Accélérateur d’innovation de défense pour l’Atlantique Nord (DIANA)

  • Mis à jour le: 21 Jun. 2024 14:49

L’Accélérateur d’innovation de défense pour l’Atlantique Nord (DIANA) est un organisme OTAN qui aide des chercheurs et entrepreneurs de premier plan venant des quatre coins de l’Alliance à développer des technologies destinées à garantir la sécurité des populations des pays de l’OTAN. S’appuyant sur plus de 200 accélérateurs et centres d’essais à travers l’Alliance, le DIANA réunit universités, opérateurs économiques et pouvoirs publics au service de start-up et de porteurs d’innovation appelés à résoudre des problèmes critiques de défense et de sécurité.

On Friday (24 May 2024), NATO’s Defence Innovation Accelerator for the North Atlantic (DIANA) officially inaugurated its new Regional Hub in Tallinn, Estonia.

Inauguration officielle du pôle régional du DIANA à Tallinn (Estonie).

 

  • Au sommet de Bruxelles, en 2021, les dirigeants des pays de l’OTAN ont décidé de mettre en place un accélérateur d'innovation de défense pour l'Atlantique Nord afin de favoriser la coopération transatlantique sur les technologies critiques, de promouvoir l’interopérabilité des forces des pays de l’Alliance et de tirer parti des innovations du domaine civil au travers d’interactions avec le monde universitaire et le secteur privé.
  • Un an plus tard, au sommet de Madrid, tous les dirigeants des pays de l’OTAN ont entériné la charte du DIANA et dévoilé l’emplacement des premiers centres d’essais et accélérateurs.
  • Le DIANA entend exploiter les possibilités offertes par les technologies émergentes et les technologies de rupture, afin de renforcer l’avantage compétitif de l’OTAN dans le domaine de la sécurité et de la défense collectives. Le développement de nouvelles capacités va permettre à l’Alliance de répondre plus efficacement aux menaces conventionnelles, ainsi qu’aux menaces que représentent ces technologies.
  • Les domaines technologiques spécifiques qui présentent un intérêt pour le DIANA sont notamment l’intelligence artificielle (IA), les systèmes autonomes, les technologies quantiques, les biotechnologies et l’amélioration des capacités humaines, les systèmes hypersoniques, l’espace, les matériaux et procédés de fabrication innovants, l’énergie et la propulsion, ainsi que les réseaux de communication de nouvelle génération.
  • Le DIANA possède un bureau région à Londres (Royaume-Uni) ainsi qu’un pôle régional à Tallinn (Estonie), et il ouvrira prochainement un autre bureau régional à Halifax (Canada). Il s’appuie en outre sur un réseau comptant plus de 20 accélérateurs et 180 centres d’essais répartis sur tout le territoire de l’Alliance.

 

Offices and affiliated sites of NATO's Defence Innovation Accelerator for the North Atlantic (DIANA)
Le réseau du DIANA s’étend à toute l’Alliance. Une carte interactive des bureaux de l’organisme et des sites affiliés à celui-ci est disponible à l’adresse www.diana.nato.int.

Le DIANA fonctionne au travers de programmes Défis et innovation. Pour chaque programme, qui porte sur un problème critique de défense et de sécurité, des acteurs de l’innovation sont invités à développer des technologies deep tech à double usage (c'est-à-dire des technologies principalement axées sur des marchés commerciaux mais pouvant également avoir des applications dans le secteur de la défense et de la sécurité) pour résoudre le problème en question.

Les innovateurs sélectionnés pour les programmes Défis et innovation ont accès à des formules de financement non dilutif (c’est-à-dire qui ne les contraint pas à céder des capitaux propres ou une participation dans leur entreprise), ainsi qu’à des accélérateurs et des centres d’essais dans toute l’Alliance. Ces accélérateurs sont établis au sein d'installations ou d'organisations qui ont été choisies par les Alliés pour mettre en œuvre les programmes d’accélération à double usage spécifiques du DIANA. Les centres d’essais sont des laboratoires, des bancs d’essai ou des terrains de manœuvre où il est possible de tester, d’évaluer, de valider et de vérifier les technologies développées par les parties au programme. Les accélérateurs et les centres d’essais sont établis dans des universités et des centres de recherche en Europe et en Amérique du Nord, qui ont déposé une demande d’adhésion au DIANA par l’intermédiaire de leur ministère de la Défense.

Les innovateurs peuvent également faire appel aux conseils de scientifiques, d'ingénieurs, d'experts du secteur privé, d'utilisateurs opérationnels et de professionnels des marchés publics, ainsi qu’à un réseau d’investisseurs de confiance. Enfin, le DIANA offre un accès aux marchés de l’OTAN en tant qu’organisation et à ceux de ses pays membres. Il met les innovateurs en relation avec les utilisateurs opérationnels au sein des institutions militaires et publiques des pays de l’Alliance, utilisateurs qui travailleront avec les entreprises sélectionnées afin de les aider à adapter leurs solutions aux besoins militaires des Alliés.

Les technologies développées dans le cadre du DIANA peuvent également bénéficier d’un financement au titre du fonds OTAN pour l'innovation, un fonds de capital-risque d’un milliard d’euros créé par un groupe de pays membres de l’OTAN au sommet de Madrid, en 2022. Premier fonds de capital-risque « multi-souverain » au monde, le fonds OTAN pour l’innovation investira un milliard d’euros sur une période de 15 ans dans des start-up mettant au point ou adaptant des technologies à même de répondre à des problématiques de défense et de sécurité. L’enveloppe du fonds OTAN pour l’innovation sera prioritairement investie dans des entreprises qui auront bénéficié du programme d'accélération du DIANA et qui auront leur siège social dans l'un des pays contribuant à ce fonds (ces pays sont actuellement au nombre de 24 : Belgique, Bulgarie, Tchéquie, Danemark, Estonie, Finlande, Allemagne, Grèce, Hongrie, Islande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovaquie, Espagne, Suède, Türkiye et Royaume-Uni).

Le DIANA a lancé ses trois premiers programmes Défis et innovation en 2023. En 2025, lorsqu’il aura atteint sa capacité opérationnelle totale, il pourra interagir chaque année avec des centaines d’innovateurs à travers un réseau encore plus vaste d'accélérateurs et de centres d’essais dans toute l’Alliance.

Le Comité de direction du DIANA, qui s’est réuni pour la première fois en octobre 2022, est responsable de sa gouvernance organisationnelle. Dirigé par un président, ce Comité se compose de représentants de chaque pays de l'Alliance. Le DIANA exerce ses activités conformément à une charte approuvée par le Conseil de l’Atlantique Nord, et rend compte à ce dernier.

 

Évolution

Juin 2021
Au sommet de Bruxelles, en 2021, au titre de l’agenda OTAN 2030, les chefs d'État et de gouvernement des pays de l'OTAN décident de mettre en place un accélérateur d'innovation de défense pour l'Atlantique Nord afin de favoriser la coopération transatlantique sur les technologies critiques, de promouvoir l’interopérabilité des forces des pays de l’Alliance et de tirer parti des innovations du domaine civil au travers d’interactions avec le monde universitaire et le secteur privé.

Avril 2022
Les ministres des Affaires étrangères des pays de l’OTAN approuvent la charte du DIANA, qui présente sa mission et sa stratégie, les modalités juridiques, le mécanisme financier, les dispositions en matière de gouvernance, ainsi que les bureaux régionaux, les accélérateurs et les centres d’essais qui constitueront son empreinte initiale.

Avril 2022
Le Groupe consultatif OTAN sur les technologies émergentes et les technologies de rupture (groupe indépendant composé de 12 experts issus du secteur privé et du monde universitaire, qui remet à l’OTAN des avis externes sur l’optimisation de ses activités d’innovation) publie son deuxième rapport annuel, portant sur l’année 2021. Ce rapport fait le point sur la mise en place du DIANA et explique en quoi le DIANA et d’autres initiatives sont autant de signes concrets de la montée en maturité technologique de l’OTAN.

Juin 2022
Au sommet de Madrid, en 2022, tous les dirigeants des pays de l’Alliance entérinent la charte du DIANA et dévoilent l’emplacement des premiers centres d’essais et accélérateurs.

Mars 2023
Le DIANA inaugure son bureau régional européen, implanté dans l’Innovation Hub de l’Imperial College de Londres (Royaume-Uni).

Juin 2023
Le DIANA lance ses trois premiers programmes Défis et innovation, invitant les acteurs de l’innovation à se manifester.

Mai 2024
Le DIANA inaugure son pôle régional dans le parc scientifique et commercial Tehnopol, à Tallinn (Estonie).