La Force de réaction de l'OTAN

  • Mis à jour le: 26 Jul. 2021 09:38

La Force de réaction de l’OTAN (NRF) est une force multinationale à haut niveau de préparation et à la pointe de la technologie, regroupant des éléments des forces terrestres, aériennes et maritimes et des forces d'opérations spéciales (SOF) que l’Alliance peut déployer rapidement partout où cela est nécessaire. En plus de son rôle opérationnel, la NRF peut être utilisée en vue d'une plus grande coopération dans les domaines de la formation et de l'entraînement, d'un recours accru aux exercices, d’un soutien aux secours en cas de catastrophe et d'une meilleure utilisation de la technologie.

 

  • La NRF consiste en une force multinationale interarmées très performante capable de réagir dans un délai très court à l'ensemble des défis de sécurité, de la gestion de crise à la défense collective.
  • Les pays de l'OTAN ont décidé de renforcer la NRF en 2014 en créant, en son sein, une « force fer de lance » baptisée « force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation » (VJTF).
  • Ce renforcement de la NRF est une des mesures prises dans le cadre du plan d'action « réactivité » (RAP), qui a pour but de répondre à l'évolution de l'environnement de sécurité et de renforcer la défense collective de l'Alliance.
  • Le commandement général de la NRF relève du commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR).
  • La décision de déployer la NRF est une décision politique prise par consensus et au cas par cas par l’ensemble des Alliés au sein du Conseil de l’Atlantique Nord, le principal organe de décision politique de l’OTAN.

Pour en savoir plus

  • Objet

    La NRF a pour but premier de permettre une réponse militaire rapide à une crise émergente, que ce soit pour des objectifs de défense collective ou pour des opérations de réponse aux crises.

    Cette force donne à l’Alliance les moyens de réagir rapidement à divers types de crises, n'importe où dans le monde. Elle est aussi le moteur de la transformation de l’OTAN sur le plan militaire.

    Une force qui tourne

    La NRF fonctionne sur le principe de la rotation : les pays de l'Alliance affectent des unités terrestres, aériennes, maritimes ou SOF pour une période de 12 mois.

    La NRF est également ouverte aux pays partenaires, sur approbation du Conseil de l'Atlantique Nord.

    Avant de participer à la NRF, les unités se préparent au niveau national puis s’entraînent avec d'autres participants de la force multinationale. La rotation des unités au sein de la NRF permet la diffusion progressive, dans toute l’Alliance, des normes de haut niveau, des concepts et des technologies propres à cette force, et concourt ainsi à la réalisation d’un des objectifs clés de la Force de réaction de l'OTAN, à savoir la poursuite de la transformation des forces des pays de l’Alliance.

    Chaque année, le commandement opérationnel de la NRF est assuré en alternance par les commandements alliés de forces interarmées (JFC) de Brunssum (Pays-Bas) et de Naples (Italie).

    Un puissant ensemble

    Au sommet du pays de Galles, en 2014, les pays de l'OTAN ont décidé de renforcer la NRF en créant, en son sein, une « force fer de lance » baptisée « force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation » (VJTF). Ce renforcement de la NRF est une des mesures prises dans le cadre du plan d'action « réactivité » (RAP) adopté par les Alliés pour répondre à l'évolution de l'environnement de sécurité.

    La Force de réaction de l'OTAN renforcée comprend : 

    • un élément de commandement et de contrôle : le commandement opérationnel de la NRF est assuré en alternance par les JFC de Brunssum et de Naples ;
    • la force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation (VJTF) : cet élément de la NRF – qui compte quelque 20 000 soldats – comprend une brigade terrestre multinationale d'environ 5 000 soldats et des composantes aérienne, maritime et SOF ; les éléments de tête sont prêts à se déployer dans un délai de deux à trois jours ; les Alliés assument le rôle de pays-cadre pour la VJTF par rotation ;
    • le groupe initial de forces de deuxième échelon (IFFG) : il s'agit de forces à haut niveau de préparation capables de se déployer rapidement après la VJTF, en réponse à une crise ; ces forces se composent de deux brigades multinationales ;
    • une composante maritime, articulée autour des groupes maritimes permanents OTAN (SNMG) et des groupes permanents OTAN de lutte contre les mines (SNMCMG) ;
    • une composante aérienne (combat et appui) ;
    • des forces d'opérations spéciales  ;
    • une force opérationnelle de défense CBRN (chimique, biologique, radiologique et nucléaire).

    Avant utilisation, la NRF sera adaptée (en taille et en capacité) pour répondre aux exigences propres à l’opération dans laquelle elle est engagée.

    La VJTF et l'IFFG sont basés dans leurs pays d'origine, mais ils sont à même de se déployer où il le faut pour des exercices ou pour répondre à une crise. La VJTF a participé à son premier exercice de déploiement en Pologne en juin 2015. Elle est régulièrement soumise à des exercices qui visent à tester son aptitude à se déployer et à répondre à toute crise naissante.

    Le commandement de la VJTF est assuré selon une rotation annuelle : un Allié est désigné pays-cadre de la force, à laquelle participent d’autres Alliés.

    Au total, la NRF renforcée compte environ 40 000 soldats.

    Tout type de mission, partout dans le monde

    La NRF témoigne concrètement de la cohésion de l’OTAN et de son engagement envers la dissuasion et la défense collective. Pour chacune de ses rotations, elle doit se préparer à remplir un large éventail de missions – par exemple contribuer à la préservation de l'intégrité territoriale, procéder à une démonstration de force, ou encore mener des opérations de soutien de la paix, de secours en cas de catastrophe, de protection des infrastructures critiques et des opérations de sécurité. Des opérations d'entrée en premier sont menées conjointement dans le cadre d'une force de taille plus importante pour faciliter l'arrivée de troupes de remplacement.

    Des éléments de la NRF ont contribué à assurer la protection dans le cadre des Jeux olympiques de l’été 2004 à Athènes (Grèce) et ont été déployés pour apporter un soutien à l’occasion de l'élection présidentielle en Afghanistan en septembre de la même année.

    La NRF a également participé à des opérations de secours en cas de catastrophe :

    • en septembre et octobre 2005, des avions de la NRF ont acheminé aux États-Unis de l’aide donnée par les pays membres et les pays partenaires de l'OTAN après le passage de l’ouragan Katrina ;
    • d’octobre 2005 à février 2006, des éléments de la NRF sont intervenus au secours du Pakistan dans les zones dévastées par le tremblement de terre du 8 octobre. Des avions de la NRF ont participé à un pont aérien qui a acheminé près de 3 500 tonnes de fournitures d’urgence au Pakistan, tandis que des techniciens et du personnel médical de la NRF étaient déployés dans le pays pour porter secours aux victimes.
  • Évolution

    L’initiative relative à la Force de réaction de l’OTAN a été annoncée au sommet de Prague, en novembre 2002.

    Le général James Jones, à l'époque commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR), avait alors déclaré : « L’OTAN ne massera plus les grandes unités que nécessitait la Guerre froide, mais elle sera dotée de forces agiles et robustes, qui seront maintenues à des niveaux de préparation gradués, pour que l’Alliance soit mieux à même de faire face aux menaces du XXIe siècle ».

    Le concept de NRF a été approuvé par les ministres de la Défense des pays de l'OTAN en juin 2003 à Bruxelles.

    En octobre 2004, lors d’une réunion informelle des ministres de la Défense des pays de l’OTAN à Poiana Brasov (Roumanie), le secrétaire général de l’OTAN et le SACEUR ont officiellement annoncé que la NRF avait atteint sa capacité opérationnelle initiale et qu’elle était prête à assumer la gamme complète de ses missions.

    En juin 2006, les capacités de la NRF ont été testées lors d’un exercice réel de grande envergure, Steadfast Jaguar 06, qui a eu lieu dans les îles de Cabo Verde. La difficulté des lieux visait précisément à faire la démonstration et la preuve de la viabilité du concept de NRF.

    Au sommet tenu par l'OTAN à Riga en novembre 2006, il a été annoncé que la NRF était tout à fait prête à entreprendre des opérations.

    Les modalités de génération et de constitution de la NRF ont été adaptées deux fois, en 2008 et 2010, pour rendre le processus de génération de forces plus souple et ainsi faciliter les contributions de forces, qui devenaient difficiles en raison du rythme opérationnel continuellement élevé en Afghanistan, en Iraq et ailleurs dans le monde. Afin d'encourager encore la génération de forces, les Alliés se sont fixé des objectifs nationaux volontaires pour les contributions de forces.

    Le 21 février 2013, les ministres de la Défense des pays de l'OTAN ont décidé que la NRF serait au cœur de l'initiative d'interconnexion des forces, qui vise à maintenir la disponibilité opérationnelle et l'efficacité au combat des forces des pays de l'OTAN.

    Au sommet du pays de Galles, en septembre 2014, les Alliés ont décidé de renforcer la NRF et d'établir la force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation (VJTF), capable de se déployer en quelques jours pour répondre à tout défi susceptible de se présenter. Les Alliés ont également décidé d'organiser un exercice multinational à haute visibilité – Trident Juncture 2015 – en Italie, au Portugal et en Espagne. En outre, en 2016 a été lancé un programme d'exercices élargis et plus ambitieux, dans lesquels la NRF occupe une place essentielle.

    Le 5 février 2015, les ministres de la Défense des pays de l'OTAN ont décidé que la VJTF comprendrait une composante terrestre d'environ 5 000 soldats, avec les unités aériennes, maritimes et SOF appropriées à disposition. La France, l'Allemagne, l'Italie, la Pologne, l'Espagne, la Turquie et le Royaume-Uni ont accepté d'assumer par rotation le rôle de pays-cadre pour la VJTF. Les ministres de la Défense ont également décidé que la VJTF devrait être apte à opérer pour le sommet de Varsovie, en 2016 – et cet objectif a été atteint.

    Le 9 juin 2015, la VJTF s'est déployée pour la première fois en Pologne dans le cadre de l'exercice Noble Jump, auquel ont participé plus de 2 100 soldats de neuf pays de l’OTAN.

    En juin 2015, les ministres de la Défense des pays de l'OTAN ont pris des décisions sur les composantes aérienne, maritime et SOF de la NRF renforcée, et ils sont convenus que celle-ci pourrait compter jusqu’à 40 000 personnels. Les ministres ont également adopté des mesures pour accélérer le processus décisionnel politico-militaire, notamment en donnant au commandant suprême des forces alliées en Europe autorité pour préparer les troupes à intervenir dès que la décision politique en a été prise. Les Alliés ont aussi approuvé un nouvel instrument de planification préétablie – les plans de réponse graduée –, permettant de générer des plans d'opération exécutables avec une rapidité exceptionnelle, adaptée aux besoins concernant la disponibilité opérationnelle des forces. Les ministres se sont par ailleurs mis d'accord sur l'établissement d'un nouveau QG permanent de groupement de soutien logistique interarmées au sein de la structure de commandement de l'OTAN.

    En octobre 2015, les ministres ont approuvé la version finale du concept militaire de Force de réaction de l’OTAN renforcée, y compris ses dispositions de commandement et de contrôle.

    À l'occasion de l'exercice Trident Juncture qui s’est tenu fin 2015, la VJTF a été mise à l'épreuve et certifiée pour 2016. Cet exercice a également permis de certifier le quartier général de la NRF pour 2016, à savoir le JFC de Brunssum.

    Le 10 février 2016, les ministres de la Défense des pays de l’OTAN ont déclaré la capacité opérationnelle initiale (IOC) de l'initiative JISR (renseignement, surveillance et reconnaissance interarmées) de l’OTAN. Cette IOC est destinée à favoriser une meilleure connaissance de la situation au sein de la Force de réaction de l'OTAN, par une maîtrise accrue de la collecte, du traitement et de l'échange du renseignement.

    Au sommet de Varsovie, le 9 juillet 2016, les dirigeants des pays de l’Alliance se sont félicités de la mise en œuvre du plan d'action « réactivité » et, dans le cadre des mesures d'adaptation à plus long terme qu'il prévoit, du renforcement de la NRF et de la création de la force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation (VJTF), capable de commencer à se déployer sous deux à trois jours.

    Pendant l'exercice Trident Juncture 18, qui s’est déroulé en Norvège du 25 octobre au 7 novembre 2018, la VJTF a été mise à l’épreuve ; cet exercice a permis de certifier une brigade allemande – la 9e brigade blindée – pour 2019. Quelque 51 000 personnels venant de pays membres et de pays partenaires ont participé à l’exercice, notamment six brigades de forces terrestres et des forces terrestres de la marine soutenues par des forces aériennes et maritimes et par des unités de forces d’opérations spéciales. L’exercice était axé principalement sur l'aptitude de l’OTAN à déplacer rapidement des personnels et des blindés dans toute l’Europe.

    Au cours de l'exercice Noble Jump II 21 (19 mai-1er juin 2021), des éléments terrestres de la VJTF ont été déployés en Roumanie. Environ 4 000 soldats venant de 12 pays ont été mobilisés. Le Quartier général de la Division multinationale Sud-Est et l’unité d’intégration des forces OTAN ont facilité ce déploiement. En outre, l’exercice OTAN interarmées de grande envergure Steadfast Defender 21 (20 mai-22 juin) portait essentiellement sur le renforcement de la VJTF dans l’ensemble de la région Atlantique et de l’Europe.