• Mis à jour le: 27 Jun. 2018 09:49

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Depuis le début des actions agressives de la Russie à l'encontre de l'Ukraine, les dirigeants russes accusent l'OTAN de menaces et d'actions hostiles. Cette page vise à rétablir les faits.




Les 5 principaux mythes

Premier mythe : la présence de l'OTAN dans la région de la Baltique est dangereuse


Des militaires de l'OTAN s'entretiennent avec des inspecteurs russes chargés de la vérification de la maîtrise des armements au quartier général de la 1re brigade d'infanterie estonienne, à Tapa, le 8 novembre 2017.

Les faits : L’OTAN a pris des mesures défensives et proportionnées pour faire face à l'évolution de l'environnement de sécurité. Suite aux actions agressives de la Russie contre l’Ukraine, les Alliés ont demandé que l'OTAN renforce sa présence dans la région.

En 2016, l’OTAN a déployé quatre groupements tactiques multinationaux chargés d'assurer une « présence avancée rehaussée » en Estonie, en Lettonie, en Lituanie et en Pologne. En 2017, ces groupements tactiques sont devenus pleinement opérationnels. Plus de 4 500 militaires européens et nord-américains travaillent en étroite collaboration avec les forces de défense des pays concernés.

L'OTAN est présente dans la région à la demande des pays hôtes, une initiative largement soutenue par l'opinion publique. Selon un sondage Gallup de 2016, la majorité des habitants des pays de l'Alliance situés dans la région de la Baltique associent l'OTAN à la protection de leur pays. Les forces de l’OTAN respectent les normes de conduite les plus rigoureuses, tant pendant le service qu'en dehors.

Fidèles à l'engagement des Alliés en faveur de la transparence, l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont accueilli, en novembre 2017 et en mars 2018, des inspecteurs russes chargés de la vérification de la maîtrise des armements. Ils ont visité plusieurs sites militaires, y compris des sites utilisés par des groupements tactiques multinationaux de l'OTAN.


Deuxième mythe : la défense antimissile de l'OTAN représente une menace pour la sécurité de la Russie

Les faits : Le système de défense antimissile de l'OTAN est purement défensif et n'est pas dirigé contre la Russie. Les accords bilatéraux conclus entre les États-Unis et les pays hôtes ne permettent pas l'utilisation de sites abritant des missiles à d'autres fins que la défense antimissile.

Le système assure une défense contre les missiles balistiques provenant de l'extérieur de la région euro-atlantique. L'OTAN a tenté à de nombreuses reprises de coopérer avec la Russie sur la défense antimissile. Les déclarations au travers desquelles la Russie menace de prendre des Alliés pour cible en raison de la défense antimissile balistique de l'OTAN sont inacceptables et contre-productives.


Troisième mythe : l'OTAN a tenté d'isoler ou de marginaliser la Russie

Les faits : Depuis plus de vingt ans, l’OTAN s’emploie à construire une relation de coopération avec la Russie.

L'OTAN a fait le premier pas, proposant un dialogue plutôt qu'une confrontation, au sommet qu'elle a tenu à Londres en juillet 1990. Dans les années qui ont suivi, l'Alliance a encouragé le dialogue et la coopération en créant le Partenariat pour la Paix (PPP) et le Conseil de partenariat euro-atlantique (CPEA), ouverts à tous les pays d'Europe, y compris la Russie.

En 1997, l'OTAN et la Russie ont signé l'Acte fondateur sur les relations, la coopération et la sécurité mutuelles, par lequel a été institué le Conseil conjoint permanent OTAN-Russie. En 2002, ce cadre a été renforcé, avec la création du Conseil OTAN-Russie (COR).
Notre volonté était de bâtir de bonnes relations avec la Russie. L'OTAN et la Russie ont collaboré dans des domaines tels que la lutte antidrogue, la lutte contre le terrorisme, le sauvetage des équipages de sous-marins, ou encore les plans civils d'urgence.

Toutefois, en mars 2014, suite aux actions agressives de la Russie contre l'Ukraine, l'OTAN a suspendu sa coopération pratique avec Moscou. Pour autant, l'Organisation n'a pas fermé les canaux de communication avec la Russie. Le Conseil OTAN-Russie s'est réuni à sept reprises depuis avril 2016. Par ailleurs, le secrétaire général de l'OTAN et la secrétaire générale déléguée s'entretiennent régulièrement avec leurs homologues russes. Nous ne recherchons pas la confrontation, mais nous ne pouvons pas laisser la Russie enfreindre les règles internationales, et ainsi compromettre notre stabilité et notre sécurité.


Quatrième mythe : après la Guerre froide, l'OTAN a promis à la Russie qu'elle ne s'élargirait pas

Les faits : Les décisions des pays de l'OTAN sont prises par consensus et sont consignées. Il n'existe aucun document indiquant qu'une telle décision aurait été prise par l'OTAN. Les garanties données à titre personnel par des dirigeants ne peuvent remplacer le consensus des pays de l'Alliance et ne constituent pas la marque d'un accord officiel de l'OTAN.

La « politique de la porte ouverte » de l'OTAN se fonde sur l'article 10 du document fondateur de l'Alliance, le Traité de l'Atlantique Nord (1949), qui stipule que l'adhésion à l'OTAN est ouverte à « tout autre État européen susceptible de favoriser le développement des principes du présent Traité et de contribuer à la sécurité de la région de l'Atlantique Nord » et que toute décision sur l'élargissement doit être prise « par accord unanime ». L'OTAN n'a jamais abrogé l'article 10, ni limité les possibilités d'élargissement. Au cours des 65 dernières années, 29 pays ont choisi, librement et dans le respect des procédures démocratiques qui leur sont propres, d'adhérer à l'OTAN. C'est là leur choix souverain.

Par ailleurs, au moment de cette prétendue promesse, le Pacte de Varsovie existait toujours. Ses membres ne se sont mis d'accord sur sa dissolution qu'en 1991. L'idée de leur adhésion à l'OTAN n'était pas à l'ordre du jour en 1989. Mikhaïl Gorbatchev l'a lui-même confirmé dans un entretien accordé à Russia Beyond The Headlines :

« La question de “l'expansion de l'OTAN” n'a pas du tout été examinée, et elle n'a pas été évoquée durant ces années. Je le dis de manière pleinement responsable. Pas un seul pays d'Europe orientale n'a soulevé la question, pas même après que le Pacte de Varsovie eut cessé d'exister, en 1991. Les dirigeants des pays occidentaux ne l'ont pas soulevée non plus. »


Cinquième mythe : l'OTAN encercle la Russie

Les faits : Ce mythe fait abstraction de la réalité géographique. Les frontières terrestres de la Russie s'étendent sur un peu plus de 20 000 kilomètres. Sur ces 20 000 kilomètres, 1 215 seulement, soit moins d’un seizième de la longueur totale des frontières, bordent des pays membres de l’OTAN. La Russie a des frontières communes avec 14 pays. Seuls cinq d'entre eux sont membres de l'OTAN.

Hors du territoire des pays de l'OTAN, l'Alliance ne maintient une présence militaire qu'en deux endroits : au Kosovo et en Afghanistan. Ces deux opérations sont menées sous mandat de l'ONU, avec l'assentiment du Conseil de sécurité, dont la Russie est membre. En revanche, la Russie maintient une présence militaire (bases et soldats) dans trois pays – Géorgie, République de Moldova et Ukraine – sans le consentement de leur gouvernement.