Dissuasion et défense

  • Mis à jour le: 08 Aug. 2019 12:04

L'OTAN est une alliance politique et militaire ayant pour mission principale d'assurer la protection des populations de ses pays et de promouvoir la sécurité et la stabilité dans la région de l’Atlantique Nord. L'Alliance doit être en mesure de faire face, de manière simultanée, à tous les types de défis et de menaces actuels et futurs, d'où qu'ils viennent. Elle renforce sa posture de dissuasion et de défense, à la lumière de l'environnement de sécurité modifié et en évolution.


Points principaux

  • L’environnement de sécurité n’a jamais été aussi complexe et exigeant depuis la fin de la Guerre froide, d’où l’exigence accrue pour l’OTAN de veiller à ce que sa posture de dissuasion et de défense soit crédible.
  • L’OTAN se retrouve face à des défis et à des menaces émanant de l'est et du sud, d'acteurs étatiques et non étatiques, de forces militaires, et d'attaques terroristes, cyber ou hybrides.
  • Le plan d’action « réactivité » (RAP), lancé en 2014, a sensiblement renforcé le dispositif de défense collective de l’Alliance.
  • En 2016, les dirigeants des pays de l’OTAN ont approuvé une posture de dissuasion et de défense renforcée ; la mesure la plus concrète prise suite à cette décision a été le déploiement de bataillons multinationaux en Estonie, en Lettonie, en Lituanie et en Pologne dans le cadre de la présence avancée.
  • En 2018, les dirigeants des pays de l’OTAN ont adopté l’initiative pour la disponibilité opérationnelle, grâce à laquelle davantage de forces nationales de haute qualité, aptes au combat et à niveau de préparation élevé pourront être mises à la disposition de l'OTAN.
  • L’OTAN est attachée à la maîtrise des armements, au désarmement et à la non-prolifération, qui apportent aussi une contribution essentielle à la réalisation des objectifs de sécurité de l’Alliance, ainsi qu'à la stabilité stratégique et à la sécurité collective.
  • Vers une posture de dissuasion et de défense renforcée

    La défense collective reste la plus importante responsabilité de l'Alliance, et la dissuasion est un élément central de la stratégie globale de l'OTAN – prévenir les conflits et la guerre, protéger les Alliés, préserver la liberté de décision et d'action, et sauvegarder les principes et les valeurs qu'elle défend : la liberté individuelle, la démocratie, les droits de l'homme et l'état de droit. La capacité de dissuasion et de défense de l'OTAN est assurée par une combinaison appropriée de capacités. Les capacités nucléaires, conventionnelles et de défense antimissile se complètent les unes les autres. L'OTAN garde en outre la liberté d'action et la souplesse nécessaire pour réagir à l'éventail complet des défis grâce à une approche appropriée et adaptée, au niveau de force minimum.

    La Russie est devenue plus assertive avec l'annexion illégale de la Crimée en 2014 et la déstabilisation de l'est de l'Ukraine, mais aussi avec le renforcement de son dispositif militaire à proximité des frontières de l'OTAN. Parallèlement à cela, au sud, la situation sécuritaire au Moyen-Orient et en Afrique s'est détériorée sous l'effet d'une combinaison de facteurs qui entraînent des pertes en vies humaines, alimentent les flux migratoires à grande échelle, et inspirent les attentats terroristes perpétrés dans les pays de l'Alliance et ailleurs.

    Le plan d'action « réactivité » (RAP), lancé au sommet que l’OTAN a tenu au pays de Galles en 2014, a été un important facteur de changement dans la posture de dissuasion et de défense de l'Alliance. Le RAP a été élaboré pour faire en sorte que l'Alliance soit prête à répondre rapidement et fermement aux nouveaux défis de sécurité émanant de l'est et du sud. Faisant fond sur le RAP, les chefs d'État et de gouvernement des pays de l'OTAN ont approuvé une posture de dissuasion et de défense renforcée au sommet de Varsovie en juillet 2016. Cette posture offre à l'Alliance une large gamme d'options qui lui permettront de faire face à toutes les menaces, d'où qu'elles viennent, afin de protéger le territoire, les populations, l'espace aérien et les lignes de communication maritimes de ses pays. Par exemple, quatre groupements tactiques ont été déployés en Estonie, en Lettonie, en Lituanie et en Pologne, et des mesures ont été prises pour renforcer la sécurité dans la région sud-est de l’Alliance. En outre, un certain nombre de mesures ont été prises pour adapter l’Alliance aux définis émanant du sud.

    Les dirigeants des pays de l’OTAN ont réaffirmé leur détermination, lors du sommet de Bruxelles en 2018, en adoptant une initiative pour la disponibilité opérationnelle visant à renforcer encore la capacité de réaction rapide de l'Alliance, soit pour un renforcement des Alliés à l'appui de la dissuasion ou de la défense collective, y compris pour des combats de haute intensité, soit pour des interventions militaires rapides en cas de crise, au besoin. En vertu de cette initiative, aussi appelée les « quatre 30 », les Alliés se sont engagés à mettre en place, d’ici à 2020, 30 bataillons mécanisés, 30 escadrons aériens et 30 navires de combat prêts à être employés dans un délai de 30 jours ou moins. Ces moyens permettront de répondre aux menaces, d’où qu’elles viennent, et ils renforceront encore la posture de dissuasion et de défense de l’OTAN.

    L’adaptation de la structure de commandement de l’OTAN ainsi que la facilitation logistique du territoire européen de l’OTAN permettront de faire en sorte que les troupes de l’OTAN puissent se déployer sans délai dans toute l’Europe avec leurs matériels, tant pour des exercices que pour des renforcements dans une situation de crise naissante. En outre, la création du Centre des cyberopérations en Belgique et la formation d’équipes de soutien pour la lutte contre les pratiques hybrides pour aider les Alliés qui en ont besoin renforceront aussi les initiatives de dissuasion de l’Alliance, d’autant plus que l’OTAN a reconnu le « cyber » comme un milieu opérationnel dans lequel elle doit se défendre, tout comme elle fait dans les milieux aérien, terrestre et maritime.

    Les actions de l'Alliance sont défensives par nature, proportionnées et conformes aux engagements internationaux, compte tenu des menaces liées à l'environnement de sécurité modifié et en évolution et du droit de l'Alliance à la légitime défense. L'OTAN reste en outre pleinement attachée à la non-prolifération, au désarmement, à la maîtrise des armements, et aux mesures de confiance et de sécurité afin de renforcer la sécurité et de réduire les tensions militaires. Tous les pays membres de l’OTAN sont ainsi gravement préoccupés par le déploiement, par la Russie d’un système de missile à capacité nucléaire qui enfreint le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) et représente un risque important pour la sécurité. En revanche, face à cette situation, ils n’envisagent pas de déployer de nouveaux missiles nucléaires à lanceur terrestre en Europe, ni de se lancer dans une nouvelle course aux armements. L’OTAN continuera de maintenir une dissuasion et une défense crédibles et efficaces, tout en restant attachée à l’existence d’un système efficace de maîtrise des armements, de désarmement et de non-prolifération.

    Les exercices font intégralement partie du dispositif de dissuasion et de défense de l’OTAN étant donné que l’entraînement militaire est une condition essentielle au maintien des niveaux de disponibilité opérationnelle et de la flexibilité des forces de l’Alliance. Les Alliés vont au-delà de ce que prévoient le Document de Vienne et d'autres mesures de transparence dans la planification et la conduite des exercices de l'OTAN. Le Document de Vienne est un accord politiquement contraignant, établi par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe et destiné à promouvoir la confiance mutuelle et la transparence sur les forces et les activités militaires d'un État.

    Plus précisément, la posture de dissuasion et de défense renforcée de l'OTAN porte sur des domaines comme les forces conventionnelles, la présence avancée, la puissance aérienne interarmées et les forces maritimes, ainsi que la cyberdéfense, l'état de préparation du secteur civil et la lutte contre les menaces hybrides, notamment en coopération avec l'Union européenne. Le renforcement des relations avec l’UE implique d’accroître la coopération et de garantir la complémentarité et l’interopérabilité du développement capacitaire afin d’éviter tout double emploi et de contribuer au partage des charges entre les deux rives de l’Atlantique.

    L’engagement en matière d’investissements de défense, adopté par les dirigeants des pays de l’OTAN en 2014, demandait aux Alliés de cesser de réduire leurs budgets de défense et de se conformer à directive OTAN recommandant de consacrer 2 % du produit intérieur brut (PIB) à la défense dans un délai de vingt ans. Les Alliés sont également convenus de chercher, dans les mêmes délais, à porter à 20 % ou plus la part de leurs dépenses de défense annuelles consacrée à l’acquisition de nouveaux équipements majeurs, y compris la recherche et développement y afférente. Enfin, les Alliés se sont engagés à veiller à ce que leurs forces terrestres, aériennes et maritimes soient conformes aux directives OTAN agréées en matière de déployabilité et de soutenabilité ainsi qu’aux autres métriques agréées et à ce que leurs forces armées puissent opérer ensemble de manière efficace, notamment par la mise en œuvre des normes et doctrines OTAN. Depuis 2014, les Alliés ont réalisé des progrès considérables s’agissant d’augmenter les dépenses de défense et d’investir dans des équipements majeurs. Les Alliés ne se contentent pas de mettre à disposition davantage des capacités plus lourdes et du haut du spectre dont l’OTAN a besoin : ils améliorent également la préparation, la déployabilité, la soutenabilité et l’interopérabilité de leurs forces.

  • Projeter la stabilité

    Si la dissuasion et la défense collective se voient redonner davantage d'importance, l'OTAN conserve aussi sa capacité à répondre à des crises au-delà de ses frontières et continue de s'employer activement à soutenir les partenaires et à travailler avec d'autres organisations internationales, en particulier l'Union européenne. Tout ceci s'inscrit dans le cadre de la contribution de l'OTAN à l'action de la communauté internationale visant à projeter la stabilité. La capacité de dissuasion et de défense de l'OTAN ne peut être mise en œuvre isolément. C’est un élément d'une réponse plus large de la communauté transatlantique dans son ensemble à la modification et à l’évolution de l'environnement de sécurité. La dissuasion et la défense sont des concepts complémentaires qui produisent des effets mutuellement bénéfiques pour ce qui est de préserver la sécurité de l’Alliance dans le cadre d’une approche à 360°.

    Projeter la stabilité consiste à renforcer la capacité de l'OTAN à former, à conseiller et à aider des forces locales. L'OTAN a une longue expérience dans ce domaine de compétence – grâce à ses opérations en Afghanistan et dans les Balkans – et dans celui du renforcement des capacités avec plus de 40 partenaires dans le monde entier. Elle intensifie ses efforts, par exemple en améliorant la connaissance de la situation, en renforçant la dimension maritime de l'Alliance, et en adoptant une approche plus stratégique des partenariats.

    Projeter la stabilité, c’est aussi contribuer à la lutte contre le terrorisme. L’OTAN est membre de la coalition mondiale contre l’EIIL, et elle développe des capacités locales de lutte contre le terrorisme lorsque c’est possible. Elle mène une mission non combattante en Afghanistan, dans le cadre de laquelle elle offre formation, conseil et assistance aux forces et aux institutions de sécurité afghanes ; elle a lancé une mission de formation en Iraq pour aider à empêcher tout retour de l’EIIL ; et elle fournit un soutien en matière de renforcement des capacités à la Jordanie et à la Tunisie. L’OTAN a aussi créé un « pôle pour le sud », un quartier général à Naples (Italie) d’où les menaces régionales sont surveillées et d’où les efforts des Alliés sont coordonnés.

    Compte tenu des réalités d'aujourd'hui et de l'ampleur et de la complexité des défis et des menaces à la périphérie de l'OTAN, l'Alliance continuera à renforcer son rôle pour ce qui est de contribuer à la sécurité dans le cadre de ses trois tâches fondamentales : défense collective, gestion de crise et sécurité coopérative.