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Relations avec l'Ukraine

Updated: 07 July 2026

L’OTAN et l’Ukraine entretiennent un partenariat approfondi, inscrit dans la durée. Depuis les années 1990, elles ont progressivement bâti des relations solides et mutuellement bénéfiques, fondées sur une coopération étroite et des valeurs communes. Aujourd’hui, les Alliés fournissent à l’Ukraine une assistance militaire d'un niveau sans précédent, pour aider celle-ci à se défendre contre l’agression russe. L’OTAN soutient pleinement le pays dans l’exercice de son droit naturel de légitime défense et de son droit de choisir ses propres arrangements de sécurité.

Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, et le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky (Kyïv, 3 février 2026).

  • Depuis plus de 30 ans, l’OTAN et l’Ukraine entretiennent un partenariat mutuellement bénéfique qui n’a cessé de se resserrer.  Le dialogue et la coopération ont débuté lorsque l’Ukraine, tout fraichement indépendante, est devenue membre du Conseil de coopération nord-atlantique (1991) et que le pays a adhéré au Partenariat pour la paix (1994). Ils se poursuivent aujourd’hui dans l’enceinte du Conseil OTAN-Ukraine, où l’Ukraine et les Alliés siègent sur un pied d’égalité.
  • L’OTAN est et restera solidaire de l’Ukraine, qui continue de se défendre contre la guerre d’agression que la Russie a lancée contre elle en l’absence de provocation. L’Alliance soutient pleinement l’Ukraine dans l’exercice de son droit naturel de légitime défense, qui est consacré par l’article 51 de la Charte des Nations Unies.
  • Depuis 2014 et l’annexion, illégale, de la Crimée par la Russie, les Alliés n’ont cessé d’accroître le soutien qu'ils apportent à Kyïv, qu'ils aident à répondre à ses besoins de défense les plus pressants et à renforcer durablement ses capacités de dissuasion et de défense, notamment au travers de formations et de livraisons d’équipement dont des dizaines de milliers de soldats ukrainiens ont pu bénéficier.
  • Aujourd'hui, les pays de l’OTAN fournissent 99 % du soutien militaire apporté à l’Ukraine ; cet effort se chiffre à des dizaines de milliards d’euros.
  • Les Alliés ont affirmé à maintes reprises que l’avenir de l’Ukraine était dans l’OTAN et qu’ils continueraient de l’accompagner sur sa trajectoire irréversible vers l’intégration euro-atlantique pleine et entière, y compris vers l’adhésion à l’OTAN.

Réaction à la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine

L’OTAN condamne avec la plus grande fermeté la guerre d’agression que la Russie mène contre l’Ukraine. Cette guerre d’agression, lancée en l’absence de toute provocation et en violation flagrante du droit international, a gravement compromis la sécurité et la stabilité mondiales. Faisant écho aux résolutions de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la question, les Alliés exigent que la Russie mette fin immédiatement à cette guerre, arrête d’utiliser la force contre l’Ukraine et retire complètement et sans conditions toutes ses forces du territoire ukrainien.

En 2014, lorsque la Russie a annexé la Crimée, en toute illégalité, et lancé son offensive dans l’est de l’Ukraine, l’OTAN a pris fermement position et manifesté son attachement sans faille à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues, s’étendant à ses eaux internationales. L’OTAN a également condamné d’autres agissements auxquels la Russie s’est livrée :
 

  • Crimes contre la population civile ukrainienne – Les crimes de guerre et autres atrocités perpétrés par la Russie ne sauraient rester impunis, notamment les attaques contre des civils et les destructions d’infrastructures civiles d'importance critique, qui empêchent des millions d’Ukrainiens d’accéder aux services de base. Tous les auteurs d’exactions ou d’atteintes aux droits de la personne et au droit international humanitaire, en particulier contre la population civile ukrainienne, notamment ceux qui se livrent à la déportation d’enfants ou à des violences sexuelles dans le cadre du conflit, devront répondre de leurs actes.
  • Entraves aux exportations de l’Ukraine – La guerre lancée par la Russie a de lourdes répercussions sur les plans de la sécurité énergétique et de la sécurité alimentaire et pèse fortement sur l’économie mondiale et la qualité de vie de milliards de personnes de par le monde. Les Alliés et l’Ukraine condamnent fermement la décision prise par la Russie de se retirer de l’accord relatif au transport de céréales par la mer Noire, et le fait qu’elle tente activement de faire barrage aux exportations agricoles ukrainiennes, dont dépendent des centaines de millions de personnes à travers le monde. Les Alliés s’emploient à faire en sorte que l’Ukraine puisse continuer d’exporter ses céréales par voie terrestre et par voie maritime, notamment en coopération avec l’Union européenne et l’ONU.
  • Tentatives d’annexion du territoire ukrainienLes Alliés condamnent fermement l’annexion, illégale et illégitime, de la Crimée par la Russie, ils ne la reconnaîtront pas et ils dénoncent l’occupation temporaire de ce territoire. En septembre 2022, la Russie a tenté d’annexer, en toute illégalité, les régions ukrainiennes de Donetsk, Louhansk, Kherson et Zaporijia, ce que l’OTAN condamne également. C’était la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale qu’un pays tentait de s’emparer par la force d’un aussi vaste territoire en Europe.

Suspension de la coopération avec la Russie

En conséquence de l’annexion, illégale et illégitime, de la Crimée, les Alliés avaient décidé en 2014 de suspendre toute coopération pratique avec la Russie dans les domaines civil et militaire, tout en maintenant ouverts les canaux de communication politiques et militaires.

Suite à l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en février 2022, ils ont infligé à celle-ci de lourdes sanctions destinées à affaiblir son économie et à lui barrer l’accès à des technologies et marchés clés, pour l’empêcher de reconstituer rapidement ses capacités militaires. Ils continuent de travailler sur les sanctions afin d’accentuer la pression sur Moscou. L’idée est de faire en sorte que la Russie ait plus de mal à réparer ses véhicules blindés et ses aéronefs, à produire des missiles et des drones et à financer sa guerre.

Position de l’OTAN concernant les négociations de paix

L’OTAN salue les efforts déployés en vue de négocier au plus tôt une paix juste et durable. Il est indispensable de parvenir à un accord viable, l’objectif étant que la Russie n’attaque plus jamais l’Ukraine ni ne menace aucune partie du territoire de l’Alliance. La Russie a violé à de multiples reprises les cessez-le-feu déclarés en 2014 et 2015 ; ces cessez-le-feu n’ont pas mis fin aux combats et n’ont pas empêché Moscou de lancer son invasion à grande échelle de l’Ukraine, en 2022. C’est pourquoi l’OTAN n’a cessé de maintenir son soutien à l’Ukraine : plus celle-ci sera en position de force sur le champ de bataille, plus elle le sera à la table des négociations, et plus il y aura de chances de parvenir à une paix juste et durable, adossée à des garanties de sécurité fournies par les partenaires de l’Ukraine et à l’aptitude des forces ukrainiennes à dissuader la Russie de se livrer à une nouvelle agression. L’OTAN continuera de soutenir le pays même après la signature d’un accord de cessez-le-feu ou d’un accord de paix.

Consolider la défense de l’Ukraine

Depuis que l’Ukraine a rejoint le programme du Partenariat pour la paix (PPP), en 1994, l’OTAN n’a cessé d’aider le pays à développer son aptitude à assurer sa défense. Sur le plan des capacités militaires, l’Ukraine a gagné en interopérabilité avec l’OTAN, en participant aux initiatives que celle-ci porte en matière de réforme du secteur de la défense et de la sécurité et en contribuant aux exercices, opérations et missions dirigés par l’OTAN.

En 2014, à la suite de l’annexion, illégale, de la Crimée par la Russie, l’OTAN a fait encore davantage pour aider l’Ukraine à renforcer sa défense ; elle a notamment lancé de nouvelles initiatives dans le cadre desquelles des dizaines de milliers de soldats ukrainiens ont pu bénéficier de formations et d’équipements. Depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, en 2022, les Alliés apportent au pays un soutien d’une ampleur sans précédent, en lui fournissant les volumes considérables d’aide militaire dont elle a besoin pour tenir. Si les Alliés s’investissent autant dans l’assistance à la sécurité de l’Ukraine, c’est en vue de mettre un terme à la guerre aussitôt que possible, en y trouvant une issue juste et durable, et de faire en sorte que le dispositif de dissuasion du pays lui permette d’écarter à l’avenir toute nouvelle menace.

On trouvera ci-après une liste des principaux mécanismes actuellement utilisés par l’OTAN à l’appui de l’Ukraine. Les autres initiatives (passées ou présentes) menées en soutien à l’Ukraine sont décrites dans la section « Autres formes de coopération ». 

Liste des besoins priorisés de l’Ukraine (PURL)

Au travers de l’initiative relative à la liste des besoins priorisés de l’Ukraine (PURL), les Alliés achètent auprès des États-Unis, au profit de l’Ukraine, du matériel militaire indispensable pour la défense du pays. L’OTAN joue dans ce mécanisme un rôle de coordination indispensable. Le principe est le suivant : le commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR) définit, à intervalles réguliers, des ensembles d’équipements et de munitions dont l’Ukraine a besoin et que les États-Unis peuvent produire dans des quantités supérieures à celles que l’Europe et le Canada peuvent fournir. Les Alliés peuvent alors décider de financer chacun de ces ensembles (individuellement ou en groupe). L’OTAN coordonne ensuite l’acheminement de ces capacités vers l’Ukraine, notamment par l’intermédiaire du Programme OTAN de formation et d’assistance à la sécurité en faveur de l’Ukraine (NSATU) (voir section suivante).

L'initiative PURL a été lancée en juillet 2025. Depuis lors, plus des deux tiers des Alliés, ainsi que des partenaires, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, se sont engagés à acquérir du matériel au profit de l’Ukraine au travers de ce mécanisme, qui a permis de financer l’achat, auprès des États-Unis, de plus de 6 milliards de dollars d’équipements militaires. Les livraisons sont d’ores et déjà en cours ; elles comprennent en particulier des munitions et du matériel indispensable pour la défense aérienne du pays.

Programme OTAN de formation et d’assistance à la sécurité (NSATU)

Le programme OTAN de formation et d’assistance à la sécurité en faveur de l’Ukraine (NSATU) est le commandement OTAN qui est chargé de coordonner les livraisons d’équipements militaires ainsi que les activités de formation militaire organisées par les Alliés et leurs partenaires à l’intention de l’Ukraine. Il a notamment pour mission :
 

  • de coordonner les activités de formation menées au profit des forces ukrainiennes dans des pays de l’Alliance ;
  • de coordonner les dons d’équipements militaires au profit de l’Ukraine (p. ex. chars, missiles de défense aérienne, etc.), qui représentent des dizaines de milliards d’euros ;
  • de gérer la remise en état et la maintenance des équipements, ainsi que leur transfert vers les plateformes logistiques situées sur le flanc est de l’Alliance (l’OTAN ne s’occupe pas d’acheminer l’aide jusque sur le territoire ukrainien) ;
  • d’accompagner le développement à long terme des forces armées ukrainiennes et, en cela, d’aider le pays à accroître son niveau d’intégration et d’interopérabilité avec l’Alliance.

Le NSATU inscrit dans la durée l’assistance à la sécurité fournie à l’Ukraine, en garantissant au pays un soutien renforcé, prévisible et cohérent. Ce cadre global regroupe une bonne partie de activités d’assistance à la sécurité menées par la communauté internationale en faveur de l’Ukraine, ce qui permet de mieux les coordonner, de clarifier la chaîne de responsabilités et de mieux répartir les charges entre les Alliés. Le NSATU, qui opère uniquement sur le territoire des Alliés, aide l’Ukraine à exercer son droit de légitime défense, consacré par la Charte des Nations Unies ; il ne fait pas de l’OTAN une partie au conflit au sens du droit international.

Le QG du NSATU est implanté à Wiesbaden (Allemagne) et dispose de trois plateformes logistiques sur le flanc est de l’OTAN. Placé sous les ordres d’un général trois étoiles qui fait rapport au Commandant suprême des Forces alliées en Europe (SACEUR), il emploie quelque 300 personnes venues de pays de l’OTAN et de pays partenaires, dont l’Ukraine.

Le NSATU, dont la création a été entérinée par les dirigeants des pays de l’OTAN lors du sommet de Washington, en juillet 2024, a commencé ses activités en décembre de la même année.

Pour en savoir plus, consultez le site du Commandement allié Opérations consacré au NSATU

Ensemble complet de mesures d’assistance (CAP)

L’ensemble complet de mesures d’assistance en faveur de l’Ukraine (CAP) est le cadre global dans lequel s’inscrit le soutien que l’OTAN apporte au pays sous la forme de moyens non létaux. Il comprend deux grands axes de travail : sur le court terme, la fourniture d’une assistance militaire visant à répondre aux besoins urgents notifiés par l’Ukraine, et, sur le plus long terme, l’exécution de projets de renforcement des capacités propres à aider le pays à réformer son secteur de la défense et de la sécurité et à se reconstruire après la guerre.

Pour en savoir plus : Ensemble complet de mesures d’assistance en faveur de l’Ukraine

Centre OTAN-Ukraine d’analyse, d’entraînement et de formation (JATEC)

Le Centre OTAN-Ukraine d’analyse, d’entraînement et de formation (JATEC), premier organisme mis en place conjointement par l’OTAN et l’Ukraine, a vocation à devenir un rouage important de la relation entre celles-ci. Au sein du JATEC, établi à Bydgoszcz (Pologne), personnels OTAN et personnels ukrainiens travaillent main dans la main pour tirer des enseignements de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine et adapter en conséquence les stratégies, les politiques et les opérations de Kyïv et celles de l’Alliance. Ce travail contribue à renforcer l’armée ukrainienne et à la rendre plus interopérable avec les forces des Alliés.

Le JATEC fait partie de la structure de commandement de l’OTAN et relève directement du Commandement allié Transformation.

La création du JATEC avait été décidée en février 2024 par les ministres de la Défense des pays de l’OTAN et de l’Ukraine. En juillet 2024, au sommet de Washington, les dirigeants des pays de l’Alliance avaient entériné l’établissement de cet organisme en tant que centre civilo-militaire OTAN ayant statut de quartier général militaire international. Le JATEC a été inauguré en février 2025. Depuis qu’il est entré en activité, il a exécuté des projets axés sur la défense aérienne, sur la protection des infrastructures d’importance critique et sur la résilience.

Pour en savoir plus, consultez le site du Commandement allié Opérations consacré au JATEC.

Engagement à aider durablement l’Ukraine à assurer sa sécurité

Depuis le début de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, les Alliés apportent à cette dernière un soutien politique et une aide économique, militaire, financière et humanitaire d’une ampleur inédite. Les Alliés mettent en outre à disposition leur capacité industrielle de défense pour répondre aux besoins de l’Ukraine. Tous ces efforts portent leurs fruits en permettant à ce pays de se défendre efficacement et de faire payer chèrement à la Russie ses agissements.

En 2024, au sommet de Washington, les dirigeants des pays de l’OTAN ont annoncé l’adoption d’un engagement à aider durablement l’Ukraine à assurer sa sécurité. Ils ont ainsi décidé de dégager, en contribuant chacun de manière proportionnelle, une enveloppe de base d’au moins 40 milliards d’euros sur un an, et de maintenir ensuite l’assistance à la sécurité à un niveau soutenable, pour que l’Ukraine l’emporte. L’objectif fixé pour 2024 a été largement dépassé : sur un an, plus de 50 milliards d’euros ont été versés par les pays de l’OTAN, dont près de 60 % par les Alliés européens et le Canada. Depuis, les Alliés ont continué de fournir à l’Ukraine un soutien substantiel.

Deux fois par an, les Alliés informent l’OTAN de l’assistance qu’ils ont fournie à l’Ukraine en vertu de cet engagement. Le secrétaire général se fonde sur ces informations pour établir un récapitulatif de toutes les contributions déclarées par les Alliés. Ces contributions sont réexaminées par les chefs d’État et de gouvernement à l’occasion des sommets de l’OTAN.

Soutien apporté à l’Ukraine – Modalités de financement

En plus de l’assistance qu’ils fournissent directement à l’Ukraine sous la forme de matériel et de formations et des équipements qu’ils achètent au profit du pays dans le cadre de l’initiative PURL, les Alliés financent le soutien qui est apporté au pays par l’intermédiaire de l’OTAN. Les deux principaux instruments utilisés à cet effet sont le fonds d’affectation spéciale CAP et le budget civil de l’OTAN. 

Fonds d’affectation spéciale CAP

Le fonds d’affectation spéciale CAP est un instrument unique, souple et adaptable, qui est utilisé pour financer la mise à disposition des moyens militaires non létaux dont l’Ukraine a besoin à court terme (maintien en puissance) ainsi que les activités destinées à renforcer les capacités du pays sur le long terme. En juin 2026, la valeur totale des contributions au fonds d’affectation spéciale CAP fournies par les Alliés et les partenaires s’élevait à plus de 1,4 milliard d’euros (soit environ 1,6 milliard de dollars des États-Unis).

Fonds d'affectation spéciale pour le NSATU

Le fonds d’affectation spéciale pour le NSATU, qui est géré par le Royaume-Uni, a été créé en vue de répondre rapidement aux besoins du temps de guerre recensés par l’Ukraine. Cet instrument permet d’acquérir et de livrer rapidement les biens et services dont les forces armées ukrainiennes ont besoin d’urgence.

Pour mieux soutenir l’Ukraine, un budget civil OTAN revu à la hausse

En 2022, au sommet de Madrid, les chefs d’État et de gouvernement des pays de l’Alliance ont décidé, au titre de l’agenda OTAN 2030, d’intensifier les efforts déployés en matière de formation et de renforcement des capacités, notamment à l’appui des partenaires, et, à cette fin, d’augmenter chaque année en valeur réelle les plafonds des budgets de l’OTAN financés en commun. Grâce à ce relèvement des plafonds, devenu effectif en 2023, les activités menées dans ces domaines d’importance vitale sont financées de manière plus prévisible, ce qui favorise l’obtention des résultats escomptés. 

Entre janvier 2023 et la fin de l’année 2025, près de 52 millions d’euros ont été affectés à des initiatives de sécurité coopérative visant à accroître le soutien apporté à certains pays partenaires, dont l’Ukraine. Le budget civil est pour le CAP une source de financement précieuse, qui permet d’élaborer et d’exécuter des projets dans des domaines variés : planification de défense et interopérabilité, gouvernance et intégrité, soutien pratique immédiat (moyens non létaux), technologies de l’information, formation et entraînement, etc.

Autres canaux de soutien à l’Ukraine

Le soutien des Alliés à l’Ukraine dépasse le seul cadre des programmes et structures OTAN et se concrétise également au travers d’autres mécanismes.

Groupe de contact pour la défense de l'Ukraine (UDCG)

Le Groupe de contact pour la défense de l’Ukraine (UDCG) est une coalition de plus de 50 pays (dont tous les pays de l’OTAN, de nombreux pays partenaires et l’Union européenne) qui aide à coordonner la mise à disposition de l’aide militaire à destination de l’Ukraine, par exemple l’acheminement de moyens d’artillerie lourde, de chars de combat, d’aéronefs de combat, de munitions, de moyens de défense aérienne et d’autres équipements essentiels.

L’UDCG n’est pas un organisme OTAN, ce qui n’empêche pas l’Organisation de faciliter la coordination de ses activités.  Il s’est ainsi réuni à plusieurs reprises au siège de l’OTAN, à Bruxelles (Belgique), et le secrétaire général participe régulièrement à ses réunions. L’UDCG est également connu sous le nom de « groupe de Ramstein », car il s’est souvent réuni à la base aérienne de Ramstein, en Allemagne (où est basé le Commandement aérien allié de l’OTAN).

Engagements de sécurité bilatéraux

L’OTAN se félicite que différents Alliés et partenaires aient conclu avec l’Ukraine des engagements de sécurité bilatéraux pour le long terme, sur la base de la déclaration commune de soutien à l’Ukraine publiée par le G7 au sommet de Vilnius. Ces accords définissent les grandes priorités de la coopération bilatérale en matière de sécurité et se renforcent mutuellement. Ils témoignent d’un attachement commun et inébranlable à une Ukraine libre, indépendante, démocratique et souveraine à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues, qui soit capable de se défendre et de décourager toute nouvelle agression. Au travers de ces accords, les partenaires de l’Ukraine réaffirment leur engagement à soutenir l’Ukraine sur le temps long. 

Représentation de l’OTAN auprès de l’Ukraine

La Représentation de l’OTAN auprès de l’Ukraine (NRU) facilite le dialogue et la coopération politiques et militaires entre l’Alliance et Kyïv et coordonne les activités de soutien pratique menées par les Alliés au profit du pays.

Entre autres missions clés, la NRU fournit un soutien consultatif à l’appui du secteur ukrainien de la sécurité et de la défense, en vue d’aider l’Ukraine à faire progresser ses forces armées vers une interopérabilité totale avec l’OTAN et à exécuter son programme national annuel adapté. La NRU joue aussi un rôle capital dans la coordination des activités relevant de l’ensemble complet de mesures d’assistance en faveur de l’Ukraine (CAP), cadre global dans lequel s’inscrit le soutien que l’OTAN apporte au pays sous la forme de moyens non létaux. Par ailleurs, elle pilote les initiatives de communication publique de l’OTAN en Ukraine.

La NRU a essentiellement pour mandat :
 

  • de maintenir le contact avec les différents ministères et organismes ukrainiens, afin de renforcer le dialogue OTAN-Ukraine sur les plans politique et militaire ;
  • de conseiller les autorités ukrainiennes au sujet des activités propres à servir le partenariat OTAN-Ukraine et le travail de réforme, en s’adressant en particulier aux ministères des Affaires étrangères, de la Défense et de l’Intérieur, au Conseil de sécurité nationale et de défense, au Service de sécurité d’Ukraine, au Parlement et aux organisations non gouvernementales ;
  • de mieux faire connaître et comprendre l’OTAN en Ukraine ;
  • de faire connaître aux Ukrainiens les principales activités menées dans le cadre de la coopération entre l’Organisation et le pays ;
  • d’aider les institutions ukrainiennes à développer leurs capacités de communication stratégique en leur offrant des conseils et un soutien.

Dans un contexte où la coopération entre les Alliés et l’Ukraine s’intensifie et où l’intégration du pays à l’OTAN s’accroît sur le plan politique, l’Alliance a renforcé la NRU et étoffé les effectifs dont celle-ci disposait à Kyïv. En juillet 2024, le secrétaire général a ainsi nommé, à la tête de cette entité, un haut représentant de l’OTAN qui a notamment pour mission d’assurer l’interface entre l’Organisation et les autorités ukrainiennes à Kyïv.

La NRU est née en septembre 2015 de la fusion de deux bureaux préexistants, à savoir le Centre d’information et de documentation de l’OTAN (NIDC) et le Bureau de liaison de l’OTAN (NLO). Inauguré en mai 1997 et implanté à Kyïv, le NIDC était chargé d’informer le public ukrainien sur les activités de l’OTAN et les avantages de la coopération OTAN-Ukraine. Relevant du Bureau de l’information et de la presse de l’OTAN (l’équivalent de l’actuel Bureau de la communication stratégique), il était le tout premier bureau d’information ouvert au grand public que l’Organisation installait dans un pays partenaire. Le NLO, quant à lui, avait été mis sur pied à Kyïv en avril 1999 en vue de faciliter la participation de l’Ukraine au programme OTAN du Partenariat pour la paix (PPP) et d’accompagner la réforme du secteur ukrainien de la défense.

Évolution des relations OTAN-Ukraine

L’instauration des relations officielles entre l’OTAN et l’Ukraine remonte à 1991, lorsque le pays, tout fraichement indépendant, a adhéré au Conseil de coopération nord-atlantique (CCNA). Depuis, ces relations ont évolué jusqu’à constituer l’un des partenariats les plus substantiels de l’Organisation.

Naviguez entre les dates clés présentées ci-dessous pour en savoir plus sur l’évolution des relations OTAN-Ukraine.

Aspirations de l’Ukraine à une adhésion à l’OTAN

En réponse aux aspirations de l’Ukraine à l’adhésion, les Alliés ont décidé, au sommet de Bucarest de 2008, que le pays deviendrait membre de l’OTAN (voir déclaration du sommet de Bucarest, paragraphe 23). Ils étaient convenus que le plan d’action pour l’adhésion (MAP) représentait, pour l’Ukraine, l’étape suivante sur la voie qui la mènerait à l’adhésion. Le « MAP » est un programme OTAN de réformes à mener dans les domaines politique, économique et juridique ainsi que dans ceux de la défense, des ressources et de la sécurité, qui est élaboré à l’intention des pays candidats à l’adhésion.

L’année 2009 est celle de l’introduction du programme national annuel (ANP), instrument clé devant aider l’Ukraine à progresser sur la voie de l’intégration euro-atlantique et dans la mise en œuvre des réformes nécessaires à cet effet. L’ANP comprend cinq chapitres, consacrés aux questions politiques et économiques, aux questions militaires et de défense, aux ressources, aux questions de sécurité et aux questions juridiques. Les réformes portent notamment sur la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, l’état de droit, les droits de la personne et le secteur de la défense et de la sécurité, avec en toile de fond les principes et les normes euro-atlantiques. Les Alliés font chaque année le point sur l’exécution de l’ANP. La responsabilité de l’exécution de ce programme incombe avant tout à l’Ukraine. C’est la Commission chargée de la coordination de l’intégration euro-atlantique de l’Ukraine, présidée par la vice-première ministre chargée de l’intégration européenne et euro-atlantique, qui assure la coordination générale de l’exécution du programme par les organes de l’État.

De 2010 à 2014, l’Ukraine a suivi une politique de non-alignement, qu’elle a abandonnée en réaction à l’agression russe. En juin 2017, le Parlement ukrainien a adopté une loi en vertu de laquelle l’adhésion à l’OTAN est redevenue un objectif stratégique de la politique étrangère et de sécurité du pays. L’amendement qui inscrit cet objectif dans la constitution ukrainienne est entré en vigueur en 2019.

En septembre 2020, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a approuvé la nouvelle stratégie de sécurité nationale de l’Ukraine, qui prévoyait de développer le Partenariat spécifique OTAN-Ukraine en vue de l’adhésion du pays à l’Organisation. En septembre 2022, après que la Russie eut tenté d’annexer, en toute illégalité, plusieurs parties du territoire ukrainien, l’Ukraine a de nouveau demandé à devenir membre de l’OTAN.

Au sommet de Vilnius, en 2023, constatant que l’Ukraine avait considérablement accru son niveau d’interopérabilité avec l’Alliance et énormément progressé dans ses réformes, les Alliés ont estimé que le pays avait suffisamment avancé sur la voie de l’intégration euro-atlantique pour qu’un plan d’action pour l’adhésion ne soit plus une nécessité, et décidé que son adhésion se ferait donc en une étape, et non pas en deux (communiqué du sommet de Vilnius, paragraphe 11).

Les Alliés ont réaffirmé que l’avenir de l’Ukraine était dans l’OTAN et qu’ils continueraient de l’accompagner sur sa trajectoire irréversible vers l’intégration euro-atlantique pleine et entière, y compris vers l’adhésion à l’OTAN. À cette fin, ils continueront d’aider ce pays à progresser sur la voie de l’interopérabilité ainsi que dans les réformes supplémentaires à réaliser sur le plan démocratique et dans le secteur de la sécurité ; les ministres des Affaires étrangères des pays de l’OTAN continueront de suivre ses progrès dans le cadre du programme national annuel adapté (aANP). Les dirigeants des pays de l’OTAN ont également réaffirmé qu’ils seraient en mesure d’adresser à l’Ukraine une invitation à rejoindre l’Alliance lorsque les Alliés l’auraient décidé et que les conditions seraient réunies.

Autres formes de coopération

L’OTAN et l’Ukraine entretiennent depuis plus de trente ans une coopération mutuellement bénéfique qui s’exerce dans un large éventail de domaines, allant du renforcement des capacités du pays et de l’interopérabilité avec les forces de l’OTAN à la promotion des réformes dans le secteur ukrainien de la défense et de la sécurité s’y rapportant et au soutien d’activités non militaires comme la recherche scientifique en coopération.

Processus de planification et d’examen (PARP)

L’Ukraine participe au processus de planification et d’examen du PPP, qui l’aide à se fixer et à atteindre des objectifs ambitieux mais réalistes concernant trois grands axes de travail  :
 

  1. la réforme du secteur de la défense et de la sécurité, la transformation de l’outil militaire et le développement capacitaire ;
  2. le renforcement de l’interopérabilité, c’est-à-dire l’aptitude des forces ukrainiennes à opérer aux côtés de celles des Alliés et des pays partenaires dans le cadre d’opérations de réponse à une crise ou de soutien de la paix ;
  3. la capacité du pays à accueillir des forces de pays de l’Alliance et de pays partenaires pour des exercices et des formations.

Innovation, science et technologie

Feuille de route pour la coopération OTAN-Ukraine en matière d’innovation

En 2024, au sommet de Washington, les dirigeants des pays de l’Alliance et le président de l’Ukraine ont entériné une feuille de route pour la coopération OTAN-Ukraine en matière d’innovation articulée autour de cinq grands objectifs, à savoir :
 

  • trouver des solutions innovantes pour contribuer à répondre aux besoins urgents de l’Ukraine ;
  • renforcer l’écosystème d’innovation ukrainien et le rendre plus résilient ;
  • développer la coopération entre les réseaux d’innovation de l’Ukraine et ceux de l’Alliance ;
  • mettre en commun les bonnes pratiques relatives aux technologies et tactiques ukrainiennes ;
  • stimuler l’innovation militaire et le changement technologique au sein de l’OTAN.

L’idée est que l’OTAN fasse office de plateforme de centralisation et aide ainsi l’Ukraine à faire connaître ses besoins en matière de nouvelles technologies et à encourager le secteur public comme le secteur privé à innover pour y répondre. Il s’agit aussi de promouvoir les synergies entre les initiatives menées par l’OTAN et l’Ukraine dans le domaine de l’innovation, notamment au travers de prix, de hackathons et d’autres activités de collaboration. En juin 2024, le tout premier forum OTAN-Ukraine des innovateurs de la défense a ainsi été l’occasion pour plus de 450 représentants de start-ups, investisseurs et responsables publics de travailler ensemble sur des problèmes de terrain. Cette initiative et celles qui suivront contribueront à libérer le potentiel d’innovation ukrainien et aideront l’OTAN et l’Ukraine à trouver des moyens novateurs de relever les défis opérationnels concrets qui se présentent à elles.

Programme de coopération OTAN-Ukraine pour l’innovation, les technologies et l’ingénierie (Unite – Brave NATO)

Le programme de coopération pour l’innovation, les technologies et l’ingénierie (Unite – Brave NATO) est un programme OTAN-Ukraine inédit, dont l’objectif est d’exploiter des technologies ayant déjà passé les phases de test et de prototypage en vue de produire, à grande échelle, des solutions innovantes propres à aider le pays à atteindre ses objectifs d’interopérabilité avec l’OTAN. Les domaines concernés sont notamment la lutte contre les systèmes aériens sans pilote, le renforcement de la défense aérienne ou encore la sécurisation des communications sur la ligne de front. Le programme a été lancé en novembre 2025 et le premier appel d’offres, dans le cadre duquel des groupes d’entreprises ukrainiennes et d’entreprises de pays de l’Alliance ont été invités à soumissionner conjointement, a été clôturé en février 2026. Côté ukrainien, les activités sont coordonnées par la plateforme Brave1 ; côté OTAN, l’organisation de l’appel d’offres a été confiée à l’Agence OTAN d’information et de communication (NCIA). Le montant des subventions mises en jeu à ce stade pourra représenter jusqu’à 10 millions d’euros ; les fonds proviendront à parts égales de l’Ukraine et de l’OTAN. Sur la base des résultats du premier appel d’offres, qui fera office de banc d’essai, l’OTAN et l’Ukraine se tiendront prêtes à pousser l’expérience plus loin : le budget alloué au programme pour 2026 pourrait atteindre 50 millions d’euros.

Programme pour la science au service de la paix et de la sécurité (programme SPS)

Depuis 1991, l’Ukraine participe activement au programme OTAN pour la science au service de la paix et de la sécurité (programme SPS). Le Groupe de travail OTAN-Ukraine sur la coopération scientifique et environnementale s’attache à déterminer les domaines prioritaires pour la coopération qui s’exerce dans le cadre de ce programme. Depuis 2014, en réponse à la crise en Ukraine, la coopération dans le secteur des sciences et technologies civiles liées à la sécurité a été renforcée, et le pays est devenu le principal bénéficiaire du programme SPS. Les activités menées avec l’Ukraine dans ce cadre concernent essentiellement les technologies avancées, la lutte contre le terrorisme, la défense contre les agents chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN), ainsi que la sécurité énergétique et environnementale. À cet égard, il convient de signaler que l’Ukraine a participé au programme DEXTER, qui portait sur le développement d’un système intégré de détection des explosifs et des armes à feu dans les lieux publics.

Résilience

Plateforme OTAN-Ukraine pour la lutte contre les pratiques de guerre hybride

En réaction aux toutes premières phases de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine — non seulement l’annexion, illégale, de la Crimée, en 2014, mais aussi les cyberattaques, les campagnes de désinformation et les diverses activités hybrides qui ont émaillé les années suivantes —, il a été décidé au sommet de Varsovie, en juillet 2016, de créer la plateforme OTAN-Ukraine pour la lutte contre les pratiques de guerre hybride. Il s’agit d’un mécanisme qui doit permettre à l’Ukraine de mieux détecter les menaces hybrides ainsi que de se doter des moyens d’identifier les vulnérabilités et de renforcer la résilience de l’État et de la société. Plusieurs projets ont été lancés (recherche, formation et consultations entre experts), qui mettent l’accent sur les enseignements tirés, la lutte contre la désinformation et l’amélioration de la résilience.

Équipe consultative sur la résilience (RAST)

Suite à l’annexion, illégale, de la Crimée par la Russie, en 2014, et à l’entreprise russe de déstabilisation de l’est de l’Ukraine, des experts conseillent les autorités ukrainiennes sur les plans de circonstance et les mesures de gestion de crise à prévoir pour la défense des infrastructures énergétiques critiques et pour la protection de la population. Aujourd’hui, les activités de coopération sont centrées sur l’amélioration de la capacité nationale de préparation du secteur civil et de résilience. En 2019, une équipe consultative sur la résilience (RAST) a adressé aux institutions ukrainiennes des recommandations pour l’amélioration de la résilience du pays. À la demande de l’Ukraine, des consultations entre experts ont eu lieu au niveau de la RAST début 2022, avant l’invasion à grande échelle du pays par la Russie. Il s’agissait de formuler des conseils techniques à l’appui des activités que l’Ukraine mène pour améliorer dans la durée la résilience et la préparation du secteur civil. Par ailleurs, l’Ukraine participe régulièrement aux activités organisées par le Centre euro-atlantique de coordination des interventions en cas de catastrophe et a déjà accueilli plusieurs exercices correspondant à ce type d’interventions.

Réforme du secteur de la défense et de la sécurité

Processus de développement de l’intégrité (BI)

Depuis 2007, l’Ukraine participe à l’initiative OTAN pour le développement de l’intégrité (BI), qui apporte aide pratique et conseils pour le renforcement de l’intégrité, de la redevabilité et de la transparence dans le secteur de la défense et de la sécurité. En octobre 2019, neuf organismes du secteur ukrainien de la défense et de la sécurité ont finalisé le processus OTAN d’autoévaluation et d’évaluation collégiale du développement de l’intégrité, qui a permis de faire le point sur leurs besoins et vulnérabilités et de formuler un ensemble de recommandations sectorielles d’ordre politique visant l’amélioration de la gouvernance et la réalisation de réformes durables en matière de lutte contre la corruption dans les secteurs de la défense et de la sécurité se rapportant à la défense. Sur cette base, un programme d’activités sur mesure a été établi, dans le cadre duquel deux types d’assistance continuent d’être proposés en matière de renforcement des capacités : l’aide d’experts chargés de conseiller les institutions sur des questions de gouvernance et de gestion des ressources de défense (financières, humaines et matérielles), et des activités de formation théorique et pratique pour le développement des compétences individuelles et la promotion d’une culture de l’intégrité au sein des différents organismes.

Programme de renforcement de la formation « défense » (DEEP)

Depuis 2013, le programme de renforcement de la formation « défense » (DEEP) aide l’Ukraine à améliorer et à restructurer les systèmes d’instruction et de formation professionnelle de ses forces armées, plus particulièrement au sein de huit instituts supérieurs de formation militaire et de cinq centres de formation pour sous-officiers. De plus, dans le cadre du DEEP, l’Ukraine reçoit des conseils relatifs à la gestion des établissements de formation et des universités, aux méthodes d’enseignement et à la mise en place de cours sur le leadership et les processus décisionnels. Les activités DEEP proposées aux officiers sont axées sur l’élaboration de programmes de formation et le perfectionnement du corps enseignant, la formation des instructeurs, l’enseignement de l’anglais, le perfectionnement des compétences métier spécialisées, la création de systèmes de retour d’expérience, les systèmes d’apprentissage en ligne et le renforcement des capacités institutionnelles. Les activités conçues à l’intention des sous-officiers concernent essentiellement la formation des instructeurs et en particulier des instructeurs spécialisés dans le maniement des armes à feu, ainsi que la formation des chefs de groupes de combat.

Programme pour les femmes, la paix et la sécurité (FPS)

L’OTAN aide l’Ukraine à mettre en application la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité de l’ONU sur les femmes, la paix et la sécurité, dans laquelle ce dernier constatait que les conflits avaient des conséquences disproportionnées sur les femmes et les filles et que les femmes avaient un rôle essentiel à jouer à l’appui de la paix et de la sécurité. Conformément aux priorités relevant de la thématique FPS, l’Organisation et l’Ukraine veillent à ce que la dimension de genre soit prise en compte dans toutes leurs activités de coopération.

Renforcement des capacités et interopérabilité

Exercices

Dans le cadre de son partenariat avec l’OTAN, l’Ukraine a participé à des milliers d’exercices militaires organisés à l’échelle de l’Alliance ou au niveau des Alliés. Ces exercices multinationaux sont l’occasion pour les pays de l’OTAN et l’Ukraine de s’entraîner concrètement à faire face ensemble à un scénario de crise, à gagner en interopérabilité et à apprendre à utiliser d’autres capacités que celles auxquels ils sont habitués.

L’Ukraine renforce également ses capacités et son interopérabilité au travers de sa participation à la Force de réaction de l’OTAN.

Initiative pour l’interopérabilité avec les partenaires

L’Ukraine est membre de l’initiative pour l’interopérabilité avec les partenaires (PII), qui lui permet d’entretenir et de renforcer les relations que ses forces et celles de l’OTAN ont nouées au fil des exercices et des opérations auxquels elles ont pris part ensemble. C’est dans le cadre de la PII que l’Ukraine a obtenu le statut de partenaire bénéficiant du programme « nouvelles opportunités » (EOP), en juin 2020. Ce statut offre à l’Ukraine un accès privilégié à toute la panoplie d’outils d’interopérabilité de l’OTAN, et notamment aux exercices, aux entraînements, aux échanges d’informations et aux activités de connaissance de la situation.

Programme d’échange de données de situation aérienne

L’Ukraine participe au programme d’échange de données de situation aérienne depuis juillet 2006. Le partage de telles données améliore la connaissance de la situation et la sécurité aérienne et, ainsi, l’efficacité opérationnelle de la défense aérienne grâce à l’identification, la classification et l’éventuelle déconfliction des aéronefs. Ce programme revêt une importance et un intérêt opérationnels tout particuliers depuis que la Russie a entrepris d’envahir le reste du territoire ukrainien en février 2022. L’OTAN collabore étroitement avec l’Ukraine afin de lui fournir les informations les plus pertinentes.

Plan de travail du Comité militaire avec l’Ukraine

Dans le cadre du plan de travail du Comité militaire avec l’Ukraine, le pays participe à un large éventail d’activités et d’exercices qui visent à améliorer l’interopérabilité et les capacités opérationnelles des forces armées ukrainiennes, mais aussi contribuent grandement aux réformes du secteur de la défense et de la sécurité engagées par Kyïv.

Contributions de l’Ukraine aux opérations et missions dirigées par l’OTAN

Depuis qu’elle a adhéré au Partenariat pour la paix (PPP) en 1994, l’Ukraine a contribué à une série d’opérations et missions dirigées par l’OTAN, ce qui lui a également permis de faire des progrès sur le plan de l’interopérabilité.
 

  • Bosnie-Herzégovine – L’Ukraine a contribué aux opérations de soutien de la paix menées par l’Alliance en Bosnie-Herzégovine dans les années 1990 et au début des années 2000.
  • Kosovo – Elle a aussi contribué à la mission de la Force pour le Kosovo (KFOR), notamment en fournissant une unité de génie lourd dotée de moyens de lutte contre les engins explosifs improvisés.
  • Afghanistan – L’Ukraine avait apporté son soutien à la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) en Afghanistan, en autorisant le survol de son territoire ainsi que le transit de l’approvisionnement. Elle avait également mis à disposition du personnel médical pour épauler les équipes de reconstruction provinciales établies dans le pays, ainsi que des instructeurs qui ont servi dans le cadre de la mission OTAN de formation en Afghanistan. Après l’achèvement de l’opération de la FIAS, en 2014, elle a contribué à la mission Resolute Support (2015-2021), qui consistait à offrir formation, conseil et assistance aux forces de sécurité afghanes.
  • Iraq – Dès mars 2005, l’Ukraine avait mis des officiers à la disposition de la mission OTAN de formation en Iraq, jusqu’à ce que celle-ci prenne fin, en décembre 2011.
  • Activités maritimes – À six reprises entre 2007 et 2010, l’Ukraine a déployé des navires à l’appui d’Active Endeavour, l’opération de surveillance maritime que l’OTAN menait en Méditerranée à des fins de lutte contre le terrorisme. En 2013, elle a contribué à l’opération OTAN de lutte contre la piraterie, Ocean Shield. Et depuis le lancement de l’opération maritime Sea Guardian, en 2016, elle fournit à l’OTAN des informations qui lui permettent d’améliorer sa connaissance de la situation maritime dans la région de la mer Noire.

Le cadre juridique qui régit la coopération opérationnelle entre l’OTAN et l’Ukraine se compose de la Convention sur le statut des forces applicable au Partenariat pour la paix (SOFA) (entrée en vigueur en mai 2000), de l’accord sur le soutien fourni par le pays hôte (ratifié en mars 2004) et de l’accord sur le transport aérien stratégique (ratifié en octobre 2006).

Le programme OTAN d’évaluation et de retour d’information relatif au concept de capacités opérationnelles permet à l’Ukraine d’aller plus loin dans le développement de ses forces armées et à l’Alliance d’étoffer les ensembles de forces sur mesure susceptibles d’être déployées à l’appui d’opérations ou de missions dirigées par l’OTAN.