Coopération avec l’Union africaine

  • Mis à jour le: 26 Jun. 2018 14:07

Depuis 2005, l’OTAN coopère avec l’Union africaine (UA), organisation régionale de 55 membres créée en 2002. La relation OTAN-UA a commencé modestement, lorsque l’UA a demandé un soutien en matière de logistique et de transport aérien pour sa mission au Soudan. La coopération a évolué au fil du temps, et bien qu'il s'agisse principalement d’une coopération militaro-technique ponctuelle, les pays de l’OTAN se sont engagés à élargir la coopération avec l’UA en 2016, afin qu’elle fasse partie intégrante de l’action menée par l’OTAN pour travailler plus étroitement avec ses partenaires en vue de relever les défis de sécurité émanant du sud.

 

 

Points principaux

  • L’OTAN a développé sa coopération avec l’Union africaine principalement dans trois domaines : soutien opérationnel ; soutien au renforcement des capacités ; et soutien à la mise en place et au maintien en puissance de la Force africaine en attente (FAA).
  • Le soutien opérationnel se caractérise par un soutien en matière de transport aérien et maritime stratégique, ainsi que par un soutien à la planification pour la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM).
  • Dans le cadre du soutien au renforcement des capacités, des officiers de l’UA sont invités à participer à des stages dans les installations OTAN de formation et d'entraînement et à dispenser des stages au travers des équipes mobiles d'instructeurs de l’OTAN.
  • Le soutien au développement et au maintien en puissance de la FAA comprend des exercices et un entraînement sur mesure, ainsi qu’une aide à l'élaboration de concepts liés à la FAA.
  • L'OTAN a également mis en place un bureau de liaison au siège de l’UA à Addis­Abeba (Éthiopie). Ce bureau est dirigé par un officier de liaison militaire de haut rang et, à la demande de l’UA, il met à disposition des experts, qui travaillent au Département Paix et sécurité de l’UA, aux côtés de leurs homologues africains.
  • L'OTAN coordonne ses travaux liés à l’UA avec des partenaires bilatéraux et d’autres organisations internationales, telles que l’Union européenne (UE) et l'Organisation des Nations Unies (ONU).

Pour en savoir plus

  • Contexte et principaux domaines de coopération entre l’OTAN et l’UA

    La coopération entre l’OTAN et l’UA a principalement été pragmatique et orientée par des demandes de soutien de l’UA dans des domaines très spécifiques. Les principaux domaines de coopération sont les suivants : soutien opérationnel, soutien au renforcement des capacités et soutien à la mise en place de la Force africaine en attente. Cependant, au sommet de Varsovie, en 2016, les dirigeants des pays de l’OTAN se sont engagés à renforcer la coopération politique et pratique avec l’Union africaine, de manière à pouvoir répondre ensemble aux menaces et aux défis communs.

    Dans le même temps, les Alliés ont également approuvé le cadre de l’OTAN pour le sud, qui vise à intégrer et à rationaliser l’approche de l’OTAN, laquelle consiste à relever les défis en mettant l’accent sur l’amélioration des capacités et le renforcement de l’anticipation et de la réaction, et en stimulant les partenariats régionaux et les efforts de l’OTAN en matière de renforcement des capacités. De même, les Alliés ont approuvé l’initiative de projection de la stabilité — nouvelle vision de la coopération avec les partenaires au-delà du territoire de l’OTAN —, l’objectif étant d’élaborer une approche plus stratégique, cohérente et efficace en matière de partenariats.

    La coopération de l’OTAN avec l’Union africaine fait partie intégrante à la fois du cadre OTAN pour le sud et des activités de l’Alliance en matière de projection de la stabilité. Depuis le sommet de Varsovie, l’OTAN a renforcé son approche pour le sud et ses partenariats dans la région, et elle continue de développer ses relations avec l’UA.

    D’un point de vue pratique, le Commandement allié de forces interarmées de Naples (JFCNP) est le quartier général opérationnel de l’OTAN désigné pour mettre en œuvre la coopération pratique de l’Alliance avec l’UA.

    Le JFCNP accueille également le Pôle pour l’axe stratégique sud de l’OTAN, inauguré en septembre 2017 en vue de répondre aux questions de sécurité actuelles et en constante évolution émanant du voisinage méridional de l’OTAN et de développer les relations de l’Alliance avec ses partenaires méridionaux.

    Soutien opérationnel

    Soutien logistique

    En janvier 2007, l’UA a lancé un appel général à tous ses partenaires, dont l'OTAN, concernant un appui financier et logistique à l’AMISOM. Plus tard, en mai 2007, elle a adressé à l’OTAN une demande plus précise portant sur un soutien à apporter dans le domaine du transport aérien aux États membres de l'UA disposés à déployer des forces en Somalie dans le cadre de l'AMISOM. En juin 2007, le Conseil de l’Atlantique Nord a marqué son accord de principe pour répondre positivement à cette demande. Le soutien de l’OTAN a été initialement autorisé jusqu’en août 2007. Le soutien au transport maritime stratégique a été demandé plus tard, et le Conseil de l’Atlantique Nord a marqué son accord de principe pour répondre positivement à cette demande en septembre 2009.

    Les demandes de transport aérien et maritime stratégique formulées par l’UA au profit de l’AMISOM ont été renouvelées chaque année. L’accord du Conseil pour ce qui est d’aider l’UA en apportant un soutien à l’AMISOM dans le domaine du transport aérien et maritime stratégique est valable jusqu’en janvier 2019.

    Soutien en matière de planification

     

    L’OTAN met des experts à la disposition de la Division des opérations de soutien de la paix de l'UA. Ces experts ont apporté des contributions importantes dans les domaines prioritaires de l’UA. Ils ont partagé leurs connaissances et leur expertise de la planification dans divers domaines, comme le milieu maritime, la finance, le suivi, les acquisitions, la coordination des mouvements aériens, les télécommunications, l'informatique, la logistique, les ressources humaines, la gestion du personnel militaire et la planification de circonstance. La mise à disposition d’experts par l’OTAN est conforme aux demandes annuelles de l’UA, demandes qui varient d'année en année, selon les priorités de l’UA. À cet égard, les experts de l'OTAN, aux côtés de leurs homologues de l'UA, interviennent dans des domaines spécifiques pendant une période de six à douze mois, renouvelable à la demande de l'UA. La demande la plus récente de l’UA comprend un soutien en matière de planification stratégique, mais aussi en matière de planification de mouvements et d’exercices.

     

    Soutien au renforcement des capacités

    Formation et entraînement

    L’OTAN offre aux personnels de l’UA la possibilité de participer à des stages à l’école de l'OTAN à Oberammergau (Allemagne), au Collège de défense de l'OTAN à Rome, et dans d'autres installations de formation de l’OTAN telles que les centres d'excellence accrédités par l'OTAN dans les pays qui parrainent ces centres. Ces stages de formation et d’entraînement sont proposés en fonction des besoins de l’UA et de la disponibilité des lieux de formation de l’OTAN. En moyenne, 20 stagiaires de l’UA sont parrainés chaque année dans les lieux de formation de l’OTAN.

    Formations itinérantes

    Depuis 2015, suite à une demande de l'UA, l'OTAN propose des formations dédiées aux officiers de l’Union africaine, au travers des équipes mobiles de formation et d'entraînement qui dispensent des stages sur mesure en Afrique. L’OTAN a progressivement augmenté le nombre de stages proposés et, en 2018, elle dirige trois stages – deux axés sur la planification des exercices et un sur la logistique/la gestion de la chaîne d'approvisionnement. L’objectif est de cibler un plus grand nombre de membres de l’UA, y compris les communautés économiques régionales, en proposant des modules de formation sur mesure sur des thèmes définis par l’UA. En moyenne, 30 stagiaires de l’UA participent à chaque séance de formation.

     

    Soutien à la mise en place de la Force africaine en attente

     

    L’OTAN a fourni, à la demande de l’UA, un soutien à la FAA en mettant à disposition des experts et des formateurs. La FAA, qui devrait être déployée en Afrique en période de crise, s’inscrit dans le cadre des efforts que l’UA déploie dans le but de développer des capacités de maintien de la paix à long terme. Elle représente la vision de l’UA d’un dispositif continental de sécurité, disponible sur appel, et présentant des points de ressemblance avec la Force de réaction de l’OTAN.

    À la demande de l’UA, l’Alliance apporte un soutien au renforcement des capacités, par le biais de stages et d’entraînements. L’OTAN a également organisé des programmes d’homologation/d’évaluation et de formation pour le personnel de l’UA qui soutient l’état de préparation opérationnelle de la FAA. Elle a ainsi formé des responsables de l’UA participant à des exercices militaires et mis à disposition des experts militaires qui apportent une aide dans le cadre des procédures d’évaluation et de retour d'expérience liées aux exercices. L’OTAN a également soutenu divers ateliers préparatoires de la FAA ayant pour objectif de mettre au point des concepts en rapport avec la FAA. L’Alliance s’emploie aussi tout particulièrement à apporter un soutien à la base logistique continentale de la FAA implantée à Douala (Cameroun), pour que celle-ci atteigne sa capacité opérationnelle totale.

    Des experts de l’OTAN ont également apporté leur soutien aux phases de préparation de l'exercice Amani Africa II, qui a eu lieu en Afrique du Sud (octobre-novembre 2015), et ils ont également joué un rôle actif dans la phase d'exécution. Cet exercice d'entraînement sur le terrain de la FAA a été le premier à rassembler des brigades régionales en attente provenant de l'ensemble du continent. Des forces militaires et de police ainsi que des civils africains ont contribué à tester la capacité de déploiement rapide de la FAA et son niveau de préparation en vue de sa capacité opérationnelle totale.

  • Représentation de l’OTAN à Addis-Abeba

    Bureau de liaison de l’OTAN

    L’OTAN a un bureau de liaison au siège de l’Union africaine, bureau qui comprend un officier de liaison militaire de haut rang, un adjoint et du personnel de soutien. L’officier de liaison militaire de haut rang de l'OTAN est le coordonnateur principal des activités menées par l’Alliance avec l’UA. L’ampleur de la présence de l’OTAN sur le terrain à Addis-Abeba dépend des demandes de l’UA et de la disponibilité des ressources devant être fournies par les Alliés. Depuis 2015, cinq pays ont contribué à la mission à Addis-Abeba (France, Italie, Lettonie, Pays­Bas et Turquie).

    Ambassade point de contact de l'OTAN

    L’ambassade de Norvège à Addis-Abeba apporte un soutien diplomatique en sa qualité d'ambassade point de contact officielle de l’OTAN auprès de l’Union africaine. L'ambassadeur accueillera régulièrement d'autres ambassadeurs et attachés de défense de pays de l’OTAN en poste à Addis-Abeba, afin de partager avec eux des informations sur les activités menées par l’OTAN avec l’Union africaine. La Norvège a proposé de continuer de faire office d'ambassade point de contact de l’OTAN jusqu’en décembre 2020.

    Autres contacts au niveau exécutif à Addis-Abeba

    Pour ce qui est des activités menées avec l’Union africaine, l’officier de liaison militaire de haut rang de l’OTAN basé à Addis-Abeba travaille en coordination avec les attachés de défense des pays de l’Alliance, avec les partenaires bilatéraux et avec les autres organisations internationales présentes à Addis-Abeba, notamment les Nations Unies (ONU) et l’Union européenne (UE).

  • Extension des domaines de coopération

    Au sommet de Varsovie, en 2016, les chefs d'État et de gouvernement des pays de l’Alliance se sont engagés à développer le partenariat politique et pratique de l’OTAN avec l’UA afin de faire face aux défis communs, ce qui a contribué à donner un nouvel élan aux relations entre l’OTAN et l’UA, en vue d’une extension des domaines de coopération.

    Ainsi, en avril 2018, le Collège de défense de l’OTAN a accueilli un séminaire à Rome (Italie), qui a rassemblé de hauts responsables de l’OTAN et de l’Union africaine chargés d’élaborer une série de propositions pragmatiques visant à accroître et à développer les domaines de coopération. Ces propositions portaient sur les domaines suivants : lutte contre le terrorisme, lutte contre les engins explosifs improvisés, programme pour les femmes, la paix et la sécurité, développement de l’intégrité, et contribution aux opérations de soutien de la paix de l’UA.

  • Évolution du soutien de l’OTAN à l’UA

    Entamée en 2005 lorsque l’OTAN a fourni un soutien logistique à l’UA pour que celle-ci puisse élargir sa mission au Darfour, la relation entre l’OTAN et l’UA a évolué au fil du temps.

    • 2005 – L’OTAN apporte un soutien dans le domaine du transport aérien stratégique à la Mission de l’Union africaine au Soudan.
    • 2007 – Les Alliés décident de fournir des moyens de transport aérien stratégique à l’appui de l’implication de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) et en 2009, ils décident de fournir des capacités de transport maritime stratégique.
    • 2011 – Le président de la Commission de l’Union africaine, Jean Ping, se rend deux fois à l’OTAN dans le contexte de l’opération Unified Protector, opération sous mandat de l’ONU destinée à protéger les populations et les zones civiles menacées d’attaque en Libye.
    • 2014 – Le commissaire de l’Union africaine pour la paix et la sécurité, l’ambassadeur Smaïl Chergui, effectue une visite au siège de l’OTAN et signe l'accord technique sur la coopération entre l’OTAN et l’UA.
    • 2015 - L’OTAN ouvre son bureau de liaison au siège de l’Union africaine à Addis­Abeba.
    • 2015 – L’OTAN et l’Union africaine entament un programme d’entretiens annuels de travail entre militaires.
    • 2015 – L’OTAN améliore le programme de formules de formation itinérantes proposé aux officiers de l’UA.
    • 2016 – Au sommet de Varsovie, les dirigeants des pays de l’OTAN décident de renforcer encore la coopération politique et pratique de l’Alliance avec l’Union africaine.