La police du ciel : sécuriser l'espace aérien OTAN

  • Mis à jour le: 02 Nov. 2018 14:51

La police du ciel de l'OTAN est une mission du temps de paix dont le but est de préserver la sécurité de l'espace aérien de l'Alliance. Cette mission collective implique la présence continue – 24 heures sur 24, 365 jours par an – de chasseurs d'interception capables de répondre rapidement aux violations et aux transgressions commises dans l'espace aérien.

 

Points principaux

  • La police du ciel de l'OTAN est une mission collective et purement défensive, qui implique la présence continue de chasseurs d'interception capables de répondre rapidement aux violations et aux transgressions.
  • Les pays de l'OTAN dotés des moyens nécessaires aident ceux qui en sont dépourvus à assurer la police du ciel de leur territoire.
  • Le commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR) est responsable de la mission de police du ciel de l’OTAN.
  • La préservation de l’intégrité de l'espace aérien OTAN s'inscrit dans le cadre du système de défense aérienne et antimissile intégrée de l'Alliance.
  • La mission de police du ciel a été intensifiée à la suite de la crise russo-ukrainienne.

Pour en savoir plus

  • Une mission de sécurité collective

    Sauvegarder l'intégrité de l'espace aérien souverain des membres de l’Alliance est une mission du temps de paix qui contribue à la défense collective de l'OTAN.

    Menée dans le cadre du système OTAN de défense aérienne et antimissile intégrée (NATINAMDS), la mission OTAN de police du ciel témoigne de la cohésion, du partage des responsabilités et de la solidarité qui règnent au sein de l'Alliance.

    Le commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR) est responsable de la mission.

    Le Commandement aérien allié (AIRCOM), dont le quartier général est situé à Ramstein (Allemagne), supervise quant à lui la mission, dont le commandement et le contrôle sont assurés 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 depuis deux centres multinationaux d'opérations aériennes (CAOC), l'un à Torrejon (Espagne) et l'autre à Uedem (Allemagne). Le CAOC d'Uedem est chargé de surveiller l'espace aérien au nord des Alpes, tandis que celui de Torrejon couvre la partie sud. Les CAOC désignent les chasseurs d'interception qui décolleront sur alerte (autrement dit, qui doivent réagir immédiatement) en fonction du lieu de l'incident.

    Les pays de l'OTAN mettent à disposition les aéronefs et les moyens nécessaires pour assurer la police du ciel dans leur propre espace aérien, sous la direction du SACEUR. Les pays dotés de ces moyens aident ceux qui en sont dépourvus (Albanie, Estonie, Lettonie, Lituanie et Slovénie) à préserver l'intégrité de leur espace aérien souverain en temps de paix et à assurer leur sécurité.

    L'OTAN assure la protection du ciel dans les États baltes depuis 2004, lorsque l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie sont devenues membres de l'Alliance. La mission OTAN de police du ciel dans les États baltes a été lancée en avril 2004 et se poursuit sans relâche depuis lors. L'espace aérien de la Slovénie est couvert par la Hongrie et par l'Italie, tandis que celui de l'Albanie est couvert par la Grèce et par l'Italie. 

    Tous les pays de l’OTAN qui possèdent une capacité de police du ciel contribuent à cette mission dans les États baltes, en se relayant tous les quatre mois. La capacité prévue à cette fin consiste en une série d'aéronefs de combat déployés par l'OTAN à la base aérienne de Siauliai (Lituanie). Depuis 2014, l'OTAN utilise également la base aérienne d'Amari (Estonie) pour le déploiement de moyens de police du ciel.

    Par ailleurs, les patrouilles aériennes le long de la frontière orientale de l'OTAN ont été intensifiées au début de la crise russo-ukrainienne.

  • Principales composantes

    La mission de police du ciel de l’OTAN exige que le système de surveillance et de contrôle aériens (ASACS), la structure de commandement et de contrôle aériens (C2 Air) et les intercepteurs en alerte de réaction rapide (QRA(I)) soient disponibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Elle permet à l'Alliance de détecter, de poursuivre et d'identifier dans toute la mesure du possible tous les objets aériens qui s'approchent de l’espace aérien OTAN ou qui y opèrent, afin que les violations et transgressions puissent être repérées et que les mesures appropriées puissent être prises.

  • Historique

    Le terme « police du ciel » a été utilisé pour la première fois par le Royaume-Uni dans l'entre‑deux‑guerres pour désigner sa mission en Mésopotamie (une partie de l'Iraq actuel), lorsque le pays s'est éloigné de son approche militaire plus traditionnelle en remplaçant les soldats sur le terrain par des aéronefs dans le but de réduire les effectifs de son imposante armée impériale. C'était la première fois que la puissance aérienne était utilisée à des fins de surveillance et, aujourd'hui encore, on considère que cette toute première initiative a marqué la genèse du concept, même si elle consistait à assurer la sécurité à terre plutôt que dans les airs.

    Dans les années 1960, les pays de l'OTAN qui faisaient partie de la structure militaire se sont rendu compte que différents systèmes de défense aérienne fonctionnant de manière indépendante ne pouvaient protéger efficacement l'espace aérien OTAN. Ils ont donc uni leurs forces pour concevoir une structure qui leur permettrait de combler cette lacune. C'est ainsi qu'un système de défense aérienne intégrée a été créé par la combinaison de moyens nationaux, complétés si nécessaire par des éléments OTAN. Aujourd'hui, le système OTAN de défense aérienne et antimissile intégrée (NATINAMDS) – connu à l'origine sous le nom de « système OTAN de défense aérienne intégrée » (NATINADS) – reste la pierre angulaire de la solidarité et de la cohésion au sein de l'Alliance.

    Mise en place pendant la guerre froide, en 1961, la police du ciel de l'OTAN fait partie intégrante du NATINAMDS. Active à temps plein et toute l'année, elle est – et a toujours été – une constante dans un environnement de sécurité en évolution rapide, ce qui permet au SACEUR de préserver l'intégrité de l'espace aérien de l'Alliance en temps de paix.

    Peu après l'introduction du NATINADS, tous les pays de l'OTAN (à l'exception de l'Islande et du Luxembourg)1 ont mis des aéronefs de combat à la disposition du SACEUR. Ces « forces sous commandement OTAN » ont été placées sous le commandement du SACEUR dès le temps de paix, afin que celui-ci dispose de la marge de manœuvre nécessaire pour réagir en temps voulu à tout incident survenant dans l'espace aérien OTAN.

    En 2004, l'Alliance a accueilli neuf nouveaux membres, dont certains ne possédaient pas d'aéronefs de combat et n'étaient donc pas en mesure d'assurer la protection de leur espace aérien. Dès lors, d'autres pays de l'OTAN dotés d'une capacité de police du ciel ont endossé cette responsabilité. Au départ, l'OTAN n'utilisait que la base aérienne de Siauliai (Lituanie), mais, depuis 2014, elle utilise également la base aérienne d'Amari (Estonie) pour le déploiement de moyens de police du ciel.

    Par ailleurs, des dispositions particulières ont été prises en 2004 pour assurer une police du ciel adéquate en Slovénie, dont l'espace aérien est couvert par la Hongrie et par l'Italie. Les CAOC désignent au cas par cas le pays effectuera un décollage immédiat en fonction du lieu de l'incident.

    En 2006, les États-Unis ont mis fin à leur mission de police du ciel permanente en Islande, qui a été remplacée par le déploiement périodique d'aéronefs de combat alliés à labase aérienne de Keflavik, afin qu'ils protègent l'espace aérien islandais. Le premier déploiement a eu lieu en mai 2008.

    Lorsque l'Albanie a adhéré à l'OTAN, en 2009, il a été décidé de prendre des dispositions similaires à celles établies pour la Slovénie et de confier l'espace aérien albanais à la Grèce et à l'Italie.

    En 2015, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas ont signé un accord sur la conduite d'une mission conjointe de police du ciel au-dessus de leurs territoires. En vertu de cet accord, les forces aériennes belges et néerlandaises défendront l'espace aérien du Benelux, selon le principe de la rotation. Les opérations conjointes ont démarré le 1er janvier 2017.

    1. En Islande, la police du ciel a été assurée par les États-Unis jusqu'en 2006. L'espace aérien luxembourgeois a quant à lui été confié à des pays voisins.