Le programme pour la science au service de la paix et de la sécurité

  • Mis à jour le: 29 Jun. 2021 15:43

Le programme pour la science au service de la paix et de la sécurité (SPS) favorise le dialogue et la coopération pratique entre les pays membres et les pays partenaires de l’OTAN grâce à des activités axées sur la recherche, l’innovation technologique et l’échange de connaissances dans le domaine scientifique. Il offre un financement, une expertise et un soutien à des activités civiles sur mesure qui ont trait à la sécurité et qui cadrent avec les objectifs stratégiques de l’OTAN.

 

  • Le programme SPS favorise une collaboration pratique, axée sur les résultats, entre des scientifiques, des experts et des représentants des pouvoirs publics des pays de l’Alliance et des pays partenaires.
  • Tenant compte de l’évolution de l’environnement de sécurité, il sert les objectifs stratégiques et les priorités politiques que l’OTAN s'est fixés pour ses relations avec les partenaires.
  • Il entre dans le cadre de ce que fait l’OTAN pour projeter la stabilité et renforcer les capacités dans les pays partenaires.
  • Les activités SPS s'articulent autour de priorités ayant trait à la sécurité : la lutte contre le terrorisme, la cyberdéfense, les technologies de pointe, la sécurité énergétique et environnementale, et les risques liés aux incidents chimiques, biologiques, radiologiques ou nucléaires ou aux explosions (CBRNE).
  • Au cours des cinq dernières années, le programme SPS a permis aux pays de l’Alliance et aux pays partenaires de mener plus de 450 activités en collaboration.

 

Pour en savoir plus

  • Présentation du programme

    Le programme SPS favorise la coopération pratique dans le domaine de la science civile en encourageant la recherche, l’innovation et l’échange de connaissances sur des sujets ayant trait à la sécurité. Il met en relation la communauté scientifique et l’OTAN grâce à des activités de coopération qui visent à trouver des réponses aux défis de sécurité émergents. Au travers des activités SPS, des civils (chercheurs, universitaires, experts) aident l’Alliance à repérer les vulnérabilités ainsi qu’à comprendre et contrer les menaces, et jouent en cela un rôle important.

    Le programme SPS offre à des scientifiques, des experts et des représentants des pouvoirs publics des pays de l’OTAN et des pays partenaires des possibilités tout à fait uniques de se constituer en réseau pour véritablement travailler ensemble et produire des résultats concrets qui contribuent au progrès scientifique et technique. Les réseaux ainsi créés conçoivent et mènent à bien, en coopération, des activités qui s'intéressent à des thèmes comme la cyberdéfense, la lutte contre le terrorisme, la sécurité énergétique et environnementale, et la défense contre les agents CBRNE. Les initiatives visent par exemple à développer des technologies de pointe liées à la sécurité dans des domaines tels que la quantique, la détection, l’intelligence artificielle et l’autonomie. Les projets s'intéressent aussi aux dimensions humaines et sociales de la sécurité, et donc, par exemple, à la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU sur les femmes, la paix et la sécurité.

    Le programme SPS offre également à l’Alliance un canal de communication non militaire avec des scientifiques et des experts, notamment dans des situations ou des régions où d’autres formes de dialogue sont difficiles à établir. Il donne à l’OTAN la possibilité de s’impliquer activement dans ces régions, où il est souvent le premier lien concret entre l’Organisation et les nouveaux pays partenaires.

    Le programme SPS n’a cessé d’évoluer depuis sa création, en 1958. Une réorientation globale a ainsi été opérée en 2013, qui a permis de le recentrer sur des activités stratégiques de plus grande envergure, allant au-delà d’une coopération purement scientifique.

  • Octroi de subventions SPS

    Le programme SPS soutient la coopération scientifique au travers de mécanismes d’octroi de subventions permettant de financer des projets pluriannuels et d'autres activités (ateliers de recherche avancée (ARW), stages d'étude de haut niveau (ASI) ou cours de haut niveau (ATC)). Toutes les activités subventionnées par le programme SPS entrent dans l’une de ces catégories.

    Le programme parraine à la fois des activités descendantes et des activités ascendantes. Les premières sont menées à l’initiative du Secrétariat international de l’OTAN, avec le concours de pays alliés et/ou de pays partenaires, tandis que les secondes sont proposées directement aux gestionnaires du programme SPS par des scientifiques ou des experts indépendants en réponse à un appel à propositions publié sur le site du programme.

    Pour pouvoir bénéficier d'une subvention SPS, toute proposition doit être préparée conjointement par au moins un directeur de projet d’un pays de l’Alliance et au moins un directeur de projet d’un pays partenaire. Les activités proposées doivent aussi avoir trait directement à au moins une des priorités clés du programme SPS et avoir un lien clair avec la sécurité. Chaque demande de subvention SPS est soumise à un processus d’évaluation et d’examen par les pairs en plusieurs phases, qui tient compte de considérations techniques, scientifiques et politiques.

    Ce processus permet de garantir que toutes les demandes de subventions SPS approuvées ont été soigneusement évaluées, au regard de leur intérêt scientifique et de leur impact prévisible en termes de sécurité, par des experts de l’OTAN et des scientifiques indépendants ainsi que par les pays de l’Alliance, réunis au sein du Comité des partenariats et de la sécurité coopérative (PCSC).

  • Coup de projecteur sur certaines activités SPS

    Les activités phares du programme SPS contribuent à la réalisation des objectifs stratégiques de l’OTAN et à la mise en œuvre de plusieurs initiatives de partenariat clés de l’OTAN. Plus particulièrement, les activités SPS sont une partie intégrante de ce que fait l’Alliance pour projeter la stabilité et renforcer la sécurité, y compris au-delà de son territoire, et elles cadrent avec les orientations et priorités énoncées lors des sommets ou des réunions ministérielles de l’OTAN.
    Certaines activités phares du programme SPS sont présentées ci-après.

    • En réponse aux menaces terroristes, le programme SPS soutient le consortium DEXTER (détection des explosifs et des armes à feu dans le cadre de la lutte contre le terrorisme). Le programme DEXTER est une initiative multinationale descendante gérée par un consortium de onze laboratoires et instituts de recherche de pays membres de l’OTAN (France, Italie, Allemagne, Pays-Bas) et de pays partenaires (Ukraine, Finlande, République de Corée, Serbie). Lancée en 2019, cette initiative vise à mettre au point, pour un coût abordable, un système intégré de fusion de données multicapteurs qui permette de détecter, à distance et en temps réel, des explosifs et des armes à feu dans des lieux publics. À terme, ce système devrait permettre de repérer les individus portant une arme à feu ou des explosifs sans perturber le flux des usagers dans les lieux très fréquentés (stations de métro, gares et aéroports) et dans des lieux de grand rassemblement, et pourrait ainsi se substituer aux fouilles aléatoires ou aux multiples postes de contrôle servant à gérer les foules.
    • Au travers d’activités innovantes dans le domaine des technologies de pointe liées à la sécurité, le programme SPS aligne son action sur les efforts que déploie l’OTAN pour maintenir l’avance technologique de ses pays membres. En particulier, le programme subventionne des projets de recherche-développement et facilite le partage des connaissances dans des disciplines visées par les débats en cours sur les technologies émergentes et les technologies de rupture (technologies quantiques, systèmes autonomes, intelligence artificielle et apprentissage automatique, bio-ingénierie et amélioration humaine). En outre, les activités SPS permettent à des chercheurs de pays membres de l’OTAN et de pays partenaires de prendre part à des projets de recherche ayant trait, notamment, à la science des données, aux systèmes de communication, à la détection, aux matériaux avancés et à la convergence technologique.
    • En matière de cyberdéfense, les activités SPS visent à mieux faire connaître la problématique, à renforcer les capacités et à améliorer la recherche-développement. Entre 2018 et 2020, le programme SPS a parrainé des cours de haut niveau sur la cyberdéfense, adaptés au public cible, auxquels ont participé plus de 400 experts des pays partenaires (Azerbaïdjan, Jordanie et Tunisie notamment), ainsi que de la Macédoine du Nord, qui préparait son adhésion à l’OTAN. En 2020, deux projets pluriannuels portant sur le renforcement des capacités se sont achevés en Mongolie et en République de Moldova. Il s'agissait d'offrir aux forces armées de ces pays des équipements, des formations et des conseils techniques en vue de la création d'une capacité de réaction aux incidents cyber. Les projets de recherche-développement subventionnés par le programme SPS dans le domaine de la cyberdéfense réunissent des experts de pays de l’Alliance et de pays partenaires autour de questions liées à l’informatique quantique, aux technologies de cybersécurité et à la sécurité des systèmes cyberphysiques.
    • S’agissant de la gestion de crise, le programme SPS et la direction Science et Technologie du département de la Sécurité intérieure des États-Unis soutiennent un projet phare s'étalant sur plusieurs années, qui consiste à développer et à mettre en place un système de commandement « nouvelle génération » pour la gestion des incidents dans les Balkans occidentaux. Cet outil, qui facilite la coordination entre primo-intervenants en cas de catastrophe naturelle ou autre incident, a pour but d’améliorer la gestion des situations d’urgence civile dans la région. Le programme SPS contribue par ailleurs à l’amélioration du système mauritanien de gestion de crise au travers de l’initiative descendante PROMEDEUS. Lancé en juillet 2020, ce projet pluriannuel s’appuie sur les résultats de deux précédents projets SPS, qui ont permis d’établir un centre de gestion de crise à Nouakchott, la capitale mauritanienne, et quatre centres régionaux de coordination des opérations. PROMEDEUS vise à renforcer le dispositif de santé publique et de protection civile du pays en améliorant ses capacités d'intervention et ses capacités de gestion des situations d’urgence, et en créant notamment un système de télémédecine pour les urgences médicales.
    • Le vaste réseau d’experts, de scientifiques et d’instituts de recherche sur lequel s’appuie le programme SPS travaille, sous divers angles, sur les conséquences de la pandémie de COVID-19 sur la sécurité, et il contribue ainsi à la réponse de l’OTAN à la pandémie. Par exemple, en mai 2020, le programme SPS a lancé un projet scientifique visant à concevoir des outils pour un diagnostic rapide et à grande échelle de la COVID-19. Des laboratoires de recherche d’universités italiennes et suisses ainsi que l’Institut supérieur de la santé (ISS) italien sont en charge de cette initiative. Ils ont l’expertise voulue en immunologie, en virologie et en biologie moléculaire pour mettre au point une nouvelle génération de méthodes d’immunodiagnostic rapides, précises et sensibles.
    • Le programme SPS soutient l’initiative OTAN de renforcement des capacités de défense et des capacités de sécurité se rapportant à la défense (DCB) au travers de projets phares, de cours et d’ateliers. En réponse aux besoins exprimés par les autorités iraquiennes, jordaniennes et moldoves à cet égard, des activités SPS sur mesure ont été menées dans les domaines de la lutte contre les engins explosifs improvisés (EEI), de la cyberdéfense et de la sécurité aux frontières et dans le cadre du programme « femmes, paix et sécurité ». Actuellement, le programme SPS contribue à la mise en œuvre du paquet DCB de la Tunisie en proposant deux cours de haut niveau qui permettent aux employés d’institutions gouvernementales clés d’améliorer leurs compétences en matière de cyberdéfense. Dans le domaine de la défense chimique, biologique, radiologique et nucléaire (CBRN), le programme aide également la Tunisie à renforcer son aptitude à répondre à la menace que représentent les agents chimiques en mettant sur pied et en déployant un laboratoire mobile de chimie à double usage (civil et militaire).
    • Depuis 2014, en réponse à la crise en Ukraine, la coopération avec ce pays dans le secteur des sciences et technologies civiles liées à la sécurité a été renforcée, et l’Ukraine est désormais le principal bénéficiaire du programme SPS. Le Groupe de travail conjoint OTAN-Ukraine sur la coopération scientifique et environnementale s’attache à déterminer les domaines prioritaires vers lesquels les activités SPS doivent s’orienter en priorité. À cet égard, les pistes en cours d’exploration concernent la thématique « femmes, paix et sécurité », en particulier les questions liées à la problématique des femmes revenant de zones de combat, ainsi que la guerre hybride et la recherche scientifique portant sur la mer Noire.
    • Depuis la création du Centre régional OTAN-ICI au Koweït, en 2017, le programme SPS y a organisé deux séries de cours de haut niveau sur mesure, auxquels ont participé des groupes d’experts et de responsables venus de pays de l’Initiative de coopération d’Istanbul et de pays membres du Conseil de coopération des États arabes du Golfe. Les participants ont ainsi pu acquérir des compétences essentielles dans les domaines de la protection des infrastructures énergétiques critiques, de la cyberdéfense et de la réponse aux incidents CBRN. Deux nouveaux cours, élaborés en coopération avec l’École de l’OTAN à Oberammergau (Allemagne) et la Naval Postgraduate School de Monterey (États-Unis), seront organisés en 2021.