Le terrorisme ne menace pas uniquement l'OTAN. C'est pourquoi la lutte contre le terrorisme est devenue un élément important des activités que l'OTAN mène en coopération avec lss partenaires du monde entier.
Les contributions d’un certain nombre de partenaires aux opérations de l'OTAN, ainsi que les efforts qu’ils déploient pour mettre en œuvre des réformes dans le secteur de la défense avec l'appui de programmes de l'OTAN, concourent à la prévention du terrorisme. De plus, l’OTAN coopère avec d’autres organisations internationales, afin que les informations soient partagées et que des mesures appropriées puissent être prises pour lutter efficacement contre le terrorisme.
Plan d'action du Partenariat contre le terrorisme (PAP-T)
L’OTAN et ses partenaires sont engagés dans des programmes de coopération pratique, menés dans le cadre du plan d'action du Partenariat contre le terrorisme (PAP-T).
Le PAP-T a été adopté au sommet de Prague en novembre 2002, témoignant d’une volonté qui était déjà manifeste le 12 septembre 2001, lorsque le Conseil de partenariat euro-atlantique (CPEA) a condamné les attentats perpétrés la veille contre New York et Washington et offert le soutien des 46 membres du CPEA aux États-Unis.
Le plan d'action définit les rôles du partenariat ainsi que les instruments permettant de lutter contre le terrorisme et d'en gérer les conséquences. Par exemple, les pays membres et les pays partenaires de l’OTAN travaillent ensemble pour améliorer la sûreté de l’espace aérien, notamment en confrontant leurs données et leurs procédures de coordination relatives à la gestion d’éventuelles menaces terroristes.
Tous les pays du CPEA participent au PAP-T, lequel est ouvert, après décision prise au cas par cas, aux partenaires du Dialogue méditerranéen et à ceux de l'Initiative de coopération d'Istanbul, ainsi qu'aux autres pays intéressés.
Trois groupes de travail informels ont été constitués dans le cadre du PAP-T, traitant respectivement l'un des trois thèmes suivant : sécurité des infrastructures énergétiques, sécurité des frontières, et aspects financiers du terrorisme et désorganisation des sources de financement des organisations terroristes.
Approfondir les relations avec les partenaires pour lutter contre le terrorisme
La lutte contre le terrorisme est l’une des principales raisons qui ont présidé à la création du Conseil OTAN-Russie (COR), en mai 2002. La lutte commune contre le terrorisme demeure l'un des éléments essentiels du dialogue entre l'OTAN et la Russie, ainsi que l'un des fils conducteurs des activités de coopération pratique menées dans le cadre du COR. La Russie a par exemple contribué à la lutte contre le terrorisme en participant à l'opération Active Endeavour en 2006 et en 2007.
En décembre 2004, le COR a approuvé un plan d’action contre le terrorisme, qui définissait des domaines de coopération et était soumis régulièrement à un réexamen. En avril 2011, les ministres des Affaires étrangères des pays du COR ont approuvé une version actualisée du plan d'action du COR visant à renforcer les capacités d'agir, individuellement et conjointement, dans trois domaines essentiels : prévenir le terrorisme, combattre les activités terroristes et gérer les conséquences d'actes terroristes (pour plus de précisions, voir Le plan d'action OTAN-Russie contre le terrorisme).
En 2003, le COR a aussi lancé l'Initiative sur l'espace aérien en coopération (CAI), qui visait à stimuler la coopération dans les domaines de la surveillance de l'espace aérien et de la coordination de la circulation aérienne, l'objectif sous-jacent étant d'accroître la confiance et de renforcer les capacités requises pour la prise en charge de situations dans lesquelles des aéronefs sont soupçonnés d'être utilisés comme armes pour commettre des attentats terroristes. Le système CAI est devenu opérationnel en 2011.
Les relations avec les partenaires du Dialogue méditerranéen se sont également approfondies, certains d'entre eux ayant contribué à l'opération Active Endeavour.
En outre, au sommet d’Istanbul qui s'est déroulé en juin 2004, l’OTAN a lancé l’Initiative de coopération d’Istanbul pour s’ouvrir aux pays de la région du Moyen-Orient élargi, étendant ainsi son réseau de partenariats afin de faciliter la lutte contre le terrorisme.
L'OTAN a également renforcé ses relations avec les partenaires du monde entier. Il s'agit de pays qui ne sont pas membres de l'OTAN mais qui partagent les mêmes préoccupations en matière de sécurité et ont exprimé le souhait d'établir à titre individuel des relations de partenariat avec l’Alliance. Figurent au nombre de ces pays l’Australie, la Mongolie, le Japon, la Nouvelle-Zélande, l'Iraq, l'Afghanistan, le Pakistan et la République de Corée. Le degré de leur coopération avec l’OTAN varie d’un cas à l’autre, de même que les activités menées.
Intensifier la coopération avec d’autres organisations internationales
L’OTAN s’efforce également d’approfondir ses relations avec l’Union européenne (UE), avec l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et avec l’Organisation des Nations Unies (ONU), afin d'intensifier les efforts déployés dans la lutte contre le terrorisme.
L’OTAN coopère avec des organismes relevant de l’ONU, tels que le Comité contre le terrorisme, sa Direction exécutive et le Comité 1540 du Conseil de sécurité. Elle a par ailleurs établi des contacts avec l’ONU en ce qui concerne la stratégie antiterroriste mondiale et elle collabore étroitement avec les organismes de l’ONU qui jouent un rôle majeur dans les interventions en cas de catastrophes d’ampleur internationale et dans la gestion des conséquences – le Bureau de la coordination des affaires humanitaires et l'Organisation pour l’interdiction des armes chimiques – ainsi qu’avec d'autres organisations.
Des échanges de vues ont également lieu entre l'OTAN et l'Unité d'action contre le terrorisme du département des menaces transnationales (TNT) de l'OSCE.
Collaborer avec les autorités de l’aviation
L’utilisation d’avions civils comme armes le 11 septembre 2001 a conduit l'OTAN à mieux faire prendre conscience de ces formes de terrorisme et à renforcer la sécurité aérienne. Dans le cadre de son action, l’OTAN s’efforce notamment d’améliorer la coordination civilo-militaire du contrôle de la circulation aérienne en collaborant avec EUROCONTROL, l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), la Federal Aviation Authority des États-Unis, les principales autorités nationales d'aviation et de sécurité, les associations de compagnies aériennes et de pilotes et l'Association internationale du transport aérien dans une optique de partage de l’information et d’action efficace.
Entraînement et formation
L'OTAN propose à la fois aux pays membres et aux pays partenaires toute une série d'activités d'entraînement et de formation dans le domaine de la lutte contre le terrorisme. Elle peut faire appel à un vaste réseau d'établissements, dont l'École de l'OTAN à Oberammergau (Allemagne), le Collège de défense de l'OTAN à Rome (Italie) et les centres d'excellence (COE) qui sont au service de la structure de commandement de l'OTAN. Il y a actuellement 21 COE, dont 17 ont été agréés par l'OTAN. Plusieurs de ces centres ont un lien avec la lutte contre le terrorisme, en particulier le centre d'excellence pour la défense contre le terrorisme (COE-DAT) établi à Ankara. Ce centre joue le rôle à la fois de lieu de rencontre et de catalyseur pour un dialogue international et des débats sur les problèmes relatifs à la défense contre le terrorisme. Le COE-DAT a noué des liens avec plus de 50 pays et une quarantaine d'organisations, et il met à leur disposition son expertise en matière de terrorisme.
Coopération scientifique
« La défense contre les menaces terroristes » est l'une des deux priorités clés du programme OTAN pour la science au service de la paix et de la sécurité (SPS). Le programme SPS a pour objectif de renforcer la sécurité, la stabilité, la solidarité ainsi que l’entraide entre les pays de l'OTAN et les pays partenaires en mettant les meilleures compétences techniques et scientifiques au service de la résolution de problèmes communs. La « défense contre les menaces terroristes » comprend les éléments suivants : les modes de transport défendables pour le carburant, les équipements et les personnes ; les contre-mesures médicales en cas d'attentat terroriste autre que CBRN ; la détection d'explosifs ; les mesures de lutte contre le cyberterrorisme et la cyberdéfense (défense des systèmes d'information et de communication) et la défense contre l'exploitation de réseaux informatiques par des terroristes ; l'étude des facteurs humains dans le domaine de la défense contre le terrorisme ; la sécurité des frontières et la sûreté des ports (technologie, approche système et fusion des données, frontières intelligentes, contre-prolifération).
Les activités SPS relatives à la "défense contre les menaces terroristes" peuvent prendre plusieurs formes, notamment des ateliers, des stages de formation et des projets de recherche et développement s'étalant sur plusieurs années. Voici quelques exemples des activités organisées dans le cadre de ce domaine prioritaire (la liste n'est pas exhaustive) :
- nouveaux biocapteurs pour la détection rapide et précise du bacille du charbon ;
- nouvelle technologie pour la détection de bombes sales ;
- techniques destinées à l’inspection du fret en conteneurs ;
- techniques avancées de défense contre les armes biologiques ;
- technologie pour la détection à distance des explosifs (y compris de ceux utilisés pour les attentats suicides) ;
- traitements contre les empoisonnements par agents neurotoxiques ;
- aspects humains et sociaux des activités terroristes (y compris les causes profondes et les aspects sociaux et psychologiques du terrorisme, l'utilisation de l'Internet à des fins de recrutement, et les « aspects intangibles de la sécurité ») ;
- protection des réseaux d’information contre les attaques terroristes.
Le volet du programme SPS consacré à la "défense contre les menaces terroristes" a permis de rassembler des scientifiques et des experts des pays de l'OTAN et des pays partenaires, ce qui a contribué à une meilleure compréhension de la menace terroriste, à la définition de moyens de détection et de réaction, et a favorisé la constitution d'un solide réseau d'experts dans des domaines essentiels.
En outre, le plan d'action 2010-2012 du Comité SPS du Conseil OTAN-Russie a recensé les trois domaines de coopération ci-après entre l'OTAN et la Russie au titre la « défense contre les menaces terroristes », qui est une priorité clé du programme SPS :
- La détection d'explosifs : recherche scientifique en coopération qui permettra une meilleure détection des explosifs tant à l’état de trace qu’en grande quantité. L'exemple le plus connu de cette activité est le projet de détection à distance des explosifs, communément connu sous le nom de programme STANDEX.
- Les menaces liées aux technologies de l'information : recherche en coopération axée sur le renforcement de la sécurité des systèmes exposés à des attaques terroristes. Cette initiative a pour objectif d'aider à mieux comprendre la manière dont les terroristes utilisent les technologies de l'information.
- L'étude des facteurs humains appliquée à la défense contre le terrorisme : tenter de manière dynamique et originale d'appréhender les motivations des terroristes d'un point de vue sociologique. Dans ce contexte, l'expérience du forum virtuel constitue une plate-forme novatrice qui favorise les débats et la recherche.
Ce domaine restera une priorité du programme SPS dans un avenir prévisible (www.nato.int/science ).