Initiative sur les capacités de défense

  • 25 Apr. 1999
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  • Communiqué de presse NAC-S(99)69 069
  • Issued on 25 Apr. 1999
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  • Mis à jour le: 06 Nov. 2008 01:42

A Washington, les chefs d'Etat et de gouvernement des pays de l'OTAN ont lancé une initiative sur les capacités de défense.

Introduction

  1. A Washington, les chefs d'Etat et de gouvernement des pays de l'OTAN ont lancé une initiative sur les capacités de défense. L'objectif de cette initiative est d'améliorer les capacités de défense dans le but de garantir l'efficacité des futures opérations multinationales dans la gamme complète des missions de l'Alliance, compte tenu de l'environnement de sécurité actuel et prévisible, en mettant tout particulièrement l'accent sur l'amélioration de l'interopérabilité entre les forces de l'Alliance et, le cas échéant, entre les forces de l'Alliance et celles des Partenaires.

Le défi : adapter les capacités en fonction d'un nouvel environnement de sécurité

  1. Conformément au nouveau concept stratégique de l'Alliance, l'OTAN doit continuer de maintenir les capacités nécessaires pour faire face à une agression de grande envergure contre un ou plusieurs de ses membres, même s'il est peu probable que cela se produise dans un avenir prévisible. Il est vraisemblable que les délais d'alerte en cas d'émergence éventuelle d'une telle menace resteraient longs. Les menaces potentielles contre la sécurité de l'Alliance proviendraient sans doute davantage de conflits régionaux, de luttes ethniques ou d'autres crises en dehors du territoire de l'Alliance, ainsi que de la prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs.
  2. On peut penser que les futures opérations militaires de l'Alliance, y compris les opérations de réponse aux crises ne relevant pas de l'article 5, seront d'une envergure plus réduite que celles qui constituaient le fondement des plans de l'OTAN pendant la guerre froide. Elles pourraient être de plus longue durée, étendre la coopération multinationale à des échelons inférieurs et avoir lieu en même temps que d'autres opérations de l'Alliance. Dans de nombreux cas, les opérations ne relevant pas de l'article 5 mettront en jeu des contributions de forces de pays partenaires, voire d'autres pays non membres de l'Alliance. Des opérations pourraient devoir être menées en dehors du territoire de l'Alliance avec peu ou pas d'accès aux installations d'infrastructure existantes de l'OTAN. Il pourrait ne pas être possible d'invoquer les législations nationales d'urgence en vigueur afin de disposer de moyens de transport civils pour les besoins des déploiements ou de mobiliser les réserves. Ces évolutions imposeront de nouvelles exigences en rapport avec les capacités nécessaires aux forces de l'OTAN, en particulier dans le domaine de l'interopérabilité. Il est important que tous les pays soient en mesure d'apporter une contribution équitable à la gamme complète des missions de l'Alliance, quelles que soient les différences entre les structures de défense des pays.
  3. Des progrès significatifs ont été accomplis ces dernières années dans l'adaptation des forces de l'Alliance aux exigences de ce nouvel environnement de sécurité. Cependant, les capacités dont disposent de nombreux Alliés pour le déploiement rapide d'une partie importante de leurs forces en dehors du territoire national, ou pour un soutien prolongé d'opérations et la protection des forces loin des bases habituelles, sont encore relativement limitées. Les systèmes de commandement et de contrôle et les systèmes d'information doivent être mieux adaptés aux exigences des opérations militaires futures de l'Alliance, qui impliqueront l'échange d'un volume d'informations bien plus élevé que dans le passé et s'étendant à des échelons inférieurs. Il faudra, pour maintenir l'efficacité des opérations multinationales, prêter une attention particulière aux défis dans le domaine de l'interopérabilité. Dans ce contexte, il importe de tenir compte davantage des facteurs humains (notamment à l'égard d'approches communes en matière de doctrine, d'entraînement et de procédures opérationnelles) et de la normalisation, ainsi que des défis que représentent l'évolution technologique qui s'accélère et les rythmes différents auxquels les Alliés mettent en service des moyens évolués. Les améliorations apportées à l'interopérabilité et aux capacités essentielles devraient aussi renforcer le pilier européen de l'OTAN.

La marche à suivre

  1. Dans ce contexte, l'Alliance a examiné des domaines dans lesquels des améliorations des capacités représenteraient une contribution significative face aux défis que réserve l'avenir. Le but a été d'élaborer une évaluation commune des besoins relatifs à la gamme complète des missions de l'Alliance. En déterminant les domaines les plus importants dans lesquels des améliorations doivent être apportées, et en se concentrant tout spécialement sur l'interopérabilité, l'Alliance a axé ses travaux sur l'aptitude au déploiement et la mobilité de ses forces, leur capacité de soutien et la logistique, leur surviabilité et leur efficacité dans l'engagement, et sur les systèmes d'information, ainsi que de commandement et de contrôle. Dans certains cas, il a été possible à ce stade initial de définir les mesures à prendre pour améliorer certaines capacités. Dans d'autres domaines, il y a lieu de poursuivre les travaux afin d'examiner différentes formules et de livrer des recommandations fermes concernant les améliorations à apporter. L'initiative souligne l'importance de la dimension que revêt cette tâche en matière de ressources ainsi que la nécessité d'une coordination renforcée entre les différentes disciplines de planification de la défense, tient compte de l'aptitude des Alliés européens à mener des opérations dirigées par l'UEO, porte sur les moyens d'améliorer les capacités des formations multinationales et sur des questions telles que l'entraînement, la doctrine, les facteurs humains, l'élaboration et l'expérimentation de concepts et la normalisation.
  2. Dans le cadre de la présente initiative sur les capacités de défense, les chefs d'Etat et de gouvernement ont établi un groupe directeur de haut niveau (HLSG) provisoire chargé de suivre la mise en oeuvre de l'initiative et de répondre à la nécessité de coordonner et d'harmoniser les disciplines de planification pertinentes, y compris, pour les Alliés concernés, la planification des forces, compte tenu de la normalisation OTAN, dans le but de produire des effets durables s'agissant des améliorations apportées aux capacités et à l'interopérabilité.