Transport maritime stratégique

  • Mis à jour le: 10 Jun. 2021 14:09

Les pays membres de l'OTAN mettent en commun leurs ressources pour s'assurer l'accès à des navires spéciaux, dotant ainsi l'Alliance d'une capacité de transport rapide de forces et d'équipements par voie maritime.

Le consortium sur le transport maritime finance l'affrètement d'un maximum de quinze navires rouliers spéciaux (ainsi dénommés car les équipements peuvent y être chargés et déchargés par des véhicules roulants qui accèdent directement à la cale par des rampes et des portes spéciales). Ce consortium multinational rassemble onze Alliés (Croatie, Danemark, France, Allemagne, Hongrie, Pays-Bas, Norvège, Portugal, Slovénie, Turquie et Royaume-Uni).

  • Composantes

    Le consortium sur le transport maritime permet à l'Alliance d'avoir accès au paquet de capacités de transport maritime, qui, d’une capacité totale d’environ 33 700 mètres linéaires, comporte :

    • trois navires rouliers sous contrat de garantie d’accès ;
    • une capacité résiduelle de cinq navires rouliers ARK du Danemark/de l'Allemagne affrétés à temps plein ;
    • une capacité résiduelle de deux navires rouliers de la France ;
    • une capacité résiduelle de quatre navires rouliers du Royaume-Uni ;
    • un navire roulier de la Norvège sous contrat à effet différé.

    Les trois navires sous contrat de garantie d’accès sont couverts par un contrat passé avec l'Agence OTAN de soutien et d’acquisition (NSPA), dont le siège est au Luxembourg. Le financement est assuré par six des onze signataires (Croatie, Hongrie, Pays-Bas, Norvège, Portugal et Slovénie).

    S'agissant de la capacité des bâtiments, les navires ARK du Danemark/de l'Allemagne et les navires du Royaume-Uni peuvent emporter chacun environ 2 500 mètres linéaires de véhicules et d'équipements – autrement dit, si ces véhicules et équipements étaient garés l'un derrière l'autre en une seule file, le convoi s'étendrait sur 2,5 kilomètres.

  • Évolution

    Afin de remédier à l'insuffisance des capacités de transport maritime stratégique de l'Alliance, un Groupe de haut niveau sur le transport maritime stratégique a été constitué en 2002, au sommet de Prague. Les pays de l'OTAN sont convenus d'intensifier leurs efforts multinationaux visant à combler les lacunes en matière de transport maritime stratégique au service des forces rapidement déployables, et d'utiliser à cet effet une combinaison de contrats d'affrètement permanent et de contrats multinationaux de garantie d’accès.

    En juin 2003, à la réunion des ministres de la Défense des pays de l'OTAN tenue à Bruxelles, les ministres de onze pays (Canada, République tchèque, Danemark, France, Grèce, Italie, Pays-Bas, Norvège, Portugal, Espagne et Turquie) ont signé une lettre d'intention relative aux insuffisances dans le domaine du transport maritime.

    En décembre de la même année, neuf ministres de la Défense de pays de l'OTAN (Canada, Danemark, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Norvège, Portugal, Espagne et Royaume-Uni) ont signé un accord de mise en application de cette lettre d'intention, qui a débouché sur la création du Comité directeur multinational du transport maritime (MSSC).

    En février 2004, le consortium, dirigé par la Norvège, a signé un contrat avec l'Agence OTAN d'entretien et d'approvisionnement (NAMSA) – qui est aujourd’hui la NSPA – pour la fourniture de la capacité de transport maritime.

    Les pays ont procédé par étapes, l'année 2004 ayant été une année d'essai dans la perspective de la poursuite du développement de cette capacité au cours des années suivantes.

    Au sommet d'Istanbul, en 2004, les ministres de la Défense de la Bulgarie, de l'Estonie, de la Lettonie, de la Roumanie et de la Slovénie ont signé une lettre d'intention supplémentaire sur le transport maritime stratégique, affirmant leur volonté d'améliorer le transport maritime stratégique et de fournir une capacité supplémentaire destinée aux forces rapidement déployables.

    Entre 2004 et 2020, sept pays se sont retirés de l’initiative, tandis que la Croatie, la France, l’Allemagne et la Turquie l’ont rejointe. Le consortium rassemble aujourd'hui 11 pays de l'OTAN : la Croatie, le Danemark, la France, l’Allemagne, la Hongrie, les Pays-Bas, la Norvège, le Portugal, la Slovénie, la Turquie et le Royaume-Uni.

  • Mécanismes

    Le centre de coordination du transport maritime (SCC), mis en place en septembre 2002, a assuré la coordination du paquet de capacités de transport maritime jusqu'en juillet 2007, lorsque ce rôle a été repris par le Centre de coordination des mouvements Europe (MCCE). Grâce à une meilleure coordination, le SCC puis le MCCE sont parvenus à établir de nombreuses correspondances entre les besoins en transport maritime de différents pays. En utilisant de manière plus efficace les moyens disponibles, ces pays ont fait et continuent de faire des économies considérables.

    Un contrat de garantie d’accès peut être activé soit par un représentant habilité d'un pays, soit par la NSPA, dans le cadre d'arrangements bilatéraux entre le pays concerné et la NSPA.