Le programme pour la science au service de la paix et de la sécurité

  • Mis à jour le: 31 Mar. 2020 12:59

Le programme pour la science au service de la paix et de la sécurité (SPS) favorise le dialogue et la coopération pratique entre les pays membres et les pays partenaires de l’OTAN grâce à des activités axées sur la recherche, l’innovation technologique et l’échange de connaissances dans le domaine scientifique. Il offre un financement, une expertise et un soutien à des projets sur mesure qui ont trait à la sécurité et qui sont en phase avec les objectifs stratégiques de l’OTAN.

 

Points principaux

  • Le programme SPS promeut la coopération pratique axée sur les résultats en associant des scientifiques, des experts et des représentants des pays de l’Alliance et des pays partenaires.
  • Tenant compte de l’évolution de l’environnement de sécurité, il sert les objectifs stratégiques et les priorités politiques que l’OTAN s'est fixés pour ses relations avec les partenaires.
  • Il contribue à l’action de l’OTAN visant à projeter la stabilité et à renforcer les capacités de défense dans les pays partenaires.
  • Les activités SPS s'articulent autour de priorités clés : faire face à des défis de sécurité tels que le terrorisme et les cybermenaces, développer des technologies innovantes liées à la sécurité, soutenir les missions et les opérations dirigées par l’OTAN et prendre en compte les dimensions humaines et sociales de la sécurité.
  • Au cours des cinq dernières années, le programme SPS a permis de mener plus de 450 activités en collaboration dans les pays membres et les pays partenaires, sur des questions telles que la cyberdéfense (Jordanie) ou le déminage à but humanitaire (Ukraine).

 

Pour en savoir plus

  • Présentation du programme

    Le programme SPS favorise la coopération pratique menée sur des questions ayant trait à la sécurité avec la vaste communauté de pays partenaires de l'OTAN grâce à des activités axées sur la recherche, l’innovation et l’échange de connaissances dans le domaine scientifique.

    Il rassemble des scientifiques, des experts et des représentants des pays de l’Alliance et des pays partenaires autour d'activités visant à faire face à des défis de sécurité tels que les cybermenaces, le terrorisme et les menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN), à soutenir les missions et les opérations dirigées par l’OTAN, à favoriser le développement de technologies avancées en rapport avec la sécurité (capteurs et détecteurs, nanotechnologies, drones, etc.) et à prendre en compte les dimensions humaines et sociales de la sécurité, comme la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU sur les femmes, la paix et la sécurité.

    Le programme SPS tire un grand profit de l’expertise des diverses agences et divisions de l'OTAN, des délégations des pays ainsi que d’autres organismes tels que les centres d’excellence.

    Il offre à l’Alliance un canal de communication non militaire sans pareil, notamment dans des situations ou des régions où d’autres formes de dialogue seraient difficiles à établir. Il donne à l’OTAN la possibilité de s’impliquer activement dans ces régions, où il est souvent le premier lien concret entre l’Organisation et un nouveau pays partenaire.

    Le programme SPS n’a cessé d’évoluer depuis sa création, en 1958. Une réorientation globale a ainsi été opérée en 2013, qui a permis de le recentrer sur des activités stratégiques de plus grande envergure, allant au-delà d’une coopération purement scientifique.

  • Octroi de subventions SPS

    Financé sur le budget civil de l’OTAN, le programme SPS prévoit quatre mécanismes d’octroi des subventions selon le type d'activités menées : projets de recherche pluriannuels, ateliers de recherche avancée, cours de haut niveau et stages d’étude de haut niveau. Les personnes intéressées doivent élaborer des propositions d’activité entrant dans l’une de ces catégories. De plus, toutes les activités financées dans le cadre du programme SPS doivent respecter les règles énoncées dans les manuels relatifs à la gestion du programme.

    Les parties intéressées soumettent leur demande de subvention par l’intermédiaire des directeurs de projet envisagés, dont au moins un doit provenir d’un pays de l’Alliance, et au moins un autre d'un pays partenaire. Les activités proposées doivent aussi avoir trait directement à au moins une des priorités clés du programme SPS et avoir un lien clair avec la sécurité. Chaque demande de subvention SPS est soumise à un processus complet d’évaluation et d’examen par les pairs.

    Ce processus permet de garantir que toutes les demandes de subventions SPS approuvées ont été soigneusement évaluées, sur le plan de leur intérêt scientifique et de leur impact en termes de sécurité, par des experts de l’OTAN et des scientifiques indépendants et, sur le plan politique, par les pays de l’Alliance eux-mêmes.

  • Le programme SPS à l’appui des priorités politiques de l’OTAN

    Les projets phares du programme SPS contribuent à la mise en œuvre de plusieurs initiatives et priorités de partenariat clés de l’OTAN et ont été mentionnés comme livrables dans les documents de différents sommets tenus par l'Organisation.

    Initiative de renforcement des capacités de défense et des capacités de sécurité s’y rapportant (DCB)

    L’initiative DCB a été lancée au sommet du pays de Galles, en 2014, dans le but de conforter l’engagement de l’Organisation envers ses partenaires. Elle prévoit ainsi l’octroi d’un soutien aux pays qui demandent l’aide de l’OTAN pour le renforcement de leurs capacités de défense. Actuellement, le programme SPS est utilisé à l'appui des paquets DCB pour l’Iraq, pour la Jordanie et pour la République de Moldova.

    • En Iraq, les forces de sécurité ont été formées à la lutte contre les engins explosifs improvisés (lutte anti-EEI), et des équipements spécialisés leur ont été fournis. Les opérations de lutte anti-EEI menées par l’Iraq appuient les efforts humanitaires visant à permettre aux personnes déplacées de regagner leur domicile en toute sécurité. Une formation pratique de haut niveau a en outre été organisée sur le thème de la cyberdéfense pour les administrateurs système et réseau iraquiens, afin de répondre directement aux besoins des autorités du pays.
    • En Jordanie, le programme SPS a contribué à l’élaboration d’une stratégie nationale de cyberdéfense,  améliorant de ce fait sensiblement la posture du pays dans ce domaine. C’est aussi dans le cadre de ce programme qu’un centre d’alerte et de réaction aux attaques informatiques (CERT) a été mis sur pied pour les forces armées jordaniennes et que ces dernières ont pu participer à des stages de formation à la lutte anti-EEI spécialement conçus à leur intention et dispensés en collaboration avec le Centre d’excellence OTAN pour la lutte anti-EEI, établi en Espagne.
    • En République de Moldova, un projet SPS pluriannuel a permis d’établir un laboratoire de cyberdéfense destiné à servir de centre de formation pour les fonctionnaires des institutions de sécurité et de défense. Les administrateurs système et réseau du ministère de la Défense moldove ont en outre pu suivre une formation approfondie à la cyberdéfense. Un autre projet pluriannuel, lancé en 2016, aide le gouvernement moldove et les acteurs de la société civile à élaborer une stratégie nationale interinstitutionnelle pour la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU sur les femmes, la paix et la sécurité.

    Projeter la stabilité dans le voisinage de l’Alliance par la coopération pratique
    En 2016, au sommet de Varsovie, les dirigeants des pays de l’OTAN ont souligné qu’ils étaient déterminés à contribuer davantage à l'action de la communauté internationale visant à projeter la stabilité et à renforcer la sécurité au-delà des frontières de l’Alliance. Le programme SPS contribue activement à cette action au travers d'un dialogue et d'une coopération pratique avec les pays partenaires. Il s'appuie ainsi sur une approche équilibrée et souple à 360° afin d'aider à faire face aux défis de sécurité qui se posent à l’est et au sud de l’Alliance, notamment le terrorisme.

    • Renforcement des capacités de l'Égypte pour la détection des restes explosifs de guerre et l’accès aux zones concernées
      Ce projet, lancé en 2014, vise à doter l’Égypte d’une capacité opérationnelle renforcée de détection et d'enlèvement des restes explosifs de guerre. Une telle capacité permettra d'améliorer la sécurité des démineurs égyptiens, qui connaîtront moins d'accidents lors des opérations d'enlèvement et qui gagneront en confiance et en fiabilité. Le projet se fera immédiatement sentir sur la sûreté et la sécurité de la population locale car il réduit les risques inhérents aux restes explosifs de guerre et permet de libérer des terres pour le développement économique du pays.
    • Système de commandement de nouvelle génération pour la gestion des incidents dans les Balkans occidentaux
      Ce projet phare, qui bénéficie du soutien du programme SPS et de la direction Science et Technologie du département américain de la Sécurité intérieure des États-Unis, vise à développer et à mettre en place un système qui facilite la coordination entre primo-intervenants et qui améliore la gestion des situations d’urgence civile dans la région. Le système de nouvelle génération mettra les intervenants en mesure d'échanger toutes sortes d’informations concernant un incident donné, notamment des données GPS et des images, par l’intermédiaire de dispositifs mobiles. La connaissance de la situation en temps réel s’en trouvera fondamentalement améliorée, ce qui facilitera l’élaboration d’une réponse coordonnée appropriée aux catastrophes d’origine naturelle ou humaine.
    • Formation avec agents actifs pour primo-intervenants CBRN
      L’objectif global du stage de formation de formateurs avec agents actifs, organisé à Vyškov (République tchèque) par le Centre d’excellence interarmées pour la défense chimique, biologique, radiologique et nucléaire, était de permettre à 17 primo-intervenants égyptiens, jordaniens et tunisiens d’apprendre à évaluer, à surveiller et à gérer les conséquences d’un incident CBRN. Les instructeurs du Centre d'excellence ont reçu le renfort d'experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). La formation avait pour but d’aider les pays partenaires à améliorer leurs plans civils d’urgence, à compléter leur système de formation national et à améliorer la coordination entre primo-intervenants.

    Ensemble complet de mesures d’assistance en faveur de l’Ukraine

    Réunis à Varsovie le 9 juillet 2016, les chefs d’État et de gouvernement des pays de la Commission OTAN-Ukraine ont entériné l’ensemble complet de mesures d’assistance en faveur de l’Ukraine (CAP), qui vise à consolider et à améliorer le soutien que l’OTAN apporte à l’Ukraine pour l'aider à rendre ses organes de défense et de sécurité plus efficaces, plus efficients et plus aptes à rendre compte. Le programme SPS a permis, dans le cadre de projets relevant du CAP, de mener plusieurs activités dans des domaines retenus en priorité pour la coopération avec l’Ukraine.

    • Un projet a ainsi été consacré à la mise au point d'un système multinational de télémédecine, qui permet à des spécialistes médicaux d’intervenir en cas de catastrophes ou d’incidents majeurs survenant hors des frontières nationales. Dotés d’appareils portatifs adaptés, les primo-intervenants peuvent se connecter au système pour recevoir, sur le lieu de l’intervention d'urgence, même dans des zones reculées, les conseils avisés de spécialistes. Les technologies de communication modernes permettent à des spécialistes organisés en réseau à l'échelle internationale d’évaluer l’état de patients, de poser un diagnostic et de formuler des recommandations en temps réel. La télémédecine, qui permet d’apporter rapidement l’assistance et les soins appropriés aux personnes qui en ont le besoin le plus urgent, offre la possibilité de sauver de nombreuses vies.
    • Un autre projet SPS, axé lui sur le déminage à but humanitaire, a permis de renforcer la capacité du Service d’État des situations d’urgence (DSNS) de l'Ukraine à conduire des opérations de déminage dans l’est du pays. Globalement, ce projet visait à protéger la population civile dans les zones touchées par le conflit et à permettre le retour des personnes déplacées. Il sera complété par une initiative qui s’étalera sur plusieurs années et qui aura pour objectif le développement d’un radar 3D de détection des mines terrestres innovant.