles de l’OTAN ont nouées au fil des exercices et des opérations auxquels elles ont pris part ensemble. C’est dans le cadre de la PII que l’Ukraine a obtenu le statut de partenaire bénéficiant du programme « nouvelles opportunités » (EOP), en juin 2020. Ce statut offre à l’Ukraine un accès privilégié à toute la panoplie d’outils d’interopérabilité de l’OTAN, et notamment aux exercices, aux entraînements, aux échanges d’informations et aux activités de connaissance de la situation.
L’Ukraine participe au programme d’échange de données de situation aérienne depuis juillet 2006. Le partage de telles données améliore la connaissance de la situation et la sécurité aérienne et, ainsi, l’efficacité opérationnelle de la défense aérienne grâce à l’identification, la classification et l’éventuelle déconfliction des aéronefs. Ce programme revêt une importance et un intérêt opérationnels tout particuliers depuis que la Russie a entrepris d’envahir le reste du territoire ukrainien en février 2022. L’OTAN collabore étroitement avec l’Ukraine afin de lui fournir les informations les plus pertinentes.
Dans le cadre du plan de travail du Comité militaire avec l’Ukraine, le pays participe à un large éventail d’activités et d’exercices qui visent à améliorer l’interopérabilité et les capacités opérationnelles des forces armées ukrainiennes, mais aussi contribuent grandement aux réformes du secteur de la défense et de la sécurité engagées par Kyïv.
Depuis qu’elle a adhéré au Partenariat pour la paix (PPP) en 1994, l’Ukraine a contribué à une série d’opérations et missions dirigées par l’OTAN, ce qui lui a également permis de faire des progrès sur le plan de l’interopérabilité.
Le cadre juridique qui régit la coopération opérationnelle entre l’OTAN et l’Ukraine se compose de la Convention sur le statut des forces applicable au Partenariat pour la paix (SOFA) (entrée en vigueur en mai 2000), de l’accord sur le soutien fourni par le pays hôte (ratifié en mars 2004) et de l’accord sur le transport aérien stratégique (ratifié en octobre 2006).
Le programme OTAN d’évaluation et de retour d’information relatif au concept de capacités opérationnelles permet à l’Ukraine d’aller plus loin dans le développement de ses forces armées et à l’Alliance d’étoffer les ensembles de forces sur mesure susceptibles d’être déployées à l’appui d’opérations ou de missions dirigées par l’OTAN.