Transport maritime stratégique

  • Mis à jour le: 08 Feb. 2013 14:46

Les pays membres de l'OTAN ont mis en commun leurs ressources pour garantir l'accès à des navires spéciaux, dotant ainsi l'Alliance d'une capacité de transport rapide de forces et d'équipements par voie maritime.

Ce consortium multinational finance l'affrètement d'un maximum de onze navires rouliers spéciaux (ainsi dénommés car les équipements peuvent y être chargés et déchargés en roulant à travers des portes spéciales sur des rampes installées dans les cales). Le consortium comprend le Canada, le Danemark, l'Allemagne, la Hongrie, la Lituanie, les Pays-Bas, le Portugal, la Slovénie et le Royaume-Uni.

  • Composantes

    Le consortium sur le transport maritime permet à l'Alliance d'avoir accès au paquet de capacités de transport maritime, qui comporte :

      • trois navires rouliers sous contrat de garantie d’accès ;
      • une capacité résiduelle de trois navires rouliers ARK du Danemark/de l'Allemagne affrétés à temps plein ;
      • une capacité résiduelle de quatre navires rouliers du Royaume-Uni ;
      • un navire roulier de la Norvège sous contrat à effet différé.

    Les trois navires sous contrat de garantie d’accès sont couverts par un contrat passé avec l'Agence OTAN de soutien (NSPA), dont le siège est au Luxembourg. Le financement est assuré par sept des dix signataires (les exceptions sont l'Allemagne, le Danemark et le Royaume-Uni).

    Le Danemark et l'Allemagne fournissent une capacité résiduelle de quatre navires rouliers ARK (cinq à partir de 2012), affrétés à temps plein jusqu'en 2021. Le Royaume-Uni offre la capacité résiduelle de ses six navires rouliers mis à la disposition de son ministère de la Défense dans le cadre d'un contrat venant à échéance en décembre 2024, conclu avec la société AWSR Shipping Ltd. au titre d'une initiative de financement privée. En outre, la Norvège a conclu un contrat à effet différé pour un navire roulier.

    S'agissant de la capacité des navires, les navires ARK du Danemark/de l'Allemagne et du Royaume-Uni peuvent emporter chacun environ 2 500 mètres-voie de véhicules et d'équipements – autrement dit, si ces véhicules et équipements étaient garés l'un derrière l'autre en une seule file, le convoi s'étendrait sur 2,5 kilomètres.

  • Évolution

    Afin de remédier à l'insuffisance des capacités de transport maritime stratégique de l'Alliance, un Groupe de haut niveau sur le transport maritime stratégique a été constitué en 2002, au sommet de Prague. Les pays de l'OTAN sont convenus de renforcer les efforts multinationaux visant à combler les lacunes en matière de transport maritime stratégique, afin de disposer de forces rapidement déployables, et d'utiliser à cet effet une combinaison de contrats d'affrètement permanent et de contrats multinationaux de garantie d’accès.

    En juin 2003, à la réunion annuelle de printemps des ministres de la Défense des pays de l'OTAN à Bruxelles, les ministres de onze pays (Canada, Danemark, Espagne, France, Grèce, Italie, Norvège, Pays-Bas, Portugal, République tchèque et Turquie) ont signé une lettre d'intention relative aux insuffisances dans le domaine du transport maritime.

    Six mois plus tard, à la réunion d'automne des ministres de la Défense, les ministres de neuf pays (Canada, Danemark, Espagne, Hongrie, Italie, Norvège, Pays-Bas, Portugal et Royaume-Uni) ont signé un accord pour mettre en œuvre la lettre d'intention.

    En février 2004, le consortium, dirigé par la Norvège, a signé un contrat avec l'Agence OTAN d'entretien et d'approvisionnement (NAMSA) pour la fourniture de la capacité de transport maritime.

    Les pays ont procédé par étape, l'année 2004 ayant été une année d'essai dans la perspective de la poursuite du développement des capacités au cours des années suivantes.

    Au sommet d'Istanbul en 2004, les ministres de la Défense de la Bulgarie, de l'Estonie, de la Lettonie, de la Roumanie et de la Slovénie ont signé une lettre d'intention supplémentaire sur le transport maritime stratégique, affirmant leur volonté d'améliorer le transport maritime stratégique et de fournir une capacité supplémentaire de transport maritime pour permettre le déploiement rapide des forces.

  • Mécanismes

    Le centre de coordination du transport maritime (SCC), mis en place en septembre 2002, a assuré la coordination du paquet de capacités de transport maritime jusqu'en juillet 2007, date à laquelle ce rôle a été repris par le Centre de coordination des mouvements Europe (MCCE). Grâce à une meilleure coordination, le SCC puis le MCCE sont parvenus à établir de nombreuses correspondances entre les besoins en transport maritime de différents pays. En utilisant de manière plus efficace les moyens disponibles, ces pays ont fait et continuent de faire des économies considérables.

    Un contrat de garantie d’accès peut être activé soit par un représentant habilité d'un pays, soit par la NAMSA, dans le cadre d'arrangements bilatéraux entre le pays concerné et la NAMSA.