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Updated: 29 May 2026
Les armes nucléaires sont une composante essentielle des capacités globales de dissuasion et de défense de l'OTAN, aux côtés des capacités conventionnelles et des capacités de défense antimissile, à quoi viennent s’ajouter des capacités spatiales et des capacités cyber. L’OTAN est attachée à la maîtrise des armements, au désarmement et à la non-prolifération, mais tant qu’il y aura des armes nucléaires, elle restera une alliance nucléaire.
La dissuasion nucléaire est au cœur de la stratégie de défense collective de l’OTAN depuis plus de 75 ans. La vocation fondamentale de la capacité nucléaire de l’OTAN est de préserver la paix, de prévenir les actions coercitives et de décourager toute agression. L’OTAN aspire à un monde plus sûr pour tous ; l’Alliance s’attache à créer l’environnement de sécurité qui permettra de faire advenir un monde sans armes nucléaires, conformément aux objectifs du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), auquel tous les Alliés sont parties. Néanmoins, aussi longtemps qu'il y aura des armes nucléaires, l'OTAN restera une alliance nucléaire.
La politique nucléaire de l’OTAN, qui a été actualisée en 2024, se fonde sur le concept stratégique 2022 – qui définit le cadre de l’action de l’Alliance et guide son adaptation future – et sur les directives données par les chefs d’État et de gouvernement dans le cadre des sommets de l’OTAN.
L’OTAN fera tout ce qui est nécessaire pour assurer la crédibilité, l’efficacité, la sûreté et la sécurité de la mission de dissuasion nucléaire. L’Alliance est déterminée à pousser plus loin l’intégration et à améliorer la cohérence des capacités et des activités, pour tous les milieux d’opérations et tous les degrés de conflictualité ; dans le même temps, elle réaffirme que la dissuasion nucléaire occupe une place à part, tout à fait singulière.
S’agissant de la mission de dissuasion nucléaire de l’OTAN, l’Alliance assure une participation aussi large que possible des Alliés concernés afin de montrer son unité et sa détermination. Depuis des décennies, les contributions des Alliés à la mission de dissuasion nucléaire de l’OTAN et leurs engagements en la matière sont au cœur de la posture globale de dissuasion et de défense de l’Organisation et constituent un facteur de sécurité et de stabilité en Europe. Ces contributions témoignent de l’engagement indéfectible des Alliés à partager à la fois les avantages, les risques et les coûts de la dissuasion nucléaire.
Les Alliés conservent un contrôle politique sur tous les aspects des décisions relatives au nucléaire qui sont prises au sein de l’Alliance. Les principes clés de la politique nucléaire de l’OTAN sont établis par les chefs d’État et de gouvernement des pays de l’Alliance. L’élaboration et la mise en œuvre de la politique nucléaire de l’OTAN relèvent de la responsabilité du Groupe des plans nucléaires (NPG), l’organe de haut niveau de l’Organisation pour la dissuasion nucléaire, créé en 1966. Le NPG est l’enceinte dédiée aux consultations et à la prise de décision sur toute question en rapport avec la dissuasion nucléaire de l’OTAN (politique, planification, posture des forces, capacités et exercices nucléaires), aussi bien en période de paix qu’en cas de crise ou de conflit. À l’exception de la France, qui a décidé de ne pas participer, les Alliés font tous partie du NPG.
L'objectif fondamental des forces nucléaires de l'OTAN est la dissuasion. Les armes nucléaires sont tout à fait uniques, et les conditions dans lesquelles l’OTAN pourrait être amenée à recourir à l’arme nucléaire sont hautement improbables. Si, toutefois, la sécurité fondamentale de l’un de ses États membres devait être menacée, l’OTAN a les capacités et la détermination voulues pour imposer à un adversaire des coûts qui seraient inacceptables et largement supérieurs aux gains qu’il pourrait espérer obtenir. Tout emploi d’armes nucléaires contre l’OTAN altérerait fondamentalement la nature d’un conflit.
Trois pays de l’OTAN – la France, le Royaume-Uni et les États-Unis – sont dotés d’armes nucléaires, au sens du TNP.
Les forces nucléaires stratégiques de l’Alliance, et en particulier celles des États-Unis, sont la garantie ultime de la sécurité des Alliés. Les forces nucléaires stratégiques indépendantes du Royaume-Uni et de la France ont un rôle de dissuasion propre et contribuent de manière significative à la sécurité globale de l’Alliance. Les centres de décision distincts de ces Alliés contribuent à la dissuasion, en compliquant les calculs d’adversaires potentiels. Si un adversaire décidait d’attaquer l’OTAN, il devrait tenir compte non seulement de la décision de l’Organisation, mais aussi de celle que pourraient prendre les États-Unis, le Royaume-Uni et la France.
La posture de dissuasion nucléaire de l’OTAN repose sur les armes nucléaires des États-Unis déployées à l’avant en Europe, ainsi que sur les capacités et l’infrastructure mises à disposition par les Alliés concernés. Les États-Unis conservent la garde et le contrôle absolus des armes nucléaires qu'ils ont déployées à l’avant en Europe.
Plusieurs pays de l’OTAN mettent à titre volontaire des avions à double capacité (DCA) à la disposition de l’Alliance. Ces appareils sont un élément central de la posture de dissuasion nucléaire de l’OTAN et peuvent participer à des rôles nucléaires à différents niveaux de préparation. Dans leur rôle nucléaire, les avions sont équipés pour emporter des armes nucléaires en situation de conflit, et le personnel est formé en conséquence. Ces arrangements pour le partage du nucléaire sont une manifestation visible du lien transatlantique entre l’Europe et l’Amérique du Nord et de l’indivisibilité de l’Alliance.
Tous les Alliés qui siègent au NPG jouent un rôle important dans le partage du fardeau de la dissuasion nucléaire en participant et en contribuant aux processus décisionnels et aux consultations nucléaires, en accueillant des activités liées au nucléaire et en fournissant un appui et un soutien conventionnels aux opérations nucléaires. Les Alliés apportent aussi d’autres contributions, par exemple en planifiant, en accueillant ou en participant à des exercices.
Les arrangements de l’OTAN pour le partage du nucléaire sont pleinement conformes au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), qui a été négocié bien après l’arrivée en Europe des premières armes nucléaires déployées à l’avant par les États-Unis et qui tient compte de ces arrangements.
L’Alliance conduit régulièrement des exercices pour garantir la préparation, la crédibilité et l’efficacité de la mission de dissuasion nucléaire de l’OTAN.
Steadfast Noon est l’exercice annuel de dissuasion nucléaire de l’Alliance. Menée depuis plus de dix ans, cette activité d'entraînement de routine compte parmi les initiatives que l’OTAN a mises en place pour maintenir son niveau de préparation et assurer la transparence. L’exercice s’inscrit dans le prolongement d’une longue série d’exercices nucléaires OTAN. Il mobilise des aéronefs de combat capables d’emporter des armes nucléaires, mais aucune arme réelle n’est utilisée. Cet exercice, qui n’est pas lié à l’actualité internationale, se déroule chaque année dans un pays OTAN différent.
Au sommet tenu à Vilnius en 2023, les Alliés ont fait savoir qu’ils allaient renforcer les entraînements et les exercices simulant la dimension conventionnelle et, pour les Alliés concernés, la dimension nucléaire d’une crise ou d’un conflit, de manière à accroître la cohérence entre les composantes conventionnelle et nucléaire de la posture de dissuasion et de défense de l’OTAN, et ce pour tous les milieux d’opérations et tous les degrés de conflictualité.
La dissuasion nucléaire est au cœur de la garantie de sécurité commune et de la défense collective de l’OTAN depuis la création de l’Alliance, en 1949. Le tout premier concept stratégique de l’Organisation (1949) indique qu’il faut « assurer la possibilité de procéder rapidement à des bombardements stratégiques comportant l’utilisation de tous les engins sans exception ». En conséquence, les États-Unis ont affecté des armes nucléaires à l’OTAN en juillet 1953, et les premières armes nucléaires de théâtre américaines (c’est-à-dire des armes tactiques pouvant être utilisées dans des opérations sur le théâtre, par opposition à des armes stratégiques à plus longue portée) sont arrivées en Europe en septembre 1954.
Les arrangements de l’OTAN pour le partage du nucléaire, qui étaient déjà en place quand les négociations du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) ont commencé, dans les années 1960, ont été codifiés par les États-Unis et l’Union soviétique et ont été des textes précurseurs de la version finale du TNP. Les forces nucléaires du Royaume-Uni, qui s’articulent autour d’un système nucléaire à composante sous-marine dans le cadre d’une dissuasion permanente en mer, protègent également les autres pays membres de l’Alliance depuis 1962.
L’OTAN a réduit son stock d’armes nucléaires basées à terre de plus de 90 % par rapport au niveau atteint au plus fort de la Guerre froide, faisant ainsi baisser le nombre d’armes nucléaires stationnées en Europe.
Au sommet de Chicago, en 2012, les Alliés ont approuvé la revue de la posture de dissuasion et de défense (DDPR). Ce document clé a contribué à orienter la politique de dissuasion nucléaire de l’OTAN au cours des dix années suivantes. Ses concepts fondamentaux ont été développés dans le concept stratégique 2022, qui constitue actuellement le fondement de la politique de dissuasion nucléaire de l’Organisation.
En réponse à la guerre d’agression que la Russie mène contre l’Ukraine, les chefs d’État et de gouvernement des pays de l’OTAN ont affirmé, lors du sommet extraordinaire qu'ils ont tenu le 24 mars 2022, que l’Alliance allait renforcer sensiblement sa posture de dissuasion et de défense à plus long terme et développer plus avant toute la gamme des forces et des capacités nécessaires, au niveau de disponibilité opérationnelle requis, pour maintenir une dissuasion et une défense crédibles. Ils se sont par ailleurs engagés à accroître le niveau de préparation et de disponibilité opérationnelle de leurs dispositifs face aux menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires.
Lors de récents sommets, les Alliés ont indiqué qu’ils étaient déterminés à continuer de moderniser les capacités nucléaires de l’OTAN, d’accroître la flexibilité et l’adaptabilité des forces nucléaires de l’Alliance et de renforcer la capacité de planification nucléaire de l’Organisation afin d’améliorer la préparation opérationnelle, tout en exerçant un contrôle politique constant.