Soutien médical militaire

  • Mis à jour le: 09 Jul. 2021 12:49

Les services de santé militaires ont pour responsabilité principale de préserver la santé et de maintenir la capacité de combat des forces armées. Il leur incombe également, dans le cadre de la coopération civilo-militaire, d’appuyer et de faciliter les initiatives du secteur civil visant à faire face à des problèmes relevant de la médecine, par exemple une crise sanitaire. La lutte contre la COVID-19 est ainsi devenue l’une de leurs grandes priorités. En assurant la coordination des initiatives nationales au sein des forces armées des pays membres et des pays partenaires de l’OTAN et en s’associant aux efforts déployés par le secteur civil, ils jouent un rôle essentiel dans la gestion de cette crise. Outre ces missions, le soutien médical est un domaine de planification clé pour les opérations.

 

  • Le système de soutien médical militaire vise à préserver ou à rétablir la santé du personnel militaire de l'OTAN et à contribuer ainsi à la préservation de la capacité opérationnelle des forces des pays membres et des pays partenaires, sur le territoire national comme en déploiement.
  • La coopération civilo-militaire est essentielle en toutes circonstances. Dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de COVID-19, les services de santé militaires apportent leur concours aux autorités civiles, qui sont chargées de la réponse à cette crise. Les composantes médicales de réserve contribuent également à la coopération civilo­-militaire qui s’est nouée pour lutter contre une pandémie dont l’évolution et la durée sont difficilement prévisibles.
  • Le Comité des chefs des services de santé militaires au sein de l'OTAN (COMEDS) est la plus haute instance médicale militaire de l’Organisation.
  • En étroite coopération avec les conseillers médicaux de la structure de commandement de l'OTAN, le COMEDS est l’organe de référence pour le traitement et la coordination des questions relevant de la médecine militaire et pour l’établissement d’avis d'ordre médical à l’intention du Comité militaire.
  • Dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de COVID-19, le COMEDS contribue à la coordination des aspects relevant de la médecine militaire entre les pays membres et les pays partenaires de l’OTAN, aux fins du recensement des questions à harmoniser ou nécessitant une attention, une décision ou des mesures immédiates.
  • La communauté médicale militaire de l’OTAN élabore par ailleurs de nouveaux concepts de soutien médical pour les opérations, où l’accent est mis sur l’innovation et l’efficacité, sur la multinationalité des soins de santé, sur la modularité des installations de traitement médical et sur les partenariats.
  • Aux côtés du COMEDS, le Centre d'excellence OTAN pour la médecine militaire, établi en Hongrie, et le Centre de coordination médicale multinationale/Commandement médical européen, implanté en Allemagne, jouent un rôle important en fournissant un soutien sous la forme d’experts, de simulations ou d’avis – et en remplissant une fonction de coordination.

 

  • Comité des chefs des services de santé militaires au sein de l'OTAN

    Le Comité des chefs des services de santé militaires au sein de l'OTAN (COMEDS) a été créé en 1993, le caractère indispensable d’une coordination du soutien médical dans le cadre des opérations de maintien de la paix, de secours en cas de catastrophe et d’aide humanitaire étant devenu évident pour l'OTAN.

    Le COMEDS coordonne et propose une vision commune pour les soins de santé militaires en définissant et en approuvant officiellement des orientations, des doctrines et des normes. Il réunit régulièrement les chefs des services de santé militaires des pays de l’OTAN et des pays partenaires, y compris les pays relevant d’accords de partenariat spécifiques (Dialogue méditerranéen, Initiative de coopération d’Istanbul ou partenaires mondiaux).

    Pour les travaux qui sont menés dans ses groupes de travail et panels, le COMEDS bénéficie au sein de sa structure de l’aide d’experts (mis à disposition par les pays). Ces groupes de travail et panels traitent de différents domaines du soutien médical. Les sept groupes de travail qui œuvrent sous les auspices du Groupe directeur du COMEDS sont le Groupe de travail Soins de santé militaires ; le Groupe de travail Protection sanitaire des forces ; le Groupe de travail Structures, opérations et procédures des services de santé militaires ; le Groupe de travail Normalisation des services de santé ; le Groupe de travail Formation médicale militaire ; le Groupe de travail Technologies et systèmes d’information dans le domaine de la santé, et le Groupe de travail Médecine CBRN. Le Conseil consultatif du COMEDS sur le soutien médical du futur relève directement du COMEDS en session plénière.

    Le soutien médical est un élément essentiel du soutien des forces au combat, ce qui en fait l'un des principaux domaines de planification pour les opérations, au même titre que les armements, la logistique, la gestion de la circulation aérienne et d’autres domaines de spécialisation. Le COMEDS, en coopération avec les conseillers médicaux de la structure de commandement de l'OTAN, compte parmi les acteurs du processus de planification de défense de l’OTAN. Il pilote les travaux d’élaboration de nouveaux concepts de soutien médical pour les opérations, où l’accent est mis sur le caractère multinational des soins de santé, sur la modularité des installations de traitement médical et sur les partenariats.

  • COVID-19 : le soutien médical en pratique

    Les services de santé militaires aident à gérer les conséquences de la crise sanitaire engendrée par la propagation du SARS-COV-2 à partir de décembre 2019. La communauté médicale militaire joue un rôle essentiel de facilitation et de soutien. Elle s’attache en particulier à améliorer la coordination, la normalisation et l’interopérabilité dans le domaine médical, ainsi que l’échange d’informations entre les pays membres et les pays partenaires de l’OTAN.

    En pratique, cette pandémie a mis en évidence la nécessité pour les décideurs de pouvoir s’appuyer rapidement sur un ensemble cohérent et pertinent d’avis d’ordre médical et elle a clairement montré l’impact de ces avis sur la prise de mesures efficaces. Elle a aussi mis en évidence la nécessité de disposer d’un cadre d’orientation global et de plans de préparation approuvés par l’ensemble des pays membres ainsi que l’importance de la résilience. Les sociétés doivent être résilientes et doivent pouvoir s’appuyer sur des systèmes de santé eux‑mêmes résilients, qui puissent détecter rapidement toute nouvelle épidémie, l’analyser, la signaler et y réagir dans les plus brefs délais.

    Bien que les systèmes de santé des pays de l’OTAN soient solides, leur capacité d’accueil est souvent insuffisante pour pouvoir faire face à un afflux soudain et massif de patients. La coordination et la coopération civilo-militaire ont prouvé leur utilité et montré l’importance fondamentale d’une coopération étroite entre les autorités civiles et militaires. Les pays disposent de plans de réaction en cas de pandémie mais pas forcément des capacités et des ressources nécessaires à leur mise en application. Par conséquent, dans presque tous les pays, les forces armées ont été mises à contribution pour lutter contre la pandémie. Pendant que les unités et le personnel médical militaires contribuent aux efforts du secteur civil en matière de tests, de suivi des contacts et de traitement, les forces armées fournissent un soutien logistique et d’autres services, selon les besoins.

    En coopération avec les conseillers médicaux de la structure de commandement de l'OTAN, le COMEDS a adopté une approche proactive en s’intéressant aux questions suivantes :

    • quels sont les plans nationaux visant à prévenir les épidémies d'origine biologique, à les détecter et à y faire face ;
    • quel est le rôle des services de santé militaires dans le cadre de ces plans ;
    • quelles sont les questions pour lesquelles les pays estiment qu’une coordination au niveau du COMEDS est nécessaire.

    En prenant la mesure des capacités (civiles et militaires) dont les pays membres et les pays partenaires de l’OTAN disposent pour faire face à la pandémie et en observant comment est gérée la crise dans les différents pays, les responsables de la planification médicale dans les états-majors d'opération sont à même d’adapter les plans de circonstance et les plans de réponse à une épidémie. De façon plus générale, en améliorant la coordination et le partage de l’information, les responsables des services de santé militaires assurent l’harmonisation des tâches que les services de santé militaires nationaux et le COMEDS sont appelés à exécuter à l’appui des efforts déployés par le secteur civil pour lutter contre la pandémie.

    Agissant en soutien de la communauté médicale, le Centre d'excellence OTAN pour la médecine militaire et le Centre de coordination médicale multinationale/Commandement médical européen interviennent dans la formation médicale militaire, les simulations, le processus de retour d'expérience et le renforcement de l’interopérabilité. Ils aident à la collecte et à l’analyse des données communiquées par les pays membres et les pays partenaires, ils analysent les rapports épidémiologiques provenant des opérations de l’OTAN et les informations médicales de sources ouvertes, et ils réalisent des évaluations qu’ils partagent ensuite.

    La communauté médicale militaire a élaboré des recommandations en matière de préparation à d’éventuelles nouvelles vagues de la pandémie de COVID-19. Comme dans de nombreux pans de la société, les réunions en ligne sont devenues la norme pour la communication et le partage d’informations entre experts des pays de l’Alliance et des pays partenaires au sein de la communauté COMEDS. Initialement considérée comme un outil de gestion de crise, la télésanté a fondamentalement changé la donne s’agissant de la formation, de la santé mentale, des consultations cliniques et de la continuité des activités du COMEDS.

  • Coopération civilo-militaire

    Le COMEDS a fait en sorte que les patients puissent être soignés dans les hôpitaux militaires et civils, il a participé à la rédaction de directives cliniques nationales concernant la COVID­‑19 et il a coordonné l’assistance militaire apportée aux autorités civiles, notamment les transferts de patients en soins intensifs et la mise en place de centres de test mobiles.

    La coopération civilo-militaire demeure un élément important dans la réponse de nombreux pays, et les réservistes jouent un rôle clé, celui « d’ambassadeurs et d’interprètes » faisant le lien entre les organismes militaires et civils. L’établissement et le maintien d’une bonne relation entre la direction de ces différents organismes est indispensable pour une prise de décisions et une coopération efficaces.

    Les groupes et sous-groupes de travail du COMEDS apportent un soutien direct aux autorités civiles dans le cadre de cette crise par l’intermédiaire des experts médicaux militaires. Des entités multinationales comme le Centre d'excellence pour la médecine militaire et le Centre de coordination médicale multinationale/Commandement médical européen mettent à la disposition des pays leur expertise analytique et leur offre une capacité de coordination supplémentaire. Le COMEDS, qui coopère avec l’Organisation OTAN pour la science et la technologie et le Comité des plans d'urgence dans le domaine civil, est depuis longtemps à la pointe s’agissant de lancer des programmes de recherche d’intérêt médical, aidant ainsi les pays à tirer parti de la recherche médicale et à recueillir les fruits de l’innovation.

  • Toujours tourné vers l’avenir

    En collaboration avec l'Organisation OTAN pour la science et la technologie et le Commandement allié Transformation, le Conseil consultatif du COMEDS sur le soutien médical du futur (CFAB) contribue aux travaux qui visent à préparer l’Organisation aux défis qui se présenteront dans le domaine de la médecine militaire. Les événements, crises ou conflits auxquels l’OTAN pourrait devoir faire face au cours des prochaines années intéressent directement les services de santé militaires. Les technologies émergentes et les technologies de rupture correspondent aux technologies ou aux découvertes scientifiques dont les effets sur les fonctions institutionnelles, les fonctions de défense et les fonctions de sécurité de l’Alliance ne sont pas encore parfaitement connus mais qui devraient fortement impacter l’OTAN entre 2020 et 2040. Le développement de telles technologies est une occasion unique pour l’OTAN de repenser son approche des opérations, notamment en vue de maintenir son avance technologique en matière de soutien médical militaire.

    Le COMEDS demeure résolu à servir l’OTAN et les différents pays en les aidant à relever ces défis futurs, aussi incertains que complexes. En tant qu’organe de coordination clé, le COMEDS continuera d’apporter un soutien en recherchant et en élaborant de nouveaux outils, moyens et solutions, afin que l’Alliance dispose d’un soutien médical agile, réactif, efficace, innovant et optimisé.