Les insuffisances capacitaires critiques à court terme qui apparaissent au cours des opérations sont traitées selon le mécanisme suivant : les besoins opérationnels urgents sont identifiés par les commandements des opérations, examinés minutieusement par le Comité militaire et les comités budgétaires compétents et présentés au Conseil de l'Atlantique Nord pour examen, le cas échéant.
La planification de défense, pour sa part, se caractérise par une approche plus systématique et par un horizon à moyen et à long terme, y compris pour ce qui est du recensement des besoins, de l’élaboration et de la mise à disposition des capacités, des ajustements des structures militaires et civiles, des questions liées au personnel, de l’acquisition de matériels et du développement de nouvelles technologies (voir ci-dessous une brève description du processus).
En adoptant un nouveau concept stratégique, les dirigeants de l’Alliance se sont engagés à veiller à ce que l’OTAN dispose de tout l’éventail des capacités nécessaires pour assurer la dissuasion et la défense contre toute menace pesant sur la sécurité et la sûreté de la population des Alliés. À cette fin, les pays de l’Alliance :
- maintiendront une combinaison appropriée de forces nucléaires et conventionnelles ;
- conserveront leur capacité à soutenir simultanément des opérations interarmées de grande envergure et plusieurs opérations de moindre envergure pour la défense collective et la réponse aux crises, y compris à distance stratégique ;
- conserveront et développeront des forces conventionnelles robustes, mobiles et projetables pour l'exercice des responsabilités relevant de l'article 5 comme pour les opérations expéditionnaires de l'Alliance, y compris avec la Force de réaction de l'OTAN ;
- procéderont aux entraînements, aux exercices, à la planification de circonstance et aux échanges d’informations nécessaires pour assurer leur défense contre tous les défis sécuritaires conventionnels ou nouveaux et apporter à tout Allié, en tant que de besoin, une assurance visible et un renfort ;
- assureront la plus large participation possible des Alliés à la planification de défense collective sur les rôles nucléaires, au stationnement des forces nucléaires en temps de paix et aux dispositions de commandement, de contrôle et de consultation ;
- développeront leur capacité à protéger leurs populations et leurs territoires contre une attaque de missiles balistiques, en tant qu’un des éléments centraux de leur défense collective, qui contribue à la sécurité, indivisible, de l’Alliance ;
- rechercheront activement une coopération avec la Russie et d’autres partenaires euro-atlantiques dans le domaine de la défense antimissile ;
- développeront encore la capacité de l'OTAN à se défendre contre la menace que représentent les armes chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires de destruction massive ;
- continueront de développer leur capacité à prévenir et à détecter les cyberattaques, à s'en défendre et à s'en relever, y compris en recourant à la planification OTAN pour renforcer et coordonner les capacités nationales de cyberdéfense, en plaçant tous les organismes de l’OTAN sous une protection centralisée et en intégrant mieux les fonctions de veille, d’alerte et de réponse de l’OTAN avec celles des pays membres ;
- renforceront leur capacité à détecter le terrorisme international et à s'en défendre, y compris grâce à une analyse plus poussée de la menace, à davantage de consultations avec leurs partenaires et au développement de capacités militaires appropriées, notamment pour aider des forces locales à s'entraîner à lutter elles-mêmes contre le terrorisme ;
- développeront leur capacité à contribuer à la sécurité énergétique, y compris par la protection des infrastructures énergétiques et des zones et voies de transit critiques, par une coopération avec les partenaires et par des consultations entre Alliés sur la base d'évaluations stratégiques et de plans de circonstance ;
- veilleront à ce que l’Alliance soit à l’avant-garde pour ce qui est d’évaluer l’impact sécuritaire des technologies émergentes et à ce que les plans militaires tiennent compte des menaces potentielles ;
- alimenteront les budgets de défense aux niveaux nécessaires pour que leurs forces armées aient des moyens suffisants ;
- continueront d'examiner la posture générale de l'OTAN s'agissant de la dissuasion et de la défense face à l'ensemble des menaces contre l'Alliance, en tenant compte des modifications d'un environnement de sécurité international en mutation.
Réformer la structure de commandement
L'Alliance procède à une restructuration fondamentale de sa structure de commandement, afin de la rendre plus efficace, plus légère et financièrement plus abordable. Cette structure sera également plus souple, plus flexible et mieux à même de déployer des quartiers généraux pour des opérations dans des régions lointaines ainsi que pour protéger le territoire des pays de l’Alliance. Un cadre pour la nouvelle structure de commandement, ne contenant pas d'indications géographiques pour les différentes installations, a été approuvé au sommet de Lisbonne, qui s’est tenu les 19 et 20 novembre 2010. Les décisions quant à la localisation des installations ont été prises au premier semestre de 2011. La transition vers la nouvelle structure débutera fin 2012.
Dans le même esprit, les agences de l'OTAN font l'objet d'une réforme majeure. En juillet 2012, une étape importante du processus de réforme a été franchie avec la création de quatre nouvelles organisations OTAN, qui visait à rationaliser et à regrouper les fonctions et compétences de neuf agences OTAN en rapport avec le soutien, l'information et la communication, l'acquisition, et la science et la technologie. Le siège de l’OTAN fait également l’objet d’une réforme, qui porte notamment sur le partage et la production du renseignement, la mise en place d’une division responsable des défis de sécurité émergents, la revue des processus d’acquisition dans le cadre de projets multinationaux, et sur une réduction significative du nombre et des compétences des comités.
Les forces de l’OTAN à l’horizon 2020 et au-delà
La vision pour les forces de l’OTAN à l’horizon 2020 et au-delà est celle de forces modernes et étroitement interconnectées, équipées, formées, entraînées et commandées de manière à pouvoir opérer ensemble et avec des partenaires dans n’importe quel environnement.
Pour atteindre cet objectif, il sera indispensable d’améliorer la manière dont l'OTAN développe et met en place les capacités nécessaires à ses missions. À côté des efforts substantiels déployés au plan national et des formes éprouvées de coopération multinationale existantes, par exemple dans les domaines du transport aérien stratégique et des systèmes aéroportés de détection et de contrôle, il faut trouver de nouvelles façons de coopérer plus étroitement pour acquérir et maintenir les capacités clés, pour définir ce qui est nécessaire en priorité et pour se concerter sur les changements dans les plans de défense nationaux. L'OTAN devrait aussi approfondir les liens entre Alliés, ainsi qu’entre Alliés et partenaires, et ce, dans l’intérêt de tous. Maintenir une industrie de défense forte en Europe et faire le meilleur usage qui soit du potentiel offert par la coopération industrielle de défense dans l’ensemble de l’Alliance demeurent une condition essentielle à la mise en place des capacités nécessaires à l’horizon 2020 et au-delà.
La défense intelligente est au cœur de cette nouvelle approche. Le développement et le déploiement de capacités de défense est d'abord et avant tout une responsabilité nationale. Toutefois, le coût de la technologie ne cessant de croître et les budgets de défense étant soumis à des restrictions, un grand nombre d’Alliés ne peuvent plus se doter de certaines capacités clés qu’à la condition de travailler ensemble à leur développement et à leur acquisition. Les décisions des Alliés, annoncées à Chicago, de faire progresser certains projets multinationaux, visant notamment à améliorer la protection des troupes, la surveillance et l’entraînement, renforceront la capacité de l'OTAN à faire face aux défis auxquels elle sera confrontée en 2020 et au-delà. Ces projets déboucheront sur une plus grande efficacité opérationnelle, des économies d’échelle et une interconnexion plus étroite des forces alliées.
La défense intelligente représente un changement de perspective, la possibilité de repenser la culture de la coopération pour accorder à la collaboration multinationale une importance nouvelle et en faire une option efficace et efficiente pour le développement de capacités critiques.
Le développement de capacités militaires européennes accrues resserrera le lien transatlantique, renforcera la sécurité de tous les Alliés et encouragera un partage équitable des charges, des avantages et des responsabilités entre les pays membres de l’Alliance. Dans ce contexte, l’OTAN coopérera étroitement avec l’Union européenne, en utilisant les mécanismes agréés, pour faire en sorte que l'initiative de défense intelligente et l’initiative européenne de mutualisation et de partage (P&S) soient complémentaires et qu’elles se renforcent mutuellement.
L'OTAN prend également des mesures visant à améliorer les connexions entre ses forces, ainsi qu'avec les pays partenaires. L'opération de l'OTAN au-dessus de la Libye a démontré une fois de plus l'importance de ces connexions ; dès que la décision politique a été prise de lancer la mission OTAN, les pilotes de l'Alliance ont pris les airs ensemble, avec à leurs côtés les appareils de pays partenaires européens et arabes. Cette façon de procéder a été déterminante pour le succès militaire et politique de cette mission. Le but est de s'appuyer sur cette réussite dans le cadre de l’initiative d’interconnexion des forces. L'OTAN développera la formation et l’entraînement du personnel, en complément des efforts importants que déploient les pays dans ce domaine. Les exercices seront améliorés. Les liens entre la structure de commandement de l'OTAN, la structure de forces de l’OTAN et les quartiers généraux nationaux doivent être resserrés. La Force de réaction de l’OTAN sera renforcée, ce qui lui permettra de contribuer davantage à l'amélioration de l’aptitude des forces de l’Alliance à opérer ensemble et à contribuer à la posture OTAN de dissuasion et de défense. Dans toute la mesure du possible, l'OTAN va également renforcer ses connexions avec ses partenaires, pour que tous puissent agir ensemble lorsqu'ils le souhaitent.
À Chicago, les Alliés ont adopté un paquet « défense » qui aidera l'OTAN à développer et à mettre en place les capacités qui seront nécessaires pour les missions et les opérations de l'Alliance en 2020 et au-delà.
Hiérarchisation des capacités – le paquet capacitaire de Lisbonne
Au sommet de Lisbonne, conscients du climat économique et financier, les Alliés ont entériné un paquet de capacités répondant aux besoins les plus urgents de l'Alliance. Le paquet accompagne et appuie le nouveau concept stratégique. Il a été élaboré pour aider l’Alliance à répondre aux exigences des opérations en cours, à faire face aux défis émergents et à acquérir des capacités facilitatrices essentielles. Basé dans une large mesure sur des plans et des programmes existants ainsi que sur une projection réaliste des ressources, le paquet permet d’opérer un recentrage et donne un nouveau mandat dont le but est de s’assurer que la concurrence menée pour obtenir des ressources permettra d’acquérir effectivement les capacités les plus urgentes.
Insuffisances prioritaires actuelles concernant les opérations
Réseau de la mission en Afghanistan
L’OTAN est en train de créer un réseau unique et fédéré pour la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) en vue d’améliorer le partage d’informations en facilitant la circulation de celles-ci et en assurant aux pays qui participent aux opérations de la FIAS une meilleure connaissance de la situation. Le développement de cette capacité se poursuit de manière progressive, des fonctionnalités supplémentaires étant ajoutées chaque année.
Lutte contre les engins explosifs improvisés (EEI)
Les EEI provoquent de nombreuses pertes en vies humaines en Afghanistan. L’OTAN a lancé un plan d’action ambitieux pour la lutte contre les EEI, sous la direction du Commandement allié Transformation, afin de promouvoir la collaboration à l’intérieur comme à l’extérieur de l’OTAN. Le plan d’action combine des mesures à court terme à l’appui de la FIAS avec le développement capacitaire à long terme pour se préparer aux situations d'urgence futures. Des travaux sont menés à différents niveaux (initiatives relatives à la collecte et au partage du renseignement, amélioration de la formation, nouvelles capacités techniques et coopération avec d’autres organisations internationales) afin de mettre en œuvre des mesures contribuant à protéger les troupes contre les EEI et de s’attaquer au problème des réseaux d’insurgés à l’origine de ces engins destructeurs.
Amélioration des capacités de transport aérien et maritime
Éléments facilitateurs essentiels pour les opérations, les capacités de transport aérien et maritime permettent de déployer rapidement les forces et les équipements partout où cela est nécessaire. Bien que d’importantes acquisitions soient actuellement en cours à l’échelle nationale, de nombreux pays de l’Alliance mettent également en commun des ressources, y compris avec des pays partenaires, afin de se doter de nouvelles capacités au travers d’arrangements commerciaux ou d’acquisitions. Ceci leur permet d’avoir accès à des moyens de transport supplémentaires pour déplacer rapidement troupes, équipements et fournitures partout dans le monde, tâche particulièrement difficile et importante dans le cadre des missions menées à distance stratégique, comme en Afghanistan. Dans ce pays, l’hélitransport est vital pour augmenter la mobilité et sauver des vies ; la coopération multinationale en matière de maintenance et de logistique augmente l'efficacité de certains types d’appareils utilisés par plusieurs Alliés. Les efforts visant à trouver d’autres domaines de coopération se poursuivent, y compris dans le contexte de l'Équipe spéciale sur les hélicoptères HIP.
Contrats logistiques collectifs
Dans le but d’augmenter son efficacité, l’OTAN étudie des procédures pour l'élaboration et la gestion de contrats pouvant être passés rapidement, y compris pour le soutien médical, les pays utilisateurs assurant le remboursement a posteriori. À l’heure actuelle, des contrats logistiques sont négociés et mis en œuvre lorsqu’une opération commence ; la présente initiative prévoit d’engager, à l’avance, des procédures de façon à gagner du temps et à chercher des synergies entre les pays contributeurs et l’OTAN, le but étant de desservir plus rapidement les personnels sur le terrain. Cette initiative privilégie les domaines où la responsabilité collective et les financements communs interviennent.
Réponse aux menaces en évolution et émergentes
Défense antimissile
Dans le cadre d'une réponse plus large à la prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs, l'OTAN travaille à un Programme de défense contre les missiles de théâtre visant à protéger des menaces posées par les missiles balistiques ayant une portée de plus de 3 000 kilomètres les forces déployées par l'Alliance. L'Alliance dispose d'une capacité intérimaire destinée à protéger ses troupes dans une région déterminée contre les missiles balistiques à courte portée et certains missiles à moyenne portée.
Au sommet de Lisbonne, les dirigeants de l'OTAN ont décidé d'élargir le Programme de défense contre les missiles de théâtre afin d'y incorporer la protection des populations et du territoire des pays européens de l'Alliance, et ils ont, par la même occasion, invité la Russie à coopérer en matière de défense antimissile et à profiter des avantages offerts par ce programme.
Au sommet de Chicago, les dirigeants de l'OTAN ont déclaré une capacité intérimaire de défense antimissile balistique, comme première étape vers le lancement du système de défense antimissile de l'OTAN, qui protègera l'ensemble des populations, du territoire et des forces des pays européens de l'OTAN contre les menaces croissantes de la prolifération des missiles balistiques.
Cyberdéfense
L’OTAN élabore actuellement de nouvelles mesures visant à renforcer la résistance de ses systèmes d’information et de communication contre toute tentative de perturbation par une cyberattaque ou un accès non autorisé. L'Alliance se tient en outre prête à répondre aux demandes d’aide de ses pays membres dont les systèmes auraient fait l’objet d’une cyberattaque grave. Ces efforts constituent la mise en œuvre pratique de la politique OTAN de cyberdéfense, qui a été renforcée dans le concept stratégique de 2010. Plus précisément, le paquet de capacités de Lisbonne met l’accent sur l’importance que revêt la capacité OTAN de réaction aux incidents informatiques (NCRIC), qui est en cours d'élaboration. La NCIRC, qui a déjà atteint le stade de capacité opérationnelle initiale, protégera les réseaux de l'Alliance contre les cyberattaques et apportera l'assistance technique appropriée lorsque cela sera nécessaire.
Stabilisation et reconstruction
L'expérience acquise par l'Alliance dans ses opérations de réponse aux crises a mis en évidence l'importance de la stabilisation et de la reconstruction, à savoir les activités menées dans des États fragiles ou dans des situations de conflit ou postérieures aux conflits en vue de promouvoir la sécurité, le développement et la bonne gouvernance dans des secteurs clés. Dans les conflits modernes, les moyens militaires conventionnels ne suffisent souvent pas pour rétablir une paix stable et durable. En règle générale, ces activités incombent principalement à d'autres acteurs, mais l'Alliance a établi des directives politiques qui l'aideront à améliorer sa participation aux activités de stabilisation et de reconstruction.
Capacités facilitatrices à long terme critiques pour les opérations
La supériorité informationnelle (voir ci-après) constitue un élément facilitateur clé dans l’espace de bataille, et elle aide les commandants, à tous les échelons, à prendre les meilleures décisions, créant ainsi les conditions d’un succès plus rapide, et à moindre risque. L’OTAN continuera dès lors de développer et d'acquérir une gamme de systèmes informatiques en réseau (systèmes d’information automatisés des deux SC) qui soutiennent les deux commandements stratégiques. Ces systèmes couvrent un certain nombre de domaines, y compris les forces terrestres, aériennes et maritimes, le renseignement, la logistique et la situation opérationnelle commune, le but étant de permettre d’exercer un contrôle global, de prendre des décisions et d’assumer le commandement et le contrôle sur la base d’informations plus complètes et d’une plus grande efficacité.
Commandement et contrôle aériens
L’OTAN met en place un système de commandement et de contrôle aériens (ACCS) totalement interopérable, automatisé et intégré, qui exécutera en temps réel des fonctions de commandement et de contrôle, de planification de mission, ainsi que d’autres fonctions connexes. Ce système pourra également s’acquitter de tâches liées à la défense aérienne et antimissile.
Renseignement, surveillance et reconnaissance interarmées (JISR)
L’OTAN a besoin d’une capacité de renseignement, surveillance et reconnaissance interarmées (JISR) qui permettra de coordonner le recueil, le traitement, la diffusion et le partage, à l’échelle de l’OTAN, des données ISR qui seront rassemblées par la future capacité alliée de surveillance terrestre (AGS) ainsi que par les moyens actuels AWACS et ISR nationaux. Bien que l’OTAN mette à la disposition de la FIAS une capacité JISR critique, il reste à définir pleinement une capacité JISR durable, et à la développer dans les années à venir.
Capacité alliée de surveillance terrestre (AGS)
La capacité alliée de surveillance terrestre (AGS) est l'un des éléments clés de la transformation de l'Alliance, qui apportera en même temps une capacité facilitatrice essentielle aux forces pour toute la gamme des opérations et missions actuelles et futures de l'OTAN. Cette capacité sera un système aéroporté de surveillance terrestre opérant à distance de sécurité, capable de détecter et de suivre des véhicules (chars, camions, hélicoptères) se déplaçant au sol ou près du sol, dans toutes les conditions météorologiques. Le contrat d'acquisition de la capacité alliée de surveillance terrestre (AGS) a été signé pendant le sommet de Chicago.
Autres initiatives
La force de réaction de l'OTAN
La Force de réaction de l’OTAN (NRF) est une force multinationale faisant appel aux technologies de pointe et regroupant des composantes terre, air, mer et des forces spéciales que l’Alliance peut déployer rapidement partout où cela est nécessaire. La NRF a pour but premier de permettre une réponse militaire rapide à une crise émergente, que ce soit pour des objectifs de défense collective ou pour des opérations de réponse aux crises. Elle est aussi le moteur de la transformation de l’OTAN sur le plan militaire.
L'employabilité
À l’aube de ce millénaire, de nombreuses forces de l'Alliance étaient inadéquatement structurées, préparées ou équipées pour les opérations de réponse aux crises et les opérations hors zone. Dans le but d'augmenter le nombre de forces susceptibles d'être soutenues pour ces opérations, l’OTAN s’est fixé en 2004 les objectifs de 40 % en termes de déployabilité des forces terrestres et de 8 % en termes de soutenabilité pour les opérations ou de mise en attente à un niveau de préparation élevé (chiffres qui ont été portés à 50 % et 10 % respectivement par la suite). Ces sept dernières années, on a ainsi observé une augmentation de 7 % du nombre de forces terrestres déployables et de 21 % du nombre de forces terrestres pouvant être soutenues dans le cadre d'opérations et d'autres missions. Des objectifs similaires (40 % et 8 %) ont également été fixés pour les forces aériennes. À l'heure actuelle, l'OTAN est en train de constituer une liste plus vaste de métriques d'intrants et d'extrants.
Programmes de modernisation de l'aviation
L’Alliance continuera de développer ses capacités dans le domaine de la gestion de la circulation aérienne et de participer à des plans de modernisation de l’aviation civile en Europe (SESAR – recherche ATM dans le cadre du Ciel unique européen) et en Amérique du Nord (NextGen) en vue de sécuriser l’accès à l’espace aérien et de garantir la fourniture efficace de services ainsi que l’interopérabilité civilo-militaire, le but étant de préserver l’efficacité des missions militaires à l’échelle mondiale ainsi que la capacité de mener la gamme complète des opérations de l’OTAN, y compris l’intégration, dans l’espace aérien, des systèmes aériens sans pilote.
Renforcement de la supériorité informationnelle
La supériorité informationnelle a pour objectif de recueillir, traiter et diffuser un flux ininterrompu d’informations tout en empêchant les adversaires potentiels de faire de même. Au sommet de Riga en novembre 2006, les dirigeants des pays de l'Alliance ont donc décidé d'appuyer le travail entrepris pour assurer la supériorité informationnelle. L'élément clé de ce travail est la mise en œuvre de la capacité réseaucentrique de l'OTAN (NNEC), qui vise à rendre tous les éléments opérationnels interopérables et adaptés à la topologie des réseaux, du niveau stratégique au niveau tactique. La mise en œuvre de cette capacité réseaucentrique débouche sur une fédération des réseaux des pays et de l’Alliance pour lesquels l’OTAN a établi ce cadre, fédération sur laquelle reposeront ensuite les applications interconnectées.
Les plans civils d’urgence
Conformément aux objectifs de l'Alliance, les activités menées à l’OTAN en rapport avec les plans civils d'urgence (PCU) visent à recueillir, à analyser et à partager des informations sur les activités et les capacités de planification nationales de façon à assurer l'utilisation la plus efficace qui soit des ressources civiles à l'appui des autorités militaires des pays et de l'OTAN.
Au sein de l'OTAN, une étroite coopération civilo-militaire est cruciale pour garantir qu'une combinaison optimale de capacités soit disponible en cas de besoin. Dans le contexte du soutien aux opérations menées par l'OTAN, y compris celles concernant la stabilisation et la reconstruction, il est particulièrement important de veiller à la coordination de la planification civilo-militaire. Les PCU y contribuent par l'intermédiaire d'une vaste gamme de mécanismes et de capacités en rapport avec les plans civils d'urgence, permettant ainsi aux autorités militaires de l'OTAN de faire appel à une expertise et des ressources civiles dans des domaines comme les infrastructures critiques, les transports, le ravitaillement, l'eau, l'agriculture, les télécommunications, les soins de santé et l'industrie.
Sécurité énergétique
La rupture des approvisionnements en ressources vitales pourrait avoir des incidences sur les intérêts de sécurité de l'Alliance. Au sommet de Lisbonne en novembre 2010, les dirigeants des pays de l'Alliance ont réaffirmé leur soutien aux efforts visant à promouvoir la sécurité des infrastructures énergétiques et des zones et voies de transit critiques. Ils ont également déclaré qu'ils continueraient de veiller à ce que l'action de l'OTAN apporte une valeur ajoutée et à ce qu'elle s'intègre pleinement, grâce à une parfaite coordination, dans celle de la communauté internationale. Un certain nombre de programmes pratiques sont menés dans le cadre de l'Alliance et avec les pays partenaires de l’OTAN, parallèlement à des ateliers et des projets de recherche.