L’OTAN en Bosnie-Herzégovine
Avec la désintégration de la Yougoslavie, un violent conflit a éclaté en Bosnie‑Herzégovine en avril 1992. L’Alliance a réagi dès l’été 1992, en faisant respecter l’embargo sur les armes décrété par l’ONU dans la région de la mer Adriatique (en coopération avec l’UEO depuis 1993), ainsi que la zone d’exclusion aérienne établie par le Conseil de sécurité de l’ONU. C’est dans le cadre de la surveillance de la zone d’exclusion aérienne que l’OTAN a lancé les premières opérations de combat de son histoire, abattant quatre chasseurs-bombardiers bosno-serbes qui effectuaient une mission de bombardement le 28 février 1994.
Au mois d’août 1995, pour mettre fin à la violence provoquée par les Serbes en Bosnie‑Herzégovine, les troupes de maintien de la paix de l’ONU ont demandé que des frappes aériennes soient menées par l’OTAN. L’opération Deadeye a débuté le 30 août contre les forces aériennes des Serbes de Bosnie, mais ces derniers ne se sont pas pliés pour autant aux exigences de retrait formulées par les Nations Unies. Aussi l’OTAN a‑t‑elle lancé l’opération Deliberate Force, qui ciblait les installations de commandement et de contrôle et les dépôts de munitions des Serbes de Bosnie. Cette campagne aérienne de l’Alliance a été essentielle pour amener les Serbes à s’asseoir à la table des négociations et pour mettre un terme à la guerre en Bosnie.
Après la signature de l’accord de paix de Dayton en décembre 1995, l’OTAN a immédiatement déployé une Force de mise en œuvre (IFOR) de quelque 60 000 hommes, sous mandat des Nations Unies. Cette opération (Joint Endeavour) a été suivie, en décembre 1996, par le déploiement d'une Force de stabilisation (SFOR) de 32 000 hommes.
Compte tenu de l’amélioration de la situation de sécurité, l’OTAN a mis fin à son opération de soutien de la paix en décembre 2004, et l'Union européenne a déployé une nouvelle force, baptisée opération Althea. L'Alliance conserve un quartier général militaire dans le pays pour effectuer un certain nombre de tâches spécifiques, qui consistent en particulier à aider les autorités du pays à réformer leurs structures de défense.
L’OTAN dans l’ex-République yougoslave de Macédoine¹
Répondant à une demande du gouvernement macédonien visant à atténuer les tensions interethniques grandissantes, l’OTAN a mené successivement trois opérations en Macédoine entre août 2001 et mars 2003.
La première, Essential Harvest, a permis de désarmer les groupes d’origine albanaise qui opéraient sur le territoire de la Macédoine.
Ensuite, l’opération Amber Fox a permis d'assurer la protection des observateurs internationaux chargés de surveiller la mise en œuvre du plan de paix.
Enfin, l’opération Allied Harmony, lancée en décembre 2002, consistait à fournir des éléments consultatifs chargés d'aider le gouvernement à assurer la stabilité sur l'ensemble du territoire macédonien.
Ces opérations dans l’ex-République yougoslave de Macédoine* ont illustré la forte coopération qui existe entre l’OTAN, l’Union européenne et l'OSCE. L’OTAN reste déterminée à aider l’ex-République yougoslave de Macédoine* à intégrer les structures euro-atlantiques. À cette fin, le QG de l’OTAN à Skopje a été créé en avril 2002 pour donner des avis sur les aspects militaires de la réforme du secteur de la sécurité. Il fonctionne encore actuellement.
Première opération OTAN de lutte contre le terrorisme
Le 4 octobre 2001, après qu’il eut été établi que les attentats du 11 septembre à New York et à Washington D.C. avaient été dirigés depuis l’étranger, l’OTAN a approuvé un paquet de huit mesures à l’appui des États-Unis. À la demande de ces derniers, elle a mené sa toute première opération antiterroriste, Eagle Assist, de la mi-octobre 2001 à la mi‑mai 2002.
Sept avions radar AWACS de l’OTAN ont ainsi aidé à patrouiller l’espace aérien américain ; au total, 830 membres d’équipage de 13 pays de l’OTAN ont effectué plus de 360 sorties. C’était la première fois que des moyens militaires de l’OTAN étaient déployés à l’appui d’une opération relevant de l’article 5.
Deuxième guerre du Golfe
Pendant la deuxième guerre du Golfe, l’OTAN a déployé des avions radar AWACS et des batteries d’artillerie antiaérienne afin d’améliorer la défense de la Turquie. Ce déploiement s’est fait dans le cadre de l’opération Display Deterrence, qui s’est déroulée du 20 février au 16 avril 2003. Les AWACS ont effectué cent missions, représentant 950 heures de vol au total.
Protection d’événements publics
En réponse à une demande du gouvernement grec, l’OTAN a apporté une aide à l’occasion des Jeux olympiques et paralympiques d’Athènes, en menant l’opération Distinguished Games du 18 juin au 29 septembre 2004. Elle a fourni un soutien dans le domaine du renseignement, et elle a mis à disposition des moyens de défense contre des attaques chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN), ainsi que des avions radar AWACS. C’est la première opération dans le cadre de laquelle l’OTAN a fourni une aide à l’intérieur des frontières d’un pays membre sans que cela relève de l’article 4 ou de l’article 5.
De même, l’OTAN a répondu à une demande d’aide émanant du gouvernement letton et visant à assurer la sécurité du sommet de Riga, en novembre 2006. L’OTAN a ainsi apporté une aide dans les domaines suivants : sécurité technique, capacités de réaction aux incidents CBRN, police des airs et de la mer, détection d’engins explosifs improvisés (EEI), systèmes de communications et d’information, et soutien à l’évacuation sanitaire.
L'OTAN et l'Iraq
L’OTAN a mené en Iraq, de 2004 à 2011, une opération de soutien relativement petite, mais importante, qui consistait à former, encadrer et aider les forces de sécurité iraquiennes. Au sommet d’Istanbul, en juin 2004, les Alliés ont surmonté leurs divergences et décidé de contribuer à l'effort international visant à aider l'Iraq à se doter de forces de sécurité efficaces et responsables. C’est ainsi qu’a été créée la Mission OTAN de formation en Iraq (NTM-I). La NTM-I a apporté un soutien dans différents contextes, s'agissant de la formation, des avis et du mentorat. Tous les pays membres de l'OTAN ont participé à l'effort de formation, à l'intérieur ou à l'extérieur de l'Iraq, au moyen de contributions financières ou de dons d’équipements. Parallèlement, pour renforcer cette initiative, l’OTAN s’est aussi employée à définir avec le gouvernement iraquien un cadre de coopération structuré afin de développer ses relations à long terme avec l’Iraq.
Cyclone Katrina
Après que le cyclone Katrina a frappé le sud des États-Unis le 29 août 2005, faisant de nombreuses victimes et provoquant des dégâts et des inondations considérables, le gouvernement américain a demandé des vivres, du matériel médical et des approvisionnements logistiques, ainsi qu’une aide pour le transfert de ces fournitures dans les zones sinistrées. Le 9 septembre 2005, le Conseil de l’Atlantique Nord a approuvé un plan militaire d’aide aux États-Unis, qui consistait à contribuer à la coordination de l’acheminement des matériels requis d’urgence et à appuyer les opérations de secours humanitaires. Pendant l’opération (du 9 septembre au 2 octobre), neuf pays membres ont fourni 189 tonnes de matériels aux États-Unis.
Opération de secours après le tremblement de terre au Pakistan
Juste avant le début du rigoureux hiver himalayen, un tremblement de terre dévastateur a frappé le Pakistan le 8 octobre 2005, faisant environ 53 000 morts, 75 000 blessés et quatre millions au moins de sans-abri. Le 11 octobre, répondant à une demande du Pakistan, l’OTAN a lancé une opération pour contribuer à l’aide humanitaire d’urgence. L’Alliance a acheminé par voie aérienne 3 500 tonnes de fournitures et déployé des ingénieurs, des unités médicales et des matériels spécialisés pour soutenir les opérations de secours. Cette opération d’aide humanitaire, l’une des plus importantes organisées par l’OTAN, s’est achevée le 1er février 2006.
Au fil des ans, l’Alliance a aidé à coordonner l’aide fournie à d'autres pays frappés par des catastrophes naturelles, notamment la Turquie, l'Ukraine et le Portugal. Elle s’y emploie par l’intermédiaire du Centre euro-atlantique de coordination des réactions en cas de catastrophe.
Aide à l’Union africaine au Darfour (Soudan)
La Mission de l’Union africaine au Soudan (MUAS) avait pour but de mettre un terme à la violence qui sévissait dans cette région depuis l’éclatement d’un conflit en 2003, et d’y améliorer la situation humanitaire. De juin 2005 au 31 décembre 2007, l’OTAN a assuré un transport aérien pour quelque 37 000 hommes de la MUAS, et assuré la formation et le mentorat de plus de 250 responsables de cette mission. Bien que le soutien fourni par l'OTAN à cette mission ait pris fin lorsque la MUAS a été remplacée par l’opération hybride UA/ONU au Darfour (MINUAD), l’Alliance s’est immédiatement déclarée disposée à examiner toute demande de soutien pour la nouvelle mission de maintien de la paix.
Lutte contre la piraterie dans le golfe d'Aden et au large de la Corne de l'Afrique
D’octobre à décembre 2008, l’OTAN a mené l’opération Allied Provider, qui consistait à lutter contre les activités de piraterie au large des côtes somaliennes. En réponse à une demande du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, les forces navales de l’OTAN ont escorté des navires affrétés par le Programme alimentaire mondial (PAM) en transit dans les eaux dangereuses du golfe d’Aden, où la recrudescence des actes de piraterie risquait de compromettre les efforts humanitaires internationaux en Afrique.
Parallèlement, répondant à une demande urgente de l’Union Africaine, ces mêmes forces navales de l’OTAN ont escorté un navire affrété par l’Union africaine qui transportait du matériel pour le contingent du Burundi déployé dans le cadre de l'AMISOM.
De mars à août 2009, l’OTAN a lancé l’opération Allied Protector, une opération de lutte contre la piraterie destinée à améliorer la sécurité des routes commerciales maritimes et la navigation internationale au large de la Corne de l’Afrique. La force affectée à cette opération a exécuté des tâches de surveillance et de protection visant à prévenir et à réprimer les actes de piraterie et les vols à main armée, qui constituent une menace pour les lignes de communication maritimes et les intérêts économiques.
L'OTAN et la Libye
Au lendemain du soulèvement populaire contre le régime de Kadhafi à Benghazi (Libye), en février 2011, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté les résolutions 1970 et 1973 en soutien du peuple libyen, « condamnant la violation flagrante et systématique des droits de l’homme ». Ces résolutions prévoyaient des mesures actives, dont une zone d’exclusion aérienne, un embargo sur les armes, et l’autorisation donnée aux États membres, agissant au besoin dans le cadre d’organismes régionaux, de prendre « toutes les mesures nécessaires » pour protéger les civils libyens.
Au début, l’OTAN s’est employée à faire respecter la zone d’exclusion aérienne, puis, le 31 mars, elle a pris le commandement et le contrôle exclusifs de toutes les opérations militaires relatives à la Libye. L’opération Unified Protector dirigée par l’OTAN avait trois composantes :
- l’imposition d’un embargo sur les armes dans les eaux internationales de la Méditerranée pour empêcher le transfert d’armes, de matériels connexes et de mercenaires vers la Libye ;
- la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne pour empêcher tout avion de bombarder des cibles civiles ;
- la conduite de frappes aériennes et navales contre les forces militaires qui participaient à des attaques contre les populations et les zones civiles en Libye, ou qui menaçaient de les attaquer.
Le mandat de l’ONU a été appliqué à la lettre, et l’opération s’est achevée le 31 octobre 2011 après que ses objectifs eurent été atteints.