La préparation du secteur civil

  • Mis à jour le: 22 Jun. 2018 11:19

Le transport efficace de forces et de matériel militaire dépend de ressources et d’infrastructures civiles telles que les chemins de fer, les ports, les aérodromes et les réseaux électriques. Or, ces moyens sont vulnérables aux attaques extérieures et aux perturbations internes. La préparation du secteur civil est la capacité à assurer la continuité des fonctions de base de l’État en cas de situation d’urgence ou de catastrophe naturelle, que ce soit en temps de paix ou en période de crise. En outre, cela signifie que le secteur civil des pays de l’Alliance se tient prêt à soutenir une opération militaire de l’OTAN.

 

Points principaux

  • En vertu de l’article 3 du Traité de l’Atlantique Nord, tous les Alliés ont pris l’engagement de développer la résilience, qualité qui combine la préparation du secteur civil avec la capacité militaire.
  • Les Alliés ont défini des exigences de base en matière de résilience dans les sept domaines stratégiques suivants : continuité des pouvoirs publics, énergie, mouvements de population, ressources en vivres et en eau, grand nombre de victimes, communications civiles et systèmes de transport.
  • Pour déjouer ou contrer efficacement les menaces et perturbations qui pourraient affecter le secteur civil, il faut disposer de mesures de réponse et de plans clairs, qui soient définis bien à l’avance et qui fassent l’objet d’exercices réguliers.
  • C’est pourquoi il est nécessaire de compléter les efforts militaires visant à défendre le territoire et les populations de l’Alliance avec une solide préparation du secteur civil.

Pour en savoir plus

  • Domaines stratégiques

    Afin de veiller à la préparation du secteur civil, l’OTAN s’intéresse principalement aux aspects des plans nationaux qui ont une incidence sur l’aptitude à contribuer aux efforts déployés par les Alliés pour assurer la continuité des pouvoirs publics, garantir l’accès de la population aux services de base et apporter un soutien civil aux opérations militaires.

    Ces trois fonctions civiles essentielles ont été traduites en sept exigences de base en matière de résilience, définies par l’OTAN en février 2016. Assorties d’un ensemble de directives en matière de résilience, de mesures d’évaluation et d’une boîte à outils adaptée, ces exigences ont pour but d’aider les pays à améliorer leur résilience et de fournir des points de repère pour évaluer la préparation du secteur civil. Elles couvrent les domaines suivants :

    1. continuité des pouvoirs publics et des services publics essentiels ;
    2. approvisionnements énergétiques ;
    3. aptitude à gérer efficacement des mouvements incontrôlés de population ;
    4. ressources en vivres et en eau ;
    5. aptitude à gérer un grand nombre de victimes ;
    6. réseaux informatiques et de télécommunications ;
    7. systèmes de transport.

    Au sommet de Varsovie en 2016, les dirigeants des pays de l’Alliance ont pris l’engagement de continuer à améliorer la résilience de l’OTAN et à développer encore la capacité, individuelle et collective, des Alliés à résister à toute forme d’attaque armée. La préparation du secteur civil est un pilier central de la résilience des Alliés, et elle joue un rôle critique dans la défense collective de l’Alliance. L’OTAN peut aider les Alliés à évaluer et, sur demande, à améliorer la préparation de leur secteur civil.

    En 2017, les Alliés ont pris de nouvelles mesures pour mettre en œuvre leur engagement. L’OTAN a communiqué une liste de critères d’évaluation aux pays pour les aider à autoévaluer leur résilience. En juillet 2017, elle a procédé à une évaluation de la résilience des pays à l’échelle de l’Alliance en vue d’obtenir une vue d’ensemble de l’état de préparation du secteur civil. Cette évaluation a permis de recenser les domaines dans lesquels des efforts supplémentaires s’imposent pour améliorer la résilience et gérer des menaces très variées, dont celle que fait peser le terrorisme.

  • Contexte

    Pourquoi la préparation du secteur civil est‑elle essentielle pour la défense collective ? Dans les opérations de grande envergure, environ 90 % des transports militaires sont assurés par des moyens civils affrétés ou réquisitionnés auprès du secteur commercial. Le système de santé militaire repose sur l’aptitude à évacuer des blessés. L’infrastructure médicale civile doit non seulement pouvoir absorber une augmentation du nombre de victimes civiles, mais aussi être en mesure de participer à la chaîne d’évacuation et de traitement des victimes militaires.

    Les forces OTAN déployées ont besoin d’être ravitaillées en vivres, en eau et en carburant, et d’avoir accès aux infrastructures industrielles des pays hôtes, au réseau électrique, aux infrastructures de télécommunications civiles et à des matériaux de construction.

    Elles ont également besoin d’effectifs et d’experts civils locaux. En moyenne, le soutien du pays hôte aux opérations de l’OTAN est assuré à 75 % par les infrastructures et services commerciaux locaux.

    Ces moyens civils sont souvent très vulnérables, car ils ont été conçus pour générer un profit maximal, et non dans une optique de redondance et de résilience en temps de crise. Les menaces hybrides brouillent par ailleurs les traditionnelles limites entre guerre et paix, si bien que les pouvoirs conférés aux autorités nationales par une législation sur les situations d’urgence en temps de guerre sont de plus en plus difficilement applicables, voire obsolètes. Dans l’environnement de sécurité actuel, la résilience face à ces menaces exige toute une gamme de capacités, tant militaires que civiles, et une coopération active avec les pouvoirs publics ainsi que le secteur privé. Pour que les Alliés puissent s’exercer à répondre aux situations de crise, des éléments liés à la préparation du secteur civil sont actuellement intégrés à certains exercices militaires de l’OTAN, tels que Trident Juncture 2018.

    Le renforcement de la résilience exige également une interaction continue avec les partenaires et avec d’autres organisations internationales, y compris les Nations Unies et surtout l’Union européenne, ainsi qu’une actualisation permanente de la connaissance de la situation.

  • Historique

    Pendant la Guerre froide, nombre de ressources civiles, telles que les chemins de fer, les ports, les aérodromes, les réseaux électriques ou l’espace aérien, étaient aux mains de l’État et pouvaient aisément passer sous le contrôle de l’OTAN en