La préparation du secteur civil

  • Mis à jour le: 08 Apr. 2020 15:34

L’Alliance est tributaire des ressources et des infrastructures civiles et commerciales, telles que les chemins de fer, les ports, les aérodromes et les réseaux électriques, pour pouvoir transporter rapidement et efficacement ses forces et leur apporter un soutien dans la durée. Or, ces moyens sont vulnérables aux attaques extérieures et aux perturbations internes. La préparation du secteur civil est la capacité d’assurer la continuité des fonctions de base de l'État en situation d'urgence ou en cas de catastrophe naturelle, que ce soit en temps de paix ou en période de crise. En outre, cela implique que le secteur civil des pays de l'Alliance soit prêt à apporter, le cas échéant, un soutien à une opération militaire de l'OTAN.

 

Points principaux

  • En vertu de l'article 3 du Traité de l'Atlantique Nord, tous les Alliés ont pris l'engagement de développer leur résilience, qualité qui combine la préparation du secteur civil et la capacité militaire.
  • Les Alliés ont défini des exigences de base en matière de résilience dans les sept domaines stratégiques suivants : continuité des pouvoirs publics, énergie, déplacements de personnes, ressources en vivres et en eau, prise en charge d’un grand nombre de victimes, réseaux de communication et systèmes de transport civils. 
  • Dans le cadre des efforts qu’elle déploie pour accroître la résilience, l’OTAN travaille en coopération avec les Alliés pour améliorer la capacité de préparation opérationnelle dans l’ensemble du secteur public, y compris dans le secteur de la santé, en donnant des orientations générales.
  • Pour déjouer ou contrer efficacement les menaces ou perturbations qui pourraient affecter le secteur civil, et pour se relever de pareils événements, il faut disposer de mesures de réponse et de plans clairs, qui soient définis bien à l'avance et qui fassent l'objet d'exercices réguliers.
  • C'est pour toutes ces raisons qu'il est nécessaire de compléter les initiatives militaires visant à défendre le territoire et les populations de l'Alliance par une solide préparation du secteur civil.

Pour en savoir plus

  • Domaines stratégiques

    À l'OTAN, la préparation du secteur civil porte essentiellement sur les aspects des plans nationaux qui ont une incidence sur l'aptitude à contribuer aux efforts que les Alliés déploient pour assurer la continuité des pouvoirs publics, garantir l'accès de la population aux services de base et apporter un soutien civil aux opérations militaires. 

    Ces trois fonctions civiles essentielles ont été traduites en sept exigences de base en matière de résilience. Assorties d'un ensemble de directives, de mesures d'évaluation et d'une boîte à outils adaptée, ces exigences ont pour but d'aider les pays à améliorer leur résilience et de fournir des points de repère pour évaluer la préparation du secteur civil. Elles couvrent les domaines suivants :

      • continuité des pouvoirs publics et des services publics essentiels
      • approvisionnements énergétiques
      • aptitude à gérer efficacement des déplacements incontrôlés de personnes
      • ressources en vivres et en eau
      • aptitude à gérer un grand nombre de victimes
      • réseaux de télécommunications
      • systèmes de transport

    Au sommet de Varsovie en 2016, les dirigeants des pays de l’Alliance ont pris l’engagement de continuer à améliorer leur résilience afin de développer davantage encore leur capacité individuelle ainsi que la capacité collective de l’Alliance de résister à toute forme d’attaque armée. La préparation du secteur civil est un élément central de la résilience des Alliés, et elle joue un rôle capital dans la défense collective de l’Alliance. L’OTAN peut aider les Alliés à évaluer et, sur demande, à améliorer la préparation de leur secteur civil.

    Le sommet de Varsovie a permis de jeter les bases d’un renforcement de la résilience et, en 2017, des critères d’évaluation ont été définis afin d’aider les pays à évaluer en interne leur résilience. Par la suite, en 2018, l’OTAN a procédé à une évaluation de l'état de préparation du secteur civil dans l'ensemble de l’Alliance. Cette évaluation a mis au jour les domaines dans lesquels des travaux supplémentaires sont nécessaires, et l’OTAN offre un soutien aux Alliés en donnant des orientations sur les moyens permettant d’améliorer l’état de préparation pour les sept exigences de base.

    En 2019, les dirigeants des pays de l’OTAN ont pris acte de la nécessité d’accroître la résilience de leurs sociétés, ainsi que celle des infrastructures critiques et de la sécurité énergétique dans les pays membres. Ils se sont également engagés à garantir la sécurité de leurs communications, y compris la 5G, conscients de la nécessité de recourir à des systèmes sécurisés et résilients.

    En 2020, dans le cadre de l’épidémie de COVID-19, l’OTAN prend les mesures nécessaires pour s’assurer qu’aucun mouvement de moyens militaires ne contribue accidentellement à la propagation du virus. C’est pourquoi elle surveille de près l’ensemble de ces mouvements et coopère avec les Alliés et les pays partenaires.

  • Contexte

    Pourquoi la préparation du secteur civil est-elle essentielle pour la défense collective ? Dans les opérations de grande envergure, environ 90 % des transports militaires sont assurés par des moyens civils affrétés ou réquisitionnés auprès du secteur commercial. La chaîne médicale militaire a besoin de moyens d'évacuer les blessés. L’infrastructure médicale civile doit non seulement pouvoir absorber une augmentation du nombre de victimes civiles, mais aussi être en mesure de participer à la chaîne d'évacuation sanitaire et au traitement des victimes militaires. Les communications, tant civiles que militaires, nécessitent des moyens satellites et des réseaux à fibres optiques sécurisés et fiables.

    Les forces OTAN déployées ont besoin, dans le pays hôte, d'un accès à des infrastructures industrielles, à des réseaux électriques, à des ressources en vivres, en eau et en carburant, ainsi qu'à des infrastructures de télécommunications civiles et à des matériaux de construction.

    Elles ont également besoin d'effectifs et d'experts civils locaux. En moyenne, le soutien du pays hôte aux opérations de l'OTAN provient pour 75 % des infrastructures et services commerciaux locaux.

    Ces moyens civils sont souvent très vulnérables car ils ont été conçus pour générer un retour sur investissement, et non pour offrir redondance et résilience en temps de crise. Les menaces hybrides brouillant par ailleurs les approches traditionnelles de la gestion de crise, les pouvoirs conférés aux autorités nationales par la législation sur les situations d’urgence en temps de guerre peuvent devenir difficilement applicables, voire obsolètes. Dans l'environnement de sécurité actuel, la résilience face à ces menaces exige une gamme complète de capacités – tant militaires que civiles – et une coopération entre organismes pouvoirs publics et avec le secteur privé. Pour que les Alliés puissent s’entraîner à répondre aux situations de crise, des éléments liés à la préparation du secteur civil sont intégrés dans les exercices militaires de l’OTAN à tous les niveaux, qu’il s’agisse d’exercices de gestion de crise de niveau stratégique ou d’exercices à haute visibilité comme Trident Juncture 2018, ou encore d’exercices de poste de commandement à un niveau moins élevé ou d’exercices sur le terrain.

    Le renforcement de la résilience exige également une interaction continue avec les partenaires et avec d'autres organisations internationales, notamment les Nations Unies et l'Union européenne, ainsi qu'une connaissance commune de la situation.

  • Historique

    Pourquoi la préparation du secteur civil est-elle essentielle pour la défense collective ? Dans les opérations de grande envergure, environ 90 % des transports militaires sont assurés par des moyens civils affrétés ou réquisitionnés auprès du secteur commercial. La chaîne médicale militaire a besoin de moyens d'évacuer les blessés. L’infrastructure médicale civile doit non seulement pouvoir absorber une augmentation du nombre de victimes civiles, mais aussi être en mesure de participer à la chaîne d'évacuation sanitaire et au traitement des victimes militaires. Les communications, tant civiles que militaires, nécessitent des moyens satellites et des réseaux à fibres optiques sécurisés et fiables.

    Les forces OTAN déployées ont besoin, dans le pays hôte, d'un accès à des infrastructures industrielles, à des réseaux électriques, à des ressources en vivres, en eau et en carburant, ainsi qu'à des infrastructures de télécommunications civiles et à des matériaux de construction.

    Elles ont également besoin d'effectifs et d'experts civils locaux. En moyenne, le soutien du pays hôte aux opérations de l'OTAN provient pour 75 % des infrastructures et services commerciaux locaux.

    Ces moyens civils sont souvent très vulnérables car ils ont été conçus pour générer un retour sur investissement, et non pour offrir redondance et résilience en temps de crise. Les menaces hybrides brouillant par ailleurs les approches traditionnelles de la gestion de crise, les pouvoirs conférés aux autorités nationales par la législation sur les situations d’urgence en temps de guerre peuvent devenir difficilement applicables, voire obsolètes. Dans l'environnement de sécurité actuel, la résilience face à ces menaces exige une gamme complète de capacités – tant militaires que civiles – et une coopération entre organismes pouvoirs publics et avec le secteur privé. Pour que les Alliés puissent s’entraîner à répondre aux situations de crise, des éléments liés à la préparation du secteur civil sont intégrés dans les exercices militaires de l’OTAN à tous les niveaux, qu’il s’agisse d’exercices de gestion de crise de niveau stratégique ou d’exercices à haute visibilité comme Trident Juncture 2018, ou encore d’exercices de poste de commandement à un niveau moins élevé ou d’exercices sur le terrain.

    Le renforcement de la résilience exige également une interaction continue avec les partenaires et avec d'autres organisations internationales, notamment les Nations Unies et l'Union européenne, ainsi qu'une connaissance commune de la situation.